Batman, Tom Hardy et des tripes : 5 films à rattraper avant décembre

La Rédaction | 8 novembre 2020 - MAJ : 04/12/2020 11:39
La Rédaction | 8 novembre 2020 - MAJ : 04/12/2020 11:39

Si les services de SVoD cartonnent en ce moment, beaucoup de très bons films sortent directement chez nous sans passer par la case salles ou plateforme de streaming. Chaque mois, plusieurs productions inédites et beaucoup de rééditions sortent en DVD, Blu-ray ou en VOD. Ecran Large a sélectionné le meilleur des programmes disponibles depuis octobre, dans une liste non exhaustive.

 

photo, Kevin BaconUne grande maison et du Bacon

 

LES NOUVEAUTÉS DISPONIBLES

 

Capone 

Ça raconte quoi ? Autrefois maître de Chicago, le redoutable Al Capone est assigné à résidence après 10 ans passés derrière les barreaux. Pour protéger sa fortune, il aurait dissimulé des millions de dollars avant son arrestation dans un lieu connu de lui seul et tous veulent s’en emparer. Même affaibli par la maladie, Al Capone est prêt à tout pour protéger les siens… et son argent.

Pourquoi il faut le regarder ?  Malheureusement, ce récit intime de la déchéance d’une idole est loin d’être une complète réussite. Pour autant, il n’est pas nécessairement dénué d’intérêt. Tout d’abord, parce qu’il nous permet de cerner un peu mieux qu’elle était la nature de la légende Al Capone. Figure truculente, ultraviolente et médiatique de la pègre américaine, il a fait régner la terreur sur Chicago et incarné à lui seul la puissance d’un crime organisé qui pendant quelques décennies n’a pas hésité à défier presque ouvertement le pouvoir fédéral américain. 

Évoquer sa chute et la terrible fin de son existence, c’est bien sûr regarder à travers lui la mort d’un certain Hollywood, de sa folie des grandeurs et de ses aspirations, à fortiori alors que l’actuelle pandémie écrase les salles de cinéma et bouleverse peut-être durablement les cartes de l’industrie cinématographique. 

Un constat d’autant plus pertinent que le film est réalisé par Josh Trank, réalisateur remarqué grâce à Chronicle avant d’être maudit par Hollywood au lendemain de l’insuccès des 4 Fantastiques. On imagine combien ce récit d’un passage de la lumière vers l’ombre le touche directement et fait écho à son histoire personnelle. Et c’est peut-être ce qu’il réussit le mieux dans Capone : dépeindre l’avènement de la peur et le règne des ténèbres. 

Notre critique est disponible

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray édités par Metropolitan, en streaming, à la location ou à l’achat chez Orange, AppleTV, Google Play, YouTube Premium ou Cinema[s] à la demande. 

 

photo, CaponeQuand ça sent le sapin

  

The Fanatic

Ça raconte quoi ? Moose est un fan qu'on pourrait qualifier de hardcore. Il traque les autographes et les objets collector à travers Hollywood, surtout ceux de l'acteur de films d'horreur Hunter Dunbar. Sa fascination prend de plus en plus de place, au point de le faire sombrer dans le harcèlement pur.

Pourquoi il faut le regarder ? Singulier objet que ce The Fanatic, sorte de Der Fan hollywoodien emmené par deux stars qui savent forcément de quoi elles parlentFred Durst, chanteur du groupe Limp Bizkit et réalisateur du film, et John Travolta, qui continue à enterrer sa propre carrière.

Ce dernier est le clou du spectacle, tant il s'adonne à un cabotinage délirant, dans un effort désespéré de faire du personnage qu'il incarne un modèle de psychologisation morbide, un genre de Misery névrosé. Forcément, son jeu parfois un peu gênant bouffe tout le reste du long-métrage, qui galère un peu à se concentrer sur sa description simpliste d'un Hollywood malsain pendant que le comédien fait le pitre au premier plan.

Vous l'aurez compris, The Fanatic est loin d'être la plus grande oeuvre de la liste, mais sa prétention certaine en fait une anomalie assez fascinante, voire, par moments, carrément amusante.

Notre critique est disponible

C'est disponible où ? En DVD chez Seven 7, en VOD sur Filmo TV, Orange, Rakuten TV, Google Play, YouTube, Canal VOD.

 

photo, John Travolta, Devon SawaRage against the Travolta

 

You Should Have Left

Ça raconte quoi ? Retiré dans une maison isolée au Pays de Galles avec sa nouvelle femme et sa fille pour prendre du recul, un ancien banquier souffrant mentalement de la perte de son ex-femme, perd peu à peu la raison. 

Pourquoi il faut le regarder ?  Il paraît que les périodes de grandes angoisses sont idéales pour exercer nos terreurs via le cinéma de genre. Une assertion qui s’est vérifiée largement durant les années 70, au cours desquelles le cinéma américain a capté les questionnements relatifs à la crise de confiance dans le modèle politique, le trauma de la mort de Kennedy ou encore les retombées de la guerre du Viêtnam. En sera-t-il de même pour la pandémie qui contraint tant de personnes à rester chez elle ? 

C’est tout ce qu’on peut souhaiter à You Should have left et sa famille prise au piège dans une demeure à priori merveilleuse. Mais les apparences sont toujours trompeuses quand on navigue dans les eaux du thriller et de la maison maléfique. Une nouvelle fois, quelques semaines après Relic, nous voici face à une création qui s’inspire par endroits des trouvailles narratives du chef-d’oeuvre littéraire La Maison des Feuilles. 

Géographie incertaine, perte des repères, décor familier transformé en labyrinthe mental sans issue. Tout est là pour nous immerger dans un récit horrifique qui entend saper nos bornes mentales. Et histoire de vous donner un peu plus envie de vous perdre dans ce lieu ô combien dangereux, vos guides ne seront autres qu’Amanda Seyfried et Kevin Bacon, ce qui constitue une autre bonne raison de vivre dangereusement. 

Enfin, si le CV de David Koepp en tant que réalisateur n’est pas le plus aguichant de l’univers, il est tout de même le scénariste de Jurassic Park, Mission : Impossible, ou encore Snake Eyes. Autant de raisons de croire en son nouveau film. 

C'est disponible où ? En DVD et Blu-Ray chez Universal Pictures France, en streaming, à la location ou à l'achat chez Rakuten TV, Canal VOD, Orange et FilmoTV. 

 

photo, Kevin Bacon"Au moins la déco est relaxante"

 

Batman : Un deuil dans la famille

Ça raconte quoi ? La quête de Jason Todd pour retrouver sa mère biologique, à laquelle le Joker coupe court, très violemment. Pour savoir ce qu'il adviendra de l'ex-Robin, il faudra prendre des décisions...

Pourquoi il faut le regarder ? Parce que c'est un film interactif, type de production qu'on pensait voir exploser dans les années 2010, mais qui n'a finalement concerné que de rares titres cherchant à faire dans l'originalité pour raconter quelque chose de précis. Et si on était très dubitatifs quant à son utilisation pour la série Black Mirror avec le fameux épisode Bandersnatch sur Netflix, où l'originalité du procédé ne fait pas oublier une écriture pas aboutie du tout, Un Deuil dans la Famille est déjà une proposition bien plus intéressante.

En effet, le récit de Batman dont elle s'inspire est particulièrement adapté à pareille adaptation. À l'époque, le personnage de Jason Todd était devenu de moins en moins populaire, et l'éditeur DC Comics avait décidé de laisser les lecteurs choisir son destin, alors qu'il se fait torturer par le Joker. Il a fallu une certaine organisation, et un numéro vert, pour mettre en place le dispositif.

Transformer cet arc très particulier en film interactif est donc une très bonne idée, justifiant à elle seule l'achat de l'édition. Ajoutez à ça la réalisation de Brandon Vietti, cinéaste rompu à l'exercice de l'animation pour DC, et ça donne une expérience à tenter pour tous les fans du Chevalier noir, et les autres.

C'est disponible où ? En Blu-ray chez Warner Bros. En VOD sur Apple TV, Rakuten TV, Google Play, Microsoft, YouTube et Canal VOD.

 

photoUn duo plus si dynamique

 

Yummy

Ça raconte quoi ? Alison est en route, accompagnée de son petit ami et de sa mère, vers une clinique de chirurgie esthétique pour une réduction mammaire. Mais la clinique en question n'est pas totalement à cheval sur les protocoles sanitaires, en plus d'expérimenter des cellules souches qui rendent les patients particulièrement agressifs...

Pourquoi il faut le regarder ? Eh oui, Yummy est encore une comédie avec des zombies, comme elles se multiplient plus vite que les périodes de confinement. Mais heureusement, contrairement à ses innombrables collègues, le film s'inspire bien moins de Shaun of the Dead et Bienvenue à Zombieland que de la trilogie du mauvais goût de Peter Jackson. Une approche indéniablement rafraichissante, et surtout complètement crado.

Quand l'invasion se déclare - et elle ne tarde pas à se déclarer -, on oublie très vite quelques dialogues un peu forcés et une gestion de la lumière un poil trop ambitieuse. Ne se refusant aucun débordement gore, cette production belge pousse les potards du divertissement cradingue pour revenir à une irrévérence qu'on pourrait penser tout droit sortie du cinéma underground de la fin des années 1980. Quelques morceaux de bravoure qui tâchent, faisant très bon usage du matériel mis à disposition par la clinique et ses patients resteront ainsi comme les séquences les plus trash de l'année.

Acheté par Shudder aux États-Unis, le film passe plutôt inaperçu en France.  Et c'est dommage, puisqu'il nous rappelle que nos voisins belges sont parfois capables de grandes choses. Et par "grandes choses", on entend "beaucoup de tripes".

C'est disponible où ? En DVD chez ESC. En VOD sur Canal VOD, Rakuten TV, Google Play, YouTube, Apple TV, Microsoft.

 

photo"Même moi je suis choquée"

Mais aussi...

Le Soleil reviendraVirtual GamesAttraction 2...

 

RESSORTIES CULTES

Peu de véritables sorties 4k de gros blockbusters sont à se mettre sous la dent ce mois-ci, mais quelles sorties ! On passe sur l'édition du 300 de Zack Snyder : au moment où on écrit ces lignes, la version 4K est déjà presque épuisée (mais vous vous consolerez avec notre dossier sur le film). Le véritable évènement pour les collectionneurs ayant gagné au loto ces six derniers mois, c'est la nouvelle ressortie de la trilogie Retour vers le Futur pour son 35e anniversaire. Les épargnés par l'ISF se tourneront vers le triple steelbook tandis que les autres épuiseront leur compte off-shore pour le méga coffret en forme d'indicateur temporel.

 

photo, Christopher Lloyd, Michael J. FoxUn 198778e visionnage, Marty ?

 

Outre cette friandise indigeste, c'est du côté des sorties plus confidentielles que le cinéphile averti trouvera une perle rare. Carlotta l'a, par exemple, béni d'un de leur grandiose Ultra Collector avec Crash (on a également un dossier sur ce film, et oui) ou d'une édition prestigieuse pour le très beau Les Fleurs de Shanghai. Tant qu'on cause de grands cinéastes, on vous conseille de vous jeter sur l'édition The Jokers de JSA - Joint Security Area, un des premiers films de Park Chan-wook, où se déploient déjà une maitrise formelle à tomber par terre et surtout un goût pour les structures narratives retorses qui préfigurent - et surpassent presque - Mademoiselle.

Enfin, côté films d'horreur, Mother's Day et Le Jour des morts-vivants se payent un retour sur le devant de la scène. Mais on note surtout le moins connu quoiqu’absolument indispensable Long week-end (Le Chat qui fume), un petit classique de l'Ozploitation (les films de genre australiens), qui plonge dans le survival écologique avec une méchanceté et un sens des contrastes impressionnant. Le long-métrage idéal pour nous faire ravaler nos désirs d'évasion, et rester au chaud devant un écran.

Tout savoir sur Capone

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commentaires

beyond
11/11/2020 à 11:48

@Okay ça casse pas des briques.

(humour)

captp
08/11/2020 à 18:28

Une chose que je comprend pas concernant les ressorti en 4k si quelqu'un qui connaît peut m'expliquer.
Comme pour la photo je comprends bien que sur les films pellicules on effectue un scan des négatifs en 4k mais concernant les films tournées en numérique comme 300 (du moins il me semble) ou plus certainement comme les films de Mann il me semblait que "l'upgrade" était impossible.

Okay
08/11/2020 à 15:30

@laredac
Rien à voir mais ça vaut quoi Brick de Rian Johnson?

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