The Mandalorian Saison 1 Episode 3 : chasseur de frime

Simon Riaux | 22 novembre 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Ce qu’a réussi The Mandalorian en deux épisodes, c’est conserver tout son mystère. Trip western ? Petite friandise badass, plaisir coupable de serial à l’ancienne, sympathique aventure émaillée de gags pour les enfants ? Bien malin celui qui tranchera. C’est donc avec une curiosité redoublée, mais aussi une certaine impatience qu’on lance ce 3e épisode.

ATTENTION SPOILERS

 

photo"SPOILER m'a tuer"

 

J’AI LA DALLE MAN !

Pour sympathiques et techniquement aboutis qu’aient été les deux premiers épisodes, ils nous ont laissé un sentiment de pilotage automatique regrettable, limitant pour le moment la série à un statut de petit divertissement satellite à l’univers Star Wars, charmant mais anodin. Et la première partie de ce segment ne fera que souligner les rares, mais criantes faiblesses de The Mandalorian.

Avec une première moitié où l’essentiel de l’action est constitué de dialogues, l’écriture de ces derniers s’avère assez problématiques. Que les répliques s’avèrent d’une banalité effarante, ou comme chez les Mandaloriens, empreintes d’une gravité si pompeuse et artificielle que le ridicule pointe, chaque scène de dialogue génère un embarras croissant.

Et comme Deborah Chow ne fait rien pour dynamiser un peu la grammaire de ces scènes, les vingt premières minutes de ce 3e chapitre font craindre une baisse de niveau drastique. Un problème éminemment criant quand notre héros se rend au sein de sa tribu, pour ramener une prime gargantuesque et se faire littéralement redorer le blason.

 

photoUn retour au bercail, et au berceau

 

Pour le moment, le show est bien embêté avec la mythologie Mandalorienne, ses rites et leur représentation. On l’a écrit maintes fois, mais la question de l’incarnation dans ces séquences s’avère de plus en plus problématique. Le héros interprété (paraît-il) par Pedro Pascal a beau avoir une allure démente, on souffre de ne jamais ressentir physiquement les émotions qui le traversent.

Ne pas montrer son visage est un choix, plutôt audacieux, qui serait valable si le corps du Mandalorien existait à l’écran. Mais avec sa belle armure, le malheureux est aussi classe qu’engoncé, et devient progressivement un véhicule de l’action totalement dénué d’émotion. Un comble pour un protagoniste dont le parcours consiste justement en une naissance de l’émotion et une rébellion, basées sur le surgissement d’un souvenir aux couleurs de trauma fondateur (et de flashback tout pété).

 

photoBeaucoup de classe... pas beaucoup d'émotion

 

CHASSEUR DE FRIME

Vous l’aurez compris, notre chasseur de primes ne peut plus accepter de mener sa barque sans arrière-pensées et lui, l’orphelin devenu traqueur, ne peut se résoudre à livrer à des raclures de l’Empire un bébé, fut-il vert avec des oreilles pointues. Et sitôt cette bascule actée, l’épisode peut basculer dans ce qui demeure le point fort du show jusqu’à présent : de la grosse baston.

Pas d’animal poilu cette semaine, mais une séquence d’infiltration prolongée par une longue fusillade nocturne, soit le plus gros morceau d’action de la série à ce jour, mais aussi et de loin le plus varié. On joue du jet-pack, on se faufile, on massacre gentiment avec des gadgets rigolos, et tout cela au gré de séquences toujours lisibles, claires et plutôt bien chorégraphiées. Après une grosse frayeur, on retrouve donc un plaisir certain à regarder notre Mandalorien dézinguer du troopers, puis transformer toute une troupe de mercenaires en pâté pour Jawa.

 

photoC'est l'histoire d'une peluche et d'un jouet

 

En revanche, on ne peut s’empêcher de penser, lors des derniers instants de l’épisode, alors qu’un collègue et concurrent du protagoniste le salue depuis les airs, que l’image en question n’a strictement rien à faire au sein de la mythologie Star Wars, et paraît échappée d’un montage alternatif d’Iron Man, ou d’un spin-off de War Machine. Et pour grisant que soit ce qui a précédé, cette impression tenace pose question, tant elle laisse redouter, à moins qu’elle n’affirme carrément, que Star Wars n’a décidément plus rien de spécial.

Une chose est sûre, avec ce troisième épisode, la série a achevé son premier mouvement narratif. Le duo dramatique, une sorte de ronin de l’espace et un bébé, s’est formé, la dynamique de traque est en place, et si The Mandalorian a quelque chose de valable à nous raconter, c’est maintenant qu’il doit abattre ses cartes. Et devant la réussite esthétique et spectaculaire de la chose, on espère bien que Disney a permis aux créateurs de l'aventure de se lâcher un peu.

 

photoEn tout cas, on n'est pas sortis du sable

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Survivor
28/11/2019 à 04:14

Pas en accord du tout avec cette critique... l’émotion du Mando est palpable, l’ambiance est réjouissante et je ne suis absolument pas déçu, bien au contraire...
Je trouve ça parfait dans la scenarisation et dans la montée en puissance de la série... ça fait 40 ans que je frissonne à regarder cet univers et je continue à prendre un plaisir incroyable !!!
Quant aux chiffres de l’audience, cette série sera peut être bientôt une référence... alors à suivre....
(Allez pour le principe, je vous accorde que la dernière scène à la Ironman était assez bof...)

moore
24/11/2019 à 13:21

Beaux effets spéciaux, mais bon, Disney a mis les moyens par épisode, quand même. Si le résultat n'était pas à la hauteur, ce serait vraiment un comble.

Le problème c'est tout le reste.

- Histoire balisée et prévisible, on sait exactement ce qui va se passer à partir du moment où il apporte le mini Yoda au méchant. En fait, on sait depuis la fin du 1er épisode qu'il ne rendra pas le gamin au méchant et que c'est là-dessus qu'est basé l'histoire. Du coup le second épisode n'apporte rien à part des péripéties gentilles mais sans intérêt narratif.

- La mythologie mandalorienne dont au bout de trois épisodes on ne connaît toujours rien, sinon que c'est apparemment une caste guerrière qui ne mange pas et ne va jamais aux toilettes. Bon évidemment, je peux trouver facilement l'origine des mandaloriens sur le web, mais j'aurais aimé que le sujet soit abordé dans la série.

- La réalisation passe-partout qui a tendance à enlever tout intérêt aux combats.

- Le mini yoda qui est très réussi et qui plaira aux gamins de moins de 8 ans, mais qui est surtout un placement de produit pas très subtile pour du merchandising.

Je comprends que ça plaise, il y a une cible pour ce type de produit. Mais on est quand même en 2019, la série est devenu un medium, qui dans bien des cas a dépassé le medium ciné. Les séries qui ont conté ces dernières années ont montré de l'audace dans les sujets abordés, dans la réalisation et la narration.

Pour ma part, j'attendais, je ne sais pas, que Star wars entre dans l'âge adulte. Rogue One m'avait donné un espoir de ce côté-là.

Mais là, c'est clairement du Disney family. Un peu de violence mais jamais trop sèche, ni trop visuelle et une iconisation du héros assez primaire, niveau comic book mainstream, quoi.

Entendons-nous, je ne pense pas que la violence rende un film ou une série plus mature, non, c'est la façon dont elle est montrée qui rend un film ou une série plus mature.

Je ne suis pas déçu, j'ai dépassé ce stade avec la pré-logie, donc il y a longtemps maintenant que Star wars est un univers qui ne me parle plus vraiment. Mais j'espérai un peu que le medium série permettrait une exploration de l'univers Star wars plus audacieux.

Tant pis

GregLess
24/11/2019 à 10:09

Alors moi je m'en fiche de l'avis des autres, mes 4 enfants et moi, fans de star wars ou pas, on adore vraiment cette série et elle se laisse regarder sans aucun problème. Il y a de tout et ça plaît à tout le monde, ce n'est pas l'essence même d'un bon divertissement ? Et puis si on rajoute effectivement cet univers star wars au service de ce western en série c'est un vrai régal !
Le plus poilant depuis Rogue One !

cepheide
24/11/2019 à 09:28

etrange... je n ai pas de souci pour ressentir les emotions du mando. je vous rejoins par contre sur la rea trop classique et empreinte de moments un peu génants (les flashbacks, à chaque épisode, à chaque coup de marteau - heureusement son armure est complète- et le salut militaire (???) du iron-mando.
A ce propos, l artwork du generique etait bien plus reussi que la scene finale qui rappelle en effet iron man.

thierry A
23/11/2019 à 14:38

On sent que c'est le gars de Clone Wars qui est a la barre, c'est écrit de la même manière; une succession de petites histoires qui ne prennent valeur que globalement. C'est très simple, droit, avec un léger toomuch qui passe encore ce coup-ci, mais qu'il ne faudra pas pousser trop loin.
La mise en scène est le seul point noir, pour moi. Sur une série normale je m'en foutrais, mais a ce tarif, permettant un luxe de tournage supérieur, on est en droit d'attendre beaucoup plus, c'est dommage.

captp
23/11/2019 à 14:26

pourquoi? the watchmen bide complet ou quoi?

la tête du mando on la verra bientôt puisque l'histoire est totalement prévisible et ils ont même eu la gentillesse de déjà nous dire comment :/
assez d'accord avec le coté marvélisation de la réal ce qui peut être inquiétant mais curieusement le charme de l'univers fidèle a Lucas opère assez pour continuer a regarder.

Kelounet
23/11/2019 à 13:58

Votre attachement à vouloir voir la tête du Mando pour savoir ce qu'il ressent montre que vous êtes simplement des specialistes du superficiel. Personnellement je n'ai aucun problème à interpréter ce que ressent le personnage à travers son casque, c'est implicite et la technique cinématographique pour cela est certes très simple mais elle fonctionne. Cette série est de très bonne qualité même si elle peut paraître simple, le pitch est simple mais c'est efficace et ne devient pas un brouahah scenaristique sans queue ni tête. Il ne faut pas être un expert pour comprendre que cet épisode a mis en opposition les règles de la guilde avec la conscience et les valeurs du Mando. La scène du clan était peut-être maladroite mais on comprend que l'honneur est plus important que de récupérer le beskar qui représente le trésor de leur peuple. Ça reste maladroit mais l'action du clan en fin d'épisode marque un début d'émancipation des Mando.

Tom777
23/11/2019 à 13:10

Très bons épisodes, je regrette simplement que le côté Disney oblige à faire des coupes afin d'éviter aux jeunes téléspectateurs de voir trop de violence, c'est dommage que Disney pense trop à son jeune public, vraiment dommage qd on fait une série sur un chasseur de prime qui defouraille on va jusqu'au bout, sinon on reste un peu le cul entre deux chaises.
The mandalorian profite aussi du très bonne bande son, qui nous fait vite oublier les violons et autres séances de pleurnichardises qu'on avait l'habitude d'entendre ds les derniers SW, dans the mandalorian on a droit à une vraie ambiance musicale et c'est très étonnant de ne pas le lire dans vos coms.

Simon Riaux - Rédaction
23/11/2019 à 11:26

@ohan

Non Ohan on n'est pas hypocrites, on ne parlait tout simplement pas de the Mandalorian. Vous avez mal lu.

Je répondais à 1 lecteur qui me demandait pourquoi on ne traite pas Watchmen épisode par épisode. Et je précisais qu'entre la quantité d'actu à traiter, l'appétit des rédacteurs, et l'audience que génère ou pas le format 1 article/1 episode nous amenait à faire des choix.

FRED
23/11/2019 à 11:21

JE REJOINS LA RÉDACTION sur quelques points : le coté iron iron me dérange dans le final de l’épisode 3 et le coté faussement grave du jeu des acteurs dans le repère des mandaloriens sinon je trouve que , même si la série n’est pas aussi noire et adulte que je l’aurai souhaité, elle se laisse vraiment bien regarder.
ON TROUVE DU BON, DU TRÉS BON et quelques fautes de goût disneyene dans chaque épisode.
Malheureusement je pense que cette série se cherche un peu entre programme divertissant pour jeune public et série star stars plus adulte.
Je pense qu’il ne faut pas s’attendre à une serie sombre (et c’est bien dommage) ....

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