PTU : le polar qui retourne Hong-kong, et ton crâne au passage

Antoine Desrues | 14 juin 2022
Antoine Desrues | 14 juin 2022

Ressorti dans un magnifique coffret Blu-Ray chez Spectrum Films, PTU est bien l’un des bijoux du polar HK, que l’on doit à un Johnnie To au firmament.

Avec la rétrocession de Hong-kong à la Chine populaire en 1997, les cinéastes locaux comprennent bien vite que la liberté de ton qui a été la leur est vouée à disparaître. Si John Woo et Tsui Hark en profitent pour prolonger leur carrière aux États-Unis (avec perte et fracas), Johnnie To continue de s’imposer comme un prodige ultra-productif. En même temps, la création de sa société Milkyway dès 1996 l’épaule grandement dans la mise en place de ses projets et de ceux de ses collègues, à tel point que la boîte de production devient l’une des plus importantes de Hong-kong dans les années 2000.

Dès lors, Johnnie To prône une forme d’entrisme assez malin, en alternant des films ouvertement commerciaux (mais pas moins dénués de son savoir-faire) et des œuvres plus personnelles et politiques, qu’il parvient à financer plus facilement grâce au succès des premiers. Dans cette veine, impossible de ne pas s’attarder sur PTU, qui a demandé un effort tout particulier.

 

PTU : photoBand of Brothers

 

To(ut) au bout de la nuit

Qu’on pense à The Mission, Breaking News ou Election, Johnnie To se définit par un style à la fois âpre, réaliste, mais aussi porté vers des élans de stylisation pure. Quelque part entre Scorsese et Mann, sa vision de Hong-kong s’intéresse toujours à un corps social en perpétuelle confrontation dans l’immensité de la ville.

Dans ses polars et thrillers urbains, To a toujours l’opportunité de traiter en substance les évolutions de la société hongkongaise, qui plus est au sein d’une mégapole surpeuplée, portail vers de nombreuses ruptures de tons. Or, cette démarche hétérogène est justement au cœur de PTU et de son introduction, où le pathétique (mais efficace) sergent Lo (Lam Suet) perd son arme de service, visiblement dérobée par des criminels. Une traque improbable se lance au milieu de la nuit, tandis que la mort d’un fils de chef des triades va s’immiscer dans l’enquête.

 

PTU : photoUne nuit en enfer

 

Plutôt que de prévenir sa hiérarchie, le sergent Lo préfère se contenter de l’aide de son ami, le sergent Mike (Simon Yam) et de sa patrouille issue de la PTU, la Police Tactical Unit. C’est là que le long-métrage trouve sa spécificité, puisqu’il s’attaque à l’une des unités paramilitaires les plus importantes de la police hongkongaise. Créée en 1958 et pensée pour le maintien de l’ordre et la lutte anticriminalité, la PTU est reconnaissable aux bérets bleus que portent ses membres.

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commentaires
#diez
15/06/2022 à 17:36

L'ambiance nocturne de ce film. Mémorable !

Pat Rick
14/06/2022 à 21:11

Pas un To qui m'a marqué.

zetagundam
14/06/2022 à 17:43

Excellent film d'ambiance !

Mx
14/06/2022 à 15:30

Un excellent johnnie toe, avec un excellent gunfight final opératique, pour citer mad movies, cinoche HK dans le coeur!!!

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