Ces chers disparus - partie 2

Ilan Ferry | 24 août 2008
Ilan Ferry | 24 août 2008

Ils étaient jeunes, beaux et talentueux mais le destin a décidé de les faucher en pleine gloire. Suite et fin de notre dossier consacré à ces étoiles trop prématurément éteintes.

 

 

                                            Bruce Lee (1940 - 1973)

 

 

                            

 

Bio express : De son vrai nom Lee Jun Fan, né le 27 novembre 1940 à San Francisco avant de partir pour Hong Kong où il fût élevé par ses parents. A treize ans le futur petit dragon étudie le Wing Chun. En 1959, Lee retourna aux États-Unis pour y valider sa nationalité américaine et parce que sa mère voulait l'éloigner des gangs de rues chinois. Il entra à l'Edison Technical School, à Seattle, puis poursuivit des études de philosophie à l'université de Washington. C'est là qu'il rencontra sa future femme, Linda Emery, une jeune étudiante, en lui donnant des cours de kung-fu. Ils se marièrent à Oakland le 17 août 1964. Bruce et Linda auront deux enfants, Brandon et Shannon.  A cette époque, il ouvre une école d’arts martiaux où il enseignera le kung-fu et une discipline qu’il a lui-même inventée :  le Jun Fan. Une initiative mal perçue par les autres écoles d'arts martiaux qui jugeaient que le kung-fu ne devait être enseigné qu'à des Chinois. En 1964, il se fait remarquer lors d’une démonstration qu'il fit durant le tournoi international de karaté de Long Beach. Un exploit qui lui permettra de décrocher le rôle de Kato dans la série Le Frelon Vert en 1966. De retour dans son pays natal, Lee connait une consécration internationale grâce à The Big boss et La Fureur de vaincre  tous deux réalisés par Lo Fei en 1971 et 1972. L’acteur multiplie les casquettes : réalisateur, acteur, producteur, scénariste, rien ne semble arrêter celui qu’on considère déjà comme la plus grande star d’arts martiaux. Suivront le mythique La Fureur du dragon (1972) réalisé par le petit dragon lui-même et le non moins célèbre Opération dragon (1973) de Robert Clouse dans lequel il partagera l’affiche avec John Saxon. Bruce Lee meurt le 20 juillet 1973 à Hong Kong alors qu’il n’avait pas encore terminé les prises de vue du Jeu de la mort toujours réalisé par Robert Clouse. 

 

Circonstances de la mort : Les rumeurs sont allées bon train concernant le décès de l’acteur qui s’était fait pas mal d’ennemis, notamment auprès de la mafia chinoise à laquelle il n’était pas lié.  Officiellement, Bruce Lee meurt d’un œdème cérébral dû à une allergie à l'aspirine (un cas rare d'hypersensibilité à l'équagésic) survenue au domicile de l’actrice taïwanaise Betty Ting Pei. A l’époque le légiste avait conclu à un décès accidentel, cette théorie fut plus ou moins confirmé par le producteur Raymond Chow le 16 octobre 2005 qui affirma que Bruce avait pris un médicament contre le mal de tête auquel il était très sensible, alors qu'il n'était pas chez lui.

 

Post-mortem : Bruce Lee est enterré au cimetière de Lakeview à Seattle où son cortège sera suivi par près de 2.000 personnes. Opération dragon sort un mois après le décès du petit dragon et fait un triomphe, Le Jeu de la mort ne contient que quelques scènes effectivement tournées par Bruce Lee, un sosie, de dos, se chargeant de joindre des morceaux épars dont on ne retiendra au fond que le combat avec Kareem Abdul-Jabbar. En 1993, Rob Cohen réalise Dragon, l’histoire de Bruce Lee basé sur le livre autobiographique de Linda Lee Cadwell Bruce Lee: The Man Only I Knew, Jason Scott Lee interprète le rôle titre. La même année le fils de Bruce : Brandon connaitra lui aussi un destin funeste sur le tournage de The Crow.

 

 

 

 

                                       Patrick Dewaere (1947 - 1982)
 

  

 

                       

 

Bio express : Né Patrick Bourdeau le 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc, Patrick Dewaere est issu d’une famille d’artistes à l’histoire tumultueuse. A 17 ans, il apprend qu’il est le fils d’un amant de sa mère et décidera d’adopter désormais le patronyme de sa grand-mère. Après des rôles dans de multiples téléfilms et pièces de théâtres, Dewaere profitera des évènements de mai 68 pour partager les planches du café de la gare avec des artistes aussi emblématiques que Coluche, Martin Lamotte, Renaud ou encore Miou-Miou avec qui il vivra une intense passion, avant qu'elle ne soit séduite par Julien Clerc sur le tournage de F comme Fairbanks. Il se révèle au grand public dans Les Valseuses (1974) de Bertrand Blier où il apparaît aux côtés de Gérard Depardieu et Miou-Miou. Alors que sa carrière prend de l'ampleur avec des grands rôles dans Coup de tête (1979), Série noire (1979), Un mauvais fils (1980), Dewaere subit la vindicte de la presse et des médias à cause de son altercation avec le journaliste Patrice De Nussac. Dès lors, il ne sera plus interviewé et son nom ira même jusqu'à être oublié dans la distribution d'un film. À la même période, sa nouvelle compagne Elsa avec laquelle il aura une seconde fille (Lola), le quitte pour son meilleur ami Coluche. Le 16 juillet 1982, il met subitement fin à ses jours dans sa maison du XIVe arrondissement à Paris d'un coup de carabine 22 long rifle, offerte auparavant par Coluche. L’acteur, âgé de 35 ans et ayant joué dans trente six longs métrages, allait commencer le tournage d'Edith et Marcel de Claude Lelouch dans lequel il devait incarner Marcel Cerdan. Son dernier film était Paradis pour tous d'Alain Jessua.

 

Circonstances de la mort : Peu avant son suicide, Dewaere avait reçu un coup de fil au contenu encore mystérieux à l’époque mais qui, selon les témoins (parmi lesquels Claude Lelouch qui l'avait vu le matin même de sa mort) l'avait bouleversé. Selon Mado Maurin, la mère de Patrick, le coup de téléphone provenait de sa compagne Elsa (alors partie s’installer en Guadeloupe avec Coluche) lui annonçant qu’elle le quittait et qu’il ne reverrait plus leur fille Lola. En 2007, cette dernière confirma que cela aura été « un élément déclenchant » de son suicide. Patrick Dewaere est inhumé au cimetière de Saint-Lambert-du-Lattay  dans le caveau de sa belle-famille.

 

Post-mortem : En 1992, à l'occasion du 10e anniversaire de sa disparition, Marc Esposito journaliste à Première, lui consacre un film documentaire : Patrick Dewaere, avec des témoignages apportés par son entourage parmi lesquels: Bertrand Blier, Alain Corneau, Miou-Miou, Claude Sautet, Sotha etc. Il sera le premier d’une longue lignée de documentaires consacrés à l’acteur, le dernier intitulé Patrick Dewaere, le dernier jour réalisé par Bertrand Tessier retraçant les dernières heures de sa vie. De nombreux chanteurs ont rendu hommage à Dewaere, dont Doc Gynéco, Raphael ou encore Renaud.

 

 
 

 

 

 

                                         John Belushi (1949 - 1982) 

 

 

 

 

 

Bio express : Né le 24 janvier 1949 à Chicago, John Belushi désire rapidement devenir entraîneur d'équipes de football. Ses années passées au collège sont exemplaires et le destinent à une carrière dans le domaine sportif. Cependant, son esprit clownesque prend rapidement une place importante dans sa vie et le pousse à tenter sa chance en tant que comédien. Il rejoint en 1971 la troupe Second City de Chicago où il développe le style Gonzo qui le rendra populaire quelques années plus tard. Un an après, il déménage à New York pour rejoindre l'équipe du National Lampoon's Lemming, une revue musicale off-broadway qui fera un malheur pendant plus de dix mois. Par la suite, il intégrera  la célèbre émission Saturday Night Live où il triomphera jusqu’en 1979. Cette année là l’acteur explosera dans la comédie Animal House  et signe le premier album des mythiques Blues Brothers : a Briefcase full of Blues avec son grand ami Dan Aykroyd. Les deux hommes joueront ensemble dans 1941 (1979), Les Voisins (1981) et bien sûr Les Blues Brothers (1980). Le 5 mars 1982, John Belushi meurt d’une overdose à Los Angeles. Il avait 33 ans.

 

Circonstances de la mort : Belushi a du mal à supporter le rythme incroyable imposé par les tournages du Saturday Night Live et devient rapidement dépendant de la drogue. Le 5 mars 1982 , il meurt d’une overdose de speedball : mélange d’héroïne et de cocaïne, le rapport préalable conclut à une mort accidentelle. Deux mois plus tard l’enquête que c’est une groupie du groupe The Band qui aurait injecté la dose fatale à Belushi le soir de sa mort. D’abord inculpée pour meurtre au 1er degré, la femme subira finalement une peine de dix huit mois de prison pour homicide involontaire.

 

Post-mortem : Peu avant son décès Belushi avait de nombreux projets parmi lesquels : Ghostubsters, Drôles d’espions et Un fauteuil pour deux, ses rôles seront respectivement repris par Bill Murray, Chevy Chase et Eddie Murphy. En 1985, l’auteur Bob Woodward décide d’écrire une biographie de John Belushi intitulée Wired: The Short Life and Fast Times of John Belushi, plus tard adapté en long métrage avec Michael Chiklis (alias Vic MacKey dans The Shield) dans le rôle de Belushi. L’acteur est enterré au cimetière d’Abel’s hill dans le Massachusetts . Le 1er avril 2004, John Belushi eut droit à son étoile à Hollywood Boulevard. Sa veuve Judith Belushi Pisano écrivit une biographie de l’acteur en 2005.

 

 

 

 

 

 

 

                                       Pauline Lafont (1963 – 1988)

 

 

 

 

 

Bio express : De son vrai nom Pauline Aïda Simone Medveczky, Pauline Lafont est né le 6 avril 1963 à Nîmes.  Elle était la fille cadette de la comédienne Bernadette Lafont et du sculpteur hongrois Diourka Medveczky. Elle apparaît pour la première fois à l'écran au côté de sa mère dans Vincent mit l'âne dans un pré (1975) de Pierre Zucca. Adolescente, elle prend des cours de danse classique et se forme à l'art dramatique auprès de Claude Confortès. Elle pose pour des photos publicitaires et participe à des émissions télévisées sur le rock, comme Sex Machine. À noter que sa première apparition nue dans le même magazine, datant de 1979, s'est faite en compagnie de sa mère et de sa sœur. Pauline Lafont avait seize ans à l'époque. Elle était connue pour sa plastique généreuse et ses formes voluptueuses. À vingt ans, elle avait pour mensurations 95-55-93, lors de la deuxième séance de pose qu'elle fit pour le magazine Lui en 1983. Elle aura joué dans une vingtaine de films et téléfilms dont Papy fait de la Resistance (1983), L’Amour braque (1985), Poulet au vinaigre (1985), Sale destin (1987) ou encore L’été en pente douce (1987). Elle disparait dans Les Cévennes le 11 août 1988, son corps sans vie sera découvert par un agriculteur le 21 novembre. Son dernier film était Deux minutes de soleil en plus.

 

Circonstances de la mort : Lorsque Pauline disparait les rumeurs les plus folles courent jusqu’à la découverte de son corps trois mois plus tard. L’actrice est en fait morte d’une chute accidentelle survenue au cours d'une randonnée en solitaire.

 

Post-mortem : Morte dans la fleur de l’âge et ayant à son actif un nombre non négligeables de rôles au cinéma, elle aura laissé le souvenir d’une femme touche à tout ayant aussi bien marqué le monde du cinéma que de la musique grâce aux deux albums qu’elle aura signé. A noter enfin qu’ une maison de quartier à Montpellier porte le nom de Pauline Lafont.

 

 

 
 
 
 
 
Brandon Lee (1965- 1993)

 

 


 

Bio express : Fils du légendaire Bruce Lee, Brandon Lee naît le 1er février 1965 à Oakland. Après des va et vient entre La Chine et les Etats Unis, Brandon revient finalement dans son pays de naissance après le décès de son père en  1973. Adolescent, il entre à l'université de Chadwick School, mais est renvoyé pour insubordination trois mois avant de recevoir son diplôme. Il obtient son GED (General Educational Development) en 1983 puis part à l'Emerson College de Boston dans le Massachusetts où il s'inscrit en théâtre. Un an après, il part à New York où il prend des cours dans la célèbre académie Actors Studio de Lee Strasberg. Il fait partie du groupe American New Théâtre fondé par son ami John Lee Hancock. L’acteur fait ses premiers pas au cinéma sous la direction du réalisateur hongkongais Ronny Yu dans L’Héritier de la violence (1986), suivront des films aux titres aussi emblématiques que Laser mission (1990) ou encore l’inénarrable Dans les griffes du dragon rouge (1991) avec notre ami Dolph Lundgren. La consécration arrivera deux ans plus tard avec The Crow, mais cette reconnaissance sera malheureusement posthume, Brandon décédant « accidentellement » sur le tournage le 31 mars 1993.

 

Circonstances de la mort : A l’image de celle de son père, la mort de Brandon Lee est entourée de mystère : officiellement l’acteur aurait été la victime d’une balle qui aurait dû être chargée à blanc. Dès lors toutes les théories  ont été échafaudées, du complot qui veut qu’on ait sciemment changé la balle pendant le tournage à la simple-mais fatale- erreur de technicien. C’est cette dernière hypothèse qui semble avoir été retenue, l’enquête ayant révélé qu’un bout de balle factice était coincée dans le pistolet et que le coup de feu l’a propulsé avec assez de force pour blesser mortellement Brandon.

 

Post-mortem : Avant son décès, Brandon Lee avait pratiquement terminé toutes les prises de vue du film, seule une séquence nécessita l’insert de stock shots. La mort de Brandon Lee durant le tournage de The Crow contribua énormément à l’aura culte du film. A travers son personnage de vengeur d’outre tombe, l’acteur  gagna malgré lui ses galons de figure maudite, un peu comme si la réalité rejoignait tristement la fiction.

 

 

 

 

 

 

 

                                          River Phoenix (1970 - 1993)

 

 

                           

 

Bio express : De son vrai nom River Jude Bottom, River Phoenix né le 23 août 1970 dans l’Oregon. Il connaît une enfance très particulière : ses parents, membres de la secte des Enfants de Dieu, partent vers le Mexique puis Porto Rico pour s'établir finalement au Venezuela où ils mènent une vie parfois proche de la misère. C'est au Venezuela que River Phoenix apprend la guitare. River et sa sœur Rain doivent contribuer aux ressources de la famille en chantant dans la rue. Après avoir quitté la secte, toute la famille (qui s'est agrandie avec la naissance de Liberty, Summer et Joaquin) rentre aux États-Unis. De retour en Floride, River Phoenix se présente d'abord à des petits concours de chants locaux puis, déménageant en Californie et poussé par sa mère, il se présente à des castings pour la télévision. Il finit par obtenir le rôle de Guthrie McFadden dans le feuilleton Seven Brides for Seven Brothers puis quelques rôles dans des téléfilms.  River tient son premier grand rôle en 1985 dans Explorers de Joe Dante, viendront ensuite Stand by me (1987), The Mosquito coast (1987) et surtout A bout de course (1988) de Sydney Lumet pour lequel il sera nominé aux Oscars dans la catégorie meilleur second rôle. En 1989, il incarne, le temps d’un prologue mémorable, le jeune Indiana Jones dans Indiana Jones et la dernière croisade. Un an après Je t’aime à te tuer (1990) l’acteur retrouvera Keanu Reeves dans My own private Idaho (1991) de Gus Van Sant, dans le rôle le plus marquant de sa carrière. Parallèlement à son métier d'acteur il fonde avec sa sœur Rain le groupe de rock nommé Aleka's Attic qui fera quelques tournées dans l'Est des États-Unis. Auteur de nombreuses chansons, son amour de la musique le mettra en contact avec des musiciens célèbres qui deviendront ses amis, parmi lesquels John Frusciante et Michael Balzary "Flea" des Red Hot Chili Peppers et Michael Stipe du groupe R.E.M. Un destin prometteur qui s’achève tragiquement le 31 octobre 1993. Son dernier film fût Silent Tongue réalisé par l’acteur et auteur Sam Shepard.

 

Circonstances de la mort : Dans la nuit du 30 au 31 octobre 1993, il succombe à une overdose devant les portes de la célèbre boite de nuit Viper Room sur Sunset Boulevard. Il meurt dans les bras de sa sœur Rain, de son frère Joaquin, de sa petite amie Samantha Mathis et de son ami Flea le bassiste des Red Hot Chili Peppers. Une mort certes accidentelle mais qui révéla les nombreux tourments intérieurs vécus par l'acteur qui aurait été abusé durant son enfance par des membres de la secte Les Enfants de Dieu.

 

Post-mortem : A l'image de Kurt Cobain, qui mourut quelques mois plus tard, la mort de River Phoenix, fit l'effet d'un véritable électro choc en particulier auprès de la jeune génération qui s'était identifiée à lui. Par la suite de nombreux hommages lui seront consacrés, notamment de la part de Gus Van Sant qui lui dédiera le film Even CowGirls get the blues(dans lequel il fait une apparition) ainsi que la nouvelle Pink qu'il écrira en 1998. A l'époque R.E.M et les Red Hot Chili Peppers lui dédieront leurs albums Monster et One hot minute. Récemment, Phoenix fût propulsé à la 69eme place des 100 plus grandes stars du cinéma de tous les temps, par la chaine Channel 4. Comble de l'ironie River Phoenix était tout d'abord pressenti pour tenir le rôle principal dans The Crow. Aujourd'hui encore le décès de River Phoenix reste dans toutes les mémoires faisant étrangement écho à celui d'Heath Ledger.

 

 


 

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