Cannes 2015 : Mia Madre, Moretti ne force pas son talent

Simon Riaux | 16 mai 2015
Simon Riaux | 16 mai 2015

On n’avait pas revu Nanni Moretti depuis Habemus Papam, fable douce-amère un peu trop sage sur les errements d’un souverain pontife en proie au doute. Cannes 2015 accueille cette année Mia Madre, retour aux sources de son cinéma et à la zone de confort du cinéaste.

Si en plus de trente ans de carrière, le réalisateur est devenu presque à lui seul l’emblème du cinéma italien (ou plutôt de ses ruines), on oublie parfois que son œuvre n’a rien d’académique et constitue un patchwork d’influences iconoclastes. Fort d’une évidente parenté avec le néo-réalisme, auquel s’adjoint l’influence rafraîchissante de la comédie transalpine, Moretti est aussi le représentant d’une forme d’auto-fiction qu’il n’aura eu de cesse de nuances depuis son Journal Intime.

Les amateurs retrouveront donc tous ces éléments dans Mia Madre. Se mêlent ainsi les affres d’un deuil à venir, ou comment une réalisatrice engagée politiquement tente de faire face au décès prochain de sa mère, tout en gérant une star italo-américaine parfaitement insupportable. Au-dessus de ce canevas plutôt bien assaisonné, flotte la figure du réalisateur, qui joue ici le frère de son héroïne, figure de la maturité et accélérateur parfois un brin mécanique du récit.

Malheureusement, les rétifs à l’univers de Moretti, ou tout simplement ceux qui regrettent de ne plus le voir se renouveler, seront bien en peine de trouver grand chose d’excitant à se mettre sous la dent. On rit, souvent par politesse envers l’abattage phénoménal de Turturro, on pleure presque, on réfléchit un peu. Mais, à la manière de Woody Allen cette année, c’est un autre auteur d’importance qui vient ici livrer une fournée attendue, aussi efficacement exécutée que dénuée d’audace.

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