Millennium Actress : entre Perfect Blue et Paprika, l'autre chef-d'œuvre de Satoshi Kon

Déborah Lechner | 11 juillet 2021
Déborah Lechner | 11 juillet 2021

En 2001, Satoshi Kon a continué à nous partager son talent avec Millennium Actress, une odyssée romantique saisissante doublée d'un grand chef-d'oeuvre d'animation.

On ne dira jamais assez combien la mort de Satoshi Kon a privé le monde de l'animation d'un talent rare et d'une créativité qui semblait sans limites. Le documentaire Satoshi Kon, l'illusionniste de Pascal-Alex Vincent, sélectionné au Festival de Cannes de 2021, sera d'ailleurs là pour nous le rappeler, plus de dix ans après sa disparition. Il serait donc dommage de ne pas profiter de cet état d'esprit mélancolique pour se repencher sur le deuxième long-métrage animé du cinéaste japonais et véritable chef-d'oeuvre de sa courte filmographie. 

Millennium Actress nous plonge ainsi dans les souvenirs de l'élégante Chiyoko Fujiwara, une ancienne actrice de légende interviewée sur sa carrière par le reporter Genya Tachibana et son cadreur, à l'occasion de la destruction des studios de cinéma dont elle était l'égérie. Elle leur raconte comment adolescente, elle est tombée amoureuse d'un dissident politique, qui s'opposait à la guerre sino-japonaise, et qu'elle a caché le temps d'une nuit, avant sa fuite soudaine. C'est à partir de cet instant qu'elle a alors décidé de devenir actrice, dans l'espoir de retrouver, au détour d'un voyage professionnel, ce peintre dont elle ne connaît rien, mais à qui elle a fait une promesse.

 

photoPortrait de la jeune fille en feu

 

ANGE ET DÉMON

Avec Millennium Actress, Satoshi Kon complète le diptyque qu'il a entamé quatre ans auparavant avec le thriller Perfect Blueson premier long-métrage qui a impressionné le producteur Taro Maki et l'a convaincu de collaborer avec le cinéaste sur une nouvelle production. S'il n'erre pas dans un labyrinthe schizophrène et cauchemardesque comme son aîné, le deuxième film du réalisateur se présente plutôt comme le prolongement, voire même l'antithèse d'un concept précédemment établi, qui consiste à utiliser le cinéma et le divertissement pour travestir la réalité et conditionner l'existence de deux héroïnes : Mima, puis Chiyoko.

 

photoSilence, on tourne

 

Si l'image médiatique de Mima et l'objectif froid braqué sur elle pervertissent progressivement son être, jusqu'à la faire sombrer dans une psychose dévastatrice, ils sont à l'inverse libérateurs pour Chiyoko. Elle affirme son caractère, s'émancipe et fuit les entraves de la vie bien sage et rangée que lui imposent sa mère et la société.  

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commentaires
Baretta
12/07/2021 à 09:30

Les mots culte et chefs d'œuvres sont trop souvent utilisés a tors mais pas ici.
Magnifique formidable les mots me manques...

JR
11/07/2021 à 13:25

Qu'est ce que j'ai pu pleurer devant ce film. Superbe.

Gaspard
11/07/2021 à 11:19

Son plus beau film! Quand elle éclate en sanglots devant la classe, en étant dévasté de ne plus se souvenir de son visage, quelle émotion m’a éclaté à la figure, sans crier gare! Un très très grand film! Quel drame d’avoir perdu cet artiste trop tôt, c’était une belle voix de l’animation japonaise, et à fortiori du cinéma mondial!

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