Les critiques sont tombées pour Bugonia, le film déjanté de Yórgos Lánthimos porté par Emma Stone et Jesse Plemons, suite à sa présentation à la Mostra de Venise.
Yórgos Lánthimos poursuit sur la route du cinéma halluciné. De The Lobster à Mise à mort du Cerf Sacré, de La Favorite à Pauvres Créatures, sans oublier l’anthologie Kinds of Kindness, le réalisateur affiche une filmographie aussi exigeante qu’indéfinissable. Et le voilà qui suit la même lancée avec Bugonia, remake de l’étonnant film sud-coréen Save the Green Planet! de Jang Joon-hwan, une fable étrange et tordue qui mêlait paranoïa, comédie, drame et multiples twists.
Dans Bugonia, Teddy (Jesse Plemons), un apiculteur paranoïaque, et son complice enlèvent Michelle (Emma Stone), la PDG d’un grand groupe pharmaceutique. Convaincus qu’elle est une extraterrestre déterminée à annihiler la Terre, ils vont provoquer une série d’événements absurdes de plus en plus incontrôlables. La bande-annonce barrée de Bugonia nous avait intrigués, et les premiers retours (enthousiastes) de la critique sont désormais disponibles. Revue de presse.

Un Bugonia dans la matrice
« Stone et Plemons se révèlent des complices parfaits, livrant des performances finement équilibrées et s’échangent tour à tour les rôles de héros et de méchant, sans jamais anéantir totalement notre sympathie ni les conquérir pleinement. »
The Telegraph
« C’est un message grave, délivré dans le style typiquement divertissant de Lánthimos, et martelé par un climax flamboyant qui parvient à être à la fois déjanté et déchirant. »
Screen Daily
« Bugonia vous fera tour à tour rire, frémir et haleter, mais le film garde toujours le contrôle de l’émotion qu’il veut vous faire ressentir à chaque instant. Lánthimos est un maître dans l’art de créer des atmosphères, et Bugonia donne le sentiment qu’il a atteint le sommet de son art. »
Screen Rant

« Stone et Plemons sont tous deux au sommet de leur forme, en parfaite résonance avec la sensibilité singulière du réalisateur et se tirant mutuellement vers le haut. Quant au nouveau venu Delbis, il est un ravissement de loser attendrissant, un naïf au cœur tendre pris au piège dans l’implacable duel d’esprit entre Teddy et Michelle. »
The Hollywood Reporter
« Lorsque Bugonia s’achève, sur une série d’images à la fois magnifiques et troublantes surgies de nulle part, on comprend que sous son apparent détachement ironique se cache un profond désir de connexion. »
New York Magazine (Vulture)
« Imaginez si Funny Games de Michael Haneke racontait l’histoire de deux justiciers écologistes solitaires cherchant à sauver le monde, plutôt que celle de deux jeunes sociopathes décidés à le détruire, et vous aurez une idée de la chambre de torture hyper contenue et rigoureusement contrôlée qu’est Bugonia de Yorgos Lanthimos. »
IndieWire

« S’il restait encore le moindre doute quant à l’identité de ce film, le montage final qui vient clore cette mésaventure imprévisible observe notre monde avec une honnêteté à la fois tendre et glauque qu’on ne pourrait attribuer à nul autre que Lánthimos. »
The Film Stage
« Le nouveau film macabre et drôle de Yórgos Lánthimos offre, comme prévu, une performance solide d’Emma Stone, une partition orchestrale assourdissante et déchirante de Jerskin Fendrix et, surtout, un montage final merveilleux – mais, franchement, tout cela est constitué d’une très, très longue préparation avant le grand saut. »
The Guardian
« Le monde n’est pas joli-joli, et Lanthimos tire la sonnette d’alarme. Si seulement il nous disait quelque chose que nous ne savions pas déjà. »
Time

Dans l’ensemble, Bugonia semble confirmer que Yórgos Lánthimos reste un maître du cinéma absurde et dérangeant. Le film a séduit les critiques par son esthétique singulière et ses performances centrales, tout en conservant la tension paranoïaque qui caractérise le cinéaste. Une partie du public a toutefois été déroutée par un rythme qui traînerait parfois en longueur.
Malgré ces réserves, les critiques s’accordent sur l’efficacité de l’alliance Emma Stone/Jesse Plemons et sur l’originalité intacte de la proposition. À la croisée de la comédie noire et de la science-fiction barrée, Bugonia a même été qualifié de magnum opus du réalisateur par certains critiques.
Pour juger sur pièce, il faudra aller voir Bugonia, qui arrivera en salles dès le 26 novembre 2025.
Depuis La Favorite (et donc son entrée à Hollywood) Lanthimos a grandement perdu de son aspect transgressif pour se transformer en un type qui tente (en vain) de choquer le bourgeois. « Pauvres Créatures » et surtout « Kinds of Kindness », c’était très loin de The Lobster ou Killing of the Sacred Deer.