Luc Besson et sa fabuleuse Cité du cinéma

Thibault | 4 mars 2008
Thibault | 4 mars 2008

Qu'on l'aime, qu'on le déteste, ou que son exceptionnelle constance dans la  médiocrité nous laisse totalement indifférent, on ne peut guère reprocher à Luc Besson de ne pas savoir faire parler de lui, et parfois à juste titre. Son dernier projet en date n'est pas le moins ambitieux, puisqu'il touche à la construction d'une « Cité du cinéma », qui serait à St-Denis ce qu'Hollywood est aux Etats-Unis : un endroit où l'on peut tourner le prochain blockbuster entre 9 et 12h, puis se restaurer au sein d'un cadre accueillant agrémenté de palmiers.


La cité en question se situerais dans une ancienne centrale EDF, raccordée pour la première fois en 1933 et abandonnée en 1981, au sein de laquelle il a déjà tournée plusieurs scènes de Nikita (1990) et Léon (1994). Le site se trouve en chantier depuis déjà 3 ans, temps nécessaire au dépolluage du sol et au désamiantage de la structure. Une fois retapé et rénové sous la direction de l'architecte Umbdenstock , l'ensemble proposera une surface utile de 63 500m², de quoi loger 9 plateaux de tournage allant de 600 à 13 000m², des loges pour les artistes, 11 restaurants, quelques salles de sport, et une crèche. Le sous-sol se verra également investi par des ateliers de fabrication de décors, et des zones de stockage pour le matériel. Ajoutez à cela un parking et quelques bureaux, et vous obtiendrez un site atteignant presque l'espace et le luxe de mon appartement Villa des Gobelins, sans le charme 1900 toutefois.


Outre fournir au petit Luc un nouveau jouet avec lequel il pourra réaliser ses fantasmes cinématographiques les plus fous, l'un des but avoué est de drainer les juteux capitaux des productions étrangères, qui souhaitent venir tourner à Paris mais finissent souvent au Royaume-Uni ou en République Tchèque, faute de pouvoir trouver un studio libre et de taille suffisante. Les cinéastes débutant ne sont néanmoins pas oublié, puisque Besson souhaitent les voir « investir les studios la nuit pour donner vie à leurs courts métrages. » Dans le même ordre d'idée, le réalisateur a également proposé aux pouvoirs public la création d'une classe préparant à l'entrée des deux grandes écoles de cinéma, la Fémis et Louis-Lumière.

 

 

 

 

Évidemment, tout ceci n'est pas gratuit, et Luc Besson doit aussi faire face au problème épineux du financement, d'autant qu'en l'espace de quatre ans le budget est passé de 100 à 130 millions d'euros. Les investisseurs sont dans leur totalité issus du privée (on parle notamment de Thomson), toute aide publique risquant d'être mise en cause pour concurrence déloyale par la commission de Bruxelles. L'on sait dès à présent qu' EuropaCorp, la société du réalisateur, sera locataire des bureaux, prendra éventuellement une participation dans les studios, et produira le premier film à sortir des studios. Pour que le projet devienne rentable, la principale difficulté sera d'attirer des sociétés de productions extérieures – ce qui semble déjà en bonne voie, puisque que Panavision, Transpalux, ou encore Quinta ont déjà promis de louer des studios. Afin de pouvoir faire face à la concurrence, Besson se déclare en outre favorable à la mise en place d'un crédit d'impôt international en vue d'attirer les producteurs étrangers.


Si l'on peut se défier du producteur, il convient d'admettre que ce projet est tout de même bigrement enthousiasmant, et il nous tarde de savoir comment tout cela va tourner. Débuts des vrais travaux dans quelques semaines, ouverture en mai 2010, on a le temps de patienter.

 

 
Luc peut dès à présent compter sur le soutien financier de ses amis les Minimoys.


 


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