Stargate, Universal Soldier, Le Jour d'après : Roland Emmerich, le parfait sous-Paul Verhoeven ?

La Rédaction | 13 février 2022
La Rédaction | 13 février 2022

Universal Soldier, Stargate : La Porte des étoilesLe Jour d'après : pourquoi Roland Emmerich est un parfait sous-Paul Verhoeven, en trois films.

Dès ses premiers films en Allemagne, dans les années 80, Roland Emmerich rêvait comme un Américain : une station spatiale capable de contrôler la météo dans Le Principe de l'Arche de Noé, une poupée possédée par un démon dans Joey, un manoir hanté dans Hollywood Monster, et une planète étrangère dans Moon 44. Dans les années 90, il a eu les moyens de ses ambitions, et a notamment marqué l'imaginaire collectif en explosant la Maison-Blanche dans Independence Day.

 

Independence Day : photo L'image fondatrice

 

Incontournable dans les années 90-2000 avec Stargate, Godzilla, The Patriot et Le Jour d'après, largement moqué depuis avec 10 000, White House Down ou encore Independence Day : Resurgence, Roland Emmerich a souvent été méprisé et réduit à un simple artisan avide de CGI. Mais ce serait oublier son regard européen sur l'Amérique et Hollywood, et les quelques amusantes idées disséminées dans sa filmographie, autour de la politique, de l'écologie, de la guerre et de l'héroïsme. Un peu comme s'il avait retourné les armes du système, pour l'attaquer de l'intérieur.

Un peu comme Paul Verhoeven, qui a dynamité Hollywood avec RoboCop, Total Recall ou encore Staship Troopers. La comparaison est aussi périlleuse qu'amusante, et on va tenter de la défendre avec trois exemples : Universal Soldier, Stargate, et Le Jour d'après.

 

 

universal soldier

Engagé par Carolco pour réaliser un blockbuster à 90 millions de dollars avec Sylvester Stallone et Kim Basinger avant de démissionner à cause du scénario, Roland Emmerich prouve d'emblée qu'il ne jouera pas les yes-man, ce qu'on lui reprochera quand même par la suite, surtout après son Godzilla (et pourtant, il refusera aussi Transformers).

Après plusieurs années passées à mimer grossièrement le cinéma américain, il s'attaque alors ironiquement à un ersatz de Terminator... qui - pour filer notre métaphore bancale - deviendra un peu son propre Robocop, toutes proportions gardées bien sûr.

Les deux cinéastes européens, avides de poursuivre leurs carrières aux États-Unis, sont arrivés sur des projets déjà bien avancés. Mais là où Verhoeven s'empare d'un concept et d'un sous-texte satirique déjà présent dans la première version du scénario, Emmerich doit surtout créer un véhicule pour deux vedettes en pleine ascension : Jean-Claude Van Damme et Dolph Lundgren, sortant respectivement de Double Impact et de Punisher.

 

Universal Soldier : photo, Jean-Claude Van Damme, Dolph LundgrenDouble impact

 

Reste que comme son homologue, il est embauché pour s'attaquer directement aux institutions américaines. Robocop traitait de la police, Universal Soldier du corps militaire. Les deux films débutent dans un lieu symbolisant les échecs de l'oncle Sam, un Detroit en plein déclin et la guerre du Viêt-nam. Et les deux films racontent la perte d'humanité de leurs personnages, sacrifiée pour colmater les failles d'un pays qui n'avouera jamais ses torts, le tout sans lésiner sur la violence.

L'idée d'une obsession de la performance, une prédation libérale vouée à se retourner contre elle-même chez Verhoeven, subsiste également. Les unités UniSol sont cachées au reste du monde, car à la fois trop douteuses pour convaincre l'opinion publique et la justice et trop efficaces pour être abandonnées. Le personnage de Dolph Lundgren incarne toute la folie guerrière américaine. Alors qu'en face, motivé par le succès de Top Gun, le producteur Jerry Bruckheimer s'apprête à inonder les années 1990 de tract à la gloire de l'armée, Richard Rothstein, Christopher Leitch et Dean Devlin en dressent un portrait bien moins flatteur.

 

Universal Soldier : photo, Jean-Claude Van DammeLe corps de l'armée

 

Là où le film se distingue de Robocop, c'est qu'au lieu de faire de son héros mutilé un symbole social bancal, il transforme les pauvres soldats en chair à canon, dont on a effacé toute individualité pour mieux leur faire accepter leur sacrifice, lorgnant presque sur le premier Rambo. Un principe que le scénario étend à toutes les institutions locales, puisque la journaliste se fait virer sur un coup de tête et que notre Van Damme chéri occise un paquet de cigarettes, détruisant la santé des consommateurs pour flatter le dieu dollar.

Avec ses machines censeur et ses bains de sang couverts par les gros légumes, Universal Soldier (abrégé... US) est très clairement du côté anti-militariste de la série B à gros bras américaine. Pourtant, il restera dans l'imaginaire collectif comme une friandise bouffant à tous les râteliers (c'est vrai), uniquement conçue pour faire s'affronter les deux vedettes (c'est vrai) et dénuée de toute intention politique (c'est faux).

 

Universal Soldier : photo, Dolph LundgrenUn messie dans le temple de la consommation

 

Une réputation principalement due à ses gros sabots, désormais indissociables du cinéma d'Emmerich. La puissance de Robocop tient en partie à la cruauté du sort de Murphy, tiraillé en permanence, à la fois humain et arme de destruction massive. Un paradoxe dont ne s'embarrasse pas Universal Soldier qui cède très vite au manichéisme de rigueur, avec un bon vieux duel à l'ancienne. La deuxième partie du long-métrage ne développe pas plus que ça ses thématiques, trop occupée à empiler les scènes d'action flemmardes. Il reste plus proche de la pique grossière, mais calibrée que du chef-d'oeuvre de transgression.

Enfin, personne n'a réhabilité le premier volet d'une franchise Universal Soldier allant du soporifique au jouissif parce que son auteur n'a jamais été aussi virulent que son collègue envers les uniformes Yankee. Stargate est ce qu'il est, mais en forçant le parallèle, Independence Day aurait dû être son Starship Troopers (ils sont d'ailleurs sortis à quelques mois d'intervalle), ce dernier étant le pamphlet anti-militariste le plus kamikaze du néerlandais.

Toutefois, le résultat a beau ironiser sur son patriotisme, il s'érige plutôt en contre-exemple. L'engagement d'Emmerich varie en fonction du scénario qu'il porte à l'écran, ce qui le fait plus passer pour un opportuniste passionné de destruction de masse que pour un pourfendeur de l'industrie.

 

Universal Soldier : photo, Jean-Claude Van Damme, Dolph LundgrenLes bruits de robot restent mémorables

 

Stargate

Roland Emmerich obtiendra une reconnaissance internationale, comme grand maître d’oeuvre de la destruction, avec le succès planétaire et destructeur d’Independence Day en 1996. Une médaille, mais aussi une malédiction, public comme critique le considérant dès lors comme un pachyderme ivre de napalm bien incapable d’envisager le divertissement autrement que comme une éruption de béton jetée à la face du spectateur. C’était oublier que deux ans plus tôt, le réalisateur régalait Hollywood avec un blockbuster plus impertinent et politique qu’il n’y paraît. 

Tout le long de sa carrière américaine, Paul Verhoeven se sera amusé à détourner le programme idéologique des projets dont il a pris la tête, s’amusant à révéler les lignes de fracture de la société américaine, ses contradictions ou sa fascination pour un stupre qu’elle prétend exécrer. Dans une moindre mesure, plusieurs de ces angles d’attaque se retrouvent bien présents au cœur de Stargate : La Porte des étoiles

 

Stargate, la porte des étoiles : Photo Kurt Russell, James Spader"Azy le bigleux, c'est où la Guerre des Etoiles ?"

 

À quoi ressemble donc le grand voyage interstellaire promis par le blockbuster ? Quelle est donc cette civilisation matricielle que vont découvrir nos héros américains ? Une réplique désertique de l’Égypte antique à 1000 lieues des canons de la SF ou tout simplement de la représentation classique d’une Amérique berceau moral et symbolique d’une humanité centrée sur l’Occident. L’horizon romanesque des mégalopoles, l’avenir mythologique hollywoodien est soudain transféré au cœur d’un imaginaire ensablé, où le christianisme n’a même pas droit de cité. En gros, ici, l'étranger ultime de l'Amérique se révèle être le monde arabe, sur le continent d'à côté.

Un choix d’autant moins anodin qu’au mitan des années 90, le Mur de Berlin puis le régime soviétique sont tombés, et jamais les États-Unis ne se sont sentis aussi évidemment puissants, aussi à même d’imposer au monde leur propre narration. Pour autant, Emmerich emmène-t-il ses héros dans les confins de cet univers ensablé pour les convertir à leur propre orthodoxie ? Que nenni ! Ici, les scientifiques sont les vrais héros, ceux qui sont capables de sauver le monde grâce à leur curiosité. Une esthétique aux antipodes d'un Rambo III, pourtant sorti moins d'une décennie plus tôt.

 

Stargate : La Porte des étoiles : photo"Bienvenue dans le phare à On"

 

L’impérialisme est peut-être le fait de Ra, mais il s’agit clairement d’une critique en creux, adressée à l’administration qui mena peu de temps avant à la Guerre du Golfe. Les militaires emmenés par Kurt Russell manquent plus souvent qu’à leur tour de détruire l’humanité et affichent une idiotie proverbiale. Enfin, Emmerich fait un choix de casting audacieux en confiant le rôle de son antagoniste à Jaye Davidson, remarqué avec The Crying Game, film qui osait, dès les années 90, explorer les questions du genre et de l’identité sexuelle, avec une frontalité exceptionnelle. 

Autant de légers, ou grands dévissages, qui font encore aujourd’hui de Stargate une production résolument à part au milieu des pétaradantes nineties, plus curieuse et singulière que l’ensemble des blockbusters qui lui firent concurrence. 

 

Stargate : La Porte des étoiles : photo, Jaye DavidsonAstérix et Grosdébilix, mission blockbuster

 

le jour d'après

Que se passe-t-il quand Hollywood décide de parler d'écologie ? Ça donne Le Jour d'après, film catastrophe à 125 millions, où Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal et Emmy Rossum essaient de survivre dans un tourbillon de dérèglements climatiques rocambolesques. Tornades à Los Angeles, raz-de-marée à New York, cyclone à −101 °C degré : resserré sur quelques jours au lieu de quelques décennies au moins, ce nouvel âge glaciaire a des allures de blague cosmique, qui a exaspéré une grande partie de la communauté scientifique - celle-là même que Emmerich affirme avoir beaucoup consultée avec son équipe.

Pourtant, Le Jour d'après n'était pas une si grande évidence pour Hollywood. Inspiré par le livre The Coming of Global Superstorm de Whitley Strieber, le projet a été monté comme un coup de poker par Roland Emmerich et son agent Michael Wimer (qui deviendra par la suite l'un de ses producteurs), qui l'ont présenté à tous les studios avec leurs exigences, et une fenêtre de 24 heures pour dire oui ou non, sans négocier. Seule la Fox a accepté.

 

Le Jour d'après : photoRoland négocie avec un studio

 

Le Jour d'après commence comme la version pas drôle de Don't Look Up, avec le vice-président des États-Unis (et futur président pendant l'apocalypse) dans le rôle de l'arrogant et l'ignorant : il rejette la science, incarnée par Dennis Quaid, et ne veut pas voir les avertissements et les faits. "Ce que je sais, c'est que si nous ne faisons rien bientôt, ce sont nos enfants et petits-enfants qui devront en payer le prix", dit poliment le héros devant l'assemblée, après avoir survécu à une catastrophe de très mauvais augure. "Ça coûterait à l'économie mondiale des centaines de milliards", répond l'émissaire politique américain.

Quelques désastres glacés plus tard, le politicien s'est pris la vérité dans la face. Le Jour d'après se termine avec un discours d'excuses du monsieur, admettant ses erreurs, ses fautes, son ignorance, et son impuissance humaine : "Pendant des années, nous avons agi en croyant que nous pouvions consommer les ressources de la planète sans conséquence. Nous avions tort. J'avais tort".

 

Le Jour d'après : photo"Je suis le président, et j'avais tort" : la vraie SF

 

Vient alors le dernier point majeur du film : le peuple américain a besoin du Mexique pour survivre. Le cataclysme glacial s'attaquant à l'hémisphère nord, le gouvernement américain doit se réfugier chez les voisins, tout comme les pays censés être riches et puissants. Les mots du président des États-Unis (dont la lâcheté est inspirée par Bush, comme l'a affirmé Emmerich) sont mémorables :

"Le fait que mon premier discours vous arrive depuis une ambassade étrangère, atteste du changement de notre réalité. Pas seulement les Américains, mais les gens du monde entier sont désormais les invités des nations que nous appelions autrefois tiers-monde. Quand nous en avions besoin, elles nous ont accueillies, et abritées. Et je suis profondément reconnaissant de leur hospitalité", nouveau président, nouvelle ère.

L'apocalypse du Jour d'après gagne ainsi une savoureuse dimension politique en montrant l'exode du peuple américain, qui traverse illégalement la frontière mexicaine, en laissant voitures et autres bien matériaux, pour trouver refuge chez leurs voisins. Le tout sous le regard des journalistes, qui filment et commentent en direct ce chaos inversé.

 

Le Jour d'après : photo, Dennis QuaidTirer sur la corde sensible

 

Au milieu de la presque fin du monde, c'est ça la vraie tornade du Jour d'après, qui se moque gentiment du géant américain aux pieds d'argile. Au fond, c'est même le sujet du film : l'humanité ne doit pas combattre des aliens, mais se vaincre elle-même, pour encaisser une crise de Mère Nature qui se contrefiche de leurs querelles. Comme dans 2012, l'être humain est impuissant, et doit simplement laisser passer l'apocalypse, pour revoir le soleil se lever.

L'histoire se conclut sur une vision de la planète, paisible, et bien au-dessus des turpitudes des Hommes. Ce fameux jour d'après n'est plus celui de la post-apocalypse, mais de la post-prise de conscience, politique et sociétale, d'une connerie collective. Là est la clé de la survie véritable. Ce qui fait du Jour d'après un des films les plus réussis et sentimentaux de Roland Emmerich.

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commentaires

15/02/2022 à 22:39

Stargate Starship Troopers ont quelques années de différence et non quelques mois...

Hasgarn
14/02/2022 à 13:54

@ Bidule :

Si si, Emmerich pourfend bien méchamment quand il veut.
Godzilla avec sa parodie bien méchante (et drôle, faut le dire, je me suis marré) bien anti-française. Les Américains qui passent leur temps à vouloir tirer sur tout ce qui n'est pas américain aussi. C'est juste plus gras et pas aussi subtil que Verhoeven (enfin Verhoeven subtil, pas toujours…).
Autre exemple : il a tourné le discours du président d'Indépendance Day, celui ou il galvanise ses troupes avant d'aller atomiser les méchants E.T. dans la base militaire de Wendover. la base qui a entraîné les équipes qui ont largué les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Si ça c'est pas couillu…

https://www.intermountainhistories.org/items/show/231?tour=21&index=3

bidule
14/02/2022 à 02:13

Roland Emmerich en pourfendeur des valeurs américaines, pourquoi pas, et je veux bien lui ouvrir un crédit à la banque.

Ce qui m'a surpris, agacé et amusé (toutes intentions avouées en préambule par l'Auteur Facétieux) est la juxtaposition sur la même balance avec Paul Verhoeven. Il faut quand même alléger de beaucoup l'un des plateaux (et surcharger l'autre) pour équilibrer le trébuchet, en commençant par en ôter une ironie confinant au pessimisme, dont Roland Emmerich est innocent jusqu'à preuve du contraire.

Emmerich comme sous-Verhoeven : l'inéquation posée en prémisse et en toute mauvaise fois, conduit à l'absurde. Les ingrédients ont beau être les mêmes, valeur nutritionnelle mise à part, la saveur gustative des plats concoctés n'a au final pas grand-chose de comparable. Quand l'un saupoudre en pincées, l'autre en fait sa substantifique moelle.

Mais, cher Auteur Facétieux, c'était fort joliment tenté...

Numberz
13/02/2022 à 22:20

C'est quand même incroyable qu'il faille encore démontrer que ID4 n'est qu'un brûlot anti américain. Un noir et un juif en héros, déjà ça fait pas très américains dans l'imaginaire US. Le président divorcé suite à une partie de jambes en l'air (allô Clinton) et qui prend les manettes de son avion sous nos yeux ébahis, aidé par un alcoolique en repentance ayant des enfants à la dégaine mexicaine..... Bref ce film est une tuerie de SF mais aussi un signe héritier de satire sous couvert de boum boum.

Ce que ne sera nullement iD4 2

Ethan
13/02/2022 à 20:34

@Tony84_636
Les films avec Van dame ont été ridiculisé après qu'il est dit "aware"
Son parler vrai peut-être lié à ses abus avec la drogue ont peut-être conduit à cette situation.
Il y a un avant et un après dans sa carrière qui se situe vers 1997. Son dernier film Lucas on le reconnaît plus. Un peu triste je trouve sa carrière maintenant.

Universal Soldier comme légionnaire sont de bons films. Emmerich n'a pas toujours fait de bons choix, il aurait dû faire un stargate 2

Universal soldier a plus de points en commun avec Terminator qu'avec Robocop.
Robocop tire plus vers le film de super-héros.
Le personnage de Van Damme est plus humain à la fin. D'ailleurs il redevient humain même

bidule
13/02/2022 à 19:08

Roland Emmerich a toute ma sympathie. Ce n'est pas tous les jours qu'un cinéaste allemand réussit à Hollywood. J'ai seulement été un peu surpris (mais aussi franchement amusé, je dois l'avouer) de voir son talent, que je ne nie pas, surtout dans ce pré-carré très délimité du film catastrophe, être en quelque sorte rehaussé à la limite inférieure de celui d'un Paul Verhoeven, surtout en prenant pour prétexte de sa "réhabilitation" sa volonté de transmettre, sinon un message, du moins un sous-texte politique, social ou écologique. L'avocat de la défense (le facétieux auteur de l'article) est débouté en première instance, même s'il existe, je le concède, une (sur-)interprétation politique ou écologique des films de Roland Emmerich. Mais je me permets de douter de l'intentionnalité de l'auteur : j'y vois davantage une résonnance accidentelle (et a posteriori) avec une actualité contemporaine.
Pour rebondir (avec un peu d'ironie, pour rester dans le ton de l'article) dans une veine à peine transversale : Le thème de la survie irrigue tout autant les films de Paul Verhoeven que ceux de Roland Emmerich. Je n'ai pas de cinéaste en tête qui ait offert à autant d'actrices des rôles aussi marquants (Elle, Black Book, Basic Instinct, Benedetta, Showgirls) : il y a davantage de survivantes dans la filmographie de Paul Verhoeven qu'il n'y a de survivants dans toute celle de Roland Emmerich...
(Mais oui : les films d'Emmerich peuvent être très amusants et ce n'est certainement pas un manchot. Qui aime bien châtie bien...)

Andarioch2
13/02/2022 à 17:50

@bidule

Dur à avaler, je le comprend, mais Emmerich est un auteur dans son genre et les sous textes, pas forcement subtils, sont légion dans son "oeuvre". Rappelons nous en plus des exemples cités, de Godzilla et son US army qui dézingue plus d'immeubles que le monstre, ses politiques ridicules, et le salut qui vient en fin de compte d'un geek et de 4 barbouzes français.
Après c'est moins sanglant que chez le hollandais mais du coup la comparaison est pertinente

viande a vision
13/02/2022 à 16:27

Verhoeven est très bon en sf / blockbuster...Mais ses autres films sont chiants a crever,il a un style trop gras qui l'empêche de faire du film d'auteur ...Comme van Houten qui chante fort en allemand...Black Book est insupportable...

Tony_84636
13/02/2022 à 14:10

Je vous invite à regarder la vrai fin de Universal soldier sur YouTube qui change toute la note d’intention du film … certains pensent que c’est une série z du dimanche mais c’est un film beaucoup plus profond que vous pouvez penser.

bidule
13/02/2022 à 13:51

L'article est un exercice de rhétorique audacieux (et assez réussi, félicitations). Comparer Independance Day et Starship Troopers autrement que par la proximité de leurs dates de sortie est incontestablement osé.

L'auteur s'amuse (et nous amuse) à voir dans le film de Roland Emmerich un sous-texte politique qu'il n'a sans doute pas voulu y mettre (imputable au hasard circonstanciel), là où une grande partie du public (plutôt américain) n'a pas vu le sous-texte politique que Paul Verhoeven a voulu mettre dans le sien. Il existe, nous dit malicieusement l'auteur, une (très étroite) bande d'intersection entre ces deux films (un équateur politique). Mais, pour tout le reste, on doit l'admettre, ces deux oeuvres occupent des espaces situés aux antipodes.

Le jour où je suspecterai Emmerich d'avoir dissimulé (à la Spinoza) un brûlot critique dans les notes de bas page de ses oeuvres pyrothechniques... ne sera pas de sitôt le Jour d'Après...

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