The Jane Doe Identity : critique post-mortem

Simon Riaux | 22 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:18
Simon Riaux | 22 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:18

Entre Scary Stories et The Troll Hunter, André Øvredal réalisait The Jane Doe Identity, un film d'horreur qui lui a ouvert les portes d'une carrière aux États-Unis. Et s'il est petit à cause de son budget et de ses prétentions, il n'en est pas moins grand par son coeur et ses accomplissements.

C'EST UNE BOUCHERIE LA-DEDANS !

Tom Tilden dirige l’entreprise familiale de médecine légale, secondé par son fils, Austin. Un soir, alors qu’une tempête menace et que rude journée de travail s’achève, le shérif local leur amène en urgence un cadavre retrouvé au milieu d’un véritable carnage. Il s’agit d’un corps de jeune femme, dont la beauté et l’apparence immaculée ne font que dissimuler quantité de mutilations terrifiantes. Alors que progresse l’autopsie de l’inconnue, père et fils vont s’enfoncer en plein cauchemar.

 

trailerFaut vraiment mettre les mains là-dedans ?

 

On était sans nouvelles d’André Øvredal depuis le sympathique Troll Hunter, après lequel il refusa de se cantonner au found footage hollywoodien, en quête d’un projet original. Son premier film était déjà une toile composée de ruptures de ton se répondant avec habileté, The Autopsy of Jane Doe pousse cette idée beaucoup plus loin. Film minimaliste aux effets grandiloquents, décor unique que les jeux de lumière renouvellent sans cesse, simultanément une analyse glaciale d’une situation quotidienne et chronique fantastique impressionniste, le film parvient à créer le vestige à force d’espaces paradoxaux.

Le sol s’ouvre ainsi sous nos pieds, au fur et à mesure que le fantastique s’insinue dans cette paisible morgue et la transforme en antichambre de l’enfer. André Øvredal bénéficie d’un budget modeste et sait en user avec une intelligence remarquable. Si son minimalisme rappelle l’humilité d’un Ti West, il sait convoquer tout l’héritage européen du cinéma espagnol et italien - on pense souvent à Lucio Fulci dans sa capacité à dilater le temps et faire naître l’effroi lors de séquences cauchemardesques étirées à l’extrême.

 

trailerC'est là qu'on meurt ?

 

LA VIANDE EST NERVEUSE

The Autopsy of Jane Doe ne se contente pas de prendre les atours d’une respectable série B remplie de scènes de trouille terriblement efficaces. Au-delà des pics de tension telluriques que propose le film – vous ne verrez plus les grelots du même œil – il réussit également à nous offrir quelques belles pistes narratives.

 

PhotoUnder the Skin

 

Charpenté par un concept de mise en scène simple et tenu jusqu’au bout - on espère que vous aimez les cadavres et le doux son des cages thoraciques débitées au hachoir - le récit se permet de déporter notre attention mais vers une problématique plus intime et personnelle. Au-delà de son enjeu horrifique puissant, The Autopsy of Jane Doe est le récit de deux existences ratées, de deux trajectoires fatales, un duo d’hommes minés par leur culpabilité et les non-dits, dont les silences s’avéreront plus mortels que les actes.

Hélas, dans sa dernière ligne droite, le métrage perd en finesse d’écriture ce qu’il gagne en science du découpage. Les frissons ne se tarissent pas, mais le scénario s’autorise d’énormes raccourcis afin de raccrocher ses wagons thématiques. Des scories qui ne gâchent pas l’ensemble, mais l’empêche de se hisser au-dessus de sa condition d’excellent film fantastique, capable de générer une peur intense, mais pas de lui offrir le plus bel écrin.

 

Affiche

 

Résumé

Terriblement flippante et réalisée avec une grande intelligence, cette autopsie ne doit qu'à quelques facilités d'écriture de ne pas s'inscrire au panthéon des plus terrifiants huis-clos.

commentaires

Andarioch1
23/10/2019 à 08:57

Le jump scare le plus effrayant de l'histoire, d'autant plus flippant qu'on le voir arriver de loin, volontairement. J'ai du décrocher ma femme du lustre sur lequel elle avait atterri.

bonfilm
23/10/2019 à 08:47

Vas y en courant Flash. Tu ne seras pas déçu.

Flash
22/10/2019 à 20:56

Bon sang, faut que je vois ce film !

Cooper
22/10/2019 à 20:12

Bon film je me suis literalememt chié dessus en le voyant, c est pour dire ...

Maxime
22/10/2019 à 20:08

Petite coquille : le film parvient à créer le vestige (*vertige) à force d’espaces paradoxaux.

Dorian_84687
31/05/2017 à 19:40

Au final j’exagère un peu sur la deuxième partie, ça reste sympas.
Mais les 45 premières minutes sont tellement bonnes, notamment l'autopsie que le reste paraît trop classique

Dorian_84687
31/05/2017 à 19:16

1ère partie tout simplement énorme, vraiment excellente. quasi un chef d'oeuvre d'ambiance horrifique
La 2ème partie pour ma part rabaisse le film, très classique, de la facilité et quelques scènes presque ridicule.
Dommage.

west666
31/05/2017 à 14:03

rien de spécial final désolant sans plus moyen vu en vo il y a quelques mois

stivostine
27/01/2017 à 21:17

dispo sur le net en dvdrip depuis un bon moment, j'ai bien aimé dans l'ensemble, à conseiller

Simon Riaux - Rédaction
08/12/2016 à 11:36

On ne sait pas.
D'où l'importance d'en causer et de le rendre visible ;-)

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