Robin Williams : ses meilleurs rôles

Christophe Foltzer | 12 août 2014
Christophe Foltzer | 12 août 2014

Robin Williams est mort. L'acteur laisse derrière lui une filmographie très impressionnante bien qu'il ait connu une carrière en dents de scie. Néanmoins, il aura incarné plusieurs rôles marquants où tout son talent a pu s'exprimer. Loin d'être un simple rigolo, Robin Williams était doté d'une grande sensibilité qui éclatait dès qu'il sortait de son personnage archétypal d'enfant dans un corps d'adulte.

Nous revenons sur ses meilleures interprétations pour lui rendre hommage. 

 

MME DOUBTFIRE (Chris Columbus - 1993) :

C'est l'un des premiers films qui nous vient en tête lorsque l'on entend le nom de Robin Williams. Enorme hit au moment de sa sortie, il a permis au comédien de marcher sur les traces de Dustin Hoffman dans Tootsie en se travestissant en nanny rock-and-roll pour sauver son mariage. Au moment de la sortie du film, Williams est le roi du monde. Aladdin et Hook sont encore dans toutes les mémoires, et l'acteur peut faire ce qu'il veut. Effet pervers, on se souvient plus de son côté potache que de son versant mélancolique, autrement plus intéressant. Si le film ne supporte pas le poids des ans, il reste un petit classique qui devait connaître une suite l'année prochaine.

 

ALADDIN (John Musker & Ron Clements - 1992) :

Forcément, impossible de dissocier Aladdin de la prestation incroyable de Robin Williams dans le rôle du Génie. Si La petite sirène avait amorcé la renaissance du studio Disney, c'est bel et bien ce film qui lui donne un nouveau souffle, et Robin Williams n'y est pas étranger. S'appropriant complètement son personnage, détournant presque le projet original pour en faire une comédie post-moderne, le comédien y fait montre de son grand talent d'improvisation et d'imitation, à tel point que les réalisateurs lui ont laissé les coudées franches lors de l'enregistrement des voix, quitte à modifier des séquences et le ton général du film. Fort.

 

LE CERCLE DES POETES DISPARUS (Peter Weir - 1989) : 

"Ô Capitaine, mon Capitaine !" Qui ne se souvient pas de cette phrase, tellement lourde de sens dans le magnifique Cercle des poètes disparus de Peter Weir ? Robin Williams n'est alors pas encore prisonnier de son personnage d'adulte-enfant et, à l'époque, il incarne des adultes idéalistes en proie au dur principe de réalité. Grain de sable dans la machine, John Keating entend bien ouvrir les consciences de ses élèves, asphyxiant dans des dogmes qui nient leur humanité. Un rôle tout en subtilité, marquant à plus d'un titre, pour un très grand film.

 

GOOD MORNING VIETNAM (Barry Levinson - 1987) :

Avec ce film, Robin Williams impose un personnage. Il sera la part de rêve et de liberté dans le coeur des hommes prisonniers d'un système. Et quoi de mieux que la Guerre du Vietnam pour le représenter ? En incarnant ce disc-jockey qui anime une base américaine pendant le conflit Williams installe un ton doux-amer mais toujours empreint de comédie au film de Levinson. La guerre est affreuse, la mort triste, même la légèreté est grave, mais l'énergie est là. Et si un homme seul ne peut pas changer l'horreur de la réalité, il peut au moins nous la rendre supportable. Quitte à se perdre en chemin.

 

FISHER KING (Terry Gilliam - 1991) : 

A plus d'un titre, Fisher King représente la fin de la première carrière de Robin Williams, avant de se transformer en ami de la famille. Il amène avec ce film son personnage au-delà de la limite. Un homme érudit et respecté, traumatisé par la mort de sa femme, devenu fou et clochard, se lance dans une quête éperdue du Graal en plein New-York. L'un de ses rôles les plus marquants et peut-être les moins connus, pour l'un des meilleurs films de Terry Gilliam. Une aventure mélancolique, terrible et touchante, interprétée de main de maître par notre ami.

 

PHOTO OBSESSION (Mark Romanek - 2002) :

Au début des années 2000, Robin Williams n'est plus aussi bankable qu'avant. Il a eu son Oscar pour Will Hunting 5 ans plus tôt mais il n'arrive pas à relancer sa carrière. Docteur Patch et L'Homme Bicentenaire sont passés par là. Aussi quand le clippeur Mark Romanek le choisit pour son premier film il a une idée en tête. Fini la comédie pour tous, Robin Williams sera inquiétant, mystérieux, dangereux. Ce petit thriller maîtrisé offre un bol d'oxygène au comédien qui peut alors explorer tout un pan de son talent qu'il n'a pu mettre en avant depuis longtemps. Robin Williams laisse voir sa part d'ombre, et ce n'est pas un hasard si Christopher Nolan le choisit la même année pour son remake d'Insomnia

 

HARRY DANS TOUS SES ETATS (Woody Allen - 1997) :

Il ne fait qu'une apparition dans le film de Woody Allen, mais elle est mémorable, autant que lourde de sens. Robin Williams y incarne un comédien constamment flou (devant la caméra et dans la vraie vie), ce qui impacte sa carrière. Il n'en faut pas davantage pour faire un parallèle avec le comédien, tellement piégé dans ses rôles family-friendly qu'il nous est impossible de le voir vraiment. Si l'on replace le film dans son contexte on réalise qu'il se situe entre Jumanji, Jack et Will Hunting (qui lui vaudra un Oscar) et il résume à merveille le drame du comédien : effacé derrière ses personnages, phacocyté par son image comique, l'homme ne peut se dévoiler tel qu'il est réellement. Troublant.

 

 

Evidemment, Robin Williams a incarné beaucoup d'autres rôles que nous n'avons pas évoqué ici. On pourrait parler de L'Eveil (Penny Marshall - 1990) et bien sûr de Hook (Steven Spielberg - 1991). Mais il nous a apparu important de proposer une image différente que celle que l'on retiendra peut-être du comédien, comme pour lui dire que, quelque part, certains ont compris qui il était un clown triste, doté d'un grand talent aux multiples facettes.

See you in space, cowboy... 

 

 

 

 


 
 

 

 

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