Deauville - Jour 6

La Rédaction | 8 septembre 2005
La Rédaction | 8 septembre 2005

La scission au sein de l'équipe d'Écran Large est désormais une réalité. Alors que Didier et Laurent squattent au luxueux hôtel Royal, vidant le mini bar à une vitesse jamais vue encore dans l'histoire d'un établissement qui a quand même accueilli la fine fleur des acteurs américains dont une sacrée brochette d'adeptes de la bouteille (remember notre photo de Robert Downey Jr.), Stéphane, Vincent et Sandy restent fidèles à leur duplex. Qui a raison qui a tort, toujours est-il que ce matin, les deux seules personnes présentes à la projection du cinquième film en compétition, Forty shades of blue, étaient bien les consciencieux locataires du Royal qui avaient pris des forces en se jetant cette fois sur le gargantuesque buffet de l'hôtel. Bien leur en a pris tant le film d'Ira Sachs les a laissé de marbre. Didier abdiqua d'ailleurs au bout de 45 minutes et Laurent, qui n'avait pas encore réussi à digérer, décida qu'il était à la fois sage et professionnel de voir si on pouvait tirer quelque chose de l'histoire de cette jeune femme russe vivant avec un homme plus âgé qu'elle et dont la vie morne et sans passion va être bouleversée par la visite de son beau-fils.

Au vu de ce que Laurent nous a envoyé directement de sa chambre d'hôtel (le bougre s'est habitué au luxe et ne veut plus la quitter, usant du room service à tout va et ne quittant plus son peignoir, voir photos du bas), Didier a bien fait de partir avant la fin. Toutefois, il reste quelques moments d'émotions et de vérité qui se dégagent de ces êtres blessés. Le réalisateur sait se montrer juste sur la fin en dévoilant avec un certain tact et une vraie acuité la fragilité d'une femme qui voit s'écrouler son univers. Cela ne fait pas de Forty shades of blue un film recommandable (on ne compte plus les festivaliers ayant suivi l'exemple de Didier, premier à s'enfuir) mais c'est loin d'être aussi catastrophique que certaines personnes ont pu le dire.

La journée a été marquée par l'empreinte de Kirsten Dunst et Cameron Crowe pour la projection de Rencontres à Elizabethtown (contrairement à ce que pense Matthieu Perrin, festivalier pour Comme au cinéma.com, qui tente en vain de persuader toute personne qu'il croise que l'événement du festival est la projection de Willow) et toute l'équipe s'est mise en quatre pour vous proposer les interviews des deux (conférence de presse et interview junket). Énervé de se faire jeter des projos (deux aujourd'hui) pour cause de non respect des horaires (une minute de retard à Deauville et vous pouvez oublier le film), Stéphane est allé voir du côté de l'arc en ciel du Magicien d'Oz afin de se préparer aux interviews de jeudi où il tentera de percer les mystères de la restauration fabuleuse du film ayant fait de Judy Garland une star pour l'éternité.

Journée calme pour Sandy qui a tout simplement renoncé à voir le moindre film (tout juste un petit coucou à Kirsten lors de la conférence) pour se consacrer à L'événement de la semaine deauvilloise : le match de foot entre La France et L'Irlande. Il a donc écumé les supermarchés pour charger le frigo de bières et autres breuvages euphorisants.

Travaillant d'arrache pied (deux phrases à l'heure), Vincent continue de retranscrire les interviews des acteurs de Serenity (promis vous les aurez avant la sortie du film avec le test du coffret Matrix ultimate en prime !) et s'est offert une pause bien méritée avec Laurent en allant voir Reefer madness. Là encore, bonne idée puisque le film est une pure bombe (les deux lascars ont mis 9/10), une comédie musicale complètement déjantée sur le fléau qui menace la jeunesse américaine des années 30-40 : la marijuana. Adapté d'une pièce de théâtre à succès, Reefer madness rappelle un certain Rocky horror picture show pour sa capacité à être instantanément culte. Satire jubilatoire de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui (Bush en prend pour son grade de manière presque aussi cinglante que chez Michael Moore), le film d'Andy Fickman propose une idée par plan, enchaîne les chorégraphies stimulantes, les chansons aux paroles hilarantes, rend hommage à tout un pan du cinéma américain (les films d'horreur en tête) tout en donnant furieusement envie de s'allumer ce petit joint qui provoque tous les excès. On en reparlera plus longuement lors de sa sortie mais devant tant d'idées géniales portées par des comédiens tout simplement énormes, on a déjà pris rendez-vous avec le réalisateur pour une interview qui s'annonce mémorable.

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