Le Nom de la rose, L'Ours... Jean-Jacques Annaud en 10 films fous

La Rédaction | 21 mars 2022 - MAJ : 21/03/2022 18:35
La Rédaction | 21 mars 2022 - MAJ : 21/03/2022 18:35

Pour la sortie de Notre-Dame brûle, retour sur la carrière de Jean-Jacques Annaud.

Il a filmé l'âge de pierre dans La Guerre du feu, Sean Connery en moine enquêteur dans Le Nom de la rose, Brad Pitt en alpiniste pris dans la Seconde Guerre mondiale dans Sept ans au Tibet, Jude Law en soldat dans Stalingrad, José Garcia en cochon bavard dans Sa Majesté Minor. Il a filmé des ours, des tigres et des loups. Et Jean-Jacques Annaud rappelle qu'il est toujours là où personne ne l'attend avec Notre-Dame brûle, qui raconte la catastrophe qui a embrasé Paris et la cathédrale le 15 avril 2019.

En plus de 40 ans de carrière et quatorze longs-métrages, Jean-Jacques Annaud s'est imposé comme un cinéaste majeur et passionnant, sur la scène française et internationale. Retour sur 10 films importants de sa filmographie, qui permettent de retracer son parcours unique.

 

 

1981 : La Guerre du feu

 

La Guerre du feu : photoUne bien belle prothèse

 

Jean-Jacques Annaud avait déjà réalisé deux films (La Victoire en chantant pour lequel il a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger, et Coup de tête), mais c'est véritablement La Guerre du feu qui a marqué le coup d'envoi de sa carrière, pour l'imposer immédiatement comme un réalisateur à part.

Adapté du roman éponyme de J.-H. Rosny aîné (après une première version réalisée en 1914 par l'acteur-réalisateur Georges Denola), le troisième film de Jean-Jacques Annaud fait office de véritable anomalie pour son époque, dont le financement est né d'une co-production franco-canadienne, mais aussi américaine et européenne.

Un projet qui relève tout simplement du miracle sur le papier, lorgnant à la fois du côté du film d’aventures, mais aussi de la pure fresque historique, avec des choix radicaux de la part de son cinéaste, qui en font un objet de cinéma unique en son genre. Porté par un casting composé d'inconnus (il s'agit du premier rôle de Ron Perlman, que Annaud retrouvera sur Le Nom de la Rose), La Guerre du feu a été tourné dans une langue fictive, créée spécifiquement pour les trois personnages principaux, issus de la tribu des Oulhamr. Une langue inventée et conçue de manière réfléchie par le linguiste Anthony Burgess (auteur du roman L'Orange mécanique qu'adaptera Kubrick), dans un mélange entre l’anglais, le français, l’italien ou encore le portugais.

 

La Guerre du feu : photoUn bon tuto pour allumer un feu

 

À sa sortie, le film de Jean-Jacques Annaud sera parfois pointé du doigt par certains spécialistes, par rapport à l'inexactitude des connaissances scientifiques mises en avant durant la promotion du long-métrage. Mais cela n'empêchera pas La Guerre du feu de marquer les esprits. Le film devient un succès mondial, notamment en France (plus de 4,9 millions d'entrées), et aux États-Unis (20 millions de dollars sur le sol américain, pour un budget de 12 millions), et permet à Jean-Jacques Annaud de repartir avec son premier César du meilleur réalisateur en France. Le film décroche aussi le César du meilleur film puis, aux États-Unis, l'Oscar des meilleurs maquillages.

Encore aujourd'hui, La Guerre du feu reste un véritable monument de cinéma populaire, sublimé par la musique de Philippe Sarde, qui contribue à rendre épique ce récit d'aventures qui reste avant tout une fiction, dans laquelle Annaud fait preuve d'un talent de conteur qui lui est propre. En plus d'être un film historique exemplaire, encore cité aujourd’hui (et à raison) dans les manuels d’Histoire pour son aspect éducatif et pédagogique, il s'impose aisément comme la référence du film d'aventures préhistorique. Un classique.

1986 : Le Nom de la rose

 

Le Nom de la rose : photo, Sean Connery"Ce monsieur est mort"

 

Sur le papier, Le Nom de la rose pourrait être un des projets les plus "simples" du réalisateur. Ne sommes-nous pas face à une relecture du mythe de Sherlock Holmes, transposée dans une luxueuse reconstitution médiévale, et portée par un casting prestigieux, au premier rang duquel rien moins que la plus grande star du XXe siècle, James Bond en personne ? Ce serait bien mal comprendre les écueils que le cinéaste a trouvé sur sa route, et dans quelle mesure il s'était, une nouvelle fois, lancé un défi délirant.

En effet, le récit est bien loin de se concevoir comme un whodunit industrialisé, étant donné qu'il s'agit de l'adaptation du livre éponyme d'Umberto Eco. Spécialiste de la sémiotique, de la linguistique, mais aussi philosophe émérite, passionné des méthodes de communication publique ou encore médiéviste, il a injecté toutes ces clefs de lecture dans une oeuvre ahurissante, érudite, qui forme un magma continu d'informations, de style. L'adapter a tout d'une ascension de l'Everest en chaussettes.

 

Le Nom de la rose : Photo Le Nom de la RoseLa difficile adolescence de Hellboy

 

Le tour de force accomplit par les scénaristes Andrew Birkin et Gérard Brach, aboutissant à un récit limpide, d'une fluidité qui ne sacrifie jamais à la richesse ou à la complexité des enjeux, n'en est que plus admirable. Et Annaud de mettre leur intrigue en image avec un mélange de puissance opératique et d'évidence narrative qui marie la noirceur d'une vision critique du Moyen-âge à une ligne claire qu'on pourrait croire héritée de la bande-dessinée. Le tout, sans reculer face à un contenu extrêmement pointu théologiquement, puisque représentant à l'écran la confrontation entre franciscains et tenants d'une vision rigoriste du dogme catholique.

Adapter et filmer ce projet était déjà une épreuve, mais le metteur en scène va courir plus de risques encore pour trouver l'interprète de Baskerville, son héros fin limier. Après avoir refusé des mois durant d'envisager Sean Connery, tant il souhaite confier le rôle à un comédien inconnu, il cèdera quand l'interprète de 007 s'introduira dans ses bureaux pour lui donner une lecture de son scénario... Alors il s'embarque dans une nouvelle galère, quand le studio Columbia, financeur du projet, lui signifie son manque d'appétence pour un artiste perçu comme un ringard en puissance.

 

Le Nom de la rose : Photo Le Nom de la Rose"Médiéval, mon cher Watson !"

 

Cette embauche est pour Annaud synonyme de pari total, son obstination risquant de lui coûter sa carrière en cas d'insuccès. Et pour parachever le tout, le compositeur James Horner ne bénéficiera que d'un mois pour enregistrer sa phénoménale bande-originale. Autant de récifs que dut contourner Le Nom de la Rose, dont la réussite apparaît d'autant plus stupéfiante que jamais ces difficultés ne se font sentir, mais qu'au contraire, le long-métrage constitue peut-être la manifestation la plus harmonieuse des qualités polyvalentes et versatiles du cinéma de son auteur.

1988 : L'Ours

 

L'Ours : photoL'Ours et l'ourson

 

Après le succès de La Guerre du feu, le producteur français Claude Berri donne carte blanche à Jean-Jacques Annaud, qui souhaite se lancer dans un film populaire et familial, en adaptant Le Grizzly de James Oliver Curwood, roman pour enfants qui lui est suggéré par son scénariste Gérard Brach. Pour présenter le film à son producteur, le cinéaste lui envoie une simple note : "Un ourson orphelin, un grand ours solitaire, deux chasseurs dans la forêt. Le point de vue des animaux". Jean-Jacques Annaud réussit un nouvel exploit avec L'Ours ; monter un projet encore plus fou que son film préhistorique, avec une co-production franco-américaine tournée en anglais, qui n'aurait pas pu se faire sans le succès de La Guerre du feu.

Avec ce nouveau film, le réalisateur de Deux frères déploie encore les grands moyens pour offrir aux spectateurs un grand film d’aventures unique en son genre, dont les personnages principaux sont incarnés par des ours, Bart et Youk. Mais pour obtenir ce résultat, le dressage des animaux durera plus de quatre ans, ce qui laisse le temps à Annaud de partir réaliser un autre défi, celui d'adapter Le Nom de la Rose d'Umberto Eco, persuadé qu'il est l'homme de la situation pour porter cette oeuvre à l'écran.

Après avoir été auréolé d'un César du meilleur film étranger (dans son propre pays) pour le polar médiéval avec Sean Connery, Annaud revient finalement à L'Ours. Le tournage s'étale sur plus de 109 jours dans les Dolomites, en Italie, dans des conditions météorologiques souvent compliquées. Fidèle à lui-même, Jean-Jacques Annaud cherche le réalisme à tout prix en privilégiant notamment la prise unique, quitte à mettre en danger Tchéky Karyo sur le tournage de la célèbre scène où Bart, l’Ours adulte, pousse une bonne gueulante contre l’acteur.

 

L'Ours : photoLa définition d'une bonne gueulante

 

Et à l’écran, toutes ces conditions de tournage extrêmes donnent à voir un film d’aventures épique, qui vaudra une nouvelle fois au cinéaste la reconnaissance de l’académie, sacré meilleur réalisateur une seconde fois pour l'occasion. En France, le film est un énorme carton commercial qui atteint les 9 millions d'entrées, tandis qu'aux États-Unis, le film rapporte plus de 31 millions de dollars, devenant l'un des plus gros succès du cinéma français sur le sol américain depuis La Cage aux folles. Si son film d’aventures préhistorique avec Ron Perlman lui avait permis de révéler son sens de la démesure, Jean-Jacques Annaud pousse encore plus loin l'exercice avec L'Ours. 

Avec ce véritable conte initiatique qui aura bercé l’enfance de plusieurs générations, autant par la beauté unique de ses images que par la portée universelle de son récit d’apprentissage, Jean-Jacques Annaud signe une oeuvre unique en son genre. À mi-chemin entre le réalisme documentaire et la fable animalière, L'Ours parvient à transmettre au jeune public, auquel il se destine particulièrement, des émotions intemporelles, avec une économie de dialogues admirable. Annaud filme la nature avec un savoir-faire indéniable et une capacité de conteur hors-pair, qu'il ne retrouvera probablement jamais dans sa carrière avant Le Dernier Loup, qui marquera le retour du cinéaste à son meilleur dans le registre, après Deux Frères.

1992 : L'Amant

 

L'Amant : Photo Jane March, Tony Leung Ka FaiL'érotisme partout...

 

Dès le tournage de L'Ours, Jean-Jacques Annaud est contacté par Claude Berri. Il lui propose d'adapter le roman de Marguerite Duras, récompensé du prix Goncourt à sa sortie en 1984 : L'AmantÀ l'époque, le cinéaste n'a pas encore lu le livre de l'écrivaine française, mais a toujours affirmé en coulisses à Claude Berri (alors producteur de L'Ours) qu'il avait envie de réaliser un film "avec un grand rôle de femme". D'abord réticent, il décide finalement de se lancer dans le projet en 1989, toujours avec Claude Berri en tant que producteur.

Un défi assez proche de celui qu'il avait relevé avec Le Nom de la rose attend alors le cinéaste : adapter un roman célèbre et célébré, dont l'auteur est toujours vivant. Et c'est ici que les choses se compliqueront puisque si la relation entre le cinéaste et Umberto Eco pour Le Nom de la rose a toujours été "exemplaire" et "idéale", celle avec Marguerite Duras sera "houleuse et insolite". L'écrivaine n'aime en effet pas le scénario de Brach et Annaud tiré de son livre. Sauf qu'après de longues semaines, le cinéaste décide de ne plus la consulter comme il l'a expliqué dans un entretien visible sur son site officiel :

« Je l'écoute souvent avec tendresse. Mais j'ai un film à faire. Pour le mener à bien, je n'ai pas le choix : je ne peux le faire qu'à ma main, en assurant les risques de ma liberté. Je ne sais pas diriger en position de prosternation. Je ne sais pas non plus faire "à la manière de". Je songe à une phrase d'Umberto Eco : "Il y a mon livre, il y aura ton film". Un jour, j'ai embrassé Marguerite, je lui ai dit : "Tu as été épouvantable aujourd'hui. À demain". Je ne suis jamais revenu. »

 

L'Amant : photo... tout le temps

 

Commence alors la véritable aventure pour Annaud. Il se rend au Viêt Nam et découvre la pauvreté du pays : "J'ai été troublé, charmé par la population, enchanté par la singularité du lieu, désespéré par l'état des infrastructures et des décors possibles. Sera-t-il raisonnable d'emmener une équipe dans un pays aussi délabré, sera-t-il matériellement possible de remettre les lieux dans l'état où ils étaient dans les années 20 ?".

La réponse a finalement été rapide, ce n'était "pas du tout raisonnable, mais tout à fait possible", non sans des efforts importants. Évidemment, il y avait la chaleur et l'humidité étouffante, il y avait aussi la barrière de la langue (l'anglais et le français ayant quasi-disparu du territoire), les communications très complexes (le téléphone privé n'existe pas au Viêt Nam en 1989) et la confiance , mais le plus dur a surtout été de redonner vie à l'Indochine sur place :

"Il a fallu tout reprendre, refaire les chaussées, les trottoirs, remettre des volets aux fenêtres, enlever les fils électriques, replanter des arbres et des fleurs, retaper et repeindre les façades, masquer les postes de garde ou les bunkers pour retrouver l'Indochine en 1930. Ou plutôt le rêve d'exotisme colonial qui est un des sous-textes du roman."

 

L'Amant : photoUne Indochine plus vraie que nature

 

Au visionnage, c'est une réussite majeure. Le film semble tourner dans cette Indochine perdue et parvient surtout à ressusciter cette période, plongeant véritablement les spectateurs dans les rues grouillantes de Saïgon (avec plusieurs centaines de figurants). Mais ce qui rend le travail de reconstitution méticuleux de l'Indochine encore plus phénoménal et fou, c'est que Jean-Jacques Annaud veut surtout raconter l'étrange romance entre une jeune adolescente française et un Chinois dans L'Amant"Le défi n'est certes pas d'aller tourner des images au fin fond du Delta du Mékong, mais d'avoir un tiers du film à mettre en scène dans une chambre d'amour".

Pour ça, il lui fallait trouver la bonne comédienne... chez une débutante. Après plus de 500 entretiens, il tombe par hasard sur Jane March (alors âgée de 17 ans) dans un magazine acheté par sa femme : elle sera son héroïne. Pour le Chinois, il fera ratisser "l'Extrême-Orient : Pékin, Tokyo, Shanghai, Taïwan, Bangkok, Hong Kong, Manille". Alors qu'il est prêt à retarder le tournage, Tony Leung Ka Fai se présente alors à lui, pas sûr d'être à la hauteur, mais Annaud le choisira immédiatemment lors de son audition avec Jane March.

 

L'Amant : Photo Jane March, Tony Leung Ka FaiDes scènes sexuelles de plus en plus intenses et fusionnelles

 

Et cela donnera donc L'Amant et surtout l'alchimie remarquable lors des scènes d'amour entre la jeune fille et le Chinois (les personnages n'ont pas de prénom). Loin de reposer sur son ambition technique et artistique, le long-métrage s'élève ainsi grâce à cette osmose magnifiée par le travail du chef opérateur Robert Fraisse, captant avec des jeux d'ombres et de lumières savant, l'harmonie de leur corps en fusion, "l'émerveillement de la jouissance, cet abandon de la chair". De quoi prouver un peu plus le jusqu'au-boutisme créatif d'Annaud, capable de ressusciter une période entière pour n'en faire (presque) que la toile de fond d'une romance secrète, obligée de se calfeutrer dans l'ombre du reste du monde. Fort.

1997 : Sept ans au Tibet

 

Sept ans au Tibet : Photo Brad Pitt, Jamyang Jamtsho WangchukUne image culte

 

L’idée de Sept ans au Tibet est justement née grâce à L’Amant. Jean-Jacques Annaud avait été fasciné par l’Asie lors du tournage de son précédent film et dès son retour du Viêt Nam, comme il l’expliquait dans une interview visible sur YouTube, il a « beaucoup lu sur la Chine, et ce qui m’attirait véritablement c’était d’essayer de comprendre la spiritualité asiatique. Et puis peu à peu j’ai gravi les différentes marches qui m’ont mené au toit du monde, au Tibet, et parmi les livres que je lisais sur le Tibet, il y avait l’aventure de Heinrich Harrer ».

Une histoire qui résonne grandement dans l’esprit du réalisateur qui va donc tout faire pour se lancer dans son adaptation, sans savoir à quel point il va vivre une véritable aventure pour le concrétiser.

 

Sept ans au Tibet : photoUne reconstitution de Lhassa bluffante

 

Car innocemment, le réalisateur espérait obtenir des autorisations pour tourner son film au Tibet (occupé par la Chine depuis près de 50 ans). Sauf que très vite, il comprend que les Chinois refuseront qu’ils tournent sur place. Pour essayer de ne rien perdre de l’ampleur de l’Himalaya, il essaye d’obtenir des autorisations du gouvernement indien pour le réaliser dans la vallée de Ladakh, proche du Tibet et surtout à majorité bouddhiste. Mais malgré un premier accord signé, l’Inde refuse à cause de la pression chinoise.

Annaud a donc trouvé une autre solution, tout refaire lui-même : « En vérité, c’était une bénédiction ce qui arrivait. Évidemment, le film allait coûter un peu plus cher parce qu’au lieu de m’appuyer sur des décors existants, je devais tout construire. Mais d’une certaine manière, tout reconstruire, c’était reconstruire le Tibet tel qu’il était […] et de fait, les images que j’avais en tête étaient celles que j’allais pouvoir obtenir ».

Pour Sept ans au Tibet, le réalisateur reconstruit donc un mini-Lhassa, la capitale du Tibet, dans la cordillère des Andes en Argentine, et ramène des centaines de Tibétains sur place pour peupler son film de vrai visage bouddhiste durant 4 mois (dans des conditions parfois compliquées à cause de vents de sable obstruant les caméras). Au total, le budget monte à hauteur de 70 millions de dollars (le film le plus cher jamais réalisé par Annaud), mais le résultat est ébouriffant.

 

Sept ans au Tibet : photo, Brad PittUn rôle exigeant pour un Brad Pitt très investi


Il faut dire que le cinéaste a avoué en 1999 (deux ans après la sortie pour éviter une énième polémique avec la Chine dont il a été interdit de séjour avec Brad Pitt et David Thewlis à cause du film) que Sept ans au Tibet contenait de véritables images du Tibet. Des images obtenues par des équipes envoyées secrètement sur place et qu’il a ensuite, soit simplement glisser dans son long-métrage (le palais du Potala) ou intégrer à des rushs durant la post-production grâce à des effets spéciaux numériques. Un véritable exploit caché qui donne à Sept ans au Tibet un réalisme impressionnant, bien aidé par son ampleur visuelle.

Les scènes d’alpinisme tournées au Canada (pendant deux mois) sont en effet d’une beauté éblouissante. Brad Pitt s’est ainsi entraîné durant des mois afin de les tourner lui-même en condition réelle. D’après le cinéaste, 50% d’entre elles ont été tournées au-dessus de 3000m d’altitude et 10% au-dessus de 4000m, obligeant à des conditions de tournage très éprouvantes (évacuation d’urgence, assurance en panique, caméras abandonnées sur place…).

Sept ans au Tibet n’est donc probablement pas un grand film à récit, mais jouit d’un savoir-faire technique incontestable qui se ressent à l'écran. Ce qui en fait un film d’aventure fascinant dont l’envergure n’a jamais été retrouvée par un autre réalisateur français depuis (hormis peut-être par Arthur Harari et son Onoda d’une certaine manière). 

2001 : Stalingrad

 

Stalingrad : photo, Jude LawL'oeil de l'ours

Chaque genre cinématographique a ses films qui se sont posés en références, ainsi Il faut sauver le soldat Ryan sorti en 1998 de Steven Spielberg fait office de chef d’œuvre auquel est inévitablement comparé chaque nouveau film de guerre. Néanmoins, ça ne démotive pas Jean-Jacques Annaud de réaliser Stalingrad en 2001, une superproduction à près de 70 millions de dollars, l'équivalent du long-métrage avec Tom Hanks en GI. Tout aussi ambitieux, critique et hyper-réaliste que le long-métrage du réalisateur américain, Stalingrad est lui aussi un film de guerre riche et devenu culte.

Au-delà de la bataille meurtrière qui a fait 2 millions de morts, le film adapte les mémoires d’un sniper russe légendaire, Vassili Zaïtsev. Durant la guerre, l’URSS en fait un outil de propagande, il est le soldat qui défie l’Allemagne Nazie ! Après le conflit, Zaïtsev racontera son combat contre le sniper allemand Erwin König, que rien ne validera historiquement. Peu importe, ce récit a tout pour être le film d'un affrontement symbolique, à défaut d’avoir existé. En conteur assumé, Annaud déclarait dans des propos rapportés par Der Spiegel : « Le cinéma a besoin de grandes émotions. Les théories et l'exactitude historique sont importantes en tant que toile de fond ».

 

Stalingrad : photo, Jude LawUn héros qui voit rouge

 

Le réalisateur va ainsi, pour son neuvième film et premier sur la guerre, mélanger les genres. Plus qu’une vision de la bataille de Stalingrad, son histoire va prendre la forme d’un duel de western entre le sniper soviétique (Jude Law) et le tireur d’élite allemand (Ed Harris), et rencontrer le film romantique avec un triangle amoureux entre soldats. « Stalingrad est un récit intime sur fond de fresque historique », résumait Annaud dans un entretien à L’Express. Ainsi, la scène folle de la traversée de la Volga avec ses quatre-vingt-cinq bateaux et huit cents figurants filmés par sept caméras va côtoyer une partie de jambes en l’air silencieuse au milieu des troufions roupillant.

La pluralité des discours permet à Annaud et son co-scénariste Alain Godard (Le Nom de la Rose, Guillaumet, les ailes du courage) d’utiliser le combat entre ces deux hommes pour incarner les luttes idéologiques des deux puissances, tout en décriant l’artificialité de la propagande qui invente des légendes et instrumentalise les soldats. À l’image de ces fausses vérités qui effacent l'humain, le metteur en scène va perdre les deux snipers dans les ruines de la ville. Cet incroyable décor déstructuré permet à Annaud de montrer toute sa virtuosité de technicien en créant des cadres à la lecture d’image claire malgré ce paysage apocalyptique, et de jouer avec l’œil du spectateur.

 

Stalingrad : photo, Jude LawEn pleine manif' de la CGT

 

Stalingrad avoisinera les 97 millions de dollars au box-office mondial, un succès mitigé qui ne rembourse pas suffisamment le budget de production. Les vétérans russes critiqueront fortement la véracité historique du film. Du côté allemand, la projection à la Berlinale se fera huer. La pilule passera encore plus mal pour eux puisque l'Allemagne était co-productrice et a accueilli le tournage près de Berlin.

Cela n’empêchera pas Stalingrad de marquer la culture populaire puisqu’en 2008 Call of Duty : World at War reprendra plusieurs scènes du long-métrage pour ses missions, ainsi que le nom du personnage principal. La violence graphique de la licence, inspirée de celle du long-métrage de Annaud, va d'ailleurs franchir un cap avec cet opus, donnant le ton au genre des jeux de guerre. Cette réappropriation du film se fera au détriment de la propagation des clichés qu'il véhicule sur une armée soviétique sous-équipée et ses officiers tyranniques.

2007 : Sa Majesté Minor

 

Sa majesté Minor : photo, Vincent CasselSatyre sur mon doigt

 

Sa majesté Minor est connu pour la pire des raisons : c'est un échec commercial titanesque. Avec environ 30 millions d'euros de budget et même pas 140 000 entrées, cette superproduction luxueuse est vite devenue un léger traumatisme pour tout le monde. Sentiment global à l'époque : c'est une chose incompréhensible, d'une vulgarité étrange, et d'une bizarrerie impossible à appréhender.

Il suffit de résumer ce cirque pour s'y préparer. Le Minor du titre est un être mi-homme mi-cochon, muet et considéré comme une vile chose dans son village, sur une île en mer Égée. Il rencontre Pan, un dieu païen qui le sodomise dans les bois, puis tombe d'un arbre et meurt sur le coup. Sauf qu'il ressuscite, peut soudainement parler, devient un grand orateur, est proclamé roi, et appelle son copain violeur des bois pour savoir comment gouverner les paysans.

 

Sa majesté Minor : photoBernier bernée

 

Sa majesté Minor est une curiosité totale, qui se rêve de toute évidence en Candide de Voltaire, version scato. D'une plaidoirie de Mélanie Bernier armée de ses seins ("Mais elle nous fait bander !") à un hommage inattendu à Délivrance ("Squeal like a pig", littéralement), en passant par la constipation de Claude Brasseur, c'est un festival. Et un très long et laborieux festival.

Minor semblait pourtant né sous une bonne étoile. Avec José Garcia et Vincent Cassel, le film cochait des cases populaires. Avec Jean-Jacques Annaud et son fidèle scénariste Gérard Brach (de La Guerre du feu à L'Amant), le pari impossible et impensable semblait tenable. Avec le compositeur Javier Navarrete (L'Echine du diable, Le labyrinthe de Pan), il y avait même une belle équation artistique.

Le projet était tellement rassurant que Studio Canal a signé un chèque de 10 millions, soit 7% de ses investissements dans le cinéma en 2006, selon Le Monde. Inutile de dire que la perte a été colossale pour tout le monde. Sa Majesté Minor n'a même pas pu se cacher derrière l'autre flop français d'octobre 2007, puisque Le Deuxième Souffle, remake fastueux du polar de Melville au budget de 23 millions d'euros, s'est planté avec moins de 500 000 entrées. Soit une catastrophe moins salée.

 

Sa majesté Minor : photo, José GarciaFail majeur pour Minor

 

Jean-Jacques Annaud savait qu'il était assis sur une mine. Il est personnellement venu défendre le film lors de l'unique projection presse, comme le racontait à l'époque Les Inrockuptibles : Je prends le risque de déranger, de larguer. Mais le cinéma n’est-il pas une prise de risque permanente, un défi aux règles ? L’art, le spectacle, doivent-ils se fondre dans le politiquement correct de l’hygiène globalisée ?”. Un film punk donc, en théorie.

En 2022, il précisait à Ecran Total que tous ses films ont eu une carrière internationale, "y compris Sa Majesté Minor qui a pourtant fait un flop". Une manière de dire que le public français est passé à côté ? Peut-être. Notamment parce que d'autres de ses films, comme Le Nom de la Rose, ont été des échecs en salles, avant de gagner de l'amour au fil des années. Sauf que Minor, presque 15 ans plus tard, erre toujours seul dans la forêt mystique des ratés inconsolables. Mais le réalisateur a au moins réussi une chose : un autre film unique, pour le meilleur et pour le pire.

2011 : Or noir

 

Or Noir : photo, Antonio BanderasAntonio Banderas qui a peur

 

Après le désastre Sa Majesté Minor, Jean-Jacques Annaud ne se laisse pas abattre. Quatre ans après (un délai classique chez le réalisateur), il concrétise une autre envie inattendue : filmer l'Arabie. C’est ainsi qu’il met en scène avec passion et sincérité le grandiose, épique et romanesque Or Noir... qui sera un nouvel échec commercial.

Le scénario de Or Noir était de ces projets qui traînaient à Hollywood depuis des années. Le producteur Tarak Ben Ammar, qui a commencé en tirant la chemise à George Lucas pour qu'il fasse de son pays la Tunisie le désert de Tatooine pour Star Wars IV : Un Nouvel Espoir, a gardé sous le coude l’idée d'Or Noir pendant 30 ans, jusqu'à sa rencontre avec Annaud. Ensemble, et avec un budget conséquent de 40 millions d’euros, et un tournage en Tunisie et au Qatar, ils concrétisent ce vieux rêve.

 Or Noir : photo, Tahar RahimLe petit prince

 

Pour ce long-métrage, Annaud renoue avec le film d’aventure. En s’intéressant à la petite histoire dans la grande, il fait de son récit d’émirs arabes se disputant un terrain riche en pétrole dans les années 30, une tragédie shakespearienne. Comme il se plait à le faire, le metteur en scène va confondre les genres pour créer une narration intense où deux familles vont s’entretuer dans une épopée à la fois guerrière et intimiste. Pour magnifier cette saga familiale, James Horner revient à la musique après Le Nom de la rose et Stalingrad, et Jean-Marie Dreujou reste directeur de la photo, lui qui est présent sur tous les projets du réalisateur depuis Deux Frères, aujourd'hui encore.

Annaud et son producteur voulaient faire de Or Noir un grand film populaire au casting international. Ils réunissent ainsi Antonio Banderas (qui brille la même année dans La Piel Que Habito de Pedro Almodóvar), Mark Strong (Kick-Ass et Sherlock Holmes), Freida Pinto (la Planète des Singes) et Riz Ahmed, qui émergeait sérieusement. Mais pour le premier rôle, c’est au jeune et prometteur Tahar Rahim, révélé en 2009 par Un prophète de Jacques Audiard, que Jean-Jacques Annaud fait confiance. Une distribution dont on pourrait douter de la légitimité lorsqu’on constate que Mark Strong joue un émir arabe, mais le réalisateur justifie ça par la mixité ethnique de la région.

 Or Noir : photo, Tahar RahimLa charge des Rohirrims du Seigneur des Anneaux peut trembler

 

Là où Annaud voyait le plus grand, c’était dans les moyens techniques, avec notamment très peu d’images de synthèse. Ainsi, c’est 500 chevaux et 300 chameaux qui faisaient partie des colossales batailles en plein désert du Qatar. Évidemment, comme toute production de cette ampleur, Or Noir va collectionner les problèmes. Annaud racontera que pour les scènes au Qatar, « c'était compliqué de conserver 40 km2 de terre intacte » l’obligeant à avoir « une équipe de nettoyeurs du désert pour effacer les traces de pas » (on visualise tous la scène de La Folle Histoire de l'Espace). Et en Tunisie, le Printemps Arabe a mis toute l’équipe sous tension.

Pourtant, toute cette énergie et ces moyens n'ont pas été suffisants pour faire d'Or Noir un succès. Avec seulement 215 640 entrées en France, c'est tout simplement un bide. Son histoire bancale, entre son souffle guerrier et sa romance de tragédie grecque, dans un contexte géopolitique et historique peu couvert dans le cinéma populaire, a pu causer l’accueil glacial du film. À moins que The Artist et Intouchables dont les sorties précédaient le film de Annaud aient pris toute l’attention. Le film rejoint ainsi la très courte liste des échecs du réalisateur qui, avec le temps, va peut-être rejoindre la longue liste de ses succès.

2015 : Le Dernier Loup

 

Le Dernier Loup : photoCrier au loup

 

Après Deux frères, Jean-Jacques Annaud subit une petite traversée du désert pendant quelques années, durant lesquelles il essuie les échecs commerciaux et critiques consécutifs de Sa Majesté Minor et Or noir, avant d’opérer un retour en force avec Le Dernier Loup en 2015. Adaptation du roman de l'auteur chinois Jiang Rong, intitulé Le Totem du Loup, ce nouveau film marque la réconciliation de Jean-Jacques Annaud avec la Chine, puisque le réalisateur fut considéré pendant une dizaine d'années comme persona non grata par les autorités chinoises, suite à la réalisation de Sept ans au Tibet. Mais le cinéaste se voit proposer l'adaptation de ce roman à succès qui échappa à la censure, ce qui relève du miracle, selon ses mots.

Le Dernier Loup est un projet de longue date, une co-production franco-chinoise dont le développement n'est pas sans rappeler celui de son premier film animalier, L'Ours, connu pour son tournage compliqué. Sept années se sont écoulées entre la préparation et le tournage, pendant lesquelles les loups sont élevés près des hommes dès leur plus jeune âge, afin de pouvoir supporter les conditions de tournage. Annaud préfère réaliser des contes animaliers avec des espèces plutôt dangereuses, et le tournage du Dernier Loup représente un nouveau défi à relever pour lui.

Plus de 200 chevaux, 1000 moutons, et 25 loups cohabitent ensemble sur le plateau (ce qui est relativement dangereux), dans des conditions souvent compliquées à cause de la météo, avec notamment des scènes tournées la nuit, sous la neige. D'un point de vue financier, avec un budget de 38 millions de dollars, Le Dernier Loup n'est pas le projet le plus coûteux du réalisateur, surtout comparé à Or Noir (40 millions), Deux Frères (57 millions) ou encore Stalingrad et Sept ans au Tibet (environ 70 millions). Mais pour une production chinoise, c'est une grosse somme, qui représente un énorme investissement pour les sociétés de productions associées au projet, dont le but est avant tout de propager un discours écologique.

 

Le Dernier Loup : photoLa beauté sauvage en 3D

 

Et à ce titre, Le Dernier Loup marque un véritable retour aux sources pour le cinéaste vers ce qu’il sait faire de mieux, à savoir le conte animalier, après L’Ours et Deux Frères. Et c'est aussi l’occasion pour Jean-Jacques Annaud d’expérimenter une technologie qu’il n’a pas encore eue entre les mains : la 3D, après avoir été l'un des premiers à avoir expérimenté l’IMAX avec son moyen-métrage Guillaumet, les ailes du courage en 1995. 

Avec la 3D, le réalisateur livre de purs moments de grâce dans Le Dernier Loup. Des séquences suspendues dans le temps, où Annaud retranscrit la proximité entre l’Homme et l’animal comme jamais auparavant dans sa filmographie, grâce à une utilisation du relief admirable. C’est aussi l’occasion pour le réalisateur de Stalingrad de signer l’un de ses films les plus politiques et engagés, à travers une fable humaniste qui touche en plein cœur, de par la beauté sidérante de ses images, mais aussi par sa portée universelle qui était déjà propre à L’Ours. Un sacré comeback, pour un cinéaste dont on pensait les heures de gloire passées depuis bien longtemps.

2022 : Notre-Dame brûle

 

Notre-Dame brûle : photoSacré feu ou feu sacré

 

Reconstituer avec force et précision un évènement traumatique, multi-diffusé en direct et partout dans le monde, se déroulant au sein d’un des bâtiments les plus visités de la galaxie est en soi une épreuve. Réussir à narrer l’intervention des pompiers au sein de la cathédrale Notre-Dame, tandis que les flammes la ravageaient avec le ménagement d’un catcheur pour le ballet autrichien, c’était courir le risque perpétuel de pulvériser notre suspension d’incrédulité. 

En effet, il suffit d’un décor aux proportions curieuses, d’un décor de substitution mal employé (de nombreuses cathédrales françaises ont servi de “doublures” à leur grande sœur parisienne, notamment pour les intérieurs et en particulier les plans de charpente). Or, jamais le film n’est pris en défaut en la matière. On croit en permanence que les personnages évoluent bien dans ce lieu emblématique de la capitale hexagonale. 

Mais il y avait un défi autrement plus corsé. On le sait et c’est tout sauf un scoop, les “films de feu” sont très compliqués à tourner. Non seulement le feu, ça brûle, ce qui nécessite des mesures de sécurité contraignantes, surtout pour la mise en scène, mais le feu pose un autre problème colossal : la lumière. La grammaire d’un film n’est jamais plus immersive que sa photographie. C’est le langage inconscient qui tapisse non seulement le langage plastique du métrage, mais qui guide en permanence le regard du spectateur. 

 

Notre-Dame brûle : photoTrès spirituelle cette suite de La Tour Montparnasse infernale

 

Comment construire une lumière, ou tout simplement la maîtriser... quand il faut dialoguer en permanence avec une source lumineuse instable, intempestive, qui peut à chaque instant parasiter le dispositif de la scène ? C’est un casse-tête cauchemardesque, à fortiori quand il faut en parallèle mener un récit qui se déroule en majeure partie de jour, et où tout impair d’éclairage trahissant les artifices de fabrication du film ruinerait l’immersion du spectateur. Or, jamais cette dernière n'est prise en défaut, grâce à une audace certaine. Non content de maîtriser un dispositif technique hors du commun, le metteur en scène va parfois jusqu'à le traiter à la manière d'un réalisateur de film d'horreur. En témoigne la séquence du blast, qui évoque instantanément le montage frénétique d'Evil Dead.

À vrai dire, le nombre de tours de force techniques et de réussites de Notre Dame Brûle pour parvenir à narrer le combat de ses héros est à ce point vertigineux, qu’on lui pardonnerait presque son écriture misérable et son interprétation grand-guignolesque.

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commentaires
Zarbiland
23/03/2022 à 07:47

Immense coup de tête, mon film préféré du réal avec un extraordinaire Dewaere
Meilleur film sur le foot Ever

Fan
22/03/2022 à 21:35

Toujours passionnant Annaud. L'équivalent d'un Ridley Scott dans ses meilleurs moments. Tiens si l'un ou l'autre nous faisaient un western épique. J'ai toujours rêvé à une reconstitution de la dernière bataille de Custer à Little Big Horn...

Ethan
22/03/2022 à 13:42

J'ai vu presque tous les films, il y a de bons films,
@Geoffrey Crété
Vous devriez faire des dossiers thématiques tels que les maladies au cinéma, les parapluies, les trésors, les scènes de vols d'objets, les thrillers, les scènes de combats à mains nues :)

Pi
22/03/2022 à 13:17

À quand un film sur les Paradise papers et l'évasion fiscale par ce grand faiseur de films ami des puissants ?

J'ai hâte.

The insider38
22/03/2022 à 13:06

Annaux est un vrai faiseur de film, souvent avec les tripes . Un quasi sans fautes , minor et or noir, ok , doit on lui faire payer deux échec pour une multitude de chef d’œuvre ?
Tout est filmé en décors naturel ! Pas de fond vert , de gros risque sur Stalingrad et l’ours …
Et bien sûre coup d’état tête ! Un des films de chevet.
Pour moi c est bien au delà d’un Besson par exemple

Geoffrey Crété - Rédaction
22/03/2022 à 12:09

@Nospeudo

Oh, et bien un grand merci à vous pour votre soutien, et votre message ! Ça compte beaucoup pour nous !


22/03/2022 à 12:03

Un sincère et plein de gratitude "Merci" à toute l'équipe d'Écran Large.
Je me suis abonné récemment et je me régale avec vos Dossiers dont l'écriture et les analyses sont au top.

So, gracias.

Numberz
22/03/2022 à 08:06

Petit info pour le nom de la rose pour les collectionneurs du support physique.
Je possédais le collector 2 DVD. Tellement fan du film, j'ai voulu passé un Blu Ray car le DVD piquait. Ne faites pas cette erreur. Le Blu Ray, en plus d'être cher, a le même transfert que le DVD. Donc gardez votre support ancien, ne vous ruinez pas.

fuck
21/03/2022 à 22:52

Pourtant son meilleur film est Coup de tête. Un film à petit budget à la différence de ses autres films.

Faurefrc
21/03/2022 à 20:41

Grand cinéaste « populaire »… dans le bon sens du terme. Mine de rien, ça manque cruellement en France depuis pas mal d’années.

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