Porno à la mairie d'Asnières : le réalisateur au tribunal !

Christophe Foltzer | 1 juillet 2014
Christophe Foltzer | 1 juillet 2014

Suite à notre article de ce matin concernant l'affaire autour du film Korruption, de la mairie d'Asnières-sur-Seine qui a servi de décor, et du scandale qu'a fait éclater l'actuel maire UMP de la ville, Mr. Manuel Aeschlimann, le réalisateur incriminé, Julien Richard-Thomson, nous a contacté pour nous prévenir que l'affaire allait être portée devant les tribunaux.

Ainsi apprenons-nous que la mairie d'Asnières annonce qu'elle va porter plainte contre le réalisateur et l'association Jaguarundi (qui produit le film) pour "dégradation de l'image de la ville". De leur côté, Thomson et Jaguarundi portent plainte à leur tour pour "diffamation" contre le maire d'Asnières. En outre, ils étudient actuellement la possibilité de porter plainte contre l'un des adjoints du maire ainsi que la revue Le Point qui aurait visiblement contribué à l'éclatement de cette affaire en rédigeant un article clairement à charge contre le film et en publiant une bande-annonce trafiquée du projet. 

Très affecté par cette affaire qui dépasse clairement le cadre du cinéma pour flirter dangereusement avec celui de la politique, Julien Richard-Thomson a mis à disposition sur Vimeo une vidéo montrant quelques extraits du conseil municipal où le scandale a éclaté. Nous pouvons y voir le maire et son fameux adjoint s'en prendre violemment au projet en le qualifiant de "pornographique" ainsi qu'à l'ancien élu, Mr Sébastien Pietrasanta.

Dans le même temps, Thomson s'est fendu d'un communiqué de presse pour expliquer le fond de l'affaire. Communiqué que nous avons choisi de reproduire en intégralité ci-dessous, avec l'accord de son auteur évidemment.

Nous espérons que cette affaire connaîtra un dénouement heureux pour l'équipe du film car, une visite sur le site officiel du projet suffit pour comprendre que nous ne sommes incontestablement pas en présence d'un film pornographique.

 

"Je suis stupéfait devant la campagne de dénigrement outrancière et calomnieuse lancée contre mon film Korruption, qui n'existe à l'heure actuelle que sous forme de court-métrage "teaser", étant encore en recherche de producteurs pour son financement.

Une rumeur selon laquelle il s'agirait d'un "film pornographique" a été lancée par le nouveau maire d'Asnières M.Aeschlimann, ce qui est bien sûr totalement mensonger.

Deux scènes du film ont été tournées dans l'enceinte de la mairie de cette ville. Le tournage avait été autorisé par les services municipaux, sous la mandature de l'ancien maire battu aux élections en avril 2014. Le tournage ayant été produit par une association culturelle locale à but non lucratif, les salles avaient été prêtées gracieusement comme il est d'usage à Asnières pour toutes associations qui en font la demande, avec engagement de verser un don aux oeuvres sociales de la commune au cas où le projet aboutirait (financement du long-métrage complet). Une procédure habituelle à Asnières.

Mon projet de film n'est évidemment pas à caractère pornographique, bien au contraire: cette comédie dénonce justement la corruption dans tous les sens du terme: financière, morale, exploitation de l'être humain par les mafias, prostitution... Le message est donc humaniste, sous couvert de comédie (à mi-chemin entre Jean-Pierre Mocky et Bertrand Blier pour citer quelques sources d'inspiration). Le teaser visible sur internet démontre tout cela.

Pourquoi cette polémique? Il faut savoir que je suis un proche de l'ancien maire (PS) d'Asnières, que cette polémique vise en réalité à travers moi.

Le film fait les frais d 'un contexte politique local très particulier: un maire actuel Manuel Aeschlimann (UMP) à la réputation particulière, déjà condamné et coutumier de scandales, dont l'élection pourrait être remise en cause après dépôt d'un recours par le maire sortant. Manuel Aeschlimann use donc de tous les procédés même les plus déloyaux pour porter atteinte à l'honneur de ses adversaires comme le démontre cette polémique, attentatoire à l'honneur et la réputation de mon équipe: comédiens et techniciens.

Au nom de l'équipe du film, ébranlée par ces attaques injustes et obscènes, je demande des excuses publiques de la part de Manuel Aeschlimann maire d'Asnières, que je m'apprête à poursuivre devant les tribunaux pour diffamation. L'association culturelle ayant produit le film porte également plainte en Justice afin d'obtenir réparation de ce préjudice.

Julien RICHARD-THOMSON auteur, réalisateur."

 


 

 

 

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