The Seven Deadly Sins : critique adoubée

Déborah Lechner | 13 août 2020 - MAJ : 27/06/2021 13:01
Déborah Lechner | 13 août 2020 - MAJ : 27/06/2021 13:01

Après deux saisons très addictives qui ont rapidement trouvé leur public de The Seven Deadly Sins, adaptée du manga à succès de Nakaba Suzuki, Netflix vient d'ajouter la troisième saison appelée La colère impériale des dieux à son catalogue. Attention toutefois, la plateforme considère les 4 OAV de l'arc Les marques de la Guerre Sainte comme la saison 2, et donc cette dernière fournée comme la quatrième saison. 

Attention : spoilers de la saison 1, 2 et 3 !

CHEVALIÉRISATION

Sans trop s'étaler sur les nombreuses sous-intrigues de la série, Seven Deadly Sins (Nanatsu no Taizai en VO) nous ouvre les portes du royaume de Liones situé à Britannia, sorte de réécriture fantastique de la Grande-Bretagne médiévale et des légendes arthuriennes. Dans ce monde ancestral, les humains cohabitent avec plusieurs créatures légendaires telles que les fées ou les géants, et sont protégés par les Chevaliers sacrés, des guerriers dotés de pouvoirs magiques qui font régner l'ordre dans d'épaisses armures.

Parmi ces chevaliers de plus en plus corrompus par le pouvoir, sept d'entre eux se distinguèrent autrefois par leur incroyable puissance, formant les Seven Deadly Sins. Mais victimes d'un complot de la part des deux commandants des Chevaliers sacrés, appelés les Grands Maîtres, ces sept guerriers se sont séparés durant plusieurs années, avant qu'Elizabeth (Adeline Chetail/Sora Amamiya), la fille adoptive du roi de Liones, cherche à les rassembler pour contrer un coup d'État mené par les Grands Maîtres.

 

photoLes péchés capitaux en tenue civile

 

Au début de la série, la jeune femme rencontre par hasard Meliodas (Benjamin Bollen/Yuuki Kaji), qui s'avère être le Dragon de la Colère et l'ancien chef du groupe dissident. Les deux nouveaux amis vont ainsi parcourir le pays à la recherche des six autres membres pour sauver le royaume. Mais comme on le découvre dans la saison 2, plus que le trône de Liones, les véritables desseins des deux traîtres étaient la libération des Dix Commandements, des démons aux pouvoirs pratiquement inégalables qui ont été emprisonnés il y a plus de 3 000 ans. 

Rien qu'à la lecture du synopsis, difficile de ne pas penser à l'anime Fairy Tail dont les ressemblances sont nombreuses ne serait-ce que par son cadre fantastique et médiéval ou sa bande-son folklorique. Seven Deadly Sins, à l'image de One piece, Bleach, Naruto et autres Dragon Ball, respecte le cahier des charges du nekketsu. Entre les jolies jeunes filles à gros seins, le héros imbattable malgré son mètre vingt, les luttes idéologiques, l'animal mascotte à la voix criarde, les ennemis toujours plus puissants ou les personnages incapables de mourir, tous les codes sont réunis, ce qui n'apporte pas forcément d'originalité à l'ensemble. Mais ce n'est pas parce que la série est conventionnelle et plutôt prévisible, qu'elle est inintéressante pour autant, malgré l'issue un peu trop précipitée des arcs narratifs. 

 

photoLes Dix Commandements 

 

AMOUR, GLOIRE ET ÉPÉES

En plus de leurs combats impressionnants et assez sanglants, les deux premières saisons ont mis un soin tout particulier à l'écriture des personnages, aussi bien principaux, à savoir les Seven Deadly Sins et la princesse de Liones, que des plus secondaires. Tous ont le privilège d'exister indépendamment des deux héros de la série, Méliodas et Elizabeth, en bénéficiant de réels arcs narratifs, d'aspirations qui leur sont propres, et d'un développement qui ne stagne jamais et refuse tout manichéisme, faisant la véritable force de l'anime.

Étant donné que l'amour et l'amitié sont les deux grandes thématiques autour desquelles toute l'histoire et les motivations de chacun s'articulent, la série se permet de décortiquer et d'approfondir chaque relation entre les nombreux protagonistes et antagonistes, quitte à laisser les bastons et l'intrigue de fond (voir même la timeline principale) entre parenthèses, et basculer à de plusieurs reprises dans le pathos. Seven Deadly Sins a ainsi une portée beaucoup plus dramatique et sentimentale qu'épique, ce qu'on ne soupçonne pas forcément dans les premiers épisodes. 

 

photoOn ne dirait pas comme ça, mais il est très tendre en vrai

 

Malgré un premier épisode poussif, la troisième saison a gardé la même ambition et l'a même emmenée encore plus loin, notamment pour Elizabeth, passée d'une jeune fille fragile franchement inutile à un puissant être divin, tandis que Méliodas prend progressivement la place de l'antagoniste principal, maintenant que sa véritable identité a été dévoilée. L'attention portée aux Dix Commandements et aux deux Grands Maîtres après leur trahison involontaire est également une des réussites de la saison et un brillant pied de nez au genre. Les démons n'ont rien des éternels ennemis de passage uniquement animés par leur désir de conquérir le monde, comme on pourrait le penser au départ.

On apprécie d'autant plus que la série ait (en partie) abandonné l'humour gras, commun à beaucoup trop d'animes, basé sur les fesses et les nichons, maintenant que le ton est plus mature et que la série arrive à son point culminant. Dans les saisons précédentes, il était très dérangeant de voir sans arrêt un héros pervers qui ressemble à un gamin de 13 ans agresser sexuellement Elizabeth, qui ne réagissait que par des petits gémissements avant d'assurer que ces attouchements n'étaient pas bien graves.

Ce changement radical de ton et cette inversion des rôles, parfaitement justifiés par les innombrables révélations choc qu'on ne va pas spoiler ici, permet à la série d'entrer dans une nouvelle dimension, même si le récit a tendance à devenir confus par moments et peut donc facilement embrouiller son public (sa chronologie s'étend quand même sur plus de 3 000 ans).

 

photoÇa par contre, ce n'est pas de l'amour

 

FAIRY FAIL 

En reprenant le flambeau de Takao Yoshioka, le scénariste Rintaru Ikeda a réussi sa mission de porter les nouveaux enjeux qui seront déterminants pour la suite et la fin de la série. Malheureusement, l'animation devenue grotesque n'arrive plus du tout à suivre la qualité de la narration et la dessert énormément. Après deux saisons et 4 OAV produits par le studio A-1 Pictures (Blue Exorcist, Fairy Tail ou Sword Art Online), qui a mis près de deux ans entre chaque salve d'épisodes, l'anime a été confié au Studio Deen (Fruits basket, La fille des enfers, Vampire Knight). La production des 24 épisodes a été faite en seulement un peu plus d'un an, ce qui ne pouvait donner qu'un résultat bâclé, voire même inachevé. 

Si Seven Deadly Sins a mis l'accent sur la tragédie, la série promettait tout de même d'époustouflants combats, que ce soit entre Meliodas et Escanor (très attendu des fans du manga) ou tous ceux impliquant les Dix Commandements. Une déception immense tant la réalisation peu inspirée de Takeshi Furuta manque de vitalité, tandis que les characters design (qu'on dirait faits sur Paint) sont effrayants, l'animation ankylosée et les mouvements saccadés, sans aucune fluidité. Pour une série comprenant beaucoup d'action, avec des personnages surpuissants défiant les lois de la physique, cette piètre animation nous crève les yeux à chaque épisode, surtout quand notre regard a le malheur de s'attarder un peu trop sur les personnages en arrière-fond. Seuls les gros plans et plans moyens ont été suffisamment travaillés pour ne pas donner envie de s'enfoncer un crayon dans l'oeil.

 

photoUn combat éprouvant, surtout pour les fans

 

Et si le schéma narratif et le cadre de la série visent par essence un assez jeune public (en parfait shonen manga), les deux premières saisons ne lésinaient pas sur le sang et les mutilations avec des personnages démembrés et des coeurs arrachés. La troisième saison a cependant calmé le jeu au point de censurer la violence graphique dans le premier épisode, avec des subterfuges risibles, comme du sang blanc ou des grosses taches noires en plein milieu de l'image façon scotome. Heureusement, les épisodes suivants abandonnent vite le principe avec l'hémoglobine sans colorants ni conservateurs.

Comme une quatrième saison intitulée Seven Dealdy Sins : Anger's Judgement avait été annoncée pour janvier 2021 Japon (après report à cause de la pandémie), on ne peut que craindre le pire pour la suite, alors même que l'histoire devrait devenir de plus en plus palpitante.

 

Affiche officielle

 

Résumé

Malgré une narration qui prend de l'ampleur jusqu'à nous emmener au point culminant du manga et des personnages intéressants et toujours aussi bien exploités, la dégradation de l'animation ne permet pas de plonger pleinement dans cette nouvelle aventure aussi chevaleresque que sentimentale. 

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Lecteurs

(2.6)

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commentaires
Zebi l'asticot
17/06/2021 à 17:36

Moi je n'ai pas vus la suite car j'en suis que a la se son 1 mais pour l'instant c'est pas si mal que ca .Pour moi c'est la meilleur série que j'ai vu même fruit basket passe peut être après!

lilo
15/11/2020 à 19:25

j'AI adorer cette serie elle est tout simplement incroyable je lui done la note de 20/20 et trop hatte de voir la saison 5

merlin 300
12/11/2020 à 20:42

JAI adorer cette serie elle est tout simplement incroyable je lui done la note de 19,75/20 et g trop hatte de voir la saison 5 et meliodas est trop mignon je laime

lolo
14/10/2020 à 20:34

Il non pas écrit bien

Granola
09/09/2020 à 13:32

Ce qui me révulse est que personne dans les commentaires ne fait attention à l’orthographe, la syntaxe, la conjugaison et la ponctuation. Allez réviser vos cours de Français.

Madolic
17/08/2020 à 12:10

@Nyme
Personne ne'st ravi de basher Naruto mais c'est un fait, la fin de Shipunden n'est pas du tout à la hauteur !
A dire vrai tout Shippunden n'est pas à la hauteur de la première série ...

Kay1
16/08/2020 à 11:49

@Nyme Si tu comprends pas pourquoi Naruto est un des mangas dont le dernier 1/3 de l'histoire est mauvais , je peux rien pour toi , tu pourras te complaire dans la médiocrité , pas de problème.
J’ai pas envie de t’expliquer pourquoi ce manga est décevant .

Nonmaislolquoi
16/08/2020 à 00:00

Y a quand même des mecs dans les commentaires qui prétendent avoir lu ce manga mais qui en même temps disent que les persos n'évoluent pas alors que NNT est genre LE shonen qui s'attarde le plus sur ses personnages
Encore une fois n'accusez pas l'auteur de votre manque de lucidité... Y en a j'ai l'impression si on leur sert pas tout sur un plateau, ils sont incapable de voir les subtilités de l'intrigue ou de l'écriture des persos
C'est grave quand même
Enfin rien d'étonnant venant de personnes dont le seul contre-argument est de dire "lé fanboy vou défandé tro vot manga"

Ptdr
15/08/2020 à 23:54

Imagine tu dis que Ashita no Joe et Gunnm sont des "shonen bas de gamme "alors que c'est probablement des oeuvres parmi les meilleures qu'a pu accueillir le monde du manga juste parce que t'as aucun argument pour clasher un animé qui dépasse tes capacités de compréhension :lol:

Pigi
15/08/2020 à 20:19

L'anime et très divers on trouve de tout les seuls points négatifs se sont que les combat sont trop prévisible et il y a trop de personnage inutile j'ai l'impression que a chaque épisode 3 nouveau personnage arrive sinon bonne animé si je devais le noter sur 20 je donnerai 13,5/20

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