Paul W. S. Anderson (Course à la mort)

Jean-Noël Nicolau | 14 octobre 2008
Jean-Noël Nicolau | 14 octobre 2008

Paul W. S. Anderson est un gars sympathique au possible, avec son t-shirt Black Sabbath et ses allures de geek brillant. Il garde le sourire en toute occasion, même lorsque les questions deviennent plus polémiques. La tête sur les épaules et avec une vraie vision du cinéma de divertissement, à laquelle on peut adhérer ou non, il répond avec aisance et professionnalisme. 

 

 



Pourquoi ce remake de la Course à la mort de l'an 2000 ?

Je ne vois pas mon film comme un remake, mais plus comme une nouvelle vision. L'histoire est très différente du film original. Nous avons pris certains personnages et certains concepts, mais en racontant une histoire totalement différente. De plusieurs façons, je vois mon film comme une préquelle du film de Roger Corman, parce que le film de Roger s'appelle Course à la mort de l'an 2000. C'est clairement ancré dans le futur.

 

Que vouliez-vous apporter de nouveau ?

J'étais fasciné par l'idée de la course à la mort et comment elle est devenue un sport national. Je voulais que mon film montre l'origine de ces courses. Donc j'ai fait la préquelle du film de Roger. Je ne voulais pas refaire son film, puisqu'il est tellement bon et qu'il fonctionne si bien, je n'aurai pas su comment faire mieux. J'aurai probablement fait moins bien.

 

 




Comment avez-vous créés les véhicules et les scènes d'action ?

Nous avions décidé de ne pas utiliser de voitures numériques et de faire les accidents pour de vrai. C'était un énorme challenge. Ce niveau d'action n'a jamais été vu auparavant. Nous faisions s'écraser des camions de 20 mètres de long. Personne n'avait jamais atteint ce niveau. Nous avons passé une année entière à créer les voitures et les armes, à construire les protections pour les crasher sans tuer personne. Donc il nous a fallu un an de préparation avant qu'un seul plan du film ne soit tourné.

 

Etait-ce dangereux, comme sur Mad Max 2 par exemple ?

Les seules choses que nous avons tuées sont beaucoup de voitures et de caméras. La compagnie qui s'occupait des caméras ne m'aimait pas beaucoup !

 

 



 

Que pensez-vous du discours qui lie la violence dans les divertissements avec la violence dans la société ?

En tant que réalisateur, les gens me demandent si je suis concerné par la violence. « Si vous faites des films violents, la société le sera d'autant plus ». Je ne pense pas que ce soit vrai. Dans une société très violente comme dans la Rome antique, ils n'avaient pas besoin de films ou de télévision pour encourager la violence. Je pense que les films, et la violence qu'on trouve dans les films d'horreur, d'épouvante et d'action donnent aux gens un exutoire pour satisfaire leurs besoins primitifs. Dans l'évolution de l'humanité, nous avons une société « civilisée » que depuis très peu de temps. Nos vies étaient bien plus dangereuses avant et plus effrayantes. Et vous n'avez plus ces sensations. Et je pense que l'envie de sentir votre cœur battre est toujours là. C'est ce que font les films en général, en particulier ceux d'horreur et d'action. Cela permet aux hommes de s'extérioriser dans un environnement sain.

 

Donc ce n'est pas un jeu comme Grand theft auto ou des films comme Resident evil qu'il faut blâmer ?

Si les gens cherchent une raison de l'augmentation de la violence, ils doivent chercher plus loin que ça. Ils doivent regarder là où le gouvernement ne veut rien voir, se poser les questions que le gouvernement ignore. C'est plus facile de montrer du doigt les films et les jeux vidéo et d'en faire la cause du merdier qui se déroule en ce moment. C'est faux ! C'est plus facile d'interdire un jeu vidéo ou un film que d'aller au fond du problème et de voir ce qui ne va pas.

 

 



Pensez-vous que Jason Statham a la carrure d'un acteur culte ?

Je pense que Jason est une grande star. Je pense que ce qu'il a, peu d'acteurs l'ont actuellement. Il me rappelle les antihéros des années 70. Il me rappelle vraiment Steve McQueen, Charles Bronson, Clint Eastwood jeune. Il me rappelle le temps où Hollywood était rempli de vrais hommes, qui étaient de jolis garçons et faisaient semblant d'être des méchants. Mais en fait c'étaient vraiment de méchants garçons qui jouaient à être des célébrités. Je pense que Jason est comme ça. C'est pour ça qu'il a son propre créneau et qu'il aura toujours des fans. Jason est l'un des rares à faire ses propres combats et ses propres cascades. C'est un très bon conducteur. Il a vraiment conduit la plupart du temps. Parfois on a du utiliser des cascadeurs tellement c'était dangereux. C'est un bon parti.

 

Avez-vous pensé à demander à Silvester Stallone de faire une apparition dans le film ?

Je pensais que cela allait être gênant de voir un des anciens acteurs dans notre film, puisque notre histoire est censée être la préquelle du film de Roger Corman, donc avoir les mêmes acteurs mais plus vieux, alors que l'histoire se déroule avant, ça n'aurait jamais marché ! Je pensais qu'avoir la voix de David Carradine, le Frankenstein original, serait une bonne façon de l'impliquer dans le film, de le voir à l'écran pour les fans. Il ne fallait pas le voir physiquement cela sortirait le spectateur du film.

 

 




Quels sont vos films de voiture préférés ? Qu'en avez-vous repris ?

J'adore les films de poursuites en voitures des années 70 et 80, parce que c'est là que tout a été fait avec les voitures. Vous savez... Point limite zéro, Macadam à deux voies, Guet-apens, Driver de Walter Hill... Clairement Mad Max 2 a été une grande influence, ainsi que French connection. Tous ces films ont été très importants pour moi. Nous avons beaucoup appris de ces films sur la façon de filmer les voitures, et nous avons essayé de garder les mêmes techniques que ces films en les améliorant. Ce qui existait à l'époque... Il y avait peu de caméramans... La proximité entre les caméras et l'action était très limitée, sinon cela devenait dangereux pour l'équipe et pour les conducteurs. Comme dans Point limite zéro, les actions étaient filmées de côté. Sur la Course à la mort nous avons construit un mécanisme permettant à la caméra de s'approcher de la voiture sans cadreur. Cela permet d'immerger le spectateur dans l'action comme jamais auparavant.


 


 

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