Les histoires d’amour finissent mal au cinéma

Perrine Quennesson | 13 février 2013
Perrine Quennesson | 13 février 2013

Moulin Rouge ou Orgueil & Préjugés ? Dans les deux cas, une bonne dose de larmes assurées et un vrai coup de cœur pour le couple central. La différenc? Dans l'un ça finit bien, dans l'autre pas. Et pourtant, le plaisir reste le même. Saint Valentin oblige, EcranLarge va vous parler d'amour, d'amour transcendé, d'amour par-delà la raison mais aussi d'amoureux du quotidien, d'amoureux un peu plus comme vous et nous. Mais, comme disaient les Rita Mitsouko, les histoires d'amour finissent mal en général. Alors, à bas les Love Actually, Quand Harry rencontre Sally et autres Dirty Dancing (même si on les aime bien, hein...) et place à 10 histoires qui heurtent mais dont c'est, tout de même, notre 57ème visionnage. Parce qu'ils ne se marièrent pas tous, n'eurent pas tous beaucoup d'enfants et ne furent pas tous heureux mais que leur amour fut beau, ne serait-ce qu'un temps.

 

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

« Heureux les oublieux » pourrait être une partie de la citation de Nietzsche qui conviendrait très bien au film de Michel Gondry. L'histoire de Clémentine et Joel est terminée. Et violemment de surcroit puisque Clémentine a même décidé de faire supprimer les réminiscences de leur relation de sa mémoire. Par dépit et par vengeance, Joel décide de faire pareil. Gondry nous entraine alors dans un voyage au fond de l'inconscient et des souvenirs de son personnage afin de mieux nous faire le portrait d'une relation amoureuse, dans ce qu'elle a de plus beau et dans ce qu'elle a de plus blessant.

 

500 jours ensemble

Il y a toujours cette personne avec qui vous avez des points communs de dingue, un humour au diapason et une attraction très forte. Le coup de foudre ? Pour vous sûrement mais pour elle, non. Comme on nous l'annonce dès le début du film, « c'est l'histoire d'un garçon qui rencontre une fille ; ce n'est pas une histoire d'amour » mais plutôt l'analyse d'un mauvais timing et surtout d'une mauvaise perception de l'autre. 500 jours ensemble présente ce qui est tout simplement une absence de réciprocité car les deux personnes, même si elles ont tout pour être ensemble, n'en sont pas au même stade de leur vie. C'est dur mais c'est comme ça.

 

Blue Valentine

La longue, lente et douloureuse décrépitude d'un couple. Pour Dean et Cindy, ce fut le coup de foudre (et contrairement aux deux d'avant, pour eux, ce fut réciproque). La passion, la vie à deux, les enfants et, paf, la réalité. Il faut trouver un job, assurer un quotidien, assumer le quotidien également : l'écart se creuse. Si l'un se contente en s'aveuglant, l'autre est bien trop lucide pour se dire que cela va passer. Une nuit désespérée dans un motel miteux, étroit comme leur relation, pour essayer de sauver leur couple ? Une tentative minable d'un couple qui se sait condamner à mort. Quand la fiction saisit l'essence de la réalité.

 

Titanic

Si les films précédents avaient un aspect très réaliste dans leur traitement des relations amoureuses, Titanic, lui, est carrément dans la pure fiction. Et alors ? Et alors, il n'en est pas moins émouvant lorsqu'il évoque l'absolu de la jeunesse, les premiers émois fondateurs et le côté arbitraire de la vie. Certes, ça finit mal, certes Jack aurait pu monter sur cette planche et sauver sa peau et certes cette passion n'aura duré que le temps d'une croisière raccourcie mais, bon sang, que la balade fut romanesque !

 

Les Noces Rebelles

On prend les mêmes mais on ne recommence pas vraiment. Ici, Kate Winslet et Leonardo DiCaprio sont un couple marié de la fin des années 40. Et un peu comme l'époque, en pleine remise en question après une guerre sanglante et terriblement meurtrière, le tandem subit une période de réajustement. Il s'éloigne pour mieux se rapprocher puis pour, finalement, briser ce qui les faisait tenir ensemble : ce lien, cette confiance mutuelle. Car comme la période à laquelle cela se passe, c'est aussi un choc des mentalités entre volonté d'émancipation et de progression de la part de Kate et besoin de stabilité presque réactionnaire de la part de Léo. Et comme dans toutes les collisions, il y a des dégâts, voire des pertes. 

 

Romeo + Juliette

Tout est un peu dans le titre, non ? Il s'agit sûrement de la plus grande histoire d'amour jamais écrite. Inspirée d'une légende grecque dont Ovide nous avait fait part, cette histoire de deux adolescents obligés de s'aimer en secret à cause de leurs familles traverse les âges et se décline à l'envie. Mais l'adaptation la plus fidèle et la plus moderne reste celle de Baz Luhrmann où Dicaprio (encore lui !) et Claire Danes brillent par leur fougue et leurs regards incandescents. Et la très légère variation finale apporte un petit plus tragique qui arrachera des larmes aux lecteurs de Shakespeare dans le texte.

 

Autant en emporte le vent

« Franchement ma chère, c'est le cadet de mes soucis ». Cette phrase, élue plus grande réplique du cinéma en 2005, est également, sûrement, l'une des plus grandes claques de l'histoire du 7ème art. Ne vient-on pas de passer plus de 3 heures en compagnie d'un Rhett Butler fou amoureux d'une Scarlett O'Hara, incontestablement peste mais franchement courageuse ? Il savait à quoi s'en tenir ! Quand, enfin, celle-ci admet (ça lui coûte, avec la fierté qu'elle a) qu'elle l'aime, il part. Alors, certes, quand c'est trop tard, c'est trop tard mais, nous, on n'a pas assez de mouchoirs pour éponger tout ça...

 

Nos plus belles années

Une question reste en tête à la fin de ce film : pleure-t-on parce qu'ils ne sont plus ensemble ou parce qu'ils n'auraient jamais dû l'être ? Si l'on tente d'y répondre entre les sanglots, on est bien obligés d'observer que Nos plus belles années avec Robert Redford et Barbra Streisand est sûrement un sommet de drame romantique. Un couple mal assorti, une histoire que l'on sait mal démarrée mais qui semble si bien rouler sur la durée pour finalement s'échouer sur les rivages du manque de passion et des non-dits destructeurs. Nous aurons toujours une mèche à replacer.

 

Love story

Ce n'est pas pour faire nos malins mais est-ce qu'une seule histoire d'amour qui finit bien s'appelle littéralement Love Story (« Histoire d'amour ») ? Non, il n'y a qu'un film qui s'intitule ainsi et dans le genre drame, il se pose là. Jenny et Oliver, fous amoureux et heureux veulent démarrer leur vie à deux mais sont stoppés net par la maladie de la jeune fille. C'est cruel. Et c'est, un peu, Amour avant l'heure aussi. 

 

Brokeback Mountain

Déjà, trouver l'amour, ce n'est pas simple. Mais alors le trouver quand on est un homme et qu'il s'agit d'un autre homme, en plein dans le Wyoming des années 60, c'est vraiment se compliquer la tâche. Mais le cœur a ses raisons... Et c'est le cas de Jack et d'Ennis, deux cowboys qui vont se découvrir une passion en passant du temps ensemble lors d'un travail dans un alpage. 4 plus tard, ils se retrouvent, ils ont refait leur vie, tous les deux mariés mais la passion est toujours là. Les soupçons des autres aussi et Jack meurt dans des circonstances douteuses. Ennis, le poor lonesome cowboy amoureux, traine alors sa peine et toutes les larmes qu'ils ne versent pas, on les pleure pour lui. 

 

 

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