Les sorties cinéma du 27 octobre

La Rédaction | 27 octobre 2021 - MAJ : 27/10/2021 16:18
La Rédaction | 27 octobre 2021 - MAJ : 27/10/2021 16:18

Quelles sont les sorties cinéma de la semaine du 27 octobre ? The French Dispatch, La Fracture, Last Night in Soho, Pig, Barbaque, Lui...

Chaque semaine, Ecran Large fait son marché dans les salles de cinéma, et sélectionne quelques films incontournables (pour de bonnes ou mauvaises raisons).

Avec du Wes Anderson, du Edgar Wright, du Fabrice Eboué, Guillaume Canet, des gilets jaunes, des cannibales, Nicolas Cage en cochon, Guillaume Canet, un flashback vers John Carpenter, et Guillaume Canet.

 

photoEn direct de la cabine de projection

 

LES SORTIES QU'ON VOUS CONSEILLE

La fracture

L'histoire : Suite à une mauvaise chute et une énième crise conjugale, Raf finit aux urgences avec un coude cassé. Bloquée pendant une nuit dans un hôpital au bord de la crise, elle croise un chauffeur de camion blessé lors d'une manifestation des Gilets jaunes, tandis que la capitale s'embrase, à l'extérieur.

Les raisons d'aller voir La Fracture : Oui, le terme "film choc" est galvaudé, et cuisiné à toutes les sauces pour de beaux titres et effets d'annonce. Mais La Fracture le mérite, tellement le film réalisé par Catherine Cosrine (La Nouvelle Eve, La Belle Saison) se déroule comme une tornade, d'une énergie folle à tous les niveaux.

D'abord avec son histoire, étirée entre l'extérieur (la fameuse manifestation des gilets jaunes, qui a enflammé Paris en décembre 2018) et l'intérieur (un service des urgences au bord en la rupture), entre l'histoire de tous (la crise politique et sociale) et l'histoire intime (la rupture d'un couple). Dans l'émotion ensuite, puisque La Fracture alterne entre le rire et les larmes, avec de vraies scènes de comédie, et de purs moments de drame. Dans le casting enfin, avec Valeria Bruni Tedeschi, Marina Foïs et Pio Marmaï évidemment fantastiques, mais aussi et surtout Aissatou Diallo Sagna, aide-soignante qui tient ici son premier rôle au cinéma. Soit un étonnant et détonant cocktail à tous les étages, qui fait de La Fracture un film incroyable, tourbillonnant et important.

La note Ecran Large : 4,5/5

 

  

The French Dispatch

L'histoire : Le magazine The French Dispatch vient de perdre son fondateur et directeur de la publication. Le film raconte donc l'histoire du magazine à travers les reportages de son ultime numéro et les rencontres de ses nombreux rédacteurs.

Les raisons d'aller voir The French Dispatch : On va éviter de faire une liste de tous les acteurs et actrices présents dans le long-métrage et qui permettraient à chacun d'y trouver une seule bonne raison de se ruer en salles. En vérité, Wes Anderson a livré plusieurs bijoux ces dernières années dont son sublime L'île aux chiens en 2018. Le revoir aux commandes d'un live action aussi ambitieux que The French Dispatch est donc un incontournable.

Et incontestablement, le long-métrage jouit de qualités hors-normes et surtout d'une direction artistique d'une richesse affolante. Jamais le réalisateur n'a créé un univers aussi foisonnant à l'écran. Bien aidé par la multitude de récits qu'il conte, il s'appuie sur des décors magnifiques tout en alternant couleur et noir & blanc pour mieux enrichir la densité de son festin visuel (jusqu'à un super passage animé).

Dommage que cette maestria technique ne soit pas au service d'un vrai propos. S'il rend hommage au journalisme, à l'art et à la France, The French Dispatch est surtout une accumulation de saynètes trop verbeuses pour leur propre bien. Pire, le formalisme de Wes Anderson empêche le film de créer une once d'émotions ou de rires, faisant de ces réjouissantes pérégrinations des errances souvent un peu vaines, constamment inégales.

La note Ecran Large : 3/5

 

 

Last Night in Soho

L'histoire : Éloise quitte sa campagne natale et débarque à Londres pour intégrer l'école de design de ses rêves. Sauf que sur place, tout n'est pas rose. Alors pour se réconforter, elle s'évade dans le Londres des années 60 avec nostalgie et admiration. Mais à trop s'aventurer dans le passé, ses fantasmes pourraient vite se transformer en véritable cauchemar.

Les raisons d'aller voir Last Night in Soho : L'évidence même c'est qu'il ne faut tout simplement pas rater un film de Edgar Wright au cinéma. Le monsieur n'a pas fait que de grands films, mais le voir aux manettes d'un nouveau genre, lui qui s'ouvre les portes de l'horreur avec Last Night in Soho, est une raison suffisante pour se jeter dessus. Et si, en plus, on vous affirme que le long-métrage est le plus virtuose du cinéaste, il n'y a plus aucune raison de rechigner.

C'est bien simple, Last Night in Soho est sûrement un des plus grands accomplissements visuels de l'année cinéma. Jonglant entre plans-séquences ingénieux et jeux savants de miroirs, d'ombres et de regards, sa mise en scène est jubilatoire, d'autant plus quand elle rend hommage à tout un pan du 7e art, du giallo aux zomblards. Plus loin encore, le film parvient surtout à moderniser toutes ses références pour conférer à ce délire fantastique et paranoïaque une réflexion contemporaine sur les femmes et les idéaux passés. 

Pour être honnête, le film d'Edgar Wright subit largement son scénario sur-écrit dans la dernière ligne droite trop illustrative (et mettant de côté sa sensorialité) et le final est plus décevant que réjouissant (sur la manière dont il est amené, et non ses enjeux). Il n'empêche que Last Night in Soho offre un voyage lyrique passionnant, jalonné de quelques images terrifiantes.

La note Ecran Large : 3,5/5

 

 

Pig

L'histoire : Rob est un ermite qui troque sa pitance contre des truffes que son cochon déterre. Lorsqu'on lui dérobe l'animal, il quitte son train-train quotidien pour le retrouver, guidé par son jeune acheteur.

Les raisons d'aller voir Pig : Il y a peu de sensations plus agréables que celle de se faire surprendre (en bien) au cinéma. Le pitch de Pig, la présence du monumental Nicolas Cage au casting et la relative inexpérience du réalisateur Michael Sarnoski en ont fait un sous-John Wick fauché dans l'imaginaire de bien des cinéphiles. Et pourtant, le film part volontairement dans la direction opposée et préfère creuser l'identité de ses personnages plutôt que leurs boites crâniennes.

La trajectoire du protagoniste campé par Cage va donc faire mal, mais pas au sens propre. Il finit par désacraliser une civilisation tout entière tournée vers les sirènes du prestige, jusqu'à l'absurdité. Ce n'est pas à la force de ses poings qu'il se taille un chemin, mais grâce à une puissance d'évocation et le pouvoir de la narration. Équipé de ses propres armes, il sème le doute plutôt que le chaos, l'émotion plutôt que l'euphorie. Pig risque donc de décontenancer une bonne partie de son public, et celui-ci pourrait bien aimer ça.

La note Ecran Large : 3,5/5

 

 

Barbaque

L'histoire : Que se passe-t-il quand un couple de bouchers en a un peu marre des vegans ? Ils organisent une bonne grosse fête de la viande, et se retrouvent dans Faites entrer l'accusé.

Les raisons de voir Barbaque : Dans le vaste et pas toujours glorieux paysage de la comédie française, Fabrice Éboué tient une place résolument à part. L'humoriste, ambassadeur d'un bon rire gras à la bonne franquette, s'est révélé un cinéaste souvent plus fantaisiste, agressif et politique qu'attendu. Après Case départ, Le Crocodile du Botswanga ou encore CoExister, on le retrouve donc, devant et derrière la caméra, aux côtés de Marina Foïs.

Il allie ici la dimension acide qu'on lui connaît, avec une veine plus volontairement parodique et absurde, plutôt découverte dans son dernier long-métrage. Le résultat est un pastiche de film de serial killer et de comédie romantique profondément inconfortable, qui avance sur un terrain aussi malaisant que risqué, mais qu'Eboué s'approprie avec une aisance déconcertante. En effet, le récit est émaillé de soubresauts d'hilarité imprévisible, de quantité de trouvailles brutales ou de pépites comiques d'une efficacité aussi redoutable qu'ambiguë.

On regrettera simplement que ce goût pour la vanne saignante et le malaise gore soit souvent amoindri par des gags autrement plus lourds ou attendus, qui datent l'ensemble et l'éloignent régulièrement de son étrangeté macabre pour lui faire retrouver les rives de la rigolade supra-bourrine.

La note d'Ecran Large : 3/5

 

 

LE FILM QU'ON NOUS A PAS MONTRÉ, MAIS PAS DE PROBLÈME, ON VA LE RATTRAPER VITE

Lui

L'histoire : Lui, c'est un musicien qui a perdu l'inspiration. Lui, c'est aussi un homme qui vient de quitter femme et enfants. Lui, c'est cet artiste torturé qui veut se retrouver dans une maison bretonne isolée. Lui, c'est aussi Guillaume Canet.

Les raisons d'aller voir Lui : Une raison essentielle, à savoir la versatilité de Guillaume Canet. Le fait n'est pas si fréquent dans le cinéma hexagonal, mais le scénariste et réalisateur aime toucher à tous les genres, avec une absence de complexe impressionnante, qui l'amène à nous offrir parfois d'authentiques trouvailles, tantôt d'improbables nanars, voire de curieux mélange des deux.

Cette fable introspective sera-t-elle une proposition de genre populaire à la Ne le dis à personne ? Un trip égotique bourgeois du genre Nous finirons ensemble ? Ou une expérimentation hallucinogène comme Rock'n roll ? Nul ne le sait, et c'est bien ce qui fait le sel de l'entreprise. Les mauvaises langues ne manqueront pas d'y voir la promesse d'un délire narcissique frisant le ridicule, les fans une nouvelle aventure cinéphile. Une chose est sûre, on va envoyer un.e kamikaze en première ligne dès 9h du matin, pour profiter de ce film qui nous titille.

La note d'Ecran Large : on ne la connaît pas encore.

 

 

LA RESSORTIE COOL

Christine

L'histoire : Arnie Cunningham n'est pas très bien dans sa peau, et les brutes de sa ville ne manquent pas de le lui faire payer. Mais sa vie change lorsqu'il acquiert une nouvelle voiture, qui lui redonne confiance en lui. Sauf que quand l'adolescent se trouve une petite amie, il se rend compte que la bagnole n'est pas partageuse.

Les raisons d'aller voir Christine : Quand John Carpenter s'attaque enfin à Stephen King, c'est tout un pan de la culture populaire cinématographique des années 1980 qui se retrouve figé sur pellicule. Et si Christine n'est sûrement ni le meilleur film de Carpenter ni la meilleure des adaptations de King, il parvient assurément à s'ériger en symbole d'une esthétique, d'un univers musical (superbe partition du compositeur), d'effets spéciaux pratiques et d'un traitement du teen movie qui n'appartiennent qu'à son époque.

 

photoIl va falloir parer le choc

 

On peut aller revoir Christine pour le shot de nostalgie, donc, mais on peut aussi se prendre à savourer sa noirceur enfouie, caractéristique des écrits de l'écrivain, et qui ne peut que triompher derrière la caméra du réalisateur d'Halloween. La jeunesse décrite par le film se bat pour s'accrocher à sa sincérité, dans un environnement où règnent la violence psychologique et la tentation du matérialisme destructeur.

Et puis, il y a la fameuse Plymouth 57, l'un des plus iconiques des antagonistes carpenteriens, qui passe progressivement de sensuelle mécanique à moteur démoniaque. La mise en scène du maître parvient à en faire un personnage vengeur à part entière, voire une entité monstrueuse, dans une sublime séquence ardente restée célèbre et évidemment à admirer sur grand écran.

Notre dossier sur le film

La note Ecran Large : 3,5/5

Tout savoir sur Last night in Soho

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commentaires
Morcar
27/10/2021 à 11:42

Les cinés près de chez moi qui diffusaient la BA de "Last night in Soho" et ne programment même pas le film. Quelle misère !...

Waiting
27/10/2021 à 10:42

J’attends avec impatience la critique de Lui que j’ai vu en avant première

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