Les Guerriers de la nuit : la chasse à l'homme new-yorkaise cultissime du producteur d'Alien

Salim Belghache | 13 janvier 2022
Salim Belghache | 13 janvier 2022

Walter Hill, le producteur de la saga Alien, a frappé la fin des années 70 en créant une marque intemporelle de la contre-culture : Les Guerriers de la nuit.

Ni grand maître, ni yes-man sans vision, Walter Hill était inclassable dans le vaste paysage du cinéma américain des années 70, en pleine effervescence. Bien qu’il soit connu d’une partie des cinéphiles pour sa participation à la saga Alien en tant que producteur et scénariste (c’est à lui et à David Giler à qui l’on doit le personnage de Ash dans le premier film), le réalisateur de plus de 70 ans s’est garni d’une belle filmographie avec des réussites (Driver, Sans retour), mais aussi des échecs (Du plomb dans la tête) en ne lâchant jamais une volonté de fer comparable à celle d’un Richard Fleischer (Soleil Vert, L’étrangleur de Boston) ou d’un Peter Yates (Bullit).

Cette personnalité à part du circuit hollywoodien, parfois mise en avant pour la réalisation des buddy movies 48 heures et 48 heures de plus, est rarement évoquée quand on parle du cinéma américain des années 70 et 80. Et c’est bien dommage, car en plus de son travail de scénariste et de producteur sur la saga Alien, Walter Hill est parvenu à réaliser un petit bijou racontant l’histoire d’un groupe de petites frappes (les Warriors), accusé à tort du meurtre d’un chef de gang et qui se trouve malgré lui poursuivi durant toute une nuit en plein cœur de la grosse pomme. Les Guerriers de la nuit (The Warriors en anglais), typique film d’exploitation, est depuis rentré dans la short list des oeuvres cultes de plusieurs générations.

"Come out to play", cette réplique improvisée par Luther, incarné par David Patrick Kelly, a, on peut le dire, fait son trou dans la culture populaire en captant notamment toute une scène hip-hop américaine nostalgique de cette chasse à l’homme. Par exemple, le groupe Wu Tang Clan et Puff Daddy ont tous deux rendu un hommage en citant cette réplique dans un de leur morceau. Mais l’influence des Warriors ne s’est pas arrêtée à la scène musicale puisque la famille préférée de tous, Les Simpson, a parodié durant un épisode le long-métrage en reprenant sa trame complète.

 

Les Guerriers de la nuit : photoLe style clair-obscur new-yorkais

 

Laisse pas traîner ton fils

À première vue, l’intrinsèque coolitude du film, due à la diversité des tenues des gangs et d’un concentré de violence (pour l’époque), vient de la volonté de départ de son réalisateur : faire son propre western. Certaines traces certes réduites de cette idée apparaissent quand on regarde les tenues des Warriors. Certains se mettent en valeur avec des plumes ou des colliers faisant penser aux clichés vestimentaires des Amérindiens.

À propos du style visuel, Walter Hill a retenu des leçons de son passage à la case scénario du côté de Sam Peckinpah. Le producteur d’Alien a plus spécifiquement été le scénariste de Guet Apens et la stylisation de la violence, faite de ralentis, grande marque de fabrique de son "maître", l’a certainement inspiré pour son traitement des combats dans Les guerriers de la nuit. De nombreuses chutes sont accompagnées d’un long ralenti très proche de ceux de La horde sauvage qui servaient à accentuer le déchaînement de violence de l’action.

Pourtant, un autre héritage inattendu se mêle à l’esprit de la jeune délinquance new-yorkaise. L’auteur du roman éponyme Sol Yurick avait effectivement pour principale influence le récit adapté par Xénophon : Anabase. Suite à une fausse accusation de complot contre son frère roi des Perse Ataxerxès II, Cyrus le jeune engagea une armée composée de Grecs (les Dix mille) afin de l’aider à reprendre le trône de la Perse. Bien évidemment face à l’armée Perse, Cyrus et les Dix mille perdirent. Ces guerriers grecs entamèrent alors une longue expédition de retour à leur terre natale et ainsi échappèrent à Ataxerxès II.

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commentaires
Mouais Bof...
16/01/2022 à 12:22

@pépé le putois.Il me semble qu'un remake devait se faire .Mais avec le contexte actuel,faire un film comme ça peut etre rapidement préjudiciable.
A l'époque ce film avait fait couler beaucoup d'encre. Alors imaginons aujourd'hui.

pépé le putois
14/01/2022 à 23:25

Je suis étonné que les ricains n'aient pas fait un remake, un spin off, une série puis une série centrée sur un gang, spin off du remake de la série sur le film sur ma grand mère et enfin un documentaire sur le tournage.
Je veux tous les Warriors ...

Incognito
14/01/2022 à 20:06

Me souvient avoir découvert ce film avec le jeu vidéo the warriors sur ps2 il me semble, de mémoire l'ambiance y était parfaitement retranscrite. Nostalgie.

Styl'
14/01/2022 à 12:15

" Warriors ,la partie commence!"
Pinaise!!! Mes frères et moi, ce film... Pfffff.....On l'a trop maté ado. Trop!! Mon benjamin arrive encore à me citer des morceaux entier de dialogue !

L'autre
14/01/2022 à 09:27

la Wonder Wheel et la musique lancinante, la voix de radio, la présentation des Warriors, les differents gangs ultra typés, cet enfoiré de David Patrick Kelly, etc etc....effectivement ce film fait partit de la légende des 80's...à revoir ne serait-ce que pour retrouver cette atmosphère si particulière de cette période....

Ray Peterson
14/01/2022 à 07:06

Ah Walter Hill, complètement d'accord avec mes compères du dessous. Extrême Prejudice, Southern Comfort et ce Warriors. Effectivement le Précheur au début avec son Can you dit it du culte de chez culte. Une belle édition bluray est sortie y a pas longtemps dans nos contrés dans la version cher à ce Walter. Bon et puis sans ce film on aurait pas eu les Doubles Dragons et Final Fight dans nos bonnes vieilles salles d'arcade aussi.

Brosdabid
13/01/2022 à 23:53

Film culte d accord, adoré adolescent mais kitch à fond et impossible à regarder aujourd'hui, ça a mal vieilli

Flash
13/01/2022 à 23:15

@JR Oh que oui, j’étais un grand fan de Walter Hill surtout dans les années 80.
Sans retour est peut être mon film favori de ce réalisateur.

JR
13/01/2022 à 22:26

"Can you dig it?"

Bon sang, cette jaquette... Ce film vu ado, revu adulte... Cette nuit sans fin... C'est beau, ça reste d'actu quelque part...

Flash, ça mérite d'être revu. Walter Hill est un grand... Ça m'attriste qu'il finisse sur des œuvres moyennes, mais je pense qu'on a du grandir avec les mêmes films de ce metteur en scène.

Eddie Felson
13/01/2022 à 20:37

Un trou dans ma culture ciné… il va falloir que je colmate;)

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