Mythes et idéologie du cinéma américain [Chronique Livre]

Jacques-Henry Poucave | 2 octobre 2012
Jacques-Henry Poucave | 2 octobre 2012

« Vas-y fais les bouquins vu que maintenant tu travailles dans les livres », susurrait de sa voix la plus suave le sucré Laurent Pécha à votre serviteur. Ni une ni deux, je m'empressai d'ouvrir Mythes et idéologie du cinéma américain, de Laurent Aknin, joli livre au titre un chouïa ronflant. Inutile de couper les cheveux en quatre, l'ouvrage ne risque pas de bouleverser votre conception du Septième Art yankee, et pour cause, on arrive rapidement à la conclusion que la propos de l'auteur n'est pas tant d'analyser l'idéologie du cinéma américain contemporain, que d'en proposer un petit catalogue bien pratique.

 


 

De ce point de vue, le livre fait son office, et nous permet d'effectuer un rapide tour d'horizon des productions de genre produites après le 11 septembre. Dans une langue claire, particulièrement plaisante et agréable à lire, l'auteur évoque les grands, petits et oubliables noms qui parsemèrent le quotidien du cinéphage en mal de héros, tripailles, monstres et autres gladiateurs huilés. L'expérience n'est pas déplaisante, d'autant plus qu'Aknin a le courage d'assumer des goûts... audacieux dirons-nous (La Revanche des Sith, un grand Star Wars, vraiment ? NDLaurent Pécha : ce n'est pas audacieux, c'est juste faire preuve du lucidité.).

 

On est en revanche beaucoup plus circonspect quant à son analyse de l'idéologie américaine. Ce sujet - auquel l'ouvrage doit tout de même son titre – se trouve finalement peu ou pas traité, simplement évoqué au détour de telle ou telle description cinéphilique, sans que les questions soulevées soient véritablement creusées. Le cinéma nord-américain est-il véritablement devenu plus réactionnaire au lendemain du 11 septembre ? Comment l'est-il devenu ? Et de quelle manière cette nouvelle orientation cohabite-t-elle avec les couleurs démocrates portées par Hollywood ?

En considérant trop souvent son point de vue comme une évidence l'auteur prend le risque de ne pas véritablement l'expliciter, et se contente petit à petit de passer en revue de nombreuses productions, lesquelles sont souvent correctement décortiquées, sans toutefois qu'apparaisse un indispensable liant général.

Au final, Mythes et idéologie du cinéma américain est beaucoup trop léger pour prétendre embrasser son sujet, et laissera sur leur faim les spectateurs avertis. Il n'en demeure pas moins un ouvrage de vulgarisation pas déplaisant du tout, qui aura au moins le mérite d'ouvrir quelques horizons à un public pas encore rompu aux joies de l'analyse et de la mise en perspective.

Ah, au fait et tant qu'on y est, je vous signale avec enthousiasme la sortie de Loco aux Éditions Ring (ma nouvelle crémerie). Un bouquin qu'il est vachement bien, très beau, très violent, très immersif, et très drôle. C'est de la science-fiction post-apocalyptique comme on en lit rarement, à fortiori de la part d'un de nos compatriotes, l'auteur en étant le formidable Joël Houssin, papa de l'infréquentable Doberman. Je ne vous en dis pas plus, parce que je vais essayer de me débrouiller pour qu'Écran Large le chronique. Mais vous seriez bien inspiré de faire un tour sur ring.fr, un site de toute beauté.

 


 

 

P.S : Au fait Laurent, je peux aussi chroniquer les jeux vidéos.

 

 

 

 

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