Michael Mann : Nos films préférés

Jean-Noël Nicolau | 7 juillet 2009
Jean-Noël Nicolau | 7 juillet 2009

En demandant aux membres de la rédaction d'Ecran Large de choisir leur film de Michael Mann préféré, on se demandait si un numéro un évident se détacherait. Et bien non ! Loin de là. En effet, on retrouve une égalité parfaite entre trois films, cités trois fois : Le Dernier des Mohicans, Heat et Révélations. Voici les choix (et commentaires) de chacun d'entre nous :

 

Patrick Antona

La Forteresse noire

Dans la filmographie de Michael Mann, c'est celui qui fait un peu tâche par son côté foutraque et parfois incompréhensible. Film maudit torpillé en pleine préprod (le concepteur des SFX décède sans laisser la moindre indication sur les plans à tourner !), La Forteresse Noire demeure une des premières tentatives sérieuses de tenter de porter à l'écran ces visions de l'indicible que véhiculaient les romans de H.P. Lovecraft.  Si au final on ne devait retenir qu'une seule scène, c'est ce moment mémorable où l'horreur nazie, personnifiée par un Gabriel Byrne tout plein de morgue, rencontre l'horreur abyssale et séculaire, préfigurant la défaite finale à venir.

 

Stéphane Argentin

Heat

Le polar par excellence. Une référence formelle et narrative inégalée et inégalable, maîtrisée de bout et bout et sublimée par une pléiade de comédiens au sommet de leur art, le duo Pacino / De Niro en tête. 

 

Flavien Bellevue

Heat 

Choix classique, pour moi Heat contient tout le cinéma de Michael Mann dont une mise en scène exemplaire et la rencontre mémorable entre deux monstres du cinéma américain : Al Pacino et Robert De Niro.

 

 

 

 

Thomas Douineau

Heat

Sans doute le polar emblématique des années 90. Un film de personnages avant d'être un film d'action, une tension de tous les instants, un souci de réalisme qui croise une vision cinématographique, forcément sublimée, du mythe du flic et du truand. Des morceaux de bravoure et des fulgurances de mise en scène qui observent la rencontre (désamorcée et surprenante) de deux monstres sacrés du cinéma (Pacino habité / De Niro intériorisé). Heat c'est LE western urbain des années 90. Et dire que Mann nous servait ensuite Révélations, puissante réactualisation des films engagés des années 70 dans laquelle explose sa « patte » cinématographique !

 

 

Ilan Ferry

Collateral

Mann orchestre un face a face glacant. Jamais le numérique n'a été aussi bien utilisé pour capter les pulsations nocturnes d'une ville gangrenée par un individualisme galopant. Un film noir et dense comme la nuit.

 

 

Sandy Gillet

Le Dernier des Mohicans

Avec le temps celui qui me revient obsessionnellement à l'esprit est Le Dernier des Mohicans... Peut-être parce que à l'époque je l'avais superbement boudé et étais passé à côté. Aujourd'hui il fait partie de mes films de chevet que je peux me revoir en boucle sans problème ou prendre en route quand il passe sur le câble ou ailleurs. Et ça c'est un signe qui pour moi ne trompe pas !!!

 

Vincent Julé

Révélations

La vraie révélation, c'est que Michael Mann n'est pas qu'un esthète, mais aussi un vrai cinéaste quand il a un sujet, aussi inattendu, anti-spectaculaire et classique soit-il. Révélations est peut-être son seul film qui existe par lui-même, entier, multiple, brut, pur... parfait.

 

Thomas Messias

Révélations

On le sait, Michael Mann est un cinéaste virtuose dont chaque nouveau film crée l'évènement chez une partie du public. Mais Révélations est un cas à part : c'est un film modeste et précis sur un sujet pas tape-à-l'oeil, que Mann traite à hauteur d'homme, révélant une aptitude à la mélancolie qu'on ne lui connaissait pas encore. C'est de plus le dernier grand rôle d'Al Pacino et la prestation la plus convaincante d'un Russell Crowe absolument parfait, loin des oeillades appuyées dont il nous a si souvent gratifiés depuis.

 

 

 

 

Jean-Noël Nicolau

La Forteresse noire

Tout simplement parce qu'il s'agit d'un souvenir d'enfance traumatisée. C'est loin d'être le meilleur film de Mann (rien n'est du niveau du Dernier des Mohicans ou de Révélations), mais le découvrir quand on est môme peut garantir de sacrés cauchemars. A ce moment là on se préoccupait peu des problèmes de scénario, d'interprétation ou de remontage. On ne percevait que l'ambiance onirique et terrifiante, on était happé par un mystère dont on ne comprenait pas grand-chose mais dont on ressentait toute l'intensité. Aujourd'hui on trouverait sans doute tout cela un peu ridicule, mais à l'époque on faisait des cauchemars à cause de Radu Molasar.  Et c'était bien.

 

Laurent Pécha

Le Dernier des Mohicans

Choix évident pour ma part puisque Le Dernier des Mohicans est sans doute le film moderne (comprenez datant d'après 1980) qui m'a le plus impressionné. Son final est sans doute ce que j'ai vu de plus parfait au cinéma, du moins l'idéal que je me fais de l'expérience cinématographique. Rarement une ode à la vie, la liberté et à l'amour aura été aussi puissamment couchée sur pellicule.

 

Nicolas Thys

Révélations

Intelligent et brillant, Révélations est un thriller mené comme une enquête d'investigation. Plus fort que s'il avait été un documentaire, le message passe parfaitement à travers l'excellent scénario et la mise en scène décapante de Michael Mann. 

 

Didier Verdurand

Le Dernier des Mohicans

Pourquoi le meilleur film de Michael Mann ? Parce qu'il possède sans aucun doute le meilleur scénario, parce qu'il est son film le plus rythmé, parce que la mise en scène est spectaculaire sans trop en faire, parce qu'il est tourné en 35mm et parce qu'il y a le meilleur acteur de tous les temps, Daniel Day Lewis ! Un grand classique du cinéma, tout simplement.

 

 
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