Penny Dreadful : City of Angels S1E1 - le spin-off est-il à la hauteur de la série originale ?

Arnold Petit | 30 avril 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Affiche officielle

Avec son ambiance morbide et envoûtante, sa réalisation soignée et un casting emmené par un Josh Hartnett magnétique et une Eva Green plus saisissante que jamais, Penny Dreadful a marqué les esprits et reste sans doute une des plus belles séries de ces dernières années. Ça n'a pas empêché John Logan d’y mettre un terme après trois saisons, préférant arrêter son histoire plutôt que de la prolonger indéfiniment.

Quatre ans plus tard, à la surprise générale, le scénariste émérite de GladiatorAviator ou encore Skyfall est de retour avec une nouvelle création, Penny Dreadful : City of Angels, un spin-off qui délaisse l'Angleterre de l'époque victorienne pour installer l'action à Los Angeles, dans les années 30.

ATTENTION, SPOILERS !

 

photoNatalie Dormer

 

ANGES & DÉMONS

Les ruelles sombres et l'univers horrifique de Vanessa Ives, Dracula et du Monstre de Frankenstein ont été remplacés par le folklore mexicain, le soleil de plomb californien et la figure de Santa Muerte (Lorenza Izzo), qui lance ce premier épisode, confrontée à sa sœur Magda (Natalie Dormer). Cette scène d’introduction présente les deux forces en présence ainsi que l'enjeu autour de cet affrontement : le sort de l'humanité.

Si Magda ne cherche qu'à causer le chaos sur Terre, Santa Muerte, chargée d'accompagner les âmes au paradis, s'intéresse plus aux morts qu'aux vivants et ne peut qu'accomplir sa tâche lorsque sa sœur met le feu à un champ dans lequel des ouvriers mexicains étaient en train de travailler, simplement en marchant parmi eux. Le premier pas vers une apocalypse dont les principaux acteurs ne seront pas des esprits ou des dieux, mais d'abord des êtres humains.

 

photo, Lorenza IzzoLorenza Izzo

 

Une ellipse nous plonge ensuite au cœur du Los Angeles de 1938, avec le personnage central de ce premier épisode, Tiago Vega (Daniel Zovatto), en train de célébrer son entrée dans la police. Si la plupart des membres de sa famille, notamment sa mère, Maria (Adriana Barraza), se réjouissent qu’il soit devenu le premier inspecteur d'origine espagnole de la police de Los Angeles, à l'inverse, son frère Raul (Adam Rodriguez), le considère comme une trahison.

La veille de son premier jour, son coéquipier, l'inspecteur Lewis Michener (Nathan Lane), l’appelle et les deux hommes débarquent sur une scène de crime, en comprenant pourquoi cette affaire leur a été confié, à eux en particulier. Au milieu de la ville, sur la rive, quatre corps ont été déposés en cercle, le visage tailladé et maquillé de façon à ressembler à des masques portés pour le Jour des Morts (ou à des victimes du Joker, selon le point de vue). Après avoir lu le message espagnol inscrit en lettres de sang, Tiago constate que leurs cœurs ont été emmenés et les deux hommes démarrent ainsi leur enquête, permettant à la série d’exposer ses nombreuses sous-intrigues.

 

photo, Daniel Zovatto, Nathan LaneDaniel Zovatto et Nathan Lane

 

THE PLOT AGAINST THE WORLD

À l'image de Tiago, qui se pose des questions sur son identité et se retrouve tiraillé entre ses origines et ses ambitions, Los Angeles est également confrontée à des questions vouées à profondément changer son identité et la série veut nous montrer les différentes facettes de cette ville en pleine mutation en s’appuyant sur celles que prend Magda au cours de ce premier épisode.

Natalie Dormer accapare l’écran en incarnant cette entité démoniaque capable de changer de forme encore plus machiavélique, séductrice et puissante que dans son rôle de Margaery Tyrell dans Game of ThronesÀ l'instar d'Eva Green dans Penny Dreadful, l'actrice brille dans ses interprétations et semble vraiment s’amuser à jouer ces différentes personnalités, toutes destinées à nourrir la haine et la destruction, incarnées par le fascisme et la Seconde Guerre mondiale.

 

photo, Natalie Dormer, Rory KinnearNatalie Dormer, encore

 

Sous les traits d'Elsa Branson, une mère de famille éplorée, elle rencontre le docteur Peter Craft, campé par Rory Kinnear, seul rescapé de Penny Dreadful. Ce gentil et brave médecin qu'elle tente de séduire est en fait un membre de la Fédération germano-américaine, une organisation nazie qui encourage le désintérêt pour la guerre en Europe. En tant qu'Alex, l'assistante de Charlton Townsend (Michael Gladis), elle aide ce conseiller municipal raciste dans la construction de plusieurs autoroutes à la place des quartiers où vivent les communautés mexicaines et noires et lui permet d'approcher des espions nazis.

John Logan avait annoncé que la série n'aurait aucun lien avec Penny Dreadful et essaie clairement de s'en démarquer. Si elle semble suivre une voie aussi mystérieuse et sanglante que sa grande sœur avec l'enquête de Tiago, Penny Dreadful : City of Angels se veut surtout plus réaliste, en intégrant plusieurs sujets politiques, économiques et sociaux dans son récit et en multipliant les personnages. Un pari risqué tandis que le casting doit encore être enrichi par Kerry Bishé ou Amy Madigan et que chacun d’entre eux a visiblement une place particulière dans le plan de Magda.

 

photo, Natalie Dormer, Michael GladisNatalie Dormer, encore et encore

 

MEXICAN-AMERICAN HORROR STORY

Penny Dreadful : City of Angels bénéficie toujours de la même application au niveau des décors et des costumes, avec une réalisation vraiment inspirée par moments, mais, comme l’a promis John Logan, elle n’a rien à voir avec Penny Dreadful. Peut-être un peu trop, justement.

La série tente de montrer la bestialité de l'être humain à travers les différents thèmes qu'elle aborde, mais délaisse le folklore mexicain pour arriver à ses fins. En dehors de la figure de Santa Muerte et une allusion aux « brujas », ces sorcières dont Maria fait partie et qui sont capables de communiquer avec les esprits, peu d'éléments de cet univers sont présentés jusqu'à maintenant.

 

photoAdriana Barraza

 

Si elle réussit à instaurer cette ambiance électrique du Los Angeles des années 30, le charme cauchemardesque et macabre qui a fait le succès de Penny Dreadful a visiblement disparu au profit du réalisme vers lequel s’est tourné le scénario.

Certaines scènes sont plus sombres que d’autres, comme lorsque Maria prie Santa Muerte pour son aide ou que Magda utilise ses pouvoirs, mais la série ne possède aucune dimension mystique ou horrifique pour l’instant et peine à convaincre, malgré des qualités évidentesCe premier épisode emprunte surtout au thriller d’espionnage, avec des complots, des nazis et le mystérieux crime qui n’a servi qu’à plus ou moins relier les personnages entre eux tandis que Magda, déterminée à plonger le monde dans une guerre totale, joue avec les hommes comme s'ils étaient des pantins.

 

photo,Natalie DormerNatalie Dormer, toujours

 

Dans ce premier épisode, Penny Dreadful : City of Angels présente les éléments qui vont composer son récit, avec une ambiance bien différente de Penny Dreadful. John Logan propose une série plus réaliste que sa grande soeur, plus ambitieuse, mais, paradoxalement, moins exaltante.

Penny Dreadful : City of Angels est diffusé Canal+ depuis le 28 avril, avec un épisode chaque semaine, 24h après les États-Unis.

 

Affiche

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Rémy
05/05/2020 à 09:39

Quand j'ai lu "penny dreadful " j'étais emballé..puis après lecture..pfff Non sans moi .. Dommage j'ai adoré la série première du nom

Dudu
03/05/2020 à 20:45

Bof , sans moi ! ...

BoozeFilms
03/05/2020 à 14:41

Pour le moment je suis extrêmement mis en appétit par le pilote. Que ce soit le casting, la photographie et l'ambiance sonore tout est très bien. Les effets spéciaux ne sont pas parfait mais bon... Ça part parfaitement. Le décor, les enjeux, les personnages tout est installé.

Lecteur depuis l’origine
03/05/2020 à 14:35

Je partage les critiques du dessous.
Il y a clairement un style Logan. Et dans de ce premier, on y voit surtout les défauts de cet auteur. Les mêmes qu’en fin de saison 2 et saison 3 de PEnny Dreadful.
Avec en plus, une photographie vraiment peu réussie.

Pseudo
03/05/2020 à 04:37

Est ce qu'il y a Nathalie Dormer?????

Le rol’
01/05/2020 à 01:48

D’accord avec le confrere d’en dessous.
Serie formellement tres laide, lumiere et des Fx tres tres cheap (le plan du champ qui s’embrase qd elle marche est digne d’un mauvais telefilm 90’s), un cast assez raté ds l’ensemble..
A une année lumière de son envoutante et gothic grande soeur.
Eva Green dort tres paisiblement...

Boddicker
30/04/2020 à 22:48

Je ne suis pas sur d'avoir vu la même série.
J'ai trouvé ce pilote douloureusement mauvais, moche, cheap, mou, le perso principal est anti charismatique au possible, la mise en scène est d'une platitude effrayante, les acteurs d'une nullité à frémir (l'accent allemand...), j'aime beaucoup Dormer mais elle est au top de son plus mauvais jeu... honnetement, je n'ai pas cessé de me demander comment ils ont pu faire un truc pareil? ils pensaient à quoi? c'est possible de faire plus chiant?
Je suis fan de fantastique mais je ne vais même pas regarder la suite.
Cheers.

Kyle Reese
30/04/2020 à 21:45

Évidement très intéressé par ce spin off ayant adoré Penny Dreadfull.
Déjà bon casting avec Natalie Dormer et puis j’aime cette époque.
Comme d hab je patienterai d ici la fin de la saison pour la regarder à mon rythme si elle le mérite.
Je croise les doigts.

mariachi
30/04/2020 à 17:57

Démarrage molassont, chaque personnage est un cliché, le traitement est lourdingue, le trait forcé. On dirait une série des 90s avec des situations déjà vues des centaines de fois.
On est loin de la tension et de la puissance dramatique d'une série comme The plot against America, exploitant la même idée. Quant aux CGI... J'attends la suite mais pour l'instant c'est une déception.

Nico1
30/04/2020 à 16:58

En espérant qu'elle ne tombe pas dans les travers de sa grande soeur, (dont la première saison fut brillante) entre une intrigue exagérément étirée dans la saison 2 et des personnages et intrigues injustement expédiés dans la saison 3 (je pense notamment à Hécate, personnage ô combien passionnant mais dont on sentait que John Logan ne savait plus quoi faire).
Après on peut s'interroger sur le bien fondé d'un spin-off comme celui là et je partage tout à fait cette critique. Il faudra voir à la fin de la saison si d'avoir gardé le titre de Penny Dreadful était justifié.

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