Jake Gyllenhaal - Portrait

Louisa Amara | 18 janvier 2006
Louisa Amara | 18 janvier 2006

Comme vous allez bientôt voir Jake Gyllenhaal partout, autant s'habituer tout de suite à son patronyme et à sa prononciation : Jill-en-hall. À l'affiche d'au moins quatre films en 2006, il va vous montrer toute la palette de son talent. Né en 1980, 3 ans après sa sœur Maggie, d'un père réalisateur et d'une mère scénariste (oui, ça aide pour entrer dans le milieu), Jake manifeste très tôt le désir de monter sur les planches. Son père lui donne rapidement accès aux plateaux de tournage. À 11 ans, il fait sa première apparition dans City Slickers (La vie, l'amour…, les vaches), où il côtoie notamment Billy Crystal et Jack Palance. Le virus de la comédie est en lui et ne le lâchera plus. Son père le fait jouer avec sa sœur dans A Dangerous Woman en 1993. Conscient de son talent mais aussi raisonnable, Jake arrêtera de tourner pour finir ses études. Il ne reprend la route des studiois qu'en 1998 avec Homegrown réalisé par son père, avec Hank Azaria et Billy Bob Thornton.


Mais les petits rôles ne lui suffisent plus, il veut beaucoup plus. Cette opportunité se présente avec Ciel d'octobre en 1999, mélodrame adapté d'un best seller qui remporta un joli succès public et critique aux États-Unis mais passa inaperçu dans le reste du monde. Qu'importe, ce premier succès le fait connaître, et il décroche le rôle qui fera véritablement de lui une valeur montante : Donnie Darko en 2001. En pleine vague de films autour de héros schizophrènes, Donnie Darko se démarque singulièrement. C'est la performance de Jake qui donne toute sa crédibilité à ce premier film étonnant. Il rend l'adolescent tour à tour attachant, inquiétant, confus. Le film est un succès d'estime, il obtient plusieurs prix dont un au festival fantastique de Gérardmer, fait une belle carrière dans le circuit vidéo, et impose son statut d'oeuvre culte et branchée. Cela ne permet pourtant pas encore à Jake d'être compétitif pour les premiers rôles. Alors pendant deux ans, il se disperse, entre comédies romantiques ou dramatiques. Des films non aboutis, comme The Good girl avec Jennifer Aniston, où il joue les faire-valoir.


En 2001, Jake est à deux doigts d'enfiler le costume de Spider-Man, mais est battu par Tobey Maguire. Un an plus tard, les négociations reprennent pour Spider-Man 2, une histoire de gros sous. Tobey demande plus d'argent et menace de ne pas reprendre le rôle s'il n'a pas gain de cause. Les producteurs se font donc une joie de rappeler les candidats, dont Jake. Il s'entraîne déjà pour le rôle, ravi à l'idée de jouer avec sa fiancée, Kirsten Dunst, quand Tobey change d'avis et revient sur le terrain. Jake ne se décourage pas. Il tente aussi Moulin Rouge, comme Heath Ledger, il est l'un de ceux qui chantent et jouent le mieux, mais ils seront rejetés tous les deux, parce qu'Ewan McGregor est plus connu. En 2004, Il a enfin le droit à son blockbuster avec Le jour d'après où il partage l'affiche avec Dennis Quaid. Le film marche très bien dans le monde entier et lui permet d'être connu du grand public sans avoir honte de son travail. La carrière de Jake est définitivement sur les bons rails : il fait désormais partie des jeunes acteurs en vue. Pour preuve, on le voit désormais partout : il passe de Sam Mendes (Jarhead) à Ang Lee (Le secret de Brokeback mountain) pour finir chez David Fincher (Zodiac). En une année, il s'offre un curriculum vitae que de nombreux comédiens aimeraient bien avoir…à la fin de leur carrière.


Le premier de ces trois films à arriver sur les écrans français, Jarhead, chronique amère de la première guerre du Golfe, donne à Jake Gyllenhaal un rôle riche et physique. Son personnage, un soldat à bout de nerfs, mûri tout au long du film. L'acteur joue à nouveau, mais différemment sur le registre de la folie. Un film plein d'humour aussi, et de testostérone. Rien à voir avec le suivant, qui le fera véritablement devenir adulte. Le secret de Brokeback mountain, trop rapidement étiqueté western gay. Jake Gyllenhall et Heath Ledger y sont tout simplement bouleversants. Des héros touchants par leur maladresse, leur sincérité, subissant les conventions, les normes étouffantes. Tout en pudeur et justesse, Jake réussit à donner toute sa dimension à son personnage. David Fincher arrivera-t-il à exploiter tout le talent de ce jeune acteur prometteur, dans Zodiac ? Réponse très attendue en 2006.

Tout savoir sur Le Secret de Brokeback Mountain

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