Speedrun et Révolution : Rencontre avec RealMyop de Speed Game (Partie 2)

Christophe Foltzer | 25 octobre 2015
Christophe Foltzer | 25 octobre 2015

RealMyop, co-créateur et co-animateur de l'émission Speed Game sur jeuxvideo.com, nous avait laissé sur une terrible révélation : En décembre, toutes les émissions du Nesblog disparaitront du site de Webedia suite à une nouvelle politique interne et une course aux chiffres. Mais il reste encore beaucoup de choses à dire. Suite et fin de cet entretien exceptionnel.

 

En parallèle de tout ça,  les Youtubeurs Norman, Cyprien et Squeezie arrivent sur GamingLive, la Webtv de jeuxvideo.com…

C’est un petit peu différent. Webedia a juste racheté Mixicom (ndlr : la régie publicitaire qui gère ces trois Youtubeurs). Cela ne veut pas dire qu’ils vont être automatiquement sur jeuxvideo.com. C’est possible, mais moi je les vois plutôt faire des opé spé un peu dégueulasses sur des gros cartons en mode : « Hey regarde, il faut à tout prix acheter ce jeu-là parce que c’est le meilleur du monde ! » Ils ne viendront pas participer à la Webtv plus que ça, ils ne sont là que pour les gros évènements où il y a du pognon et ils ne viendront pas faire des trucs par passion ou pour s’amuser avec les copains, c’est une évidence.

 

 

Tout cela nous ramène au problème du financement de la création sur Internet.

Il y a peu de solutions qui existent mais il y en a plein de possibles. La première, c’est les revenus publicitaires qui demandent de faire beaucoup de vues et qui exigent de suivre l’inflation de Youtube : plus il y a de vidéos disponibles et moins le prix des pubs est gros, donc il faut suivre le rythme pour rester ne serait-ce qu’à des revenus identiques. Il faut donc faire plus de vues pour gagner autant. C’est un gros problème parce qu’on sait très bien ce que donne de ce genre de mécaniques, c’est comme la télé privée : tu vas faire ce qui marche. Il suffit de voir ce qu’était TF1 il y a 30 ans et ce que c’est devenu maintenant, le passage du public au privé a tout changé et on se retrouve avec de la télé-réalité, des émissions bien putassières, des journalistes qui font du sensationnalisme ou divertissement, de l’infotainment comme ils disent, ce que fait très bien PurePeople d’ailleurs. Le groupe Webedia est un spécialiste de l’infotainment… On arrive à « l’important c’est les statistiques » et il faut faire des vues. Il n’y a plus que l’audience qui compte. Audience qui se fait aussi grappiller dans ce genre de chaines par d’autres chaines encore pires : c’est pas forcément parce que les gens sont partis regarder Arte que TF1 baisse, c’est parce qu’ils sont partis regarder W9 et NRJ12. On sait très bien à quoi mène ce genre d’actions, à la pauvreté de la création à la télévision et pour l’instant c’est un peu le seul modèle qui existe avec le modèle Canal +, le modèle payant.

Ca se fait beaucoup dans la presse, si tu veux avoir accès à du contenu qui ne fasse pas trop publicité, il faut payer. Pour Nesblog c’est compliqué, on veut rester gratuit, c’est quelque chose d’important pour nous, mais les simples revenus publicitaires sont insuffisants pour nous permettre de vivre de ce métier à plein-temps et donc on réfléchit à de nouvelles solutions de financement. Et puis le modèle publicitaire est assez malsain, parce qu’on ne va se retrouver qu’avec des émissions de 5 minutes humoristiques, du Norman, du Cyprien, et des émissions qui sont de la promotion déguisée, ce qu’on appelle les « opé spé » dans le milieu : accepter l’argent d’un éditeur pour dire du bien d’un jeu sous couvert d’éditorial, alors qu’on sent que c’est un peu de la pub, mais à peine quoi. Nous, on refuse de faire ça mais effectivement on se retrouve dans une situation où éthiquement on est à peu près clairs avec nous-mêmes, mais financièrement c’est plus difficile. Néanmoins on y croit comme je crois toujours au Speedrun. Ca n’a jamais baissé et l’enthousiasme de ceux qui le pratiquent est grand.

 

Mais vous êtes aussi face à un autre problème, celui du droit d’auteur sur Youtube.

Alors… oui et non. La politique du droit d’auteur est un problème, mais heureusement elle est gérée par les networks. A peu près. Au pire, ça ne nous retombera pas directement dessus tant qu’on a un network solide et qui est capable de négocier ces droits. Mais c’est un problème récurrent. On a eu des discussions récemment avec les personnes de Nota Bene et de Dirtybiology parce qu’il s’avère que Benjamin de Nota Bene a participé à une réunion du Parlement Européen avec des eurodéputés qui ont parlé des créateurs sur Youtube et il est allé défendre notre cas puisqu’il y a des vidéos sur lesquelles le droit d’auteur fait un peu n’importe quoi. D’autant qu’il ne respecte même pas nos lois à nous. Il respecte les lois de Youtube, les lois des corporations, plutôt à l’américaine, mais pas du tout celles de l’Etat français. En France, du coup, le droit d’auteur est réglé par les auteurs américains et on se retrouve avec des situations absurdes parce qu’il y a trois positions que peut adopter un ayant-droit sur Youtube : Prenons un exemple concret, Batman Arkham Asylum.

Il a été produit par un studio mais sa musique a été faite par un musicien qui n’a pas donné ses droits au développeur, ils ont le droit de l’exploiter dans le jeu mais pas en dehors. Quand le robot de Youtube détecte du contenu qui ne t’appartient pas, il le signale au propriétaire. Quand c’est un éditeur de jeux video, en général il est cool parce qu’il sait que ça correspond à des gens qui vont parler de son jeu et que c’est toujours de la promo gratuite et il ne supprime pas la vidéo parce que ce n’est pas dans son intérêt. Mais le musicien, lui, il s’en fout. Donc, c’est lui qui intervient et il a le choix : soit il supprime la vidéo, soit il monétise à notre place et tout le pognon que va rapporter la vidéo ira dans sa poche. C’est le musicien du jeu ! Alors que toi, tu peux avoir fait quelque chose de totalement différent, un Speedrun par exemple, et on tombe dans les gros problèmes de propriété intellectuelle : qui est le propriétaire intellectuel d’un Speedrun ? C’est comme si on disait que l’inventeur du 100m possède tous les records du 100m. C’est un peu étonnant dit comme ça, mais légalement c’est ça, tous les Speedruns appartiennent au propriétaire du jeu concerné. Le speedrunner n’a aucun droit sur son propre Speedrun, il ne peut pas lutter contre Youtube et dire que c’est son record et que c’est plus important que le droit d’auteur sur ce jeu. Nintendo en particulier a fait supprimer le record du monde de Super Mario World de Youtube parce que ça ne leur plait pas et qu’ils font ce qu’ils veulent. Est-ce que c’est vraiment à eux ?

 

On peut effectivement se poser la question puisque ce n’est pas Nintendo qui a accompli la performance.

Non, et puis surtout est-ce que c’est vraiment encore à eux quand ça fait partie de la culture populaire ? On en arrive aux mêmes problèmes qu’on peut avoir avec George Lucas qui refait le même film à l’infini et qui rend maintenant introuvable les premières versions de Star Wars. Qu’est-ce qui fait partie du domaine public ? Quand est-ce que l’on dit au créateur « arrête mec, ça t’a dépassé, c’est plus grand que toi, c’est plus à toi de faire ces choses-là, laisse-nous faire. On est suffisamment nombreux et organisés, tout le monde s’amuse, tout va bien. » ? En plus ça lui fait de la com’, de la pub, c’est pas néfaste. Le problème c’est qu’en général, les sociétés de gestion de droits d’auteurs s’en branlent, elles font ça à l’arrache. On en arrive alors à la super dernière solution, les sociétés spécialisées dans le rachat de droits d’auteur qui se spécialisent dans l’attaque des gens qui enfreignent les règles parce qu’ils ont mis une musique ou un extrait vidéo. Ces sociétés achètent des banques de droits et puis ils attaquent tout le monde. C’est la même politique que pour les brevets, il y a un business et des gens très bien intentionnés qui se doutent bien qu’ils vont foutre la merde mais qui s’en foutent (rires).

 

Quelles sont donc les solutions que tu proposes ?

On y réfléchit, on n’est pas les seuls et il y en a. Ce qu’on souhaiterait, comme dans toutes les structures culturelles de France, et même du monde, c’est un financement public. Tous les domaines publics ont accès à des subventions et des solutions. On aimerait un lieu un peu comme la Maison de la Radio et qui serait la Maison de la Culture Internet, qui proposerait des studios de tournage, des endroits pour écrire, se renseigner, partager, pouvoir réunir les gens physiquement. Et peut-être réfléchir à la possibilité de créer un network d’état sur Youtube qui ne soit pas lié aux revenus publicitaires, et qui soit établi en fonction de la qualité des commentaires, le ratio entre « j’aime » et » j’aime pas », ce que l’on pense de la qualité intrinsèque d’une émission en dehors de son audience, même si l’audience sera à prendre en compte. On ne va pas financer une émission qui fait 10 vues. Mais une émission qui fait 20.000 vues sur un sujet très précis et qui intéresse plein de gens et d’utilité publique, il faut la pousser. Tu n’as de toute façon aucune possibilité avec la politique de Youtube de faire des millions de vues. C’est comme la radio publique ou la télévision publique, qui n’ont aucun système de financement traditionnel. Nous ce qu’on veut, c’est le même statut. Pourquoi on n’y aurait pas droit ? Le CNC (ndlr : Centre National de la Cinématographie) prend 1 euro par place de cinéma, peu importe le film que tu vas voir, pour financer la culture française. C’est du dumping social et culturel. On a décidé de promouvoir notre culture en taxant les américains, les entrées qui sont faites en France sont principalement des films étrangers, c’est pas les films français qui font tourner l’économie du cinéma français. Moi, j’ai rien contre ça, après ce qu’on fait de cet argent pourrait être discutable, le fonctionnement du CNC est sûrement à réfléchir, mais dans l’idée, pourquoi ne ferait-on pas la même chose pour Internet ? On pourrait taxer 10cts par Box Internet, et c’est très loin de la redevance télé, qui est à quoi, 120 euros par foyer ? C’est délirant en termes de montant ! Tu demandes 10 euros par mois aux gens pour te payer France Télévisions… Sérieusement ?! Quand on voit ce qui s’y passe ? Alors qu’on sait maintenant que beaucoup plus de gens se cultivent par Internet et regardent plus Internet que la télévision !

Répartition sur le prix d'un billet pour l'exercice 2011

 

Et en plus il y a du contenu à fabriquer sur Internet. On n’en manque pas, on manque d’auteurs. En même temps, si tu dis à un auteur que s’il ne fait pas des millions de vues il ne va pas s’en sortir, même si ce qu’il fait est très bien… Si tu veux gagner 2.000 euros par vidéo sur Youtube, il faut faire 1 million de vues. Si tu payes tes charges, tes frais, tes machins, tu as à peu près 50% qui dégagent, en restant gentil. C’est inenvisageable. Surtout qu’on a un autre problème : le modèle économique est dirigé par le modèle américain qui fait plus facilement des millions de vues. La francophonie c’est seulement 10% du potentiel du même poule de spectateurs. En anglais, Speed Game ferait 10 fois plus de vues que maintenant, parce que tu ne touches pas que les américains et les anglais, mais aussi les allemands, les espagnols, les italiens, et même les français, tous ceux qui parlent anglais en fait. C’est compliqué, mais je pense qu’il est temps de réfléchir à ce genre d’initiative. Alors après, on n’est pas obligés de faire ça à Paris, on peut faire ça localement. Je préfèrerais qu’on ait un centre de la culture par région, des petites structures gérées par les départements, les régions, l’Etat, une partie de l’Europe, qui permettraient à tout le monde de venir s’y essayer plutôt qu’une énorme structure à Paris qui concentre tout et qui force les gens à habiter là-bas. Internet a permis aux gens de dire ce qu’ils pensaient de manière locale. C’est la grande différence avec la télévision et je pense qu’il faut garder cet esprit-là.

 

Tu parles de liberté, de dialogue et d’ouverture, mais après ce que tu viens de dire sur Webedia et Youtube, tu penses vraiment qu’une rencontre est possible entre ces deux mondes et que ça peut marcher ?

La rencontre est possible parce qu’Internet n’est qu’une technologie. Il y a des idéologies qui se posent dessus mais tant qu’Internet est neutre et que la politique ne va pas trop loin là-dedans, on peut avoir des débats idéologiques et politiques. Après, il faudrait vraiment s’inquiéter de certaines choses : supprimer le renseignement, faire quelque chose pour empêcher nos amis de la NSA d’écouter nos conversations (sur Skype également), mettre en place un système de sécurité qui nous protège de l’Etat, il faut contrôler le fichage, surtout que maintenant on va pouvoir discuter de projets de lois sur Internet. Il faut aussi préserver la neutralité du web et ça, ça va être un très gros combat.. En termes de débits, le torrent pèse plus que Youtube, il y a plus d’échanges dans le torrent et dans le darkweb qu’avec Youtube ou Facebook. Le problème c’est qu’il y a un monde mercantile et ultra-libéral qui existe sur le net mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a que lui qui existe, il est juste le seul à être mis en avant. Et pour l’instant, l’Etat n’est intervenu qu’en tant qu’arbitre du commerce, de façon patriarcale. Moi, je n’ai pas l’impression que les milieux politiques aient compris les enjeux véritables et l’importance que ça va prendre. Pour reprendre Benjamin Bayart (ndlr : militant pour la neutralité du net et la liberté d’expression, porte-parole de French Data Network), Internet c’est à peu près la même révolution que l’imprimerie, socialement parlant. Il a fallu 2 à 3 siècles après l’invention de l’imprimerie pour arriver à la Révolution Française et beaucoup d’historiens vont te dire que si on a eu la Révolution, c’est grâce à elle. Il y a 5 siècles, on était dans les mêmes travers que pour Internet aujourd’hui (censure, commerce, contrôle du contenu), y a rien qui change en vrai. La question c’est de savoir combien de temps cela va prendre à Internet pour faire la révolution. Une forme de révolution en tout cas. Même si je ne pense pas qu’on la verra de notre vivant.

Benjamin Bayart

 

Il y a quand même une grosse contradiction dans ce que tu dis : Tu parles d’un financement public, donc étatique, tout en demandant à l’Etat de ne pas trop s’en mêler…

Non, je leur demande de mettre le nez dedans, non pas pour écraser le peuple contre les sociétés mais juste pour que l’Etat fasse son travail. Je crois à l’Etat, je suis fondamentalement républicain et démocrate, mais le problème c’est quand l’Etat ne fait pas son travail. La différence est là. Je veux qu’il protège son peuple des grandes sociétés et des problèmes qu’elles créent avec l’ultralibéralisme sur Internet. Je veux juste des normes. Le lobbying a été tellement violent que l’Etat prend le parti des entreprises plutôt que celui du peuple. C’est pas son cœur de travail, ça. Ce serait bien de soulager un petit peu les peuples du poids qu’on leur fait subir quotidiennement à la fois avec la finance, le stress, la peur. On a besoin d’un peu de roue-libre dans l’humanité pour se remettre d’aplomb psychologiquement. Je pense qu’on est vraiment traumatisés en ce moment et ça fait 30 ans que ça dure. Il va donc être temps de mettre les choses à plat, Internet peut être une solution comme une source de problèmes. Y a pas de miracles, c’est un outil et c’est à nous de décider ce que l’on veut en faire et je pense que ce ne serait pas totalement con qu’on s’empare de ça pour notre propre culture et de voir ce que ça peut donner.

 

 

On le voit, un réel débat de fond s'impose quant à la création et au mode de financement des contenus sur Internet. Si le problème est loin d'être réglé, RealMyop vient peut-être de donner un premier élément de réponse. Nos pouvoirs publics sauront-ils faire les bons choix et remettre la création au premier plan en aidant, comme dans les autres médias, les créateurs pour qu'ils puissent continuer leur travail sans se soucier de ce qu'ils vont manger ni de comment ils vont payer leur loyer ?

Quoi qu'il advienne, remercions très chaleureusement RealMyop pour le temps qu'il nous a accordé et la qualité de ses réponses. Et regardez Speed Game.

commentaires

Hevicius
04/01/2016 à 01:36

Pfff, ça fait du bien de lire de tels trucs sur le net et de voir que des mecs comme vous savent réfléchir tout en restant des gosses dans un certain contexte (en tout cas c'est des enfants que je vois quand vous faites des vidéos, et je dis pas ça de manière négative, c'est juste qu'on voit que vous vous amusez sur votre travail et vous arrivez à transmettre votre passion) aujourd'hui j'ai compris en voyant le dernier "merci dorian" qu'il n'y aurait plus aucun contenu de qualité sur un site que j'affectionne depuis tant d'années, mais là il faut se rendre à l'évidence, JVC n'est plus, c'est terminé, quand à moi je vais désormais me cantonner à Nesblog pour ma culture perso, En tout cas, autant en regardant les questions que les réponses pertinentes et détaillées, y a du gros taff des deux côtés, keep it up !

Getze
03/01/2016 à 23:44

Interview très intéressante, tout comme Nesblog d'ailleurs. Ceci dit, RealMyop ne se sort pas trop de ses contradictions, et il creuse des trous pour en boucher d'autres...Hors discussions sur les droits d'auteurs, le problème est peut être des vidéos types SpeedGame ne rassemblent pas assez que pour nourrir 2 personnes; Et est il fou de penser que les chroniques youtube ou les jeux vidéos ne vont pas régler le problème du chomage; et que certaines choses sont des passions, de celles qui vous bouffent votre temps libre à coté de votre "travail"...?

Kata
20/12/2015 à 09:57

Vlajean je suis d'accord avec toi et je me permets de rajouter quelques précisions.
Le concept de rémunération n'est pas lié au type de "travail" effectué mais à la complexité de sa mise en oeuvre.
Prenons quelques exemples:
Pour un speedrun de RM, il faut avoir un plateau, du hardware, des caméras, inviter régulièrement des speedruners qui vont s'entrainer plusieurs heures sur le matériel avant de pouvoir présenter un live correct, préparer des heures de recherche sur le jeu et les différentes speedrun... Tout ceci en ayant un "vrai" travail à côté? Compliqué en terme de temps.
Autre exemple, JDG expliquait mettre plusieurs semaines par épisode du JDG avec des figurants, de la mise en scène, une costumière...
Quelle est la différence avec les "vrais" divertissements style tv?
La réalité est que si nous voulons avoir un contenu de qualité, il faut que ces gens soient rémunérés pour avoir le temps de mettre en place toutes leurs idées.
En revanches, les idées politiques et économiques ne sont que des idées, et je n'y adhère pas totalement. Question de point de vue surement. Mais peut-être faudrait il aussi regarder vers un groupe comme Ogaming, voir d'où ils sont partis et où ils sont maintenant.
Certes ils ont un peu modifié leur ligne éditoriale, mais ils continuent à donner un contenu de qualité et peuvent en vivre.

Vlajean
17/12/2015 à 14:51

@NDZ, excuse moi mais c'est totalement c*n ce que tu dis. Pourquoi ne pourrai-t-on pas vivre de nos passion ? Si je suis dentiste et que je suis passionné par mon métier, devrai-je travailler gratuitement ?

Si la plupart des jeunes jouent au foot ou font de la musique pour être des stars (et alors?), les joueurs ou musiciens professionnel ont commencé par passion.

La plupart des gens comme toi pense que pour gagner de l'argent honnêtement, il faut faire un métier chiant. Il y en a même qui pense qu'être youtubeurs n'est pas un vrai métier, que ce n'est pas "utile". Moi les youtubeurs me divertissent et je classe le divertissement comme très important dans ma vie, c'est même quelque chose de fondamentale pour l'être humain.

Un courtier en bourse est respecté, gagne beaucoup d'argent et considéré comme ayant un "vrai" métier. Pourtant il ne divertit pas, ne créé pas de valeur ajouté en achetant/vendant des actions mais il gagne beaucoup d'argent. Est-il plus légitime qu'un youtubeur.

Si dans 20 ans la mode est dans la collection de boîte d'allumette, pourquoi les collectionneur de devrait-il pas pouvoir en vivre ? Parce que 20 avant on trouverai pas ça normal ? DSL mais ça n'a aucun sens ce que tu dis ...

NDZ
15/12/2015 à 16:13

Certes, le point de vue est valable. Néanmoins il part d'un acquis qui ne devrait pas forcément l'être: faire des vidéos (de JV ou autre), c'est comme jouer au foot ou faire de la musique, à la base c'est une passion. C'est devenu des star-systems. Les jeunes veulent faire du foot "pour être des stars", les musiciens font la morale pour le mp3, et les youtubeurs c'est pareil: c'était des mecs bien tranquils dans leur coin qui prenaient un pied fou à faire leur truc, mais maintenant ils font des interviews pour dire qu'ils veulent de l'argent.

Je dis pas que c'est mal, on en veut tous. Mais imaginez que dans 20 ans la mode soit les collectionneurs de boites d'allumettes, qu'ils génèrent de la pub et qu'ils viennent pleurnicher pour avoir 2000 balles/mois "parce-que c'est normal", bah nous, ça nous paraîtrait pas normal 20 ans avant.

mini moi 182
04/12/2015 à 23:07

une très bonne analyse de RM pour être un fan de l'émission je ne suis pas étonné par cette interview très bien pensé de sa part

Micronewton
25/11/2015 à 11:48

Merci pour cet interview, au journal et à RealMyop

JoeCrocodile
31/10/2015 à 16:10

En effet, belle interview. On n'est pas dans du creux, là.

Je ne m'étonne qu'à moitié que le sieur RealMyop préfère s'exprimer aussi librement sur un site moins lié au jeu vidéos que d'autres.

Je salue en tous cas sa lucidité sur la situation actuelle, et si je reste un peu sceptique quant à la faisabilité des solutions qu'il y apporterait dans le contexte politique actuel, force est de constater que la réflexion qui l'y a mené est indiscutablement réfléchie, concernée, et honnête, avec dimension politique et sollicitation du cerveau des lecteurs. Ca change des interviews-promo classiques.

Cela explique peut-être pourquoi le contenu du Nesblog a autant de gueule : dans la création, intelligence, passion et éthique nuisent rarement à la qualité.

Bravo conjoint au questionneur et au questionné, en tous cas. On a trop peu l'occasion de lire aussi pertinent.

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