Jean-François Lepetit

Sophie Hay | 23 juin 2005
Sophie Hay | 23 juin 2005

Producteur entre autres de Trois hommes et un couffin de Coline Serreau, Sous le soleil de satan de Maurice Pialat, La jeune fille et la mort de Roman Polanski, Le monde selon Bush de William Karel, La vie est à nous de Krawczyk, Jean-François Lepetit était du dernier festival de Cannes. Rencontre avec un homme de convictions.

Que représente pour vous le Festival de Cannes ?
Ce qu'il y a d'exceptionnel dans le Festival de Cannes, c'est qu'il est le seul festival au monde à réunir le côté glamour, le star-system, les paillettes, les projecteurs avec les montées des marches, mais aussi le côté business. Par ailleurs, c'est le festival le plus important en terme de présence médiatique. C'est le deuxième événement le plus couvert par les médias après les Jeux Olympiques. On peut aussi ajouter que, finalement, la compétition officielle, n'est que la surface de l'iceberg car, il y a toutes les autres compétitions, le marché du film et aussi toutes les rencontres qui se nouent ici entre les différents acteurs du cinéma et qui débouchent bien souvent sur de nombreux projets …

Quel est exactement votre rôle en tant que Président de la « Chambre Syndicale des Producteurs et Exportateurs de Films Français » ?
C'est représenter et défendre la diversité de la production cinématographique française. C'est participer activement a tous les débats et les prises de décisions qui définissent le cadre et les réglementations qui régissent notre activité de producteur tant auprès des pouvoirs publics français qu'européens.


C'est vous qui avez produit tous les films de Catherine Breillat. Comment s'est passée votre première rencontre ?
On avait des amis communs mais on ne se connaissait pas personnellement. Je savais que Catherine voulait travailler une adaptation du roman de Barbey d'Aurevilly Une vieille maîtresse, J'avais envie de produire ce film. C'est à ce moment là, lors de cette rencontre, qu'elle m'a remis son scénario Romance. À la lecture, j'avais envie de le produire. D'ailleurs, je ne comprenais pas pourquoi elle ne voulait pas le faire d'abord. On s'est revu et on a passé du temps ensemble. Elle m'a parlé de Romance et de ce qu'elle voulait faire. Elle m'a vraiment donné envie de produire le film. Elle m'a alors dit qu'on ferait Romance et qu'ensuite, on ferait Une vieille maîtresse. Mais après Romance, on est parti chacun sur différents films et on n'a pas pu enchaîner tout de suite notre projet commun. Au casting de Une vieille maîtresse, il y aura Asia Argento, Louis Garrel et Jeanne Moreau. Il s'agit d'une histoire de passion charnelle, une liaison intense entre un homme et une femme…

Comment se fait-il que vous ayez produit le documentaire Le monde selon Bush de William Karel ?
Lors d'un déplacement, un peu par hasard, j'ai lu le livre d'Eric Laurent, La guerre des Bush. À mon retour à Paris, j'ai contacté l'éditeur et je lui ai dit que j'aimerais en faire un documentaire. Je rencontre Eric Laurent que je connaissais un peu. Il est évidemment intéressé. J'ai donc cherché un metteur en scène. Au début, j'ai soumis le projet à Costa Gavras mais il était déjà engagé sur d'autres projets. J'ai alors pensé à Barbet Schroeder… Mais le troisième dans ma liste était William Karel et, lui, était libre et a accepté le projet. Même si, au début, il était sceptique car ce travail lui semblait trop proche de ce qu'il venait de réaliser avec la CIA… C'est à partir de la lecture du livre qu'il a finalement accepté. Évidemment, il a tout remis à sa sauce tout en restant assez proche du livre.

Avez-vous été déçu de ne pas voir « Le monde selon Bush » en compétition officielle l'année dernière ?
Oui, si le documentaire de Michael Moore n'avait pas été choisi, on aurait été dans la sélection officielle. C'est la vie…


Où en êtes-vous en ce qui concerne vos projets ?
La vie est à nous de Gérard Krawczyk (Taxi 2 et 3 ; Fanfan la tulipe) avec Sylvie Testud et Josiane Balasko est presque fini et sortira en septembre ou octobre prochain.

Quelles sont pour vous les avantages et les inconvénients de la production française ?
Notre avantage est bien sûr la richesse et la diversité de la production. La taille du marché français est évidemment son principal handicap. Si on le compare à la taille du marché américain, nous ne sommes qu'une goutte d'eau. Et encore, on n'a qu'une vision faussée des choses puisqu'on ne voit pas tous les films américains en France. Je pense cependant qu'on doit voir probablement la meilleure partie de la production américaine…

Propos recueillis pendant le Festival de Cannes par Sophie Hay.
Photos : © Sophie Hay

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