Kad et Olivier

Didier Verdurand | 14 novembre 2004
Didier Verdurand | 14 novembre 2004

Le nouveau délire de Kad et Olivier passe par l'Atlantique, avec une traversée « en solitaire à deux » filmée en studio pour une sortie exclusive en DVD. En d'autres termes, cette série de sketchs n'est pas passée à la télévision et se retrouve directement dans les bacs. Rencontre sur un bateau parisien avec deux faux « voileux » qui ont osé soudoyer les journalistes tout au long de la journée en leur offrant une boîte de sardines.

Avez-vous consulté Florence Arthaud ?
Kad : Figure-toi que... non !
Olivier : On a voulu contacter Gérard d'Aboville, mais finalement l'envie de se lancer seuls dans cette aventure a été plus forte. Pour montrer notre propre vision de la mer et de la navigation, plutôt que de se faire chier à avoir des conseils de personnes qui ne sont pas forcément les personnes les plus aptes. C'est qui d'Aboville ? Ça va, quoi...

Aucun « voileux » dans votre entourage ?
Kad : Non, pas du tout, même si on a déjà eu la chance de faire du bateau avec Yvan Bourgnon. Nous ne fréquentons quasiment que des gens qui marchent à vapeur. Ah si, on connaît Laurent Bateau, un comédien.

D'où vous est venue l'idée de cette série de sketchs, alors ?
Kad : Comme ça, du jour au lendemain. Nous voulions fuir cet univers cruel et fatigant de l'argent et de la coke pour nous évader.
Olivier : Tu veux aller au restaurant, tu réserves chez Costes, tu bouffes et t'es content. En mer, il faut se battre. Tu fais tes besoins à même la mer, devant ton ami...
Kad : Tu as des relations sexuelles avec des poulpes. Tu te rappelles ?
Olivier : Bah oui, il faut bien avoir des relations sexuelles, même en mer.

Il faudra les mettre dans une director's cut !
Kad : Je peux te dire qu'il y en a, des scènes coupées...

Le rythme de tournage était intensif ?
Olivier : Oui, pendant une semaine, de 9h à 19h ou 20h. Le plus dur était peut-être de pouvoir le caler dans nos emplois du temps. La préparation est très importante pour être à l'aise quand tu es sur le plateau.
Kad : On avait des prompteurs dans la mesure du possible quand nous n'avions pas le temps d'apprendre les textes, et il y a eu bien sûr pas mal d'improvisations parce qu'on se connaît bien. Mais avant, il a fallu réunir les accessoires comme le bateau, les fausses barbes... qui sont faites avec des poils de petits enfants chinois.
Olivier : D'une région très particulière, le sud de Beijing, parce que les poils ne sont pas drus, ils sont doux comme des poils de mouton.
Kad : Attention, pas n'importe quel mouton : celui de Pakistanie, qui n'est pas le Pakistan.

Le bonus sur les nœuds de marins est hilarant. Quelle est la tête de nœud entre vous deux ?
Olivier : On peut bien le faire tous les deux quand on veut. Faut pas nous emmerder.

C'est un test de lancer ce DVD sans passer avant par la télé, ou la télé n'en voulait pas ?
Kad : Tu te trompes complètement. En fait, nous n'avions pas envie de passer les sketchs avant le journal de France 2.
Olivier : On ne voulait pas se retrouver non plus dans ces émissions qui recyclent les sketchs d'humour pendant des années. L'idée de balancer direct dans les bacs est inédite, donc on verra bien. Évidemment, nous ferons aussi des best of, mais là, ce sont plus les producteurs qui décident.

Quel est le budget ?
Kad : 10 000 francs.
Olivier : Sérieusement, sans compter le marketing, entre 40 000 et 50 000 euros, un truc comme ça. Ce n'est pas très cher. Une vingtaine voire trentaine de personnes bossaient sur le tournage.

Mais qui a tué Pamela Rose a bien marché en DVD ?
Kad : On a fait à peu prés plus de 10% des entrées salles, ce qui est vraiment pas mal, car c'est tout de même un film assez particulier.

Le prochain film ?
Olivier : Un ticket pour l'espace : le gouvernement français décide d'organiser un jeu avec la Française de Jeux pour sensibiliser les gens à la recherche spatiale. Il y aura deux vainqueurs, qui auront trouvé trois navettes sur le ticket, et ils partiront dans l'espace, encadrés de spationautes professionnels, pour une mission. Les deux civils sont joués par Kad et Guillaume Canet et les deux pros sont joués par Marina Foïs et moi-même. Seulement, il y a un traître parmi nous dans la navette !

On vous confond plus souvent avec Omar & Fred ou Shirley & Dino ?
Kad : Shirley & Dino, à cause d'Olivier. Il faut savoir aussi qu'Olivier est l'un des Vamps.
Olivier : On ne nous confond quasiment plus. Encore un peu avec Eric & Ramzy.

Pourquoi voit-on plus Kad qu'Olivier au cinéma ?
Kad : Si tu fais allusion aux Choristes, c'est parce que le réal est un ami. Sans ça, je ne me serais jamais retrouvé dedans !
Olivier : Il se bat pour jouer au cinéma, moi non.

Photo de Kad

On vous reverra dans Iznogoud ?
Kad : Nous sommes les mauvais génies d'Iznogoud. Ce sont des troisièmes rôles, mais on a de belles scènes.
Olivier : Le look est très particulier, je ne me suis jamais vu comme ça avant.
Kad : Maintenant, il faut que le film suive.

Quelle est d'ailleurs votre opinion sur les « pocharderies » sorties cette année ?
Kad : Il y a des films qui n'auraient jamais dû se faire. Tout cet argent aurait dû aller dans d'autres productions. Pour moi, People, c'est une catastrophe, une honte de faire du cinéma comme ça.
Olivier : Pédale dure, aussi... Leurs budgets sont trop élevés. Si encore ils ne coûtaient rien, on pourrait les ignorer, mais là, le CNC leur donne de l'argent qui aurait mieux fait d'aller ailleurs. Cela ne donne pas une bonne image de la comédie en France. Heureusement qu'il y a une nouvelle génération qui arrive. Narco vient de là. Il faut avoir des scénarios un peu plus béton, il y a un vrai problème de réécriture. Nous allons essayer d'aller aussi dans ce sens avec Un ticket pour l'espace, même si cela peut paraître prétentieux de le dire.
Kad : On n'en a rien à péter.

Il ne nous reste plus qu'à espérer que le DVD marche assez bien pour avoir la prochaine fois une boîte de caviar à la place de sardines.

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