Halloween : tour d'horizon de la saga culte initiée par John Carpenter

Mise à jour : 22/11/2017 01:12 - Créé : 1 novembre 2017 - Jacques-Henry Poucave
Photo Michael Myers
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Comme chaque année, revoilà Halloween. Comme on aime bien les slashers, qu’on n’a pas beaucoup d’imagination, et que c’est de saison, l’occasion était trop belle de revenir sur la saga… Halloween.

 

Photo , Jamie Lee Curtis

 

HALLOWEEN : LA NUIT DES MASQUES - 1978

John Carpenter réinvente simultanément un genre (le slasher), et créé un des croquemitaines les plus mémorables du Septième Art : une figure du Mal implacable, colosse fantomatique que rien n’arrête. Grâce à une mise en scène tour à tour visionnaire, minimaliste et terriblement inventive, le réalisateur génère un espace de terreur à la fois parfaitement banal, et propice à un déferlement de ténèbres qui n’a toujours pas pris une ride. Un chef d’œuvre instantané.

John Carpenter y parfait l’impressionnante maîtrise de l’espace dont il faisait déjà preuve dans Assaut. Il métamorphose une petite banlieue américaine en une dimension terrifiante, un lieu dont chaque recoin accueille nos terreurs les plus terribles, susceptibles de dissimuler la silhouette de Michael, incarnation totale du Mal.

 

 

HALLOWEEN II - 1981

Carpenter ne le met pas en scène, mais est crédité à la production et au scénario, avec Debra Hill. Le film de Rick Rosenthal est une suite honnête, carrée. Filmé sans génie, mais riche de mises à mort très réussie, il prolonge efficacement le premier volet et en se situant dans son prolongement chronologique immédiat, parfait la figure de Michael Myers, et sa dimension fantasmagorique. La mythologie se cristallise définitivement ici, et on se régale de retrouver Laurie Strode et le Dr Loomis.

 

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Joies du jacuzzi

 

HALLOWEEN 3 : LE SANG DU SORCIER – 1982

Film mal-aimé et souvent très sous-estimé, ce troisième chapitre prend le risque de dévier totalement du canon précédemment établi. Acceptant l’idée de la mort de Michael Myers, Tommy Lee Wallace se propose donc de complètement réinventer la saga et de ne conserver que le concept d’Halloween, et l’usage de masques.

Ici, des mômes se retrouvent victimes de masques commercialisés par la société Silver Shamrock, qui vont causer quantité de morts affreuses. Une proposition bordélique, passablement absurde, mais sympathique dans ses outrances et sa cruauté.

 

 

HALLOWEEN 4 : THE RETURN OF MICHAEL MYERS - 1988

Parce que personne ne se soucie vraiment de la cohérence en matière de slasher, décision est prise de ramener Michael, qui serait finalement toujours vivant, tout comme le Dr Loomis, désormais défiguré. Tous deux font la course jusqu’à Haddonfield, où le meurtrier a bien l’intention de découper sa nièce, Jamie Lee Curtis ayant refusé de rempiler.

En dépit d’une poignée d’images fortes (Donald Pleasence a toujours une classe folle et l’image de cette enfant costumée courant dans la nuit imprime instantanément la rétine), on sent que la saga manque clairement d’un artisan inventif aux commandes et d’une direction précise. Les épisodes à venir permettent néanmoins d’apprécier la relative bonne tenue de l’ensemble.

 

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"Je crois qu'on a besoin de vacances Michael"

 

HALLOWEEN 5 - 1989

Là, ça commence à partir sévèrement en cacahouètes. Michael Myers, recueilli par un pêcheur, se réveille après un an de coma et part à nouveau à la poursuite de sa nièce, avec laquelle il entretient un lien télépathique. C’est moche, c’est passablement stupide et raconté n’importe comment.

Donald Pleasence surjoue son personnage de psychiatre torturé tant et si bien qu’il en deviendrait plus inquiétant que Michael, tandis que tout le monde s’obstine à vraiment ne pas croire un seul instant qu’il puisse réapparaître. À réserver aux fans de la saga, ou de coutellerie. Pour réaliser l’affolant bordel que fut l’écriture et le tournage du machin, on vous recommande le making-of de la chose, où le producteur dévoile carrément qu’un personnage mystérieux aurait dû être… le beau-frère du tueur !

 

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HALLOWEEN  6 : LA MALÉDICTION DE MICHAEL MYERS - 1995

Et si on disait que Michael Myers était en fait membre d’une secte mongolo-sataniste même pas partouzarde ? Hein ? Voilà, c’est vous dire où on en est rendu avec ce chapitre parfaitement inutile, qui témoigne simplement de combien un grand couillon armé d’un couteau et d’un masque blanc peut rapporter de billets verts. Les nostalgiques pourront y découvrir la dernière prestation de Donald Pleasence, décédé juste après le tournage, mais l’artiste y apparaît si diminué que sa présence distille un déchirant sentiment de malaise.

Le réalisateur Joe Chapelle interviendra en cours de production, salopant littéralement le film dont il coupe 40 minutes, avant d’en remonter une grande partie et de tourner des séquences additionnelles, pour un résultat totalement incompréhensible et schizophrène. Initialement pensé comme un gros pudding qui devait donner sens à toute la saga, le projet est devenu une mosaïque dont la médiocrité est aujourd’hui encore source de terreurs nocturnes.

 

 

 

HALLOWEEN : 20 ANS APRÈS - 1998

Avec ses airs de retour du refoulé, cette réunion de famille sentait sévèrement le pâté. Nous retrouvons Jamie Lee Curtis qui en fait n’était pas morte dans le quatrième épisode : elle a désormais un fils, et dirige l’internat d’un sympathique campus où on croisera Michelle Williams et Janet LeighMichael Myers vient logiquement faire des siennes, mais sa soeurette ne veut pas se laisser faire et compte bien ne pas le laisser tuer son fils, surtout qu’il ressemble vachement à Josh Hartnett.

On appréciera notamment les diverses mises à mort, toutes spectaculaires, et qui ont le bon goût de durer. En dépit d’un masque tout pété, qui affaiblit considérablement le charisme de Michael, cette suite est une pure série B rigoureuse, créative dans ses mises à mort, au rythme plaisant, et donc le meilleur segment de la saga depuis… le 2 !

 

Halloween H20

"Mais Michael, qu'est-ce que c'est que ce masque de Mylène Farmer ?"

 

HALLOWEEN : RESURRECTION – 2002

Dans la catégorie nanar positronique se pose cet épisode qui essaie de tirer à lui la mode de la téléréalité, grâce à un casting abominable, tout en usant d’une recette alors usée jusqu’à la corde et largement ringardisée par la saga Scream. Il n’y absolument rien à sauver dans ce naufrage d’un rare opportunisme, sinon une séquence surréaliste où Busta Rhymes fait du kung fu contre Michael Myers.

 

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Une des scènes les plus ridicules de l'histoire du slasher

 

Symptôme de son manque d'inspiration, le film sacrifie une nouvelle fois Laurie Strode, et ce dès son introduction. Non seulement la scène est bien pétée, mais elle se retrouve collée au chapitre le plus incroyablement nul de la franchise, ce qui achève de faire de l'ensemble un nanar cosmique. Enfin, comment ne pas s'énerver devant cette galerie de teubés qui se laisse le plus souvent massacrer sans bouger le petit doigt, comme en témoigne l'invraisemblablement lente scène de l'égorgement à coups de pied de caméra.

 

Un des pires reniements du film

 

HALLOWEEN - 2007

Qui mieux que le réalisateur de The Devil's Rejects pour ausculter et renouveler cette grandiose figure du mal absolu ? Rob Zombie s’attèle brillamment à la tâche et choisit la seule approche possible quand il est question de traiter d’un classique : le changement total de point de vue.

Plutôt que de faire de Myers une entité presque abstraite, un pur concept, Zombie décide d’ausculter la vie de l’enfant qu’il fut, bien au-delà du célèbre plan séquence d’ouverture de Carpenter. Le metteur en scène hybride l’ADN de la saga à son amour des marginaux, faisant de Michael le cœur palpitant du film.

 

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Quand Zombie revisite Halloween, il transforme son iconographie, tout en la respectant

 

En dépit d’un dernier tiers au rythme problématique (Zombie est obligé de précipiter le récit pour retomber sur ses pattes), le film est d’une grande richesse thématique, et plastiquement très impressionnant. On l’aura peu relevé à l’époque, mais la démarche de ce remake est infiniment plus respectueuse que ce que les fans en ont perçus. Car si Rob Zombie plonge dans le quotidien white trash d’un marmot à problèmes, grandissant dans une famille cauchemardesque, il arrive à la même conclusion que Carpenter. Peu importe qu’on élude ou qu’on expose les origines de Michael : sa folie, le déclic qui fait de lui une machine à tuer sans cœur demeurera toujours un angle mort, territoire fantasmatique impossible à explorer.

 

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Et toujours, l'énigme de ce qui réside derrière le masque...

 

HALLOWEEN 2 – 2009

Gros déception en salles aux Etats-Unis (il a engrangé environ 33 millions, loin des 58 du précédent épisode), le film ne sort même pas sur grand écran en France - il finira par arriver en DVD en 2010. Ici Rob Zombie s’approprie totalement le mythe le temps d’un cauchemar déstructuré aussi radical que remarquable. Après une séquence d’ouverture ahurissante de violence et de perversité narrative, le cinéaste choisit de faire de Myers un vagabond, colosse asocial errant au cœur d’une Amérique terrifiée par les créatures qu’elle a elle-même engendrées.

 

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L'Homme, le monstre, son masque, ne forment plus qu'une seule et furieuse entité

 

C’est toujours cette horreur carnavalesque, à la fois expiatoire, chargée socialement et revancharde qui font la particularité de ce film désespéré, à la fois cri d’amour requiem adressé à une figure inoubliable du cinéma d’horreur. Avec sa mise en scène brute, sa photo sombre mais soignée à l’extrême, Rob Zombie signe sans doute son film le plus jusqu’au boutiste, dont les fulgurances surréalistes annoncent déjà la pureté expérimentale de son Lords of Salem.

 

 

 

HALLOWEEN - 2018

Le retour du retour du retour, avec le retour de Jamie Lee CurtisDavid Gordon Green réalise ce nouveau film qui balaye une grande partie de la saga : Laurie Strode est donc vivante, et a une fille interprétée par Judy Greer. L'histoire devrait zapper tous les films hormis les deux premiers, pour raconter un nouvel affrontement entre l'héroïne et Michael Mayers, aussi increvables l'un que l'autre.

Avec une première photo officielle qui sent bon la nostalgie. Date de sortie : octobre 2018 aux Etats-Unis. 

 

Photo Jamie Lee Curtis

 

 

 

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commentaires

julien2238 13/11/2017 à 09:13

petite erreur dans cette retrospective pour le prochain Halloween! l'histoire balayera tous les halloween Y COMPRIS halloween 2! seul le film de carpenter est pris en compte car ce nouveau film annulera le lien de parenté entre michael et laurie, révélation qui a été faites dans halloween 2!

halloween 02/11/2017 à 17:00

J'aime beaucoup les deux halloween de Rob Zombie , surtout le premier qui est un vrai chef d'oeuvre. Je préfère le remake qu'a l'originale car c'est plus intérressant , Michael Myers est mieux fait et plus terrifiant et le scénario est mille fois mieux. J'ai adoré l'halloween 2 de 1981 .Il faudrait que je vois les autres pour voir ce que sa donne.

Mordhogor 01/11/2017 à 23:27

Merci pour cette intéressante rétrospective. Me manque le 6, que j'avais vu une fois, très déçu car il ne répondait pas du tout aux nouvelles orientations que la fin du 5 laissait présager, avec le mystérieux cow-boy. Faut aussi que je regarde à nouveau H20. Sinon, je les ai tous, et l'original, le 2 et et les Zombie, sont excellents !

Topper Harley 01/11/2017 à 19:07

C'est clair que le Halloween de Zombie c'est de la tuerie... Le 2 est remarquable également. Pas évident de faire la suite d'un remake, pourtant Zombie pose ses couilles et te fait une suite très bien foutue...

Choco 01/11/2017 à 16:42

Le halloween de Rob Zombie reste un chef d'oeuvre incontesté !

Doctor Nico 01/11/2017 à 14:25

La fille de Laurie dans Halloween 4, 5 et 6 s'appelle Jamie, en hommage à Jamie Lee Curtis, et non Laurie comme sa mère.

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