The Predator : cinq raisons d'être surexcités (et 5 autres d'avoir très peur)

Créé : 6 juillet 2018 - La Rédaction
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A quelques mois de la sortie de The Predator, petit point sur les attentes et craintes.

Depuis son annonce en 2014, The Predator est l'un des projets qui excite le plus l'équipe d'Ecran Large : un nouveau film sur la créature du film culte de John McTiernan, co-écrit et réalisé par Shane Black, lequel jouait justement dans le film de 1987. Après deux épisodes en solo et deux aventures avec les aliens, l'espoir d'une renaissance est là.

Mais alors que la promo est bel et bien lancée avec déjà deux bandes-annonces, beaucoup de monde s'inquiète et s'interroge sur ce film. D'où l'envie de faire un petit point sur les raisons de continuer à y croire - et celle de craindre le pire, ou presque.

 

 

5 RAISONS D'Y CROIRE

 

PARCE QUE SHANE BLACK A BOSSÉ SUR LE PREMIER

Si on croit tellement à Predator version Shane Black, c’est principalement pour une raison : le réalisateur sait de quoi il parle puisqu’il était dans le film de John McTiernan. Mieux que ça même, il a participé à l’écriture du scénario. Pas de n'importe quelle manière, puisque appelé en renfort pour charpenter le script, il refusa pour l'essentiel d'altérer le boulot de McTiernan. Une position qui l'honore et qui rappelle que le monsieur sait reconnaître une bonne histoire quand il en voit une.

Et on a envie de voir ça comme un gage de qualité et de fidélité à l’œuvre originale, tout comme la chance d’avoir enfin un mec qui sait de quoi il parle aux commandes. Après, 30 ans ont passé et ce n’est pas sûr que Shane Black soit toujours le même. C’est même certain…

 

photoUn Predator avec son nouveau casque

 

PARCE QU'IL EST CLASSÉ R

A une époque où tous les projets les plus excitants sont destinés au grand public, on craignait que The Predator ne connaisse le même destin. Et cela aurait été terrible pour la franchise tant, dans son principe, la saga est un carnage des plus sauvages. Qu’on se rappelle les lasers qui font des gros trous dans le ventre des soldats du premier, ou même la passion de la créature pour les crânes et les colonnes vertébrales de ses proies et tout de suite, on se dit qu’un PG-13 serait une erreur fatale. Heureusement la Fox, dans sa lancée entamée avec Deadpool et Logan, a concédé que le film soit réservé aux plus grands. Et rien que pour ça, on a envie d’y croire. Ouais, ça va saigner.

 

Photo tournageQuelqu'un passe un sale quart d'heure

 

LE CASTING

Boyd HolbrookOlivia MunnTrevante RhodesSterling K. BrownJacob Tremblay. Rien que les premiers noms du casting sont un doux mélange de surprise et de bonnes idées.

Boyd Holbrook, c'est une fausse belle gueule vue dans Gone GirlNight RunJane Got a GunMorgane et plus récemment Logan, où il était le super-vilain Donald Pierce. Il n'a pas encore véritablement eu l'occasion de briller, mais semble être ici en première ligne du cauchemar. Autour de lui, il y a Trevante Rhodes, révélation fracassante de Moonlight dans la troisième et magnifique partie, et Sterling K. Brown, qui a eu un boost de popularité grâce à American Crime Story et This Is Us.

Il y a aussi Jacob Tremblay, révélation de Room avec Brie Larson, attendu dans The Death and Life of John F. Donovan. Et Olivia Munn bien sûr, l'une des actrices actuelles qu'on aimerait voir plus, qui était fantastique dans The Newsroom et a démontré son potentiel au rayon action dans X-Men : Apocalypse. Bref, le casting de The Predator ne ressemble pas au casting habituel, et intrigue beaucoup.

 

Photo Sterling K. Brown, Trevante Rhodes, Boyd Hollbrook, Olivia Munn, Keegan-Michael Key, Jacob Tremblay, Shane BlackLe casting (et Shane Black)

 

MODERN PREDATOR

Avant de dynamiter de l’intérieur la figure du héros d’action en 1988 dans Piège de cristal, un an plus tôt John McTiernan avait déjà interrogé la représentation de l’hyper-masculinité hollywoodienne dans son Predator. Une troupe de surhommes emmenés par le roi des alpha-mâles s’y faisait couper en morceaux par un mystérieux alien et poussait Schwarzenegger à assumer le cœur de son personnage et redevenir un animal sanguinaire, brut.

Cette critique du héros hollywoodien, Shane Black a non seulement l’occasion de la poursuivre, mais l’époque, après la tornade #MeToo est particulièrement propice à une mise à jour, ou une interrogation. Bien au-delà de toute thématique politiquement correcte, elle ouvre des chemins métaphoriques et thématiques passionnants.

 

photoUne visite médicale pépouze

 

PREDATOR N’A JAMAIS TORT

À bien y regarder, la saga Predator est très loin d’être une franchises des plus maltraitées par Hollywood. Si on fait exception des deux abominables Alien vs. Predator, projets absurdes seulement pensés pour satisfaire des geeks en mal d’adaptations de produits dérivés, tous les films consacrés exclusivement à la créature ont réussi à ne jamais verser dans l’aberration totale.

Malgré ses défauts, Predator 2 demeure une série B bourrée de charme, quant au Predators de Nimrod Antal, dénué de génie en tous points, il reste un effort techniquement correct et narrativement fonctionnel. Par conséquent, on est en droit d’espérer que personne n’osera traiter ce Predator nouveau par-dessus la jambe.

  

photo, Olivia MunnOlivia Munn

 

5 RAISONS D'AVOIR PEUR

 

UNE PRODUCTION COMPLIQUÉE

The Predator devait à l'origine sortir le 2 mars 2018, avant d'être avancé à février, puis repoussé à août et enfin, à septembre. Suffisamment d'indécision pour interroger sur la stratégie de 20th Century Fox, et soulever quelques questions lorsque le film est reparti en reshoots en mars, expliquant clairement les raisons de cette sortire repoussée.

Craintes confirmées par l'acteur Keegan-Michael Key, qui expliquait récemment à Cinemablend : "On vient de finir le tournage additionnel et environ 3/4 du troisième acte ont été réécrits". Si les reshoots n'ont désormais plus rien d'extraordinaire dans les superproductions (le temps étant même prévu par principe dans le planning), modifier à ce point la dernière partie d'une superproduction n'a rien de bien rassurant. Les retours supposés des projections-tests, très mitigés, n'ont pas aidé. La question de l'humour a notamment été très discutée, avec l'impression donc que le studio aurait décidé de modifier la couleur du film durant la post-production.

Il y a donc la crainte de voir un film charcuté, tiraillé entre les ambitions de Shane Black et les directives des producteurs, chose de plus en plus banale et visible dans le circuit des blockbusters.

 

photoDes acteurs, dans un décor avec une très belle peinture murale

 

SUPER PREDAMOR

Le Predator est un des plus terribles antagonistes du 7e Art, un monstre en puissance, inoubliable. Du coup, lui adjoindre un « super-prédator » paraît, sur le papier, d’une grande stupidité. On se souvient combien cette logique du « plus gros, plus fort » a détruit Jurassic World et son Indominus Rex, aboutissant à dénaturer la structure narrative autant qu’à désacraliser les créatures qui auraient dû être au centre du film.

Adjoindre au Predator un super-ennemi est donc très problématique, ou à tout le moins, particulièrement risqué… Tout simplement parce qu’il n’en a pas besoin. Le Predator est déjà un chasseur surpuissant, venu de l'espace, disposant d'une technologie plus avancée que la nôtre. Saupoudrer cette mythologie d'un nouvel étage rappelle combien Nimrod Antal avait échoué à élargir le champ des possibles dans son Predators, et fait même craindre les plans ridicules d'AvP dans lesquels Sanaa Lathan faisait ami-ami avec un Predator pour latter des gonades d'Alien.

 

photoNous, c'est cette gueule d'amour qu'on veut

 

SHANE BLACKATOR

Scénariste de génie, Black a rappelé avec Kiss Kiss, Bang Bang et The Nice Guys qu’il en avait sous le pied derrière la caméra, savait se glisser dans une époque, un contexte, des codes, avec une aisance impressionnante. Mais, pour beaucoup, Iron Man 3 a aussi démontré que s’il aimait investir la pop culture, il pouvait la laisser dans le même état que des toilettes de stade.

Tout le monde attend de voir comment Black va s’emparer du Predator, mais tout le monde espère que sa malice ne se transformera pas en délire un peu péteux et méta. Car en s'amusant à moquer la dictature des fans, les attentes marketing de tout blockbuster qui se respecte, Black a signé une attaque intelligente et passionnante contre le cinéma de super-héros, mais l'a fait avec une morgue qui n'a pas manqué d'agacer... son public. S'il veut manipuler l'icone du Predator, il devra le faire avec bien plus de délicatesse.

 

photoL'ultimate Predator, plus grosse inquiétude concernant le film

 

PARCE QUE ÇA RAPPELLE QUAND MÊME VACHEMENT AVP EN FAIT

A l’heure où la franchise ne bougeait plus trop au cinéma, Paul W.S. Anderson a ravivé la flamme avec Alien vs. Predator. Sympa sans être à la hauteur de la promesse, le film avait suffisamment marché en salles pour qu’il connaisse une suite, Aliens vs. Predator : Requiem. Et là, ce fut la catastrophe. Un teen movie déguisé en film d’horreur, filmé dans le noir que même le contraste au maximum on ne voit pas ce qui se passe, le Predalien (un mutant tout pété), la mise en scène aux fraises. Un carnage.

S’il est évident que The Predator ne sera pas aussi mauvais que son prédécesseur, il inquiète quand même parce qu’il semble en reprendre plusieurs éléments. La petite banlieue paisible, la nuit, l’enfant…. Ce genre de petits détails. Si on pense bien que cela n’aura rien à voir, ces points communs ravivent des douleurs enfouies. Et ce n’est pas le Super Predator qui va nous rassurer sur ce plan. Ouais, ça nous rappelle des trucs pas cools.

 

photo, Olivia MunnOlivia Munn, armée de heu... ahem... quelque chose

 

ET LA MYTHOLOGIE BORDEL ?

S’il n’a que trois vrais films à son actif pour constituer une saga, le Predator a élaboré sa mythologie dès le départ sans pour autant en révéler tous ses secrets. Il existe effectivement des conditions précises pour son apparition dans notre monde. Déjà, il n’arrive que dans de fortes périodes de chaleur. Ensuite, il se terre dans une jungle, qu’elle soit naturelle ou urbaine. Enfin, il choisit des endroits sur le point d’imploser soit à cause de guérilleros ou en pleine guerre des gangs. Le Predator chasse et il a ses petites habitudes.

Or, dans les différentes bandes-annonces de The Predator, toutes ces conditions sont loin d’être remplies. Oui il y a des militaires mais cela a l’air de se passer principalement dans une banlieue un peu calme à proximité d’une base. La chaleur torride n’a pas l’air d’être au rendez-vous et les personnages ne semblent pas vivre sur une poudrière. On ne dit pas que du coup ça sera nul, d’ailleurs, ces conditions sont peut-être respectées d’une autre manière, on dit juste que pour un film censé revenir aux sources du charisme du personnage, ne pas mettre en avant ces éléments dans la promotion n’aide pas les fans les plus anciens à l’aborder avec sérénité. 

 

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commentaires

Benouze la tarlouze. 17/07/2018 à 22:36

Sur la miniature le Prédateur m'évoque une bombasse se déhanchant en boite de nuit ? Rassurez-moi je ne suis pas seul ?

Karon 17/07/2018 à 21:49

Il y avait beaucoup mieux à faire qu un ennemi super predator, mais montrer directement un predator qui a appris des ruses supplémentaires et qui a tirer des leçons des précédents predators ayant échoués. Encore faut il un minimum d imagination... Au pire avoir un super prédator qui débarque directement, se faire capturer pour mieux tout caser, franchement il y a pas à se fouler pour bien exploiter cette franchise, alors les pros pourraient se donner la peine de travailler sérieusement!

farfa 17/07/2018 à 13:23

@sylvinception

Euh! pas besoin d’un PS, ton commentaire suffisant de 4 mots suffit pour comprendre que tu penses que Predator est parfait ainsi. Mais bon, le monde ne tourne pas autour de toi et chacun à son propre avis sur la question.

Pour moi, Predator (que j'apprécie mais pas aveuglément), souffre des délires de Joel Silver. L'attaque du camp de base (la mise en scène, le coté pyro), ressemble plus à un vulgaire épisode de l'Agence Tout Risque qu'une production de McTiernan. La scène du bras de fer pour savoir qui est le mâle Alpha est juste ridicule et paradoxalement très gay. Tout ces trucs entachent le film, mais quand McTiernan prend les commandes, on voit tout de suite la différence.
En l'état, j'ai l'impression de voir l'embryon d'Apocalypto alors qu'il aurait pu être l'Apocalypto des années 80 si le producteur avait été moins envahissant.

sylvinception 17/07/2018 à 10:38

"Dommage, on est passé à coté d'un Apocalypto en puissance."

Elle est magnifique celle-ci... (lolZ)

Ps : Predator premier du nom est très bien comme il est.

Spil 16/07/2018 à 21:18

Kiss bang bang et the Nice guys très bon film iron man 3 grosse daude

xenowar 13/07/2018 à 12:06

"Alien vs. Predator, projets absurdes seulement pensés pour satisfaire des geeks en mal d’adaptations de produits dérivés"

Point de vue bien subjectif pour la rédaction ici....
Même si effectivement c'était en projet depuis des années et attendu par une certaine partie du public, ces 2 films ont le mérite d'être un ensemble, de poser et amener certaines connexions et évolutions.
Design, hiérarchie du bestiaire, montages, scénarios, acteurs CGi, etc..
Personnellement bien meilleur que certaines production actuelles notamment les carnages effectué sur Alien par papy Scott.

Le Predator (concept, scénario, univers etc) mérite une exploration bien plus étoffée.
En espérant que ce film tende vers cela..
Ce que je doute malheureusement..

Tout comme "Alien le 8ème passer" et "Prédator" de mactiernan, il sera toujours difficile de surpasser ses 2 chefs-d’œuvre..

Comme un peintre avec son œuvre parfaite qu'il ne sera jamais refaire..
Quelque soit les outils et artifices utilisés..

Direct to canapé en streaming pour ma part..

farfa 08/07/2018 à 21:29

Si je ne dis pas de connerie, le 1er Predator a souffert aussi de modifs pendant le tournage. En cause, Joel Silver qui voulait faire un film dans la lignée des productions de l'époque comme Commando. McTiernan voulait un film moins verbale et moins badaboum.....Dommage, on est passé à coté d'un Apocalypto en puissance.

Martine Daniel 08/07/2018 à 17:57

J aurai ma petite fille de 8ans à la rentrée, les mercredi si il pleut, ça lui plairait vous pensez ?

lechiensemordlaqueue 07/07/2018 à 14:27

Aller ils continuent dans la pure création ça fait du bien un bon bol d'air, évidement c'est ironique, encore une daube de plus.
Le pire c'est que beaucoup attende sa sortie avec grande impatience alors qu'ils savent d'avance qu'ils seront déçue!
Médiocrité quand tu nous tient!

Claytus 07/07/2018 à 12:20

N'oublions pas la musique fantastique des deux premiers opus et les effets sonore géniaux du predator. Si le réalisateur bâcle la bande son j'ai bien peur que cette suite soit à nouveau une catastrophe.

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