L'Au-delà : le festin gore qui fait passer Conjuring pour un épisode des Schtroumpfs

Simon Riaux | 28 novembre 2021
Simon Riaux | 28 novembre 2021

L'Au-delà est un film qui ne ressemble à aucun autre. Absurde, surréaliste, gore à s'en retourner l'estomac, et pourtant d'une beauté irrésistible. Réalisé par Lucio Fulci, ce cauchemar demeure le sommet d'une carrière d'une invraisemblable richesse.

Le cinéma de genre italien fut l'un des plus vivaces d'Europe, et des plus inspirants du monde, dont certains maîtres, tels Mario Bava et Dario Argento ont depuis longtemps gagné leurs tickets d'or pour les premiers rangs de l'Olympe filmique. Ils furent pourtant bien plus nombreux à repeindre notre mémoire collective de tripes et de sémillants cauchemars. Révérés par les amateurs de fantastique et de gore, Lucio Fulci est le premier d'entre eux.

S'il n'a pas - encore - accédé à une totale reconnaissance cinéphile, du fait de la radicalité de son cinéma, mais aussi de la dimension foncièrement inconfortable de ce dernier et de son amour pour le bricolage furieux, il est temps de rendre hommage à l'une de ses créations les plus abouties. Voyage au bout d'un enfer qui ne s'interdit aucune outrance ni percée poétique, L'Au-delà est un opéra de boyaux, mais surtout un festin de terreur. Comment le maître a-t-il conçu ce joyau tripal et par quelle sorcellerie parvient-il encore à nous plonger dans les ténèbres ?

 

Affiche officielleUne affiche franche du collier comme on dit

 

VENI VIDI FULCI

Avec plus de 50 films réalisés (et plus encore scénarisés par ses soins), Lucio Fulci n'a pas chômé, consacrant la quasi-totalité de sa carrière aux productions d'exploitation, dans à peu près tous les genres qui avaient cours à l'époque dans la péninsule, de la comédie au polar, en passant par diverses déclinaisons médiévales. C'est peu dire qu'il fut longtemps et largement de son vivant considéré comme un faiseur, fournissant à un marché italien et européen, que l'administration Berlusconi n'avait pas encore éventré, quantité de productions destinées aux cinémas de quartiers et autres réseaux de salles en quête de séries B ou divertissements populaires.

 photo, Catriona MacColl, Catriona MacCollDes tournages salissants

 

Le cinéaste aura indiscutablement impressionné moult kilomètres de pellicule, souvent à l'occasion de productions instantanément oubliables, voire franchement médiocres. Il fait ses débuts dans la comédie, souvent mâtinée de numéros musicaux (Fulci est un passionné de jazz). Si ces productions ne marquent pas profondément la mémoire collective hors Italie, elles lancent plusieurs artistes qui connaîtront un succès phénoménal dans le pays de Dante.

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commentaires
Daddy Rich
30/11/2021 à 11:13

Conjuring et L'Au delà sont deux films diamétralement opposés!
Mais le plus flagrant et surtout que cela remet Conjuring à sa place... Un truc qui n'invente rien et n'atteint pas une micro seconde la puissance du film de FULCI!
Alors lorsque l'on vient me balancer toutes les 6 minutes que Conjuring est un "chef d'oeuvre" de l'épouvante... J'ai tellement envie de coller à la face de certains ce type de film et tant d'autres, qui n'étaient pas que des copies à la con qui sous couvert de rendre "hommage" ne font que resucer une période exploité depuis si longtemps, en pensant qu'on aura oublié!

Bernie Noel
29/11/2021 à 10:36

Il ne faut pas oublier que sa "trilogie de la mort" a été principalement réalisé suite au décès de son épouse et que tout le malaise que l'on peut ressentir dans ces films est intimement lié a Fulci faisant son deuil... Des films magnifique, une BO hallucinante, une véritable maestria perdu a tout jamais

John Michel
29/11/2021 à 08:18

@Jejeremy :
Bava, Argento, et Fulci ne sont absolument pas les précurseurs du gore, hein!? C'est bien avant. On accorde plutôt la paternité à Gordon Lewis dès 63 avec Blood Feast.

Thekaiser
29/11/2021 à 08:08

Rien à voir avec Conjuring ce n'est pas du tout le même genre de film !!!
C'est être un inculte et un crétin de confondre les différents types de films

L'indien
29/11/2021 à 05:34

Jejeremy
Conjuring c'est le miel et les abeilles à côté

Jejeremy
29/11/2021 à 03:55

Mdr AliceInChains,c'est comme les Troma ( Toxic avenger,atomic collège)et j'en passe après faut connaître et être né à l'époque.

AliceInChains
29/11/2021 à 02:09

Aucun rapport avec Conjuring, le journaliste qui commence à découvrir le cinéma de genre italien et qui se sent fier haha ils me font rire..

Jejeremy
28/11/2021 à 20:26

Fulci.Bava.Argento 3 réalisateurs qui ont marqué les années 80 les précurseurs du gore,je regarde toujourd leur films avec autant d'admiration.

Pat Rick
28/11/2021 à 20:15

Fulci c'est spécial mais c'est clairement l'une de ses réussites.

Florian
28/11/2021 à 18:33

Perso les films de Lucio Fulci j'y arrive pas (ce qui prouve qu'il était un excellent réalisateur dans l'horreur ) mais ces films mon traumatisé ex: l'éventreur de new York dès le 1er meurtre j'ai décroché et jusqu'à maintenant j'ai des cauchemars.
N'empêche qu'il était bon dans le giallo.

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