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Independence Day, Le Jour d’après, 2012 : Roland Emmerich, le réalisateur qui détruit le monde

Par David Da Silva
4 novembre 2009
MAJ : 21 mai 2024
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Roland Emmerich s’est fait l’artisan du grand retour du film catastrophe.

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Roland Emmerich s’est fait l’artisan du grand retour du film catastrophe, genre phare des années 70, avec destructions massives (c’est une de ses marques de fabriques), des tonnes d’effets spéciaux, à défaut de scénario convaincant. De la S.F fauchée (Moon 44) au gros film catastrophe (2012) en passant par le film historique (The Patriot), la carrière américaine de l’allemand est assez intéressante. Disant à qui veut l’entendre qu’il adore les films catastrophe car il faut de bons personnages pour réussir un film de ce genre, l’allemand poursuit une reconnaissance critique qui lui échappe depuis le début de sa carrière. Considéré au mieux comme un honnête artisan, au pire comme un simple tâcheron, Petit retour sur son parcours.

 

 

Né le 10 Novembre 1955 à Stuttgart, Roland Emmerich débute des études de peinture et sculpture, avant de se lancer dans la publicité et le cinéma. La réalisation du moyen-métrage Franzmann marque ses débuts derrière la caméra, et son film de fin d’études Le principe de l’Arche de Noé (thème qui l’obsède car il est aussi au centre de son nouveau film, 2012) est très remarqué au festival de Berlin. C’est un space-opéra en huis-clos très influencé par Alien.

 

Gros Fan de Science-Fiction, l’allemand s’illustre avec 3 films Joey (un sous-Steven Spielberg à tendance mielleuse), Hollywood Monster et Moon 44 (où il rencontre celui qui deviendra son complice pendant un temps, Dean Devlin). Mais c’est son arrivée aux Etats-Unis qui va marquer un tournant dans sa carrière avec le tournage d’un film d’action, Universal Soldier, avec Jean-Claude Van Damme (Emmerich remplace Andrew Davis). Film assez médiocre, sauvé par l’interprétation amusante de Dolph Lundgren, mais qui remporte un gros succès au box-office.

 

 

Les studios voient en lui un réalisateur efficace et rentable, il lui laisse mener à bien son projet Stargate avec Kurt Russell. Auteur du scénario avec Dean Devlin, on sent déjà le besoin de reconnaissance de l’allemand, car sa volonté de dépasser le simple film de S.F par un souffle épique, héritier des grands péplums, se fait ressentir. Le film sera un joli succès public et aura même des critiques plutôt bonnes dans l’ensemble (même si on note déjà une scène absurde dans sa filmographie : afin d’entamer le dialogue avec les habitants de Nagada, James Spader offre à leur chef une barre chocolatée !) .  Persuadé d’être sur la bonne voie, Roland Emmerich va réaliser son rêve, faire revivre un genre, le film catastrophe (après avoir travailler à un film de S.F avec Stallone et Kim Basinger, Isobar).

 

 

Considéré, aujourd’hui, assez unanimement comme un gros nanar patriotique, Independence Day a fait un vrai carton à sa sortie. Dans cette invasion de la terre par des extra-terrestres, on ne voit pas les gens mourir, mais le chien s’en sort, le président américain sauve le monde et Will Smith dégomme un alien avec un coup de poing en disant : « Bienvenue au USA ». Comment ne pas trouver le film ridicule ?.

 

 

Après avoir réalisé son rêve de faire un film catastrophe (et avoir détruit la Maison Blanche) et obtenu un énorme succès, Roland Emmerich intègre la A-List de tout les exécutifs hollywoodiens. Il décide de faire un remake du film japonais Godzilla. Encore une fois, Emmerich se détache du film de monstre pour aller vers son genre de prédilection, le film catastrophe. Idée prometteuse sur le papier mais qui s’essouffle assez vite, avec des personnages insipides (reste que l’allemand se fait plaisir et détruit cette fois une ville entière, New York).

Déçu des critiques très négatives de Godzilla (il reçoit plusieurs nominations aux Razzies Awards), Roland va mettre le paquet afin d’avoir enfin la respectabilité critique qu’il croit mériter. Il décide de se lancer dans un genre nouveau, le film historique avec The Patriot.

 

 

Admirateur du Braveheart, il propose un rôle un peu similaire à Mel Gibson, celui d’un père pacifiste, en 1776, qui va être entrainé malgré lui dans la guerre d’indépendance américaine. Trop long (2h40) et larmoyant, le film est malgré tout de facture correcte, assez divertissant. On peut noter une chose intéressante, c’est que le schéma des films de Emmerich est souvent le même. D’Independence Day au Patriot, l’allemand nous raconte l’histoire de combattants courageux, donnés perdants, qui s’unissent contre un adversaire à priori invincible. Le caractère héroïque des uns et des autres se révèlent dans l’action . Et sauver son pays, c’est sauver sa famille.  Avec The Patriot, Emmerich réussi l’exploit de faire un film plus patriotique encore qu’Independence Day.

Mais Emmerich ne reçoit aucune nomination aux Oscars dans les catégories majeures (le film est battu par Gladiator, film que Mel Gibson a refusé pour faire celui de Emmerich !) et il décide de revenir à son genre favori, le film catastrophe. Après la maison-blanche et New York, le réalisateur décide de détruire l’Amérique du Sud dans Le Jour d’après.

 

 

Peut-être le meilleur film de Emmerich, où il essaie de rectifier les erreurs de ses précédents opus (on critique le gouvernement américain), le président américain connait un sort peu enviable et il traite d’un sujet d’actualité très sérieux, le dérèglement climatique. 

Après son meilleur film, Emmerich nous livre le pire !. En effet, 10 000 est un ratage totale où tout sonne faux. Acteurs, histoires, effets spéciaux, costumes…tout est ridicule dans cette fresque préhistorique (décalque du Apocalypto de Mel Gibson). Le film est un gros échec malgré son budget de 170 millions de dollars.

 

 

Pour se consoler, l’allemand retourne au film catastrophe avec son dernier opus, 2012. Apparemment, il a décidé de détruire la planète cette fois. On attend de voir ce que va donner cette transposition moderne de l’Arche de Noé avec John Cusack et Woody Harrelson, car le réalisateur a besoin d’un gros carton au box-office pour faire oublier son désastreux film préhistorique, sinon sa cote risque de baisser à Hollywood.

Egalement producteur de film assez réussi comme Passé Virtuel de Josef Rusnak et surtout Trade, les trafiquants de l’ombre avec Kevin Kline. Et on imagine déjà les détracteurs d’ Emmerich dire qu’il ferait mieux de se contenter d’être producteur…

 

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