Hénaut Président, interview de campagne

Simon Riaux | 21 mars 2012
Simon Riaux | 21 mars 2012
Pierre Hénaut (Michel Muller) et Thierry Giovanni (Olivier Gourmet) seront-ils le duo gagnant de la prochaine présidentielle ? C'est la question que l'on peut se poser à l'heure où dans les sondages, tout indique que ce petit maire du centre de la France est l'un des mieux placés pour ravir à une demie douzaine de prétendants la place tant enviée de troisième homme. Écran Large s'étant imposé au fil des années comme l'un des plus fins analystes de notre vie politique, ne pouvait décemment passer à côté d'un tel phénomène, et interviewer ces deux hommes aux profils si différents. Pierre Hénaut (Michel Muller) est un élu local engagé pour une révolution fiscale sans pareille, Thierry Giovanni (Olivier Gourmet) un communiquant comme on n'en fait plus, de ceux qui traversent une campagne comme d'autre les escort girl lilloises. Ensemble, ils nous feront pousser leur cri de ralliement, Hénaut Président !


Pierre, Thierry, dans votre film de campagne personne n'est épargné, à commencer par votre concurrente, la candidate écologiste, Éva Joly :

Hénaut (Michel Muller) : C'est pas une pro de la com', elle n'a pas quelqu'un comme Thierry Giovanni à ses côtés. Elle aurait pu être une adversaire, mais du coup, on ne craint pas grand chose. J'ai quand même une certaine sympathie pour elle, parce que c'est la seule qui ne sorte pas d'un moule hyper-professionnalisé, comme Hénaut Pareil pour tous les autres, ils ne vont surprendre personne. Il n'y a bien que Mélenchon qui soit un trublion et qui puisse me faire un peu d'ombre.

- Votre film est très particulier, sa mise en scène donne un grand sentiment de réalité sans singer le documentaire, comment avez-vous fait ?

Hénaut : J'aime bien que l'on fasse du hors piste, que l'on ait un scénario, mais que l'on s'en écarte. Je ne me suis pas posé la question du documentaire ou de la fiction, même si je voulais que l'ensemble dégage un sentiment de réel. La seule constante, c'est l'idée que le spectateur doit être au meilleur endroit pour comprendre ce qui se passe, donner du sens à la situation. La caméra est toujours placée pour vous amener à sourire, amener un éclairage, une tonalité à la scène. Parfois juste dans un regard, comme lors de la séquence du dîner, ou quand Fred explique qu'il n'a rien sous son kilt, on perçoit les deux fils qui se touchent dans l'esprit de son interlocuteur. C'est ça que je cherchais.

- Thierry, vous êtes-vous inspiré de célèbres communicants pour composer celui que vous êtes devenu ?

Non. Oh on s'inspire bien sûr de ceux qu'on a pu croiser, qu'on voit à la télévision... Mais le Thierry Giovanni que les gens vont découvrir, c'est le fruit de beaucoup d'imagination, et d'une écriture basée sur les rapports humains.

Pierre, quel président aimeriez-vous être ?

Hénaut : Heu...

Giovanni : Dis Mandela, dis Mandela.

Hénaut : Félix Faure non... Oui Mandela, ce serait pas mal.

- Quelle serait votre première loi ?

Hénaut : J'abolirais la présidentielle !

Giovanni : je donnerais le droit de vote aux femmes !

 


 

 

- Qui feriez-vous chevalier des Arts et Lettres ?

Hénaut : Chevalier ? Mais ça s'adresse à qui ? C'est comme les légions d'honneur, c'est pour les gens qui ne méritent rien ? Comme ça là je sais pas, laissez-moi trois jours. Nana Mouskouri, pour commencer, ce serait pas mal.

Giovanni : tant qu'on ne choisit pas Yvette Horner... Tiens Mandela, là aussi ça passe. Ça passe partout remarque.

- À qui diriez-vous : « Casse-toi pauv' con ! »

Hénaut : À personne. J'aurais trop peur de me faire casser la figure.

Giovanni : Et ça c'est jamais bon pour l'image. Si encore tu pouvais gagner. Mais là, c'est trop risqué.

-Qui installeriez-vous au Panthéon ?

Hénaut : Forcément un mort ?

Giovanni : Oh putain...

Hénaut : Non mais on peut prendre un peu d'avance. S'il y a de la place je mets les Gipsy King. Tout dépend des mètres carrés disponibles. Le truc c'est que ça manque de musique là-bas. Ce serait bien pour l'ambiance et le style.

Giovanni : Leonard Cohen aussi !

 


 

 

-Le film révèle que vous souffrez de musophobie, la peur des petits animaux. C'est très étonnant...

Giovanni : on n'a pas pu tout mettre dans le film, mais Pierre a eu un gros problème avec un éléphant. La bête était derrière lui, dans le décor, et a commencé à déféquer pendant le discours.

Hénaut : Je me suis approché, mais le dresseur s'est jeté sur moi en criant : "Surtout pas ! Surtout pas ! » L'animal avait pourtant l'air tout mou, je me suis dit que j'allais le caresser, puis monter dessus. Sauf que quand la bête a attrapé ma main, il ne voulait plus la lâcher, et je ne pouvais rien faire. La fille du dresseur m'a dit : "Pour monter dessus ça va être compliqué, il ne m'a acceptée qu'après plusieurs années. Le truc quand vous serez sur sa tête, c'est que s'il part, on ne pourra pas l'arrêter. Faudra attendre qu'il revienne. Ça peut prendre longtemps. » C'est à ce moment là que j'ai vu sa cage, derrière. Elle était toute bombée, à force de ruer dedans. Et les barreaux, ce n'était pas vraiment du fil de fer.

J'ai demandé s'il ne pouvait pas me soulever avec sa trompe, mais on n'avait pas les protections adéquates, à priori, sans ça, il m'aurait simplement broyé les côtes. Alors on était là, avec toute l'équipe, à huit heures du matin sous la pluie, à regarder cet éléphant qui ne voulait pas déféquer et risquait de me tuer, jusqu'à ce qu'on prenne une décision. Du coup pour montrer mon rapport aux animaux, on n'avait plus que des lapins. Et les lapins font peur à Pierre Hénaut.

- Giovanni : Remarquez ça se comprend. Moi j'ai un copain qui s'est fait mordre par une lapine. Il l'avait laissée en liberté, et le soir quand il s'est approché pour essayer de l'attraper, la bête s'est jetée après lui. Pour le mordre ! Attendez, c'est un animal tout blanc, avec des yeux rouges ! C'est cauchemardesque, à tous les coups c'est un lapin qui avait vu les Monty Python.

 


 

 

 



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