Cannes 2016 : Mademoiselle : La petite mort de Park-Chan Wook ?

Chris Huby | 26 mai 2016
Chris Huby | 26 mai 2016

Le cinéma du coréen Park Chan-Wook se suit et commence à se ressembler. Film très attendu de la sélection cannoise 2016, Mademoiselle peine malheureusement à relever le défi.

Une jeune coréenne est envouée chez une japonaise pour lui servir de servante. En réalité, il s'agit d'un stratagème pour la dépouiller de sa fortune. L'histoire se voulait originale puisque lue selon les 3 chapitres de la manipulation érotique. Pourtant la recette manque vraiment d'originalité et on se prend régulièrement à s'ennuyer devant un film qui propose toutefois une mise en scène fluide et magnifique ainsi qu'un trio de comédiens formidables.

 

Photo 2 mademoiselle

 

Le déjà-vu est peut-être ce qui pousse à cet ennui. Le point de départ, entre Sade et Oshima, devait séduire mais l'histoire, qui se veut particulière, n'est que classique et on devine très rapidement la suite de l'intrigue. L'envie d'explications est également une volonté d'écriture qui finit par pêcher dans ce film de 2h30. Que faire lorsque l'on sait ce qui va se dérouler alors que le réalisateur tente de gentiment nous piéger ?

Quant au plus gros défaut, il tient sans doute au manque total de sensualité dans les scènes érotiques qui approchent de la caricature, bruits des corps exagérés et maladroits à l'appui. Alors que l'on devrait nous aussi ressentir de l'attirance pour les deux héroïnes, le metteur en scène passe à côté de l'émotion basique de ces séquences en se concentrant sur une technique qui glacifie plus qu'elle ne surprend.

 

Photo 3 mademoiselle

 

Reste un formidable trio de comédiens et une photo magnifique. Mais c'est bien insuffisant, surtout de la part d'un des grands génies du cinéma coréen qui nous a régulièrement scotché sur nos sièges.

Une petite déception, mais qui ne devrait pas entacher la suite de sa carrière.

commentaires

pointures
14/05/2016 à 23:11

manque de sensualité ??
nous n'avons pas vu le même film alors.
en sortant de la salle je n'ai pas osé croiser le regard d'une asiatique de toute la journée

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