Netflix : fans de Love, Death & Robots et Black Mirror, jetez-vous sur Oats Studios

Geoffrey Crété | 2 octobre 2021 - MAJ : 03/10/2021 14:42
Geoffrey Crété | 2 octobre 2021 - MAJ : 03/10/2021 14:42

Les films de Neill Blomkamp et son studio Oats débarquent sur Netflix ce 1er octobre, et ça devrait plaire aux fans de Love, Death & Robots ou Black Mirror.

Derrière le nom d'Oats Studios se cache Neill Blomkamp, réalisateur de District 9. Après s'être légèrement brûlé les ailes à Hollywood avec Elysium et Chappie, qui n'ont pas rencontré le succes escompté, le réalisateur sud-africain est revenu à ses premières amours : la débrouille.

En 2017, il a donc fondé un petit studio indépendant, avec l'intention de réaliser des courts-métrages de genre en toute liberté, pour les diffuser sur YouTube et Steam. Blomkamp a ainsi emballé 11 films plus ou moins courts, avec le soutien de quelques visages connus comme Sigourney Weaver, Dakota Fanning, Sharlto Copley ou encore Kellan Lutz. Jusqu'à revenir au long-métrage via Oats, avec le (très) mauvais Demonic, sorti en VOD en 2021.

Netflix a mis la main sur ces films Oats, et comme ce petit plaisir digne de La Quatrième Dimension, Love, Death & Robots ou Black Mirror ne se refuse pas, voici une petite sélection.

ATTENTION SPOILERS

 

PhotoAprès avoir lancé Bright par erreur sur Netflix

 

RAKKA / HUMANITÉ DÉchue

Durée : 21 minutes

L'histoire : C'est la fin des haricots sur Terre depuis l'arrivée de gros lézards de l'espace. En plus d'avoir décimé l'humanité, ces reptiles capables de prendre le contrôle des esprits transforment la planète, qui devient peu à peu invivable. Un groupe de survivant essaye de s'en sortir, et leur salut repose peut-être sur un prisonnier des aliens, qui s'est échappé, et en est revenu transformé.

Pourquoi c'est bien : C'était le premier film d'Oats, et l'indulgence est de mise vu comme Rakka est foireux. Déjà parce que Neill Blomkamp y recycle un peu trop son cinéma, du design des aliens rappelant District 9 au personnage de métalleux-vener qui pourrait sortir d'Elysium. Et plus que dans n'importe quelle autre production Oats, Rakka est plombé par une mise en scène régulièrement plate, qui ne sait pas quoi faire de ses trois couloirs et boîtes de conserve posées sur une table.

Mais le pire reste la narration en trois chapitres, parfaitement bancale, et incapable de créer le moindre effet dramatique malgré les efforts autour des personnages d'Amir et Sarah. La voix off plombante de la première partie, qui déroule tout l'univers, n'aide pas. Au bout de ces 20 minutes, une seule impression : avoir vu un assemblage bordélique de plusieurs idées et mini-films, sans aucune harmonie.

 

Oats Rakka"Trust in me"

 

Que reste t-il alors ? Le désir évident d'ouvrir un univers de pure SF, certes classique (invasion d'aliens méchants et surpuissants, Terre dévastée et rendue irrespirable, résistance à la dérive, hommes devenus des loups pour l'homme), mais visuellement excitante. Sous ses airs de bande demo VFX de 7 minutes, la première partie est certainement la plus amusante. Neill Blomkamp y multiplie les plans larges d'apocalypse, entrecoupés de visions peu ragoutantes des aliens et leur civilisation dégoulinante - qui constitue d'ailleurs la facette la plus intéressante de Rakka, bien plus que les sous-sols de sous-L'Armée des 12 singes côté humain.

Il faudra bien ça pour digérer la mine déconfite de Sigourney Weaver, qui n'a rien d'autre à faire que trimballer avec elle un héritage de SF sous son casque de cosplayer. Probablement égarée dans ce court-métrage après une discussion arrosée avec le réalisateur à propos de ce fameux Alien 5 qu'ils devaient faire, l'actrice rajoute une couche de tristesse à Rakka. Mais bon, c'est pas pire que dans Revenger ou Sans issue.

Tu aimerais si tu aimes : La Guerre des mondes et V, les Visiteurs.

 

photo, Sigourney WeaverSigourney Waves

 

ZYGOTE

Durée : 22 minutes

L'histoire : Dans une exploitation minière transformée en laboratoire suite au crash d'une astéroïde contenant une forme de vie extraterrestre, une femme affronte une créature alien vorace, qui grandit en assimilant ceux qu'elle tue.

Pourquoi ça mérite le détour : Certainement parmi les meilleurs des films Oats. Pourtant, Zygote ne brille pas par son originalité, puisque le scénario recycle à peu près tous les poncifs du genre. S'y croisent une forme de vie alien arrivée avec une météorite, une créature venue de l'espace qui assimile la mémoire de ses victimes, une méchante multinationale (Cerberus Minerals, au cas où le côté méchant n'était pas clair), de l'androïde plus vrai que vrai, un ascenseur qui met du temps à arriver bien sûr, et une héroïne qui se révèle particulièrement coriace face au cauchemar qu'elle se prend dans les gencives.

Tout ça se passe en plus dans une base sous-terraine en Arctique, avec de jolis couloirs remplis de tuyaux et lumières rouges. Les fans du genre seront donc en terrain on ne peut plus familier.

 

photo, Dakota FanningDakota Fa-llait pas l'emmerder

 

Mais Zygote n'essaie pas de mentir sur la marchandise. Le cauchemar est simple, clair comme de l'eau de roche, assemblé avec trois bouts de ficelle souvent très simples (le son du gun pour ajouter une touche SF, la lumière pour masquer les deux décors et demi), et parfois impressionnants (la grosse bête).

D'autant que Neill Blomkamp parvient même à créer une petite émotion avec ses personnages, duo improbable entre un soldat devenu aveugle suite à sa rencontre avec la créature, et une androïde qui découvre qu'elle est en réalité une esclave humaine, utilisée par la compagnie comme main d'œuvre pas chère. Une petite idée diabolique qui renverse le cliché SF de l'humain qui se découvre robot, et qui permet à Dakota Fanning d'avoir un bout de gras à défendre. A la fin, une seule envie : en voir plus, et savoir où va cette Barklay une fois en pseudo-sécurité.

Tu aimerais si tu aimes : The Thing et Alien.

 

photoJeu de mains, jeu très vilain

 

FIREBASE / zone de combat

Durée : 26 minutes.

L'histoire : La guerre du Vietnam a pris une tournure bizarroïde quand l'armée américaine a été écrasée par une force inconnue, capable de faire léviter les tanks et transformer les soldats en monstres. Plusieurs récits de rescapés reviennent sur ces événements, et sur une créature connue sous le nom de River God.

 

photoHollow Man : Vietnam Edition

 

Pourquoi c'est bien : Peut-être le plus ambitieux des morceaux d'Oats Studios, qui mélange film de guerre, gore et pure science-fiction. Récit-remix de la guerre du Vietnam, Firebase s'amuse à réécrire l'histoire en prenant bien évidemment le point de vue des américains, mais pour mieux le piétiner. Le cauchemar du Vietnam s'incarne ainsi dans un monstre ultime, né dans les larmes et le napalm.

Entre le Dr Manhattan de Watchmen et le Gritche de Hyperion, ce River God hante la jungle pour ouvrir en grand les portes d'un enfer déjà amené par la folie des hommes.  Ce sous-texte politique simple et efficace devient particulièrement féroce avec ce dieu sanglant capable de maîtriser le temps et l'espace, et dont les apparitions sont visuellement sensationnelles.

 

photoNapalm beach

 

Et c'est l'autre réussite de Firebase : sa mise en scène soignée. Neill Blomkamp utilise adroitement la patine archives pour enrober ses effets visuels, et donner vie à cet univers étrange. Tanks en lévitation, giclées de sang qui se font la malle, chair calcinée, flammes bleutées... le court-métrage est particulièrement généreux, et ne tombe jamais dans le cheap. Au contraire, Firebase est souvent bluffant.

En 2018, Neill Blomkamp s'était d'ailleurs senti pousser des ailes, et avait lancé une campagne de financement participatif pour monter le long-métrage Firebase. Une bien belle idée qui avait été abandonnée en seulement une semaine, face à un engouement bien trop limité. Dommage.

Tu aimeras si tu aimes : Predator et Overlord.

 

photoExplosion in the Skull

 

Oats Studios, c'est d'autres films plus courts, comme Kapture, En cuisine avec Bill, Gdansk ou Adam. Tout ça est désormais disponible sur Netflix, via les courts-métrages Oats Studios. De quoi mesurer à quel point Neill Blomkamp a un bel appétit de science-fiction et fantaisie (et violence). Ne reste plus qu'à voir s'il retrouvera la flamme de ses débuts avec un film - sachant qu'il prépare actuellement la suite de District 9, District 10.

 

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commentaires
Geoffrey Crété - Rédaction
09/10/2021 à 13:00

@Pf

C'était une référence à son casque qui bloque les ondes des reptiles-aliens dans ce film, puisque toutes les légendes des photos sont des blagues (on parle bien de Sigourney Weaver dans le texte, on sait comment écrire le nom de notre déesse à tous.tes :)

Pf
09/10/2021 à 12:52

non pas "Sigourney Waves" mais "Sigourney Waver" ^^

cirdec
07/10/2021 à 16:22

le meilleur episode reste quand memecelui de GOD !!! tellement vrai

Geoffrey Crété - Rédaction
03/10/2021 à 14:41

@Pour les non abonnés...

Oui, on l'indique dans l'intro justement :)

Pour les non abonnés...
03/10/2021 à 14:38

La plupart des ces courts sont dispo sur YT.
Notamment l'excellent FIREBASE

rientintinchti
02/10/2021 à 16:42

Firebase est superbe. L'une des plus belles créatures que j'ai pu voir. Zygote vaut le coup pour le monstre qui lui aussi est très réussi.

Numberz
02/10/2021 à 12:52

Ah merci la rédac, intéressant, je serais passé à côté

Flash
02/10/2021 à 12:05

Cool, je vais me précipiter dessus !

JR
02/10/2021 à 11:29

Firebase, le plus intéressant/méta... Le reste sonne comme du déjà vu... En moins bien.
C'est dur de faire un très bon 1er film et de ne jamais réussir à faire aussi bien.

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