Brooklyn Nine-Nine : la série culte en 9 épisodes incontournables

Antoine Desrues | 21 février 2021
Antoine Desrues | 21 février 2021

Si elle s’est imposée parmi les meilleures séries comiques contemporaines, Brooklyn Nine-Nine a bien mérité un classement de ses épisodes les plus cultes.

Au sein des multiples productions sérielles d’une décennie marquée par le succès fracassant des plateformes de streaming, Brooklyn Nine-Nine a réussi à tirer son épingle du jeu dans le domaine de la sitcom. En s’attardant sur la troupe loufoque d’un commissariat de New-York, la série a développé une ambiance atypique, à la fois axée sur les codes bien connus des récits policiers, tout en y incorporant les sujets de société qu'elle a pu faire graviter autour de ses héros.

Peut-être est-ce dû à Andy Samberg (ancien du Saturday Night Live qui a contribué au renouveau de l’émission avec les Digital Shorts) ou au showrunner Michael Schur (scénariste de The Office), mais Brooklyn Nine-Nine a justement opéré une synthèse parfaite de ces deux pans essentiels de l’humour américain.

Alors que la chaîne NBC a confirmé la fin prochaine de la série avec sa huitième saison, il est grand temps de revenir sur les raisons de ce succès. Bien qu’elle ait toujours conservé une étonnante constance sur le plan qualitatif, Brooklyn Nine-Nine a eu droit à des épisodes particulièrement exceptionnels, que nous avons réuni dans un classement (bien évidemment subjectif).

 

photo, Stephanie Beatriz, Andre Braugher, Andy Samberg, Melissa Fumero, Joe Lo TruglioLa ligue des champions

 

9. La demi-sœur de Jake (saison 5, épisode 17)

Commençons avec un choix un peu particulier. La Demi-sœur de Jake est un épisode on ne peut plus solide, qui confronte le héros Jake Peralta (Samberg) à sa situation familiale difficile tout en créant son lot de sous-intrigues réjouissantes. Assez révélateur du rythme de croisière de la série, ce chapitre a la bonne idée de se concentrer sur la musculature impressionnante de Terry Crews, ici vexé que le yoga de Charles Boyle (Joe Lo Truglio) soit plus considéré que ses séances de gonflette. Mais c’est pour une autre raison qu'il se trouve dans ce top...

Au même titre que ses deux inspirations centrales (The Office et le Saturday Night Live), Brooklyn Nine-Nine est devenue experte dans la maîtrise du cold open, ces introductions souvent déconnectées du reste du récit, et pensées comme des sketchs autonomes. Mais avec La Demi-sœur de Jake, la série touche à un niveau de sublime insoupçonné.

Derrière une vitre teintée, Jake essaie de faire reconnaître la voix d’un coupable à une témoin, le tout en faisant chanter I Want It That Way à son panel de suspects. On a beau le voir venir, mais le crescendo comique de la séquence, faisant vite vriller l’ensemble à la chorale générale, est absolument imparable, tout comme sa punchline finale. Un pur bijou d’articulation humoristique.

 

 

8. Soirée jeux (saison 5, épisode 10)

L’un des meilleurs personnages de Brooklyn Nine-Nine est sans nul doute Rosa Diaz, flic taciturne et badass qui offre à la série des pointes comiques vives qui font mouche à chaque fois. Néanmoins, Daniel J. Goor et Michael Schur savent jouer avec la sensibilité enfouie de cette femme renfermée, au point de rendre le personnage bisexuel pour accompagner le coming-out de son interprète, Stephanie Beatriz.

Là encore, Brooklyn Nine-Nine traite le sujet avec sincérité, en particulier dans un épisode touchant où Rosa dîne avec ses parents, et décide d’emmener Jake pour dissimuler la vérité. Bien entendu, les scénaristes en profitent pour créer des situations aussi drôles que gênantes (d’autant plus que le père de Rosa est joué par le génial Danny Trejo). Pour autant, Soirée jeux est mû par un beau discours d’acceptation, tout en ayant la maturité de ne pas conclure l’épisode sur une note totalement positive. Une démarche aussi belle que courageuse.

 

photo, Stephanie BeatrizPictionnarire

 

7. Dillman (saison 7, épisode 9)

Annulée par FOX après cinq saisons, Brooklyn Nine-Nine est sauvée par la chaîne NBC à peine quarante-huit heures plus tard. Pour autant, si la série a conservé sa qualité, il est indéniable que son passage sur un autre network a quelque peu entamé sa verve, d’autant plus que les showrunners se sont vus contraints de développer les arcs narratifs centraux sur des salves d’épisodes plus courtes. Dès lors moins focalisée sur des enquêtes, Brooklyn Nine-Nine est devenue une pure sitcom, dans le sens où il est assumé que sa bande de policiers vit dans un cocon sans réelles responsabilités professionnelles, pour mieux enchaîner les situations improbables.

C'est pourquoi la saison 6 et 7 comportent malgré tout leurs moments d’anthologie, en particulier lorsque Holt (Andre Braugher) tient à enquêter sur un colis piégé par une bombe à paillettes. Puisque tous les membres du Nine-Nine sont soupçonnés, le Capitaine appelle à la rescousse le “meilleur enquêteur” qu’il connaisse, incarné par J.K. Simmons.

L’acteur de Spider-Man offre ainsi l’un des meilleurs caméos de la série, en jouant avec l’image de maniaque obsessionnel qu’il a obtenue depuis Whiplash. En venant sonder la personnalité des membres du commissariat, Dillman délivre un flux incessant de punchlines et de réparties cinglantes, pour notre plus grand plaisir.

 

photo, J.K. Simmons, Terry Crews, Andy SambergLe bon tempo

 

6. Week-end de folie (saison 2, épisode 12)

Alors que l’équipe se retrouve tous les ans dans une maison de vacances, Jake culpabilise en apprenant que le Capitaine Holt n’a jamais été convié par le passé à ce genre d’événements. Mais l’invitation de dernière minute transforme le week-end en cauchemar...

Brooklyn Nine-Nine s’amuse toujours à confronter l’univers un peu snob de Ray Holt à celui des autres personnages. Mais avec Week-end en folie, la série pousse cette logique dans ses retranchements, en profitant du comportement non-professionnel de ses héros. La rythmique comique trouve ici une harmonie toute particulière, notamment grâce à ses jeux récurrents avec le montage alterné et parallèle.

L'épisode développe d’ailleurs un running-gag particulièrement réussi autour des différents effets de l’alcool sur Amy (Melissa Fumero), verre après verre. Par ce fil rouge, Brooklyn Nine-Nine perfectionne la musicalité de son écriture, couplée à la performance de son groupe d’acteurs, de plus en plus en symbiose.

 

 

5. Le voleur de Pontiac (saison 1, épisode 12)

Parmi les arcs narratifs récurrents de Brooklyn Nine-Nine, impossible de ne pas s’attarder sur les apparitions de Doug Judy, la Némésis/ami criminel de Jake qui le mène en bateau à chaque saison.

Portés par la malice et le charisme naturel de Craig Robinson, ces épisodes ont construit au fil du temps une amitié impossible, dans un va-et-vient d’attraction-répulsion assez brillant. C'est pourquoi il est d’autant plus primordial de revenir à la source.

Si Le Voleur de Pontiac est l’un des meilleurs épisodes de Brooklyn Nine-Nine, c’est parce qu’il fait comprendre au spectateur tout du long que quelque cloche. Mais lorsque Doug Judy finit par embobiner Jake (et le public au passage), il est déjà trop tard. A partir de là, les divers caméos du personnage ont joué avec la méfiance des spectateurs et de l’équipe du Nine-Nine, pour mieux nous la mettre à l’envers à chaque fois. Et force est de constater qu’on aime Doug Judy pour cette raison.

 

photo, Craig Robinson, Andy Samberg, Stephanie BeatrizCraig Robinson, toujours au top

 

4. Halloween 3 (saison 3, épisode 5)

D’une manière en définitive plus fine que The Big Bang Theory, Brooklyn Nine-Nine a capté un certain amour pour des personnages amoureux de la pop-culture, notamment au travers des références perpétuelles de Jake envers le cinéma d’action. Dès lors, la série a construit de beaux élans parodiques, en particulier dans sa relecture des films de braquage dans les épisodes d’Halloween. A chaque saison, l’équipe du Nine-Nine se lance dans une compétition abracadabrantesque pour récupérer un objet protégé, se concluant souvent par la révélation d’une préméditation savoureuse.

Si toutes les éditions appartiennent aux moments forts de la série, on choisira de s’attarder sur l’épisode de la saison 3, où la rivalité entre Holt et Peralta atteint un niveau d’ingéniosité hilarant (le dévissage du casier de Jake), tout en permettant l’arrivée d’un nouveau challenger... sous forme de douce vengeance. En bref, un bon exemple de l’inventivité débridée de Dan Goor et Michael Schur, rappelant les meilleures heures de Community.

 

photoNotre tête devant les épisodes d'Halloween

 

3. La fête d’anniversaire (saison 1, épisode 16)

Bien entendu, dans une sitcom, le pilote est primordial pour entériner la personnalité bien trempée de ses protagonistes. Pour autant, Brooklyn Nine-Nine ne cesse de visser les boulons au fur et à mesure de sa première saison, jusqu'à atteindre le génial épisode de l’anniversaire du Capitaine Holt.

Plus que jamais dysfonctionnelle, la grande famille du Nine-Nine cherche à faire bonne impression devant les invités de leur chef, mais surtout devant son mari, Kevin (incarné pour la première fois par Marc Evan Johnson). Evidemment, les choses ne se passent pas comme prévu, et chaque personnage a l’occasion de briller à force de chasser le naturel, qui revient au galop.

Bien que classique dans sa structure, La Fête d’anniversaire souligne tout le génie de la série dans la caractérisation de sa bande de héros improbables. Et rien que pour la blague où l'inénarrable Gina (Chelsea Peretti) finit la soirée en étant étudiée par des psychiatres, les scénaristes ont clairement touché du doigt le plein potentiel de leur création.

 

photo, Andre Braugher, Andy SambergQu'on lui mette les pinces aux poignets

 

2. Meuh Meuh (saison 4, épisode 16)

Souvent accusée à tort de dépeindre trop positivement les forces de l’ordre, Brooklyn Nine-Nine soulève pourtant régulièrement de lourdes problématiques sociétales. Ce serait d’ailleurs oublier que la sitcom est de loin l’une des plus investies à l’heure actuelle en ce qui concerne une représentation des diversités raciales, identitaires et sexuelles.

Avec Meuh Meuh, la série franchit un pas, lorsque Terry Jeffords (Terry Crews) se fait arrêter dans son quartier sans raison par un policier raciste. Au-delà de filmer la scène sans atours et avec brutalité, le reste de l’épisode se concentre sur la colère du lieutenant, et son sentiment d’impuissance parfaitement contrasté avec la stature imposante de son interprète. Dur et émouvant, ce chapitre essentiel de la série se tourne malgré tout vers l’espoir, au travers de beaux dialogues inspirants et d’une pensée vers l’avenir, symbolisée par les enfants de Jeffords.

 

photo, Terry CrewsTerry Crews, juste et touchant

 

1. Garde à vue (Saison 5, épisode 14)

Au vu de ce classement, il est clair que Brooklyn Nine-Nine a atteint son pinacle avec sa cinquième saison, qui a su transcender la dynamique comique de ses personnages tout en bouleversant certains préétablis. Et si elle devait se résumer à un seul épisode, il s’agirait sans doute de Garde à vue, huis clos jouissif où Jake et Holt se retrouvent à interroger un dentiste suspecté d’avoir tué son meilleur ami.

 

photo, Sterling K. BrownSterling K. Brown, un des meilleurs guest de la série

 

L’apparition de Sterling K. Brown dans le rôle du criminel est non seulement l’un des meilleurs guests de la série, mais aussi l’opportunité pour les scénaristes de créer un ping-pong verbal et situationnel aussi jouissif que tendu. L’alibi en béton armé du suspect et sa viciosité poussent autant les personnages dans leurs retranchements que la mise en scène, dont le rythme effréné trouve ici un équilibre parfait. A la fois original dans sa structure et définitif dans sa reprise des codes du polar, on tient là l'épisode ultime de Brooklyn Nine-Nine.

Tout savoir sur Brooklyn Nine-Nine

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commentaires
Anneso
23/02/2021 à 15:42

J'ai testé le premier épisode pas accrocher ^^' j'ai même pas fini le premier episode ^^'

Floutchy
23/02/2021 à 12:43

Votre top 2 est sûrement le pire épisode de la saga..

DougJudy
22/02/2021 à 22:26

Pour moi le meilleur épisode est le casse d’Halloween avec la decla de Jack envers Amy !

J’adorerais un classement des opening !

JACK P.
22/02/2021 à 09:17

Yooooo El.
Un classement des meilleurs Cold openings de Brooklyn 99 pleaaaase.

Levendis-
22/02/2021 à 00:33

la sitcom vaut surtout le coup pour ses guest star et autre personnage recurent, marquant

comme pimento, doug judy, caleb the cannibal et autre wuntch
tres bien écrit et interpreté par ses acteurs et actrice trés talentueux

certain sequence sont exceptionnel dans le tempo comique

l'Indien zarbi à moitié a poil
21/02/2021 à 18:02

ozymandias
Je te le conseille chaudement.

Ozymandias
21/02/2021 à 17:13

Je compte la commencer bientôt cette série justement !

Pat Rick
21/02/2021 à 15:15

Garde à vue est un épisode à part, et je ne le classerais pas dans les meilleurs.

Pourquoi ? Car il n'est pas du tout dans l'esprit de la série, c'est une série à l'humour burlesque avec flics totalement décalés donc dès que la série parle d'un sujet sérieux (comme l'épisode ou Terry est victime de racisme), cela ne fonctionne pas par rapport au ton loufoque de la série.

Garde à vue, est le type d'histoire qui aurait mieux convenu à une série comme Monk.

John McLane
21/02/2021 à 13:07

Votre classement ?
Cool cool cool cool cool cool cool cool cool cool cool cool cool cool cool...

Den the gun
21/02/2021 à 12:49

Terry's rules !

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