Avant The Suicide Squad, The Marine, le sous-Commando qui a lancé la carrière de John Cena

Arnold Petit | 26 juillet 2021
Arnold Petit | 26 juillet 2021

Avant de retrouver John Cena dans The Suicide Squad, retour sur The Marine, le nanar d'action qui a lancé sa carrière au cinéma.

Bien avant d'incarner Peacemaker et le frère de Vin Diesel dans Fast & Furious 9, John Cena était le héros de The Marine. Un film d'action entre nanar et navet réalisé par John Bonito, sorti en 2006, dans lequel le catcheur devenu acteur a fait ses débuts à Hollywood face à Robert Patrick qui a troqué son costume de T-1000 contre celui d'un méchant criminel lunatique.

Avant qu'il ne piétine la bienséance avec ses petits copains dans The Suicide Squad et sa propre série sur HBO Max, on a voulu revenir où tout avait commencé pour John Cena sur le grand écran, et c'est toujours aussi douloureux qu'hilarant.

 

photo, John CenaUn feu d'artifice d'émotion et de gêne

 

En moins de cinq minutes, le film transpire le patriotisme exacerbé, avec un générique où John Cena effectue un salut militaire formel en uniforme devant un énorme drapeau américain sur une musique digne d'Air Force One, puis avec une scène d'action aussi grandiloquente qu'illisible en Irak, qui rappelle un peu plus que le film a été réalisé après le 11 septembre.

En même temps, le scénario ne fait pas tellement dans la subtilité ou l'originalité : après avoir désobéi à un ordre de ses supérieurs en massacrant une bande de terroristes dans un "bâtiment d'Al-Quaïda" pour sauver ses amis soldats sur le point d'être exécutés, John Triton (John Cena) est renvoyé à la vie civile par le Corps des Marines.

Rentré au pays, il s'occupe en trouvant un job d'agent de sécurité et se console auprès de sa femme, Kate (Kelly Carlson), mais c'est plus fort que lui, il ne peut pas s'empêcher de faire passer des types à travers des baies vitrées s'ils respirent trop près de lui. Heureusement, l'intrigue va lui donner une bonne raison de se foutre en rogne et de tirer sur tout ce qui bouge quand une bande de méchants braqueurs menée par Rome (Robert Patrick) enlève sa chère et tendre pendant leurs vacances en amoureux.

 

photo, Robert PatrickAttention : ne pas tirer et ne pas utiliser d'arme à feu dans une station-service

 

Alors qu'il traque les ravisseurs de sa femme sans relâche, sur une autoroute, au bord d'une falaise ou dans un marais infesté d'alligators, John Cena affiche les deux mêmes expressions tout au long du film, quelle que soit la situation. Généralement comparé à une version débile et musclée de Matt Damon, il n'a certainement pas le jeu d'un dramaturge shakespearien, mais récite chacune de ses répliques comme si c'était la dernière, avec une abnégation qui se ressent peut-être un peu trop justement.

S'il a depuis acquis de l'expérience avec The Wall, Crazy Amy ou Bumblebee, John Cena était un bien meilleur catcheur qu'acteur au début des années 2000, comme le prouve sa performance. Avec son visage inexpressif et sa puissance physique démesurée, le catcheur incarne le über-guerrier américain ultime, celui que rien ni personne ne peut arrêter et qui échappe à toutes les explosions grâce à ses magnifiques plongeons.

 

photo, John CenaIl ne manque plus que le couteau entre les dents

 

Comme s'il était conscient de ce qu'il est, le film est teinté d'une certaine forme de second degré et d'auto-dérision, avec sa comparaison entre John Triton et Terminator par exemple ou encore une référence à Délivrance intercalée au beau milieu d'un dialogue entre les personnages de Manu Bennett, Anthony Ray Parker et Robert Patrick.

D'abord vu comme une contrefaçon de Heat, le braquage de banque en plein jour peut alors être perçu comme une parodie, qui va tellement loin qu'elle fait même exploser la bagnole de flics avec un lance-roquette dans un déluge de flammes numériques, Robert Patrick marchant au ralenti, fusil d'assaut à la main. Bien loin de Terminator 2 : Le Jugement dernier, l'acteur cabotine suffisamment bien pour tirer son épingle du jeu et a l'air de s'éclater dans son rôle de méchant cynique et sanguinaire.

 

photo, Robert PatrickVal Kilmer délavé

 

Avec son scénario débile et son héros monolithique, The Marine se voudrait l'héritier des films d'action bourrin des années 80 à la Rambo II, Commando (auquel on a déclaré tout notre amour par là) et de toutes ces productions de la Cannon Group qui ont fait les beaux jours de Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et Sylvester Stallone avec des séries B réalisées comme de gros films avec un important budget.

Seulement, John Bonito se contente de filmer les choses comme elles viennent, sans tenter d'insuffler un peu de mise en scène à l'intérieur, enfilant les scènes d'action comme des perles. Hormis une course-poursuite pas si mal (qui présageait déjà du rôle de John Cena dans Fast & Furious) et les passages où il massacre ses ennemis, la réalisation est plus que quelconque, voire médiocre par moment, autant que le jeu de la plupart des membres du casting.

En dépit de ses nombreux défauts, The Marine aurait pu acquérir son statut de nanar s'il avait fait preuve d'un peu plus de panache et versé dans la violence pure et dure. Limité par sa classification PG-13 destinée à ramener tous les fans de John Cena en salles, même les plus jeunes, le film ne peut donc pas aller au bout de ses ambitions et compense l'absence d'hémoglobine et ses scènes d'action mal filmées par des fusillades bruyantes et des explosions à tout-va, dans un style entre Michael Bay fatigué et Renny Harlin des mauvais jours.

 

photo, John CenaJohn Triton, descendant de John Matrix, John Rambo, John McLane et tous les John énervés du cinéma

 

Après le tournage, John Cena déclarera avoir "apprécié la partie autour du business, pas l'expérience". Il attendra quatre ans avant de remettre les pieds sur un plateau, sous la direction de Renny Harlin justement dans 12 Rounds. Même si les critiques n'ont aucune pitié envers lui, The Marine a au moins eu le mérite de lancer la carrière de John Cena et de le rendre encore un peu plus populaire auprès du public et de ses adorateurs.

Avec le temps, le film a même acquis un certain statut culte auprès des fans de catch et de nanars d'actions, générant plus de 30 millions de dollars à la vente et à la location après un box-office mondial de 22 millions de dollars. Et en voyant la dévotion de John Cena, qui réalise toutes ses cascades lui-même et s'implique totalement dans ce film générique, aseptisé et à l'humour foireux, on comprend d'où vient cette tendresse.

Tout savoir sur The Marine

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commentaires
Bob
27/07/2021 à 10:05

Les photos de John Cena vendent du rêve.

Le film est nul, mais j’avais oublié que Cena, par son impéritie flamboyante, en faisant un objet burlesque.
J’aurais presque envie de le revoir… Presque...

Pseudo 46
26/07/2021 à 21:59

De toute manière il y a toujours des gens pour râler, donner leur point de vue négatif, et leurs critiques de me... J'aimerais bien vous voir tourner un film vous!!! Juste bon à critiquer négativement,mais même pas capable d'aligner deux phrases sans regarder sa feuille !! Maintenant si vous attendez qu'un catcheur vous sorte des répliques de Shakespeare, c'est que vous êtes aussi bête que vos critiques !!!

Falbala
26/07/2021 à 20:21

La VF européenne nous aide aussi à vouloir regarder un film juste une seul fois lol .

Roro
26/07/2021 à 17:36

Ralala la course poursuite démentielle où il se fait canarder à bout pourtant et parvient pourtant à éviter les balles en penchant la tête à droite puis à gauche... :DDD

Pseudo1
26/07/2021 à 16:48

Vu ce film une seule fois (et c'est bien assez), il était assez nanardesque pour passer une bonne soirée entre potes à l'époque. Après, faut dire que la version québecoise aidait bien.

"Je suis un Meuhrine !"

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