Netflix et la mort du cinéma : Nicolas Winding Refn fait (encore) son prophète

Mise à jour : 10/07/2018 15:01 - Créé : 10 juillet 2018 - La Rédaction
Only God Forgives
26 réactions

Nicolas Winding Refn entame la promotion de son service de streaming dédié aux films d’horreur culte et celle de sa série Amazon. Et comme d’habitude il a la langue bien pendue.

Qu’on juge le personnage suffisant, décalé, brillant ou d’une prétention malvenue, l’artiste inclassable, visionnaire ou gonflé à l’hélium comme une baudruche stellaire, difficile de nier combien ses interventions sont à la fois initiatrices de débats et divertissantes de par leur outrance.

Alors qu’il était de passage au Festival Lumière de Lyon, le réalisateur de Drive et The Neon Demon a causé avec IndieWire, qui dévoile aujourd’hui ses propos.

 

Neon DemonNicolas Winding Refn

 

Entre prédictions de mort puis de résurrection du cinéma, prédictions de décès au sujet de la télévision classique, Nicolas Winding Refn a tenu à revenir sur le vif débat qui opposa distributeurs, exploitants de cinéma et la plateforme Netflix, notamment lors du dernier Festival de Cannes.

« Ce débat, c’est tellement 2000. Nous sommes au deuxième jour de l’année zéro. La seule chose qui compte, c’est que l’écran de cinéma et celui du téléphone co-existent. L’un n’est pas meilleur que l’autre. Ils coexistent.

Internet est : individualiste, décomplexé, polarisé. C’est très préoccupant en matière d’informations, ça nous a donné Trump. En termes artistiques, en revanche, c’est la meilleure chose qui soit jamais advenue. Les gens iront toujours au cinéma. Mais l’industrie est financée par quelques films qui doivent maximiser les profits le plus possible. Il n’y a rien de mal à ça.

 

RefnNicolas Winding Refn

 

Mais qu’est-ce qui a transformé l’histoire le plus ces 20 dernières années ? Une caméra vidéo et un téléphone. Une des clefs de la révolution digitale, c’est que la culture est devenue synonyme de partage. Les gens ont besoin de s’exprimer. »

Gageons qu’on va encore en causer un moment. On ignore encore la date de diffusion de Too Old to Die Young, la série Amazon Prime du metteur en scène dont vous pouvez retrouver la bande-annonce ici.

 

Photo Neon Demon 2Nicolas Winding Refn sur le tournage de The Neon Demon

commentaires

Draven 11/07/2018 à 20:00

Une révolution, dans un sens, oui.
De là à parler de transformation de l'Histoire, faut pas déconner. Ce genre de transformation nécessite des facteurs politiques, économiques et sociaux qui vont au-delà des données mentionnées par Winding-Refn.

Simon Riaux - Rédaction 10/07/2018 à 18:22

Pourquoi le nombril du monde ?

Penser que le numérique et la capacité de chaque individu ou presque à produire du contenu audiovisuel et le partager, ça participe à une révolution en cours, c'est assez... évident.

Draven 10/07/2018 à 18:04

"Mais qu’est-ce qui a transformé l’histoire le plus ces 20 dernières années ? Une caméra vidéo et un téléphone."
Avec tout le respect et même l'amour que j'ai pour la fiction audiovisuelle en général, faut quand même pas déconner. Ce genre de déclaration imbuvable d'artistes qui se prennent pour le nombril du monde...

Mauvais 10/07/2018 à 17:17

Bla bla bla quand les hypocrites disent d abattre Netflix à leur moutons lui il baisse son froc pour info sa serie est bien diffusé par Amazon non ? Qui est une plateforme concurrente de Netflix non ? Àlors qu il balaie devant sa porte

Ded 10/07/2018 à 16:53

Jamais entendu questions aussi stupides lors de son interview de William Friedkin dans un bonus du blu ray "Sorcerer". Ahurissant ! il ne comprend rien à rien et le cinéaste, qui a "quelques" années de plus mais l'esprit plus vif, finit par s'en agacer à plusieurs reprises. Infaillible pour cerner l'intellect du personnage qui continue à faire de l'air avec sa bouche...

Coco Rico 10/07/2018 à 16:38

@starfox
Il ne contredit en rien ses propos sur le ciné sur grand écran.
Et ne dit pas non plus que ciné et téléphone sont sur un même pied d'égalité...

Starfox 10/07/2018 à 16:10

Alors lui, il a retourné sa veste bien comme il faut. Du vrai foutage de gueule.

Il a fait une interview de Friedkin dans laquelle il dit tout le contraire. Qu'un film n'existe qu'à partir du moment où il est projeté sur grand écran blah blah blah... Et il n'a pas tort.

Mais qu'il mette maintenant sur le même plan téléphones portables et salles de ciné, c'est comme s'il baissait son foutu froc !

Encore un qui raconte n'importe quoi tiens !

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