Netflix, Disney et d'autres studios s'engagent dans la lutte pour le droit à l'avortement aux Etats-Unis

Léo Martin | 27 juin 2022 - MAJ : 27/06/2022 18:25
Léo Martin | 27 juin 2022 - MAJ : 27/06/2022 18:25

NetflixDisneyWarner et d'autres compagnies hollywoodiennes ont promis de couvrir les frais de déplacement pour leurs employés désirant avorter.

Suite à la décision de la Cour Suprême des États-Unis de mettre fin à l'arrêt Roe v. Wade le 24 juin 2022, de vives réactions de protestation se font entendre. Pour rappel, l'arrêt Roe v. Wade prévenait toute possibilité de criminaliser ou de restreindre l'accès à l'avortement dans l'ensemble des États-Unis, depuis 1973. La légalisation de ce droit a été ainsi désormais replacée sous la responsabilité indépendante de chaque État, divisant le pays américain sur cette problématique cruciale. De fait, de nombreuses compagnies, médias et studios de cinéma se sont très vite engagés en faveur du droit à l'avortement, en annonçant qu'ils apporteront une solution financière pour les personnes concernées.

Netflix a, entre autres, proposé à ses employés un remboursement allant jusqu'à 10 000 $ pour tous les déplacements requis pour des raisons de santé, incluant l'avortement. Warner Bros. Discovery de son côté a augmenté sa mutuelle de santé pour couvrir ce même type de voyage chez ses salariés. La directrice des ressources humaines de la compagnie, Adria Alpert Romm, a signifié dans un mémo que "la priorité numéro une [de Warner Bros. Discovery] étaient le bien-être, la bonne santé et la sécurité de ses employés". 

 

Simone, le voyage du siècle : Photo Elsa ZylbersteinSimone veille

 

Chez Disney, une source provenant de Variety a révélé que dès le vendredi 24, l'entreprise s'était adressée à ses employés sur la question. La compagnie aurait déclaré qu'elle "se dédiait à procurer des soins abordables et de qualité" pour eux et leur famille. Cela concerne donc l'avortement et toute problématique liée au planning familial, pour tout salarié de Disney et ce "peu importe où ils vivent". Et la compagnie est forcément concernée puisque Walt Disney World, l'un des plus gros parcs à thème de la compagnie se situe à Orlando en Floride, où le gouverneur Ron DeSantis a d'ores et déjà fait restreindre l'accès à l'avortement (même s'il ne l'a pas totalement interdit pour le moment). 

D'autres compagnies comme Paramount et Sony se sont prononcées avec les mêmes assurances pour la santé des femmes et le même type de remboursement. Certaines compagnies n'ont pas encore commenté leur position sur le sujet, comme Lionsgate ou Amazon. Le festival de Sundance a annoncé il y a plusieurs semaines, en prévision de cette situation, qu'ils augmentaient leur mutuelle de santé, le festival se déroulant en Utah, un des États où l'avortement devrait être interdit d'ici la fin du mois de juillet. 

 

L'Evénement : photo Anamaria VartolomeiAnamaria Vartolomei était le nouvel espoir féminin 2022 pour L'Événement

 

Enfin, plusieurs entreprises en dehors du domaine du cinéma et du divertissement ont pris des mesures similaires (tel que Meta ou Google) et prennent des engagements en faveur du droit à l'avortement. Nous ne sommes, au moment d'écrire cet article, qu'à quelques jours de la décision de la Cour Suprême et il est probable que d'un côté comme de l'autre de l'opinion, des mesures importantes soient prises.

Cette suppression du droit à l'avortement, près de 50 ans après qu'il ait été reconnu au niveau fédéral, aura sans doute des répercussions à grande échelle sur le long terme, notamment vis-à-vis de l'industrie du cinéma. Difficile d'ailleurs de ne pas voir Hollywood s'en emparer encore plus frontalement dans les années à venir, probablement à travers des fictions ou des documentaires dans la veine de L'Evénement, 4 mois, 3 semaines et 2 jours ou encore Juno. Une chose est sûre, la lutte d'une frange de la population pour retrouver ce droit pour les femmes ne fait que commencer sur le territoire américain.

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commentaires
rientintinchti2
30/06/2022 à 22:30

Et pourquoi encourage-t-on a faire écouter de la musique au foetus?
https://www.radiofrance.fr/francemusique/la-musique-avant-la-naissance-qu-entend-le-bebe-8514910

rientintinchti2
30/06/2022 à 21:59

Question: Si le foetus n'est pas un être vivant sensible et qu'il n'a pas d'activité cérébrale. Pourquoi des magazines, émissions tv , bouquins, études encouragent-ils les mères à parler à leur bébé pendant qu'il est encore dans leur ventre?

Kyle Reese
29/06/2022 à 13:53

@GTB

Merci d'avoir pris le temps creuser un peu plus le sujet avec votre point de vue clair et très bien argumenté. Je comprend bien mieux maintenant ce que vous vouliez dire et vous rejoins au final. J'ai tendance à réagir de manière parfois un peu extrême, avec un coté émotionnel, lorsque j’apprends des remises en questions de droits fondamentaux pourtant acquis qui bouleverseront la vie de nombreuses personnes. Je suis pour le progrès mais pas n'importe comment ni à n'importe quel prix, de manière réfléchit et constructifs.

Je sais ce qu'est la parentalité même si ça ne s'est pas senti ici (mon coté adulescent) . Psychologiquement on devient père progressivement dés l'annonce de la grossesse. Après c'est un chemin un peu différent propre à chacun, la prise de conscience ne se commande pas mais elle arrive à un moment heureusement. Je comprend maintenant en quoi ce slogan, et son utilisation peut déranger car il simplifie à l'extrême cette problématique. En effet l'IVG est une décision grave et doit être prise de manière sérieuse, réfléchit et concerté. Il ne faut pas la banaliser, car c'est un acte qui peut avoir des conséquences physique et psychologique important comme vous l'avez bien souligné, pour la mère et aussi pour le père.

Merci pour avoir pris la peine d'échanger de manière constructive ici sur le sujet, je trouve ça toujours très chouette. Au plaisir de vous lire sur d'autres sujets plus légers. ;)

GTB
28/06/2022 à 22:40

@Kyle Reese > Je suis en profond désaccord avec certains de vos propos, mais je pense que ça vient du fait qu'on s'est mal compris sur ce que je pointais du doigt. En aucune manière je sous-entends d'instrumentaliser le corps féminin...je critiquais un slogan qui se veut punchline mais qui offre une image déformée de la réalité et peut conduire à une mauvaise compréhension du sujet et des comportements foireux. Le sujet est complexe et l'image d'une décision unilatérale n'a certainement pas à être systématique/automatique. S'il ne faut pas instrumentaliser la femme, il ne faut pas plus instrumentaliser l'homme. Or c'est précisément la porte qu'ouvre ce slogan.
Vous me parlez de biologie. Bien sûr qu'il en est question, bien sûr que la parole de la femme importe. Mais ça n'est absolument pas la seule chose qui est en jeu. Mais une grossesse et un avortement n'affecte pas les femmes uniquement biologiquement. Je n'évoquais pas l'enfant en tant que fils/fille, j'évoquais le processus psychologique de parentalité qui s'enclenche. Et vu vos propos, je me risquerai à supposer que vous n'êtes pas père. On devient père avant la naissance. Se voir dérober sa paternité (comme dans le cas de votre ami) c'est potentiellement psychologiquement assez dévastateur (et comme je le disais, pour la mère aussi). Cela DOIT être pris en considération, en respect. Un avortement ça n'est pas non plus anodin pour le père. Qui porte le fœtus est une partie de la question, pas la question dans son entièreté. Or ce slogan omet toute la complexité, et la nocivité de la chose. Toutes les situations ne se valent pas. Avorter après un viol, ou une épouse qui décide seule d'avorter parce que plus envie ça n'est pas du tout le même cas figure.
Pour être plus clair, l'IVG est un acte tout sauf anodin. Ni pour la mère, ni pour le père. Ça mérite une attention toute particulière, une bienveillance toute particulière, certainement pas de le banaliser et le radicaliser par un slogan girl-power. Avoir un enfant, ou ne plus l'avoir n'est pas une décision unilatérale.
Est-ce que je veux dire par là qu'une femme ne voulant plus un enfant à venir, pour x raisons, ne peut pas décider? Non, bien sûr que non.

Et j'évoque tout cela parce qu'on voit des jeunes femmes/femmes témoigner, comme si c'était parfaitement moral et légitime, avoir décidé seule d'avoir un enfant à l'insu de l'homme concerné (conjoint ou pas), ou avoir avorté pour des raisons qui aurait largement pu être dialogué avec le partenaire. C'est littéralement en faire des "hommes objets" en les dépossédant de leur droit de décision.
Et encore, je n'évoque pas d'autres problèmes...comme le fait que si la décision de garder ou non un enfant revient à la mère, le père peut tout à fait se retrouver dans l'obligation d'assumer les conséquences d'une décision qu'il n'a pas prise, ou plus exactement, d'une décision qu'on lui interdit de prendre. Bref! vaste sujet. Très complexe. Beaucoup plus que ce que ce slogan véhicule.

Kyle Reese
28/06/2022 à 15:37

@GTB

Oui j'ai simplifié. Mais le résultat est le même, prendre prétexte d'un arrêt problématique, pour l'annuler et ainsi annuler un droit essentiel par ricochet pour les femmes est fallacieux.
Ils savaient très bien ce que cela allait entrainer et qu'il n'y aurai de tout façon pas de nouveau droit discuté.
Qui y a t-il derrière cette décision ? Des juges conservateur rétrogrades au service de partis aux idées du passés. Ce ne sont pas des "sages" ce sont des marionnettes placé là par un président d'extrême droite qui n'a fait que diviser l’Amérique comme jamais. Tous ça est politique. Le progrès ne les intéressent pas car celui-ci grignote leur pouvoir, leur fortune, leur status, qu'ils veulent conforter à tout pris. Et une partie des masses moutonneuse avalent ces jolies bobards de pro-life, pro-guns etc ...

Pour ce qui est de la seconde parti de ton msg, ça se discute mais au final c'est bien la femme qui porte le fœtus puis l'enfant et personne d'autre. Je doute comme je lis souvent sur certain site de média très à droite que l'IVG soit utilisé par certaines femmes comme moyens de contraception.

Je comprend ta gêne sur cette expression "mon corps, mon choix".
Mais on ne parle pas d'enfant quand la question de l'IVG est mis sur la table, on n'en ai pas encore là sauf pour ceux qui pensent qu'un embryon contient déjà une conscience ce qui biologiquement est impossible. L'homme dans ce cas n'est qu'un potentiel futur père mais pas encore père. Tout comme la femme est une potentielle future mère si tout va bien.
Oui l'homme il a son mot à dire bien évidement mais après, si la "future" mère ne veut plus, pour x raisons c'est bien elle qui choisit car c'est son corps, qui passe avant le couple (dans un cas pareil il périclitera surement), avant le choix de l'homme. On ne peut instrumentaliser les femmes ni leur corps. C'est peut être injuste, déséquilibré mais c'est comme ça.
Nous les hommes n'enfantons pas ... encore. Mais oui je comprend que ce soit violent, j'ai connu qqun qui a appris après coup de que son ex s'était fait avorté dans son dos sans qu'il sache qu'elle était enceinte de lui.
Bon elle a rompu plus tard pour se mettre avec une femme. Ça l'avait d'autant plus marqué mais voilà, c'est comme ça. Et pourtant le mec était beau gosse et avait un sacré succès auprès des femmes.

Brad Eastwood
28/06/2022 à 13:12

Quand on vous dit que la religion n'apporte que des problèmes.

GTB
28/06/2022 à 11:39

@Kyle Reese > " libre de contrôler leur corps qui n'appartient qu'à elles et personnes d'autres. Toutes les motivations de cette interdiction sont fallacieuses"

Hm je trouve que vous simplifier un peu les choses avec ces propos. La Cour a annuler l'arrêt Roa V. Wade justifiant qu'il défend au niveau fédéral un droit non explicité dans la constitution. Ce qui peut être débattu. D'ailleurs c'est la même justification qu'ils donnent aux plus fanatiques qui veulent carrément une interdiction au niveau fédéral : l'IVG n'est ni imposée ni proscrite par la constitution. Donc hors de question pour eux d'une loi fédérale d'interdiction de l'IVG.

Pour l'autre partie, si je suis un fervent partisan du droit à l'accès de l'IVG (et des moyens/éducation de contraception), je trouve le slogan "Mon Corps, Mon Choix" hautement discutable parce qu'il déforme les raisons du droit à l'IVG et prétend que l'homme est complètement hors de l'équation. Or c'est très problématique dans la conception de la chose je trouve. En mettant à part les cas un peu spécifiques (viol par exemple), concevoir un bébé nécessite 2 personnes. La décision d'avoir un enfant doit également être prise à 2. Élever un enfant se fait en général à 2. Derrière ce slogan maladroit, se cache une certaine violence problématique parce qu'elle sous-entend une inégalité profonde : celle de retirer aux hommes leur droit à la parole dans la conception de la vie. Il y a bien plus derrière l'arrivée d'un enfant que 9 mois de grosses. Et pour dire les choses très clairement, s'il est intolérable qu'un homme mette une femme enceinte contre son gré, il est tout aussi intolérable qu'une femme tombé enceinte contre le gré de l'homme concerné. Et si la décision d'avoir un enfant se prend à 2, il n'y a aucune raison que celle d'avorter se passe complètement de l'opinion de l'homme concerné. Ce slogan prétend que les femmes doivent être les seules à décider, et ça me pose problème parce que ça se torche le derche avec les droits du père. On pourrait difficilement faire plus inégalitaire sur un fondamental de la vie humaine et sociale. Ce slogan prétend que l'homme n'est qu'un objet, un accessoire, dans la conception d'un enfant.

Morcar
28/06/2022 à 09:47

C'est assez inquiétant de voir le retour arrière que fait le monde en ce moment, et notamment les USA qui reste le pays le plus puissant du monde encore aujourd'hui. Entre ça et l'autorisation de port d'arme dissimulé dans l'État de New York, c'est un peu le retour au Far-West chez eux !

@Joe Staline, l'un n'empêche pas l'autre. J'imagine que comme chez nous ils militent aussi pour la contraception. Mais bien souvent ceux qui sont contre l'avortement sont aussi contre la contraception. Donc ce n'est ici qu'un premier pas vers une autre étape interdisant la contraception.

Abibak
28/06/2022 à 09:37

Il y a quand même très peu de film américain ou le personnage principal avorte. A part noce rebelle j'en vois pas d'autres. Ca a toujours été un sujet très sensible

Tuk
28/06/2022 à 08:14

De plus en plus dur de s'exprimer par ici !
Faut pas s'attaquer Netflix et Dysney et ceux qui en font la promotion, sinon Cut !

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