Star Wars : la star de Solo blâme la méchante presse pour le désastre

Camille Vignes | 20 septembre 2020 - MAJ : 20/09/2020 14:02
Camille Vignes | 20 septembre 2020 - MAJ : 20/09/2020 14:02

Après les bouleversements de production, Alden Ehrenreich, la version rajeunie d'Han Solo, s'en prend à la presse.

Choisi pour incarner Han Solo dans une version plus jeune pour le spin-off Solo : A Star Wars Story,  Alden Ehrenreich n’a jamais menti sur la genèse chaotique du film, ses difficultés de tournage, ni sur la pression pesant sur ses épaules alors qu’il succédait à Harrison Ford, ou encore sur son besoin de partir vers d’autres horizons après l’échec cuisant du métrage.

Au départ d’ailleurs, l’acteur avait quand même signé pour trois films, avant que le premier ne s’écroule au box-office et que l’idée de trilogie ne soit abandonnée… et le passage à vide qu’il a rencontré après ce fameux foirage lui est un peu resté en travers de la gorge. D’autant que pour lui, le film était au départ en bonne voie et que la production ne s'est compliquée que lorsque les studios ont décidé de se séparer de Phil Lord et Chris Miller, préférant voir Ron Howard à la réalisation.

 

photo, Alden EhrenreichOn se raccroche à ce qu'on peut

 

Après avoir déboursé 275 millions de dollars pour la production du film (hors budget marketing) et encaissé seulement 213,7 millions à domicile et 392,9 au box-office international, Lucasfilm a peut-être regretté sa décision. Surtout que, comparés aux scores de Rogue One : A Star Wars Story, l’autre spin-off de la franchise (532,1 millions à domicile et 1 milliard à travers le monde pour 200 millions de budget hors marketing), ceux de Solo étaient vraiment alarmants.

Mais ce désastre et ses répercussions sur sa carrière, l’acteur ne l’impute pas qu’aux ingérences des studios. Parlant avec Total Film (relayé par ScreenRant), il a directement pointé du doigt la presse, sa manière de présenter les chiffres et de tirer des conclusions désastreuses de scores qui, d'après lui, ne l’étaient pas à ce point.

 

photo, Alden EhrenreichRelativisons au comptoir... et accusons la presse

 

« [Solo] n’a pas fait aussi bien que d’autres films Star Wars, mais en tant que film, il ne s’en est pas mal sorti [...]. Dans le journalisme de haut niveau, il y a cette pression intense. Parfois, on dirait qu’elle pousse à catastropher ou célébrer un film, uniquement.

Je pense que c’est vraiment quelque chose de dangereux, surtout quand il s’agit de sujets qui comptent vraiment, comme l’état du monde. Un article titré "Les choses sont compliquées, mais il y a des bons et des mauvais côtés" ne va susciter aucune réponse émotionnelle. Je pense simplement qu’il faut vraiment qu’on apprenne à prendre du recul et à réfléchir sur la manière dont nos émotions sont induites par les histoires qui nous inondent ».

Certes il faut accorder à l'acteur que la presse se plaît à jouer d'effets sensationnels pour provoquer chez ses lecteurs réactions et émotions. Et certainement, en relayant les chiffres de Solo semaine après semaine et en insistant sur leur caractère négatif, elle a participé à construire la réputation du film aujourd'hui. Pourtant, il reste impossible de ne pas remarquer que le métrage n'a jamais réussi à rentrer dans ses frais de production à domicile (là où il récupère le plus d'argent sur le box-office), et que ses recettes internationales ne suffisent pas à rattraper la donne... 

 

photo, Thandie Newton, Alden Ehrenreich, Woody HarrelsonToujours à la recherche du succès 

 

commentaires

Eddie Felson
22/09/2020 à 20:36

@Davmey
Et cette intro que tu évoques à juste titre est absolument sublime! Condenser en quelques minutes l’adn d’un personnage, les origines de sa cicatrice au menton, de sa phobie des serpents, ses influences vestimentaires, ses rapports difficiles à son père, ses traits de caractères et d’où vient son fouet et son chapeau tient du génie... tonton Spielby au top de sa forme!

Davmey
22/09/2020 à 16:44

@Jet. C'est marrant cet argument. Car dans au début de la dernière croisade on sait tout du personnage en 1h de sa vie, ce qui n'a jamais dérangé personne. Son look, sa cicatrice, sa peur des serpents... Tout ça en quelques minutes de métrage !

Jet
22/09/2020 à 09:19

En même temps comment ne pas souligner le manque flagrant d'ambition par rapport à un personnage légendaire de l'univers?
Absolument toute les détails que l'on connait du personnage sont regroupés sur deux jours de sa vie.... Comment ne pas faire un flop avec ça?

Geoffrey Crété - Rédaction
21/09/2020 à 22:08

@CHFAB

Notons tout de même que les studios participent largement à ce jeu : ils donnent les chiffres des estimations, se vantent des démarrages pour attirer le public et l'attention, commentent la concurrence, et inondent d'infos, matériel promo, déclarations et autres révélations croustillantes...

Par ailleurs, si la mauvaise presse faisait les succès, ou les bides, ça se saurait. Il n'y a qu'à voir les succès de Venom (critique très négative, commentaires virulents sur la promo) ou Sonic (énorme bad buzz sur la promo et les réseaux sociaux, beaucoup de craintes) pour voir que vraiment, la presse a une portée limitée. N'oublions pas que la majorité du public ne lit pas la presse cinéma, ne suit pas les détails des coulisses, et suit ses envies et son coeur avec les bandes-annonces, les affiches, l'attachement à une franchise ou un acteur, etc. Chaque année, les succès et flops montrent que le public décide très bien par lui-même ;)

Merci pour votre soutien et fidélité !

CHFAB
21/09/2020 à 22:04

Ecran Large, merci d'avoir répondu, Je ne vous visais pas tant, vous m'avez mal compris, ce n'est pas parce qu'on constate une certaine dérive dans la presse cinéma qu'il faut vous sentir spécialement visés, je m'interrogeais juste sur les travers que dénonçait Alden Ehrenreich, et que je constate aussi, à savoir le fait que la com sur la production d'une œuvre ait quasi pris le dessus sur l’œuvre elle-même. On soumet les premières versions au public, on présente les estimations avant même que le film ne sorte, faisant ou défaisant un potentiel succès. Ainsi de Solo, anticipé par Disney comme étant un film qui s'annonçait mal. Et le public, semble-t-il, a suivi cet effet d'annonce contre productive. Depuis quelques décennies, les affiches promotionnelles ne citent presque plus ni les réalisateurs, ni les acteurs mais bel et biens les producteurs... "Par les producteurs de"... Et c'est à de véritables feuilletons auxquels on assiste, avant même que le film ne sorte, brisant toute découverte vierge, ou un semblant de neutralité face à la sortie du film. C'est à se demander si on nous conditionnerait pas à aimer (ou pas) les œuvres à l'avance, En tous cas à aller dans les salles, payer quoiqu'il en soit, pour des films que nous ne serions peut être pas allé voir sur simple pitch de scénario ou bande annonce. J'avais simplement envie de connapître votre ressenti, votre avis sur ce sujet. Et puis, si vraiment j'avais tant de reproches à vous faire, je ne consulterais pas votre site si souvent! Alors salutations! Et merci et bravo pour votre travail
...

CHFAB
21/09/2020 à 21:45

Eca

Templar
21/09/2020 à 13:15

L univers de Sw est large,en personnages et solo n est pas le pire, ceci dit le film n est vraiment pas terrible quand on connaît le Ian Solo des premiers SW et puis Harrison Ford est t il remplaçable car pour moi Ian Solo c'est lui.

dfsdfsfd
21/09/2020 à 01:13

Le film ees une catastrophe a tout les niveau comme tout ce qu'a sortie Disney depuis le rachat de SW...

lapin
21/09/2020 à 01:06

Pour un Star Wars, il n'est pas mauvais. Le scénario est même bien meilleur que plusieurs épisodes des trois trilogies.

Geoffrey Crété - Rédaction
20/09/2020 à 23:40

@CHFAB

Je pense que c'est une vision très simpliste d'Ecran Large (parce que "les médias", ça veut tout et rien dire, c'est comme "le public", "le cinéma", etc donc je parle de ce que je connais).

On ne parle pas plus souvent d'argent et rumeur, que de cinéma : pour Solo comme pour les films, on publie des critiques, des dossiers, des articles où on développe points de vue, analyses et pistes de réflexions, pour encourager les débats.
Le business, c'est réservé avant tout aux blockbusters : c'est un sujet intéressant et important, puisque le cinéma est aussi/surtout un business. En avoir conscience redonne du pouvoir au public, qui par son ticket de cinéma use de ce pouvoir. Du succès ou de l'échec d'un film comme Solo, dépendent beaucoup de choses, notamment côté artistique. D'où l'intérêt des lecteurs pour ce sujet.
Même chose pour les déclarations, révélations et infos sur "ce que ça aurait pu être" : c'est réservé à quelques films chaque année, c'est l'équipe qui en parle, et beaucoup de lecteurs cinéphiles sont curieux. Cela montre comment un projet énorme peut évoluer, muter, pour le meilleur ou pour le pire. Cette curiosité pour les coulisses a toujours existé, bien avant nous.

Il faut avoir en tête qu'on a plein de lecteurs très différents. Certains aiment lire les critiques, les dossiers flashback, les news légères, les articles box-office... certains viennent uniquement pour un type d'article. Normal que chacun puisse ne pas être intéressé par certaines choses qu'on publie, c'est la chose la plus saine et inévitable qui soit.
Mais si vous voulez lire sur le cinéma pur, on publie chaque mois des critiques, des dossiers, des vidéos, entièrement dédiées à ça. Chaque semaine, on couvre un maximum de sorties (avec notre petite équipe), avec des critiques ciné et série. Donc non, on ne parle pas que QUE de pognon, bien au contraire.

Et enfin, on pourrait se demander : si jamais vous considérez que Solo a été traité comme une machine à pognon, serait-ce si anormal et cruel vu que c'est bien une machine à pognon, conçue, pensée, filmée, retournée, repensée, sortie, vendue, comme tel ? Omettre ça, ne pas en parler dans des articles dédiés, n'est-ce pas problématique pour aborder sainement et honnêtement le film ? Un film d'Ari Aster, Gaspar Noé, Hirokazu Kore-eda, n'est jamais autant traité comme un produit de business, et ce n'est pas anodin. Quand un film dépense 100 ou 200 millions en marketing, ça devient en partie un produit de business, c'est un fait.

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