The Mandalorian saison 2 épisode 5 : l'épisode qui réveille enfin la Force

Simon Riaux | 27 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Affiche française

Arrivée à mi-saison, The Mandalorian nous a offert quelques bribes de mythologies, éparses, mais prometteuses. Il doit désormais allier son goût pour le spectacle et les possibilités narratives que lui offre son univers. 

ATTENTION SPOILERS. 

 

photoAttention spoilers, qu'on a dit !

 

LE RÉVEIL DE LA FORCE 

Avec son ouverture mélangeant environnement urbain, zestes de wu xia pan chinois, combat au sabre laser et irruption d’un personnage emblématique de l’univers étendu, sans doute le plus attendu de cette nouvelle saison, l’épisode 5 de la deuxième saison assume de vouloir nous en mettre plein les mirettes. Ashoka Tano est dans la place, à la faveur d’une scène de découpage très réussie et mise en scène avec une rigueur qui a trop souvent fait défaut à la série.

Avec plus de souplesse qu’à son habitude, le scénario veille à rapprocher Mando et son Yoda de poche du cœur de l’action, alors que tous deux cherchent un Jedi pour assaisonner leurs aventures. Aventures qui les mènent cette semaine au sein d’une cité assiégée, dont la direction artistique tranche assez fortement de ce à quoi les trilogies cinéma nous ont habitués. 

 

photo"C'est ça le Pas de Calais..."

 

Cet épisode tranche également avec la légèreté des enjeux auxquels Jon Favreau nous a habitués jusqu’ici, puisque dès les premières minutes du chapitre, et alors que se fait jour la mission du héros, ce dernier fait face à un dilemme retors. Il sera certes résolu bien trop vite et simplement, mais au moins a-t-il le mérite d'exister.

En effet, c’est précisément la Jedi qu’il cherche qu’on demande à Mando de tuer. Enfin, sa nature de mercenaire se voit utilisée de manière ludique au sein de l’intrigue, pourvoyeuse de conflits moraux et de possibilités dramatiques. Ces dernières apparaissent à l’image quelques instants plus tard, sitôt le personnage principal confronté à sa proie, contre laquelle il n’est logiquement pas de taille. À nouveau, The Mandalorian rompt avec ses habitudes, en présentant un personnage, Ashoka Tano, qui s’avère le premier à communiquer directement avec Baby Peluche, et qui sait manifestement quelles sont ses origines, puisqu’elle connaît jusqu’à son nom : Grogu. 

 

photo, Rosario Dawson"C'est beau, mais c'est loin"

 

STAR OCEAN’S ELEVEN 

Après deux segments très resserrés, la série choisit de nous proposer un épisode qui flirte avec la cinquantaine de minutes, signe qu’elle a enfin musclé son scénario. Et en effet, après nous avoir abreuvés de saynètes souvent artificielles entre Mando et Grogu, le récit parvient à travailler plus finement la relation paternelle qui se noue entre eux, et presque à générer un peu d’émotion quand notre héros, sans s’en rendre compte, met en lumière la dimension initiatique de leur connexion. 

Une densité émotionnelle qui est, comme toujours dans les phases les plus abouties de The Mandalorian, l’occasion d’une collaboration et de la mise en place d’un plan de gentils gredins. On suit donc avec un certain délice une double attaque, qui combine avec délice les influences westerns et asiatiques de la saga Star Wars, avec un sens de l’équilibre rarement atteint dans ses déclinaisons hors grand écran. 

 

photo, Rosario Dawson"Oui, l'auto-bronzant, c'est un problème"

 

Il faut dire qu’avec un double duel en guise de morceau de résistance, cet épisode 5 est à la fois beaucoup plus simple que ceux qui l’ont précédé, mais bien plus exigeant et puissant sur le plan dramaturgique. Sans compter que retrouver Michael Biehn, infiniment plus charismatique et en forme qu’il ne le fut ces dernières années, après de lourds soucis de santé, est terriblement émouvant. Visage de la science-fiction américaine (Terminator, Aliens, le retour) il apporte tout le poids de sa carrière, mais aussi la malice qui habite ses prestations. Dommage que l'épisode l'évacue trop brusquement, l'acteur n'étant probablement pas en mesure de participer physiquement à l'action.

Un seul véritable regret : le personnage d'Ashoka, interprété par Rosario Dawson, n'est finalement qu'un petit bonus cosmétique. Non seulement son apparence n'est jamais tout à fait aussi mémorable que celle de son avatar animé, mais on regrette un peu d'avoir fait appel à une figure devenue aussi importante de l'univers pour en faire si peu de choses. Tout comme Dawson a finalement bien peu à jouer, à part un cosplay deluxe certifié badass. Ce n'est évidemment pas désagréable, mais le sentiment de voir s'animer un livre d'images plus fastueux que beau demeure.

 

photo, Michael BiehnUn Michael Biehn devenu trop rare

 

ALL INCLUSIVE 

Il s’agit tout bonnement de l’épisode de la série le plus équilibré et réussi de la série jusqu’à aujourd’hui. Pas aussi intensément spectaculaire que le season finale de l’année dernière, mais en assumant enfin pleinement sa dimension sérielle, il inscrit The Mandalorian sur des rails qu’on espérait voir l’ensemble adopter. Car quand est mentionné le nom du funeste Amiral Thrawn, la promesse qui nous est faite est totale. 

Celle de voir débarquer dans la série un des antagonistes les plus célèbres de l’univers étendu, resté légendaire grâce au roman éponyme de Timothy Zahn. Haut gradé de l’empire à l’intelligence et à la puissance supérieure, on redoutait de ne jamais croiser ce super-méchant à l’écran après que Disney ait annoncé évacuer l’univers étendu de la licence. 

Non seulement il n’en sera rien, mais ce serment accompli par Jon Favreau, à savoir inscrire The Mandalorian dans ce que la tradition Star Wars a accompli de plus élevé engage le récit. Son avenir devra se montrer à la hauteur et dépasser encore les standards établis aujourd’hui. Car pour ultra-séduisant que soit ce chapitre 5, pour réussie que soit son atmosphère, pour affinée que soit son écriture, pour spectaculaires que soient ses joutes, le résultat est pour le moment une simple illustration d’une vaste mythologie. 

Il lui appartient désormais de la transcender. 

Un nouvel épisode de The Mandalorian saison 2 chaque vendredi sur Disney+ depuis le 30 octobre 2020

 

Affiche française

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French Clap
30/01/2021 à 02:27

On en parle du casting, Rosario Dawson, Michael Biehn, la fille de Bruce Lee, Diana !!! Quand même c'est le luxe et on ne voit pas ça tous les jours. La mise en scène est serte un peu lente et prévisible, mais tellement bien fichu avec ce coté très western et film de samouraï un pur régal, seul regret le duel féminin qui ne dure que trop peu de temps, il aurait mérité d'être plus exploité. Perso j'aime le fait que chaque épisode soit construit à la fois avec la quête principale et la résolution d'une intrigue, c'est très classique mais relativement efficace en terme de réalisation car cela permet justement d'étendre où ici en l'occurrence de profiter de toute la richesse de l'univers de Star wars. En tant que réalisateur, j'apprécie vraiment cette série que je trouve mature et qui assume pleinement sa simplicité tout en nous offrant une photo magnifique, la DA est incroyable, que ce soit les décors, les costume, la lumière bref, tout y est.

Rayan Montreal
02/12/2020 à 21:52

Les français et leur manie d etre toujours rabat joie, toujours en train de critiquer et de faire les malins spécialistes memes pour les œuvres qu ailleurs font l unanimité, restez sur vos comédies moisis et laissez les trucs serieux aux autres

MacReady
02/12/2020 à 09:48

@Rayan Montreal

OUIN OUIN Je supporte pas qu'on pense autrement que moi donc je viens chouiner à chaque fois tellement je suis fragile et que ça m'énerve que les autres aient des avis différents
"Ferme-la" est effectivement de circonstance

CHFAB
02/12/2020 à 02:03

Rosario Dawson a très peu de charisme, ses combats sont faiblards, on sent le manque de préparation, d'entraînement, c'est filmé avec les pieds, ça manque terriblement de rythme, c'est bourré d'incohérences (pourquoi elle saute pas le mur dès le départ pour blaster tout le monde? Vous avez vu ce dont elle est capable dans Clone Wars? Et là il lui faut 40 mn pour dézinguer 10 mecs, dont une majorette avec une lance en plastique? Et pourquoi elle saute finalement en haut du mur au final? Elle avait besoin d'un guronzan?... Très petit bras tout ça. Et le pompon c'est qu'elle n'a servi... A RIEN!!!!! elle refuse d'entrainer l'animal... Exit Tano, prochain jouet: Thrawn... J'parie qu'il pourra pas s'occuper de Grogu (ah ah ah ah) non plus... Mais bon, il est top parce que lui, il a la peau bleue!... next. Incroyable de mesurer à quel point les gens sont au moins déçus par quelque chose à chaque épisode, mais ils sont heureux quand même par ce que c'est Star Wars hein... hé, matez les épisodes avec vos enfants, vous verrez combien c'est l'ancéphalogramme plat pendant leur visionnage. ça pourrait nus instruire sur notre propre état... ah ah ah ah Telle est la voie...

Rayan Montreal
02/12/2020 à 01:59

En voyant les commentaires je me rappelle pourquoi je ne vais presque plus sur les critiques des épisodes de cette magnifique série : pour ne pas m enerver

Toujours les mêmes en train de nous les briser menu, ouin ouin ouin scénario, ouin ouin ouin histoire qui n avance pas, ouin ouin ouin toujours les mêmes épisodes... FERMEZ LA

Gregdevil
01/12/2020 à 18:15

Déçu. Deja la mise en scène est très plate, tout le scénario de l'épisode est téléphoné, la cité parrait rikiki, les combats sont trop simple.
J'ai quand même aimé le perso d'Asoka, assez bien retranscrit, les costumes et la photo.
Mais pour lintro d'un tel perso ils auraient pu faire un effort sur la real, la on reste dans la série tv traditionnelle, et c'est dommage.

Mini
01/12/2020 à 11:18

Mise en scène digne d'un grand film de samourai ou d'un Sergio Leone. Punaise mais c'est de l'art !! Je suis emerveillé et fan de cette épisode

Confinator
30/11/2020 à 19:36

Ce trajet qu'aura fait le mando pour ramener Grogu "à la casa", un truc de dingue!!!! Genre Paris-Lille-Auxerre-Lyon-Béziers-Paris-La Baule-Tours-Paris-Auxerre-Carcassonne. Donc, maintenant direction "Tython"...mais 10 euros qu'avant, il va faire un détour de dernière minute pour revenir sur Tatooine ( car il a oublié son slip là-bas!) puis Nevarro (pour confectionner un bavoir).
A la fin de chaque épisode, on lui balance un "ouais, mais je peux pas t'aider plus là...par contre, vas-là bas, tu verras, ça sera bon". Moi, à sa place, je m'exclamerai "Bon, ça suffit là...vous me faites tous chier à me balader à droite, à gauche. Moi, je bouge plus maintenant. Démerdez-vous!!! Non, mais sans blague, y'en a marre de se faire prendre pour un con! Et toi, Grogu, m'emmerde plus, va bouffer ce que tu veux et me fait plus chier".

Lord Sinclair
30/11/2020 à 14:15

Non mais moi j'y ai cru que ce serait bien. J'ai même espéré...
On a su comment s'appelle Baby Yoda. Super !
Les mercenaires implacables et les droïdes tueurs qui visent aussi mal que des troopers...
Le combat à la lance... pffff qu'elle indigence. Une de meilleure instructrice en arts martiaux philippins (donc experte en lames) pour faire ça ? Une chorégraphie toute pétée, illisible...
Qu'elle déception.
On aurait pu passer à une œuvre adulte, avec de vrais enjeux. Et ça reste un show pour collectionneurs de figurines.
Du Disney quoi...

Cklda
30/11/2020 à 13:43

Moi qui bave sur la saison 2 depuis le départ, celui la m’a mis d’accord avec moi même et j’y retrouve le goût de la saison 1. Pas tant qu’il fasse avancer la trame principale (un peu quand mais ça sent toujours la quête fedex), mais surtout parcequ’il assume son côté sériel pour adulte avec une action bien plus intéressante, une DA plus audacieuse et l’invocation des personnages et visuels de la saga dans un esprit plus boiler et « metal hurlant ». J’étais content, je le fais savoir. Vous en êtes ravis.

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