Godzilla : on a vu 20 minutes monumentales du film le plus attendu de l'été

Simon Riaux | 26 mars 2014
Simon Riaux | 26 mars 2014

Godzilla est incontestablement un des films les plus attendus de l'année. Tout d'abord parce qu'il sera l'un des premiers à ouvrir véritablement le bal des supers blockbusters d'été, ensuite parce qu'il n'appartient pas directement à l'une des franchises canoniques qui barbouillent nos écrans depuis quelques années et enfin parce qu'il signe le retour d'une des créatures les plus fabuleuses du cinéma. Nous avons eu la chance de d'assister à une projection d'une vingtaine de minutes, qui s'est avérée particulièrement prometteuse. Attention, les lignes qui suivent contiennent de potentiels SPOILERS.

 

 

 

Tout d'abord, cette présentation est venue confirmer ce que beaucoup pressentaient suite aux impressionnantes bandes-annonces de Godzilla. Gareth Edwards n'a pas emballé un blockbuster lambda et confirme après Monsters que le bougre est capable de faire des merveilles caméra en main. Plans soignés, image composée avec un soin maniaque qui ne vire pas au maniérisme et photographie aux accents funèbres, le film se pare d'une mise en scène qui nous colle au siège presque instantanément.

Comme le metteur en scène nous le confiait il y a quelques mois, il a bien révisé les Dents de la Mer, comme en témoigne sa gestion de l'espace. Jouant à fond de la profondeur, le découpage multiplie les jeux d'échelles, les images dans l'image, comme lors d'un panoramique au sein d'une ville abandonnée, où le reflet du décor dans un rétroviseur encrassé confère à la scène une profondeur et une dimension menaçante saisissante. Le film nous rappelle sans cesse où se situent les humains, prend soin de cadrer l'action à hauteur d'homme et semble ne pas vouloir les remplacer systématiquement par une foule numérique (autre enseignement, tiré de James Cameron).

 

Des qualités qui confèrent aux quelques apparitions de Godzilla que nous avons découvertes une puissance remarquable. Nous l'avons vu passer sous un porte-avion, non sans entraîner dans son sillage ce qui paraissait être une flottille militaire en très mauvaise posture. L'arrivée en ville du reptile était elle aussi un des grands moments de cette présentation. En s'attachant plus aux conséquences de chacun de ses mouvements qu'à la créature elle-même, la tension est décuplée, tout comme notre attente.

On est saisi par la capacité d'Edwards à convoquer pelle-mêle plusieurs traumas récents, tsunamis, incidents nucléaire, l'être humain est ici ramené à un fétus de paille. Rares sont les blockbusters à proposer des images aussi angoissantes, funestes, ou s'empilent les corps, quand ils ne sont pas balayés par une vague impitoyable. Godzilla en lui-même est terriblement impressionnant. Parfaitement fidèle au monstre imaginé par la Toho, il est plus gigantesque, massif et destructeur que jamais.

Nous l'avons ainsi vu pulvériser un pont de chemin de fer, détruire un train en un instant, sortir majestueusement des eaux et ravager un aéroport. L'occasion de constater le fétichisme du réalisateur pour la bête, dont nous avons admiré la patte phénoménale ravager presque instantanément un tarmac transformé en fournaise. Rendre crédible à l'écran les proportions de Godzilla était un défi insensé. Créature lourde, voire pataude, elle n'avait que peu de rapport avec le monstre véloce de Roland Emmerich ou le bidule extra-terrestre de Cloverfield. Plus lent, dramatique et doté d'une posture curieuse, le corps de Godzilla est d'autant plus singulier qu'il était pensé pour accueillir un homme costumé supposé l'animer. Lui donner vie numériquement sans aboutir à un étrange ratage semblait à priori impossible. Néanmoins, Gareth Edwards semble y être parvenu. L'artiste joue des textures, de la perspectives et de l'ampleur des mouvements de Godzilla pour lui conférer une aura sidérante, qui lui permet de abolir largement nos doutes de cartésiens.

 

Autre point fort de cette présentation, les personnages.

La famille Brody (Bryan Cranston, Elizabeth Olsen, Aaron Taylor-Johnson et Juliette Binoche) se retrouve au centre de l'intrigue. C'est ce quarteron de personnages et le destin tragique de certains d'entre eux, étalé sur quinze ans, qui sert de moteur au récit, plus qu'une improbable réunion de clichés inhérents au blockbuster type. Des comédiens de toute évidence engagés, au parcours visiblement plus complexe que le super héros classique;

Ainsi Joe Brody, un des hauts responsables d'une centrale nucléaire, se retrouve-t-il bouleversé quand un incident gravissime provoque une catastrophe d'ampleur internationale et déchire sa famille. Convaincu que lui ou ses hommes ne peuvent être tenus responsables de la situation, il enquête, jusqu'à réaliser quinze ans après les faits que la zone n'est pas irradiée. De toute évidence, les autorités ont maquillé quelque chose en accident nucléaire et évacué la zone... C'est cette recherche qui mettra Brody sur la piste de Godzilla et de l'apocalypse à venir.

 

On n'en sait pas beaucoup plus et tout juste avons-nous pu apercevoir quelques nouvelles images de certaines séquences dévoilées dans la bande-annonce, telles les conséquences urbaines d'une petite escapade de Godzilla en ville, ou encore une carrière dans laquelle le monstre semble avoir élu domicile. Particulièrement intéressant, ce passage confirmait qu'il existe bien un lieu sous-terrain, rempli de gigantesques ossements, dont « quelque chose » paraît s'être extrait récemment. Godzilla a-t-il toute une famille avec lui ? Est-ce le descendant dégénéré de quelque monstre sous-terrain ?

Autre élément, nous avons pu constater sans doute possible qu'il y a bien une seconde créature visiblement capable de voler et de nager. Cette dernière semble être la chose qui éventre un train d'un coup de patte/tentacule dans la bande-annonce et c'est également à elle qu'appartient la gigantesque griffe que l'on devine au détour de quelques photogrammes.


Vous l'aurez compris, cette présentation de Godzilla n'aura fait que démultiplier notre attente. Spectaculaire, angoissant et intense, ces vingt minutes nous ont rappelé combien nous manquions cruellement de spectacle intelligent et ambitieux. Reste maintenant au film à confirmer ces formidables impressions et à nous montrer s'il peut tenir le crachoir à ses influences manifestes, ddes Dents de la mer en passant par Abyss.


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