Dark Star : Alien n'aurait jamais existé sans cette pépite kitsch de Carpenter

Mathieu Jaborska | 19 septembre 2020
Mathieu Jaborska | 19 septembre 2020

Pour son premier long-métrage, John Carpenter inspirait malgré lui tout un pan de la science-fiction. Plus qu'un bon départ, c'est un décollage.

C'est officiel : John Carpenter est l'icône ultime de la série B des années 1980, l'épicentre de la nostalgie de cette époque. Son parcours est assez exceptionnel, surtout après que le succès d'Halloween l'ait propulsé comme pape de l'horreur. Mais avant Michael Myers, Big John s'était fait la main sur un film de science-fiction étrange, quoique matriciel. Aussi délicieusement kitsch que totalement intrigant, Dark Star reste un objet de fascination.

 

photoLe suppositoire de l'espace

 

CARPENTER ORIGINS

Quel âge avez-vous ? Parce que quand Small John réalise son premier long-métrage, il a 25 ans. Dès son plus jeune âge, c’est un cinéphile chevronné, qui laisse régulièrement s’exprimer sa créativité dans des fanzines, dans sa musique et bien sûr dans quelques courts-métrages maison probablement remplis de monstres et d’extraterrestres.

On aurait aimé raconter une histoire de dingue à propos de la rencontre entre Dan O'Bannon et Carpenter. Néanmoins, celle-ci fut plutôt classique, puisque les deux amateurs de gloumoute étaient camarades dans une prestigieuse école de cinéma américaine, où avait étudié George Lucas, qui sort d’ailleurs son odyssée de l’espace en 1971 : THX 1138. Ça ne fait pas de la genèse de Dark Star une petite anecdote sans importance : si le film dépasse difficilement les 1h20, le making-of constitué pour la version DVD américaine dure presque 2 heures ! Car le long-métrage a une histoire assez particulière, et un tournage sans fin.

Mais avant de s’y consacrer, Carpenter s’attèle avec d’autres étudiants à un court-métrage intitulé The Resurrection of Broncho Billy. Il s’occupe de différents postes, dont le scénario, le montage et bien sûr la musique. Le projet, tourné en 16mm, fait partie des quelques films à avoir le droit de passer sur un écran de cinéma, et de se rendre éligible à l’Oscar. Et bingo ! Il remporte l’Oscar du meilleur court-métrage de fiction en 1971. Ironiquement, le cinéaste ne s’approchera plus jamais de la statuette dorée, ou de n’importe quelle autre récompense de prestige américaine. Mais le triomphe a un goût amer pour lui et ses amis : l’école (l’USC) a tous les droits sur la production, et ne traite pas très bien les artistes. Dégouté, Carpenter s'allie avec O’Bannon pour l’écriture d’une histoire de routier dans l’espace, bien loin des canons imposés par l’école.

 

photo, Dan O'BannonRelire le même Doctor Strange depuis 20 ans : une certaine idée de l'enfer

 

Il s’agit donc quand même avant tout d’un projet étudiant, conçu par le duo pour atteindre les 45 minutes. À l’époque, 2001 : l'odyssée de l'espace est sorti depuis seulement quelques années et Kubrick fait forte impression à Carpenter. De son aveu, il s’est certes inspiré de 2001, mais aussi de Dr Folamour. Niveau influences, le duo tient également à terminer sur une référence à Ray Bradburry, plus précisément à Kaléidoscope.

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commentaires

spohileur
21/09/2020 à 12:30

Générique de légende.

Par contre, faut s'y arrêter. ^^

Non franchement, le ballon alien, c'est juste pas possible de décider de gâcher de la bande pour filmer ça...

Cooper
19/09/2020 à 20:23

Je l ai revu récemment c est quand même dur à regarder par moment, du au petit budget évidemment mais ça reste sympa quand même

Numberz
19/09/2020 à 12:45

Ah oui, tiens. Il me manque celui là de carpenter

thierry A
19/09/2020 à 12:24

J'espère que l'article mentionne le film "Bataille au delà des étoiles" qui déroule lui aussi la trame principale d'Alien, dès 1967...

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