Nicolas Winding Refn s'explique sur son Neon Demon complètement fou

Christophe Foltzer | 17 juin 2016
Christophe Foltzer | 17 juin 2016

Comme à chacun de ses nouveaux films, Nicolas Winding Refn divise son public et la presse. Si chez EcranLarge, nous adorons The Neon Demon et toute la filmo du réalisateur, on peut comprendre que la pilule passe mal pour ceux qui ne connaissent de lui que Drive et pensent que ce dernier résume son travail.

Parce qu'en bon bourrin mystique du cinéma, Refn est protéiforme, jamais là où on l'attend et cela semble l'amuser comme un petit fou. Annoncé au départ comme un film d'horreur à Los Angeles, The Neon Demon n'en est pas vraiment un au final et sa forme quelque peu en marge des productions actuelles risque d'en choquer plus d'un.

Mais Refn n'en a strictement rien à faire si les gens acceptent ou non son travail, il fait comme bon lui semble, envisageant chaque film comme une expérience et prenant un malin plair à déjouer toutes les attentes. C'est en tout cas ce qu'il a déclaré au micro de Comingsoon en avril dernier dans une interview qui vient tout juste d'être publiée :

bande-annonce Cannes

"Chaque film est expérimental. Bronson c'était parti de l'idée de faire un film sur ma vie et c'est devenu expérimental. Valhalla Rising a été vendu comme un film de Vikings avec Mads Mikkelsen. Moi, je voulais faire un film de science-fiction parce que je supporte pas les Vikings. Ils sont tellement stupides. Mais j'adorais l'idée. Drive, c'était juste Ryan Gosling et moi en train de vivre une petite aventure homoérotique. Tout est toujours une expérience."

Sans concessions et provocateur comme à son habitude, Refn révèle également que s'il avait bien un scénario pour The Neon Demon (fruit du travail de deux scénaristes inexpérimentées), il laissait cette dimension d'expérience se manifester sur le tournage, ainsi que l'humeur de la journée, ce qui a décidé de tourner le film dans l'ordre de ses séquences :

The Neon Demon

"Ce que cela apporte, c'est un contrôle total et la possibilité de changer. (ndlr : à l'époque de l'interview, le film était en finitions) Le film changera radicalement. Hier, je me suis levé et je savais que le film devait se finir autrement. Demain, je peux très bien arriver sur le plateau et changer encore une fois d'avis. Ce sera la même scène mais le contexte sera différent. Ca évolue constamment."

Et c'est peut-être aussi pour cela que le cinéma de Refn est aussi particulier, parce qu'il n'est pas figé dans une nomenclature et peut respirer au gré des idées de son réalisateur légèrement frappadingue. En tout cas, ça donne envie de découvrir son prochain film au plus vite.

bande-annonce Cannes

Tout savoir sur The Neon Demon

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commentaires
cklda
31/07/2016 à 19:25

Ahah j'adore NWR (notez que j'utilise son blaze qu'il aime tant ce gros megalo) et je suis complètement d'accord avec Larry Dunn ou tout autre personne expliquant qu'il est une bouffée d'air dans le cinéma pop. Ca m'a l'air d'être humainement un petit chef plein de contradictions, bien plus superficiel qu'il ne veut le faire croire mais aussi assez torturé pour se faire du mal et produire de nouvelles choses tout le temps (a voir sa relation à la violence qu'il aime détester mais vers laquelle il revient toujours), en tout cas chaque film m'emballe. Par contre jamais compris la passion pour la trilogie pusher.

Oli L
20/06/2016 à 12:47

@Larry Dunn
"Nicolas Winding Refn est un bobo semi-nazi ..." va falloir se plonger dans l'étymologie des mots, parce que là, si ce n'est pas une tirade à côté de la plaque, je ne sais pas ce que c'est.

Larry Dunn
19/06/2016 à 20:10

Nicolas Winding Refn est un bobo semi-nazi qui nous emmerde avec ses projets sans fond.
J'ai jamais paye pour voir le moindre de ses films. Je les choppes sur le net, les voies et les effaces.
C'est la meilleur chose a faire pour ce genre de buse.
T'auras pas le moindre centime de ma poche, mais moi je verrai quand meme tes croutes lol.

Kiddo
17/06/2016 à 18:55

Pusher 2 et sa portée emotionelle reste son chef d'oeuvre so far...

Dirty Harry
17/06/2016 à 12:16

Evidemment qu'il a raison de travailler ainsi, se surprendre tous les jours et sortir des lignes qu'il s'est tracé (vu que le cinéma possède une inertie lourde, c'est risqué de travailler ainsi) mais c'est bien aussi de partir sur le tournage avec un vrai scénario, parce que lorsque je l'ai vu j'ai été épaté par la forme (plastiquement superbe surtout la musique) mais je retrouve les mêmes défauts que le précédent : personnages pas écrits (engoncés dans leur costume d'archétype symbolique) histoire qui tient dans le pitch officiel du film (Comtesse Bathory dans le milieu de la mode et....ça s'arrête là, aucune révélation ou surprise ne viendra émailler le récit), apparitions trop anecdotiques (Keanu Reeves) et ce sérieux poseur et auto-suffisant sur des trucs insignifiants (la "Triforce" lors du défilé j'en pouvais plus de ricaner) finissait de me décevoir sans compter l'aspect chic et choc pour impressionner des gens en marketing (la nécrophilie). Vivement qu'il retrouve la même énergie que Pusher, Bronson ou Drive car il me semble que c'est lorsqu'il quitte son confort que ce réalisateur donne tout son potentiel.

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