L'Effet papillon : que reste t-il de ce petit film culte avec Ashton Kutcher ?

Mathieu Jaborska | 22 mai 2021
Mathieu Jaborska | 22 mai 2021

Adoré par le public, détesté par la critique, L'Effet papillon avec Ashton Kutcher est un produit hollywoodien assez fascinant.

En 1972, le scientifique américain Edward Lorenz donne une conférence intitulée : « Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? », et visant à illustrer la théorie du chaos. Il y développe une métaphore vulgarisant le phénomène de prédictibilité, qu'il applique, en tant que chercheur, au domaine de la météo. L'image qu'il offre au monde illustre l'impossibilité pour un système mathématique d'anticiper avec certitude des évènements, handicapé par un système de variantes aussi imprévisible que complexe.

En 2004, Eric Bress et J. Mackye Gruber décident de plier la démonstration tombée dans le langage commun aux codes hollywoodiens et accouchent d'un thriller immédiatement populaire, bien qu'il contredise ses préceptes. Un pur cas de produit américain bêta, mais indéniablement divertissant, qui vieillit aussi bien qu'un Beaujolais nouveau entamé. Retour sur ce micro-phénomène, dont la crédibilité bat toujours de l'aile.

 

photo, Ashton KutcherUn concept qui prend l'eau

 

L'effet box-office

Ça n'étonnera personne : L'Effet papillon est d'abord une oeuvre de scénaristes. Jeunes auteurs dont la rencontre remonte à un projet étudiant, Bress et Gruber écrivent le scénario dans leur coin, évitant soigneusement toute débauche d'effets spéciaux. Si anticiper un budget rachitique était une bonne idée, ils acceptent d'aller au-devant de pas mal d'embuches en décidant de ne pas céder le texte. Ils veulent le réaliser, à tout prix. Les deux compères avaient déjà un long-métrage à leur actif, l'inconnu Blunt, comédie obscure sortie en 1998, mais cela ne suffit pas à convaincre des investisseurs, frileux vu les thématiques abordées.

C'est une autre franchise typique des années 2000 qui vient à leur secours. Le premier Destination finale sort en 2000, attire une flopée d'ados, et convainc la New Line de lancer une suite. Deux des scénaristes originaux étant engagés sur d'autres projets, le studio embauche le duo. Le résultat est une réussite à la fois artistique et économique. D'une part, la méchanceté de la chose en fait un des meilleurs films de la saga à venir. De l'autre, elle rapporte 90 millions de dollars dans le monde, ce qui est moins que son prédécesseur, mais tout de même un excellent score.

 

photoThis is fine

 

Voilà qui persuade la New Line de distribuer L'Effet papillon, avec un petit budget : 13 millions de dollars, fournis par FilmEngine, BenderSpink et la boite d'Ashton Kutsher, Katalyst Media. En parallèle du succès de la trilogie du Seigneur des Anneaux, la firme derrière les Freddy redevient la reine du high concept à Hollywood, puisqu'outre les Destination Finale, elle co-produit The Cell en 2000 et commet Jason X en 2002. Mais ce nouveau long-métrage dépasse tous ses espoirs : il engrange plus de 57 millions de dollars aux États-Unis et plus de 96 millions en tout. Il propulse alors la carrière cinématographique du marmonnant Ashton Kutcher dont le look BCBG va le destiner au haut de l'affiche des comédies romantiques américaines.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Kyle Reese
22/05/2021 à 23:34

Les voyages temporels ça vous détraque les neurones ! ;)

Denthegun
22/05/2021 à 17:27

Tu te cite toi même, maintenant...
Rayan avait raison. ; )

Kyle Reese
22/05/2021 à 17:02

J’avais bien apprécié le film et son histoire qui vire au tragique ... quelle fin !
Mais aujourd’hui je le verrai différemment.
La géniale série Devs m’a convaincu qu’on ne peut changer son « destin ». On a l’illusion du libre arbitre mais le déterminisme est le plus fort. Et pourtant c’est bien Kyle Reese qui disait « No fate » ...

Numberz
22/05/2021 à 13:40

Sur la possibilité de recommencer sa vie, j'attends toujours une adaptation du chef d'œuvre littéraire Replay de Ken Grimwood. Voire les quinze premières vies d'harry August.

Voilà pour les friands de littérature.

votre commentaire