Deauville 2010 : The Dry land

La Rédaction | 8 septembre 2010
La Rédaction | 8 septembre 2010

EN COMPÉTITION

Les Américains traitent l'histoire récente. A foison : l'intime, le grand spectacle, la décision de la guerre, l'embuscade, le retour. Tous les points de vue constituent un amas de données, projection de la mémoire collective. Le lien avec Valse avec Bachir est ici évident sur le plan du scénario, un vétéran recherche une partie manquante de son expérience militaire en retrouvant ses anciens compagnons.

Hormis cela, The Dry land est malheureusement une ligne à ajouter dans ce collectif, pas plus remarquable qu'une autre, loin dans un corpus qui compte aussi Redacted, Green Zone, Démineurs... Bien interprété, bien mis en scène, c'est sur le scénario que le film pèche. Parce que l'essentiel des questionnements de ce vétéran font déjà partie de notre inconscient, on sait ce que l'on va voir et entendre : les récits de scène de guerre, l'incompréhension dans le couple. Si ces motifs sont centraux, leur traitement est très attendu, et il en reste bien peu de choses.

La scène de fin de Démineurs, sur le thème similaire du retour à la normale laisse des vraies traces cinématographiques, contrairement à ce film, qui, s'il remplit sa mission didactique, ressemble plus à un programme fin et pertinent de communication pour sortir les victimes des traumatismes des guerre de leur isolement.

Ripley

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Conférence de presse avec Ryan Piers Williams et America Ferrera

 

Quelle est votre relation avec le conflit irakien ?

Ryan Piers Williams (réalisateur) : La guerre dure depuis 7 ans. Les questions autour de ce conflit se posent aujourd'hui, particulièrement maintenant que les soldats rentrent de plus en plus d'Irak. Il fallait donc faire le film maintenant pour dire aux gens qu'il y a un espoir de s'en sortir. J'ai commencé à travailler sur ce thème il y a 5 ans après avoir lu un article sur un soldat atteint de post-traumatic stress disorder. J'étais très ému par cet homme donc j'ai fait des recherches. J'ai parlé avec beaucoup de soldats pour comprendre leur expérience. Dans le processus, j'ai développé ma propre histoire. J'ai envoyé mon scénario à des soldats pour qu'ils le commentent. Je voulais être le plus authentique possible pour honorer leur expérience. On a fait des projections dans des bases militaires. C'était très intense. J'ai même été en Irak en juin dernier avec America et Ryan.

Le gouvernement US a-t-il observé votre travail ?

R. P. W. : Quand j'ai fini d'écrire le script, je l'ai envoyée à l'armée qui a un département cinéma. Ils l'ont lu et ont décidé de le soutenir. Il n'y a avait que 11 notes et encore, il s'agissait de détails comme la botte d'un soldat. Ils ont compris que le film n'était pas polémique ou politique, qu'il fallait plutôt nous aider à parler aux gens de ce stress post-traumatique. Vous savez, il y a plus de suicides de soldats revenus d'Irak que de morts au combat là-bas.

Comment expliquer que le cinéma américain traite si tôt de l'histoire récente des USA?

R. P. W. : Je ne sais pas si je peux expliquer ça mais je peux vous dire pourquoi moi, je l'ai fait. Cette question du post-trauma se pose depuis des générations. Il touche des gens partout dans le monde. J'ai vu que les Américains n'étaient pas forcément conscients de ce qu'il se passait. Ca touche tous les vétérans venus de toutes les guerres dans lesquelles nous avons été impliqués. Mon but, c'est d'inspirer les gens, de les pousser à changer quelque chose. Si des soldats vivent ça, je veux qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls. Dans notre culture à Hollywood, nous faisons des films pendant que les choses se passent. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que la technologie nous le permet en transmettant l'information tout de suite.

America Ferrera (actrice et productrice) : Les artistes sont prêts à traiter de ces sujets mais le public ne l'est pas toujours. On l'a vu avec les films sur le Vietnam. Ceux qui sont sortis tout de suite n'ont pas vraiment bien marché. Les films sur la guerre en Irak ne cartonnent pas forcément au box-office. C'est une vaste question. Faire un film ne signifie pas forcément qu'il sera vu.

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