Festival américain de Deauville - Jour 2

Melissa Blanco | 8 septembre 2009
Melissa Blanco | 8 septembre 2009

Dany Boon l'avait prédit, il fait beau ce dimanche sur les planches du festival ! Les gens sont de sortie, donnant l'illusion d'un festival en plein forme. Sauf que les salles, elles, ne se remplissent pas si vite que ça... Week-end oblige, place aux « blockbusters » de la rentrée, à commencer par ce qui pourrait bien être une des surprises du box-office de septembre, District 9, réalisé par Neil Blomkamp et produit par Peter Jackson. Soit un film fantastique où les aliens vivraient au milieu des humains, en Afrique du Sud. Résultat, un vrai long métrage de genre aboutit et tenu, de bout en bout, par un scénario en béton, prenant le parti pris original de ne pas forcément se mettre du côté des humains. Puisant ses influences aussi bien chez David Cronenberg – on pense à La mouche – comme dans les films de son producteur. Détonnant et particulièrement inventif (4/5).

 

 


Alors qu'à Cannes, certains se plaignaient du temps d'attente assez hallucinant pour assister aux projections – il fallait y être minimum deux heures auparavant -, le festival de Deauville, lui, fait décidément dans les extrémités. Il suffit de venir un quart d'heure avant la projection pour entrer, laissant le temps de prendre une petite pause entre chaque film. Exception faite au nouveau Ang Lee, Taking Woodstock, célébrant comme son nom l'indique, 40 ans après, le festival de Woodstock. Etant sortie totalement furax lors de sa projection au festival de Cannes, je m'imagine alors déjà dans la peau de Jim Morrison et ses compères. Eux qui loupèrent Woodstock en 69 pour des problèmes judiciaires, se rattrapant par la suite lors d'un concert sur l'ile de Wight. Cela tombe bien, la salle du casino projette à ce moment même When you're strange, documentaire de Tom DiCillo, retraçant l'histoire de ce mythe que fut The Doors. Et quelle joie d'entendre raisonner dans les enceintes du cinéma des chansons du groupe, rythmant ce long métrage complet et passionnant. On y suit leur évolution, et plus particulièrement autour de la figure de Jim Morrison – « Sex, drugs and Rock'n Roll » -, mise en relation avec les transformations de la société américaine. The doors ayant été l'un des emblèmes du mouvement hippie et du vent de révolte qui soufflait alors sur les États-Unis (3,5/5). A la sortie du film, mon coeur s'emballe, le prochain long métrage présenté étant porté par l'un des mes acteurs favoris.

 

 

 

Même en ayant déjà vu 500 jours ensemble avant sa projection à Deauville, c'est avec un enthousiasme certain que je me rends à nouveau à cette projection. Jusqu'au bout, l'espoir m'aura animé de voir Joseph Gordon-Levitt fouler le tapis rouge, d'où la grandeur du désenchantement. Le jeune homme est actuellement en tournage sur le prochain Christopher Nolan, Inception, et loupe, comme beaucoup d'autres, la présentation de son film au public français. 500 jours ensemble, donc, suit une histoire d'amour, réaliste et générationnelle, entre un homme bercé par les illusions du Lauréat de Mike Nichols et une jeune femme très terre à terre. Le film est aussi attendrissant que bouleversant, charmant par sa justesse de ton. Alors, quand le tout se retrouve rythmé par une bande originale exceptionnelle, le coup de coeur ne peut être qu'immédiat (5/5). Le public semble d'ailleurs en majorité conquis, donnant du baume au coeur au réalisateur Marc Webb, venu le défendre, comme le font ici beaucoup d'autres jeunes cinéastes. La programmation de Deauville donnant la part belle aux premiers films

 

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Si les séances rouges du soir ne sont accessibles que sur invitations, il est néanmoins très facile d'y accéder tant les organisateurs tentent d'amener le plus de monde possible, en en distribuant à tour de bras. Et si l'on ne peut être que peiné pour ce festival qui a pourtant toutes les qualités pour cartonner, ne crachons pas dans la soupe tant il est plaisant d'être festivalier cette année. L'occasion pour nous de retrouver notre animateur préféré, aujourd'hui en très grande forme. Sauf que pour lui, la soirée se transformera vite en cauchemar tant les acteurs – et notamment du jury – semblent s'être passés le mot sur ses légendaires questions. Que ce soit Déborah François - « Vous avez gagné le césar du meilleur espoir féminin l'année dernière... », « Non, cette année ! », « pour Le dernier jour du reste de ta vie... », « Non, le premier. Décidément, cela fait deux fautes dans la même phrase... » - ou Bruno Podalydès - « Votre banc public américain idéal, ça serait quoi ? », « "Qui ?", vous voulez dire ?! ». Les autres compris. Dans un festival assez morne en terme de grands événements, il est l'une des grandes attractions de la soirée, malheureusement à son insu. Et alors qu'il entre sur scène pour présenter le film, la salle se met à le huer, comme un procès sans appel sur la place public. Le spectacle est assez triste et cruel.

 

Et ce n'est pas le film d'après qui viendra relever le niveau. Car Me and Orson Welles, de Richard Linklater, s'il suit la rencontre entre un jeune apprenti comédien et celui qui deviendra bientôt le célèbre cinéaste qu'il fut, souffre surtout d'une énorme erreur de casting. Zac Efron. Incapable de sortir de son rôle d'High School Musical, totalement à côté de la plaque dans un film d'époque – pardon Lucile pour ses mots !. Me and Orson Welles se situe ainsi dans les années 30, époque où Welles n'était alors qu'un metteur en scène de théâtre, sur le point de cartonner avec le César de Shakespare. Sauf que le long métrage préfère s'attacher à la figure de ce jeune homme insipide, incarné, donc, par Zac Efron, lui qui se fait littéralement écraser par Christian McKay, la révélation de ce film. Creux et long, le long métrage est une vraie déception malgré l'atmosphère si singulière qu'il dégage, recréant un microcosme artistique sur le point d'être bousculé (1/5). Petite soirée, donc. Demain, place à l'ouverture de la compétition... Espérons que le résultat soit à la hauteur de nos attentes.

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