Maggie Grace : interview spatiale

Simon Riaux | 16 avril 2012
Simon Riaux | 16 avril 2012

Découverte dans la série culte Lost, Maggie Grace est de ces rares comédiennes qui font profiter de leur physique talent le cinéma d'action et de genre. Remarquée dans Faster, Taken ou encore Twilight : Révélations, elle sera prochainement à l'affiche de Taken 2 et Lock out, furieux ride de science-fiction débridée qui sort ce mercredi 18 avril 2012. Nous avons eu l'occasion de rencontrer la comédienne, et d'en apprendre plus sur son goût pour les rôles physiques, et sur la suite d'un des plus intenses films d'action de ces dernières années.

 

Une des particularités de Lock out, est son humour, en dépit du ton adulte et d'un univers de science-fiction très sombre, le second degré est omniprésent.

En effet, c'est ce qui m'a tout de suite plu, c'était présent dès le scénario, qui est hilarant. À la lecture, j'ai trouvé que le ton permettait une grande liberté dans le jeu, dans l'approche de l'histoire et des personnages. Le synopsis aurait pu aboutir à un résultat noir, presque déprimant, mais cette orientation en fait un divertissement très surprenant.

 


 

J'en ai probablement raté quelques-unes, mais à la projection, j'ai relevé plus d'une cinquantaine de punchlines (répliques impactantes et comiques), quelle est votre favorite ?

Plus de cinquante ? Décidément ! Je vous avoue que si je ne les ai pas comptées, leur nombre m'a également saisie, d'autant plus qu'elles sont vraiment très réussies. Il y a de purs gags, des hommages, des parodies, des jeux de mots. Cela a permis à Guy Pearce de jouer un premier rôle vraiment à part, inclassable. Je ne l'avais jamais vu aussi à l'aise, tout en restant sérieux. Il faut beaucoup de talent pour arriver à un tel résultat. Le chiffre que vous relevez est intéressant, peut-être que les joke-count (relevé des blagues) vont remplacer les body-count (relevé des victimes) au cinéma. J'aimerais bien en tout cas !

En ce qui concerne ma préférée... C'est un choix difficile à faire. Il y en a deux ou trois qui sont un peu vulgaires ou grossières qui me font énormément rire, et que je laisserai vos lecteurs découvrir, mais il y en a une dont je peux vous parler, visible dans la bande-annonce, qui me fait hurler de rire, lorsque Guy tente de m'abandonner à mon sort. Il me tend deux objets et dit : « Voici une pomme, voici un fusil, ne parle pas aux inconnus. Flingue-les. » Déjà en répétition, la réplique nous amusait énormément, et nous avons essayé de la faire avec une multitude d'objets différents pour trouver le plus drôle. Cela ferait un bon bonus pour le Blu-ray...

 

Comment s'est passée la collaboration avec Guy Pearce ?

Idéale. C'est un homme étonnant. Il dégage énormément d'allure et de classe, il peut être très professionnel et rassurant, un peu à l'anglaise. Il ne faut pas pour autant oublier qu'il est australien (NDR/ Guy Pearce a été élevé en Australie mais est né en Angleterre), et donc jamais le dernier pour se jeter tête baissée dans une séquence d'action, porter un peu trop les coups, ou rendre une réplique anodine parfaitement ambiguë. On ne peut pas dire qu'il y ai eu d'improvisation, dans le sens où tout était très bien réglé sur le plateau, mais il a su obtenir de certaines séquences ou certaines répliques un sens ou une tournure, auxquels je ne m'attendais pas.

 

Déjà dans Taken , votre personnage subissait un certain nombre de violences, dans Lock out rebelote, et ce devrait être encore pire dans Taken 2. Avez-vous remarqué que les productions Europacorp ne sont pas vraiment tendres avec la gent féminine ?

(rires) Je ne m'étais jamais posé la question, mais maintenant que vous le dites... J'ai vu Hitman et un des Transporteurs... et vous avez raison ! En effet, dans Taken 2, mon personnage va encore passer un sale quart d'heure. C'est amusant, je n'y avais pas fait attention, il faudra que j'en parle avec Luc !

 



On ne connaît toujours pas le titre du deuxième Taken...

Moi non plus ! Le scénario s'appelait untitled Taken sequel. Ce sera Taken 2 j'imagine, ou peut-être Taken with a vengeance ! (rires

 

Dans le premier vous étiez une victime essentiellement passive...

Mais cela va changer ! Dans la suite, mon père (Liam Neeson) et ma mère (Famke Janssen) sont kidnappés par le père d'un des ravisseurs du premier opus, décidé à venger la mort de son enfant. Mon personnage sera donc le seul à pouvoir les aider et les retrouver à Istanbul. Je vais donc me battre et rendre coup pour coup cette fois. Même si Liam sera le combattant le plus chevronné, mon personnage a beaucoup évolué depuis Taken. Non pas qu'elle se soit spécifiquement entraînée, elle ne pratique pas de sport de combat, elle se défendra donc à l'instinct, de toutes ses forces. Cela donnera un côté sauvage et imprévisible au personnage. On ne voulait pas d'un retournement du genre, son père l'a préparée, c'est devenue une spécialiste des arts martiaux, et peut tuer une douzaine d'hommes à mains nues. En revanche son expérience l'a endurcie, et elle est prête à tout pour ne pas revivre son calvaire, ou laisser sa famille en péril.

 

Sérieusement, Liam Neeson peut-il être encore plus impressionnant que dans le premier volet ?

Je vous accorde que le défi était de taille, mais je crois bien qu'il l'a relevé. J'ai vu un premier montage de certaines séquences d'action, et je suis resté bouche bée. Tout en restant très fluides, ces scènes sont survitaminées, très violentes. Le style de combat n'a pas changé, il simplement poussé dans ses derniers retranchements, le résultat est encore plus... brutal. Ce que Liam a accompli au cours de ses entraînements est exceptionnel. Il n'est jamais dans l'épate ou la chorégraphie, mais dans une recherche d'efficacité et de maximisation des dégâts. Le résultat va être fantastique je pense. Je vous disais que mon personnage était devenu plus agressif, mais à côté de lui j'ai l'air d'une vulgaire Barbie.

 

Pouvez-vous nous parler du changement de décor ?

Oui. Le premier se déroulait à Paris, où les malfrats et la violence étaient dissimulés. L'impact du film venait de la façon inattendue dont surgissait la brutalité. Ici, c'est l'inverse, l'action se déroule en grande partie à Istanbul, un endroit dont les héros n'ont pas les codes, où il leur est difficile de disparaître. Ils ne cherchent pas le conflit, il vient à eux, dans toutes les directions, et doivent faire face à une situation qui ne laisse aucune échappatoire. Tout cela était très dépaysant, et nous a beaucoup aidé à nous mettre dans la peau de nos personnages, Liam a énormément apprécié.

 

 

À voir votre enthousiasme, on se dit que le profil d'héroïne d'action vous sied vraiment à ravir.

Je dois dire que j'aime beaucoup ça. Non pas que les rôles traditionnels m'ennuient ou ne m'intéressent pas, je ne suis d'ailleurs pas une fan d'action ou de violence, ce qui m'amuse là-dedans, c'est le tournage. Quand vous travaillez un rôle physiquement très exigeant, où il y a de l'engagement, de l'aventure, de l'action, vous devez être beaucoup plus impliqué que dans un autre projet. Il faut s'entraîner pendant des semaines, puis répéter, se familiariser avec les effets spéciaux. On se trouve vraiment au cœur du tournage, c'est très fort et très exigeant. C'est une ambiance et un rythme de travail qui me plaisent énormément. Que voulez-vous, je dois me sentir à mon aise accrochée à des câbles, en train de donner des coups de pieds en suspension dans l'air !

 



 

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