Loving : Critique interdite

Chris Huby | 20 mai 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Chris Huby | 20 mai 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Alors que son Midnight Special est peut-être son film le plus controversé à ce jour, Jeff Nichols ne perd pas de temps et enchaine directement avec Loving. Retour en grâce ou égarement ?

Richard et Mildred se marient. L'un est blanc, l'autre est noire. Mais dans l'Etat de Virginie, cet acte est encore interdit en 1958. Adapté d'un fait réel, le film se concentre sur la relation entre les deux personnages.

Jeff Nichols n'en finit pas de faire parler de lui. Après 4 films très remarqués, il revient sur la Croisette pour une deuxième sélection officielle. Malheureusement là où nous attendions ce nouveau film avec impatience, c'est une petite déception qui en ressort. Le film ne décolle jamais vraiment et il est cousu de fil blanc du début à la fin. Admirablement filmé, découpé, écrit, photographié et joué, il est d'un ennui poli.

 

Photo Joel Edgerton, Ruth Negga



Très académique, sans surprise et relativement manichéen, le long métrage s'étire en longueur sans vraiment creuser son sujet. Les interférences entre les deux personnages fonctionnent bien, mais c'est le maximum que l'on puisse en tirer. Rarement il n'est abordé autre chose que les difficultés caricaturales que le fond pouvait amener. Il reste quelques beaux moments de poésie et de rares séquences qui tirent le film vers le haut, mais c'est hélas bien peu. La faute à une envie de la part de Jeff Nichols de rester dans les rails pour une histoire lourde et figée dans le béton.

 

Photo Joel Edgerton, Ruth Negga


La maison que le héros construit pour sa famille diffuse un symbole de l'Amérique profonde qui se cherche, entre déracinements constants et évolution sociale nécessaire. C'était sans doute là que le message aurait gagné à être réfléchi. Le prétexte de l'histoire, très entendu, n'emmène jamais ailleurs qu'à la jolie vitrine démocrate, bien pensante, qu'il propose. L'ambiance et la reconstitution sont pourtant réussies, indéniables, et le couple d'acteurs maitrise une palette de jeu qui fait plaisir à voir. Vraiment dommage.

 

Photo Joel Edgerton, Ruth Negga

 

Résumé

Un petit faux pas, donc, surtout de la part d'un auteur très original qui a toujours su aborder ses films avec finesse et décalage.

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commentaires
Reverso
15/02/2017 à 11:33

Un duo d'acteurs bouleversant, une très belle réalisation, des seconds rôles de qualité, une écriture posée et sans violon alors qu'on aurait pu tomber dans la pure guimauve). Une nouvelle belle réussite de Jeff Nichols. Et je me demande bien ce que vous avez à redire sur Midnight Special!

Pof
14/02/2017 à 15:11

C'est justement cette histoire figée dans le temps qui m'a beaucoup plus.
Le couple formé par Joel Edgerton et Ruth Negga est d'une rare émotion. L'amour qu'il ont l'un pour l'autre transparaît dans chaque plan millimétré de Jeff Nichols.
Alors dire que c'est cousu de fil blanc c'est comme de dire j'aime pas Titanic parce que le bateau coule à la fin. C'est le traitement de l'histoire qui compte.
Laissez vous prendre par l'émotion, c'est c'est qui compte dans le cinéma.

Benichou
19/05/2016 à 20:36

Midnight Special ne m'a pas déplu, mais j'ai du mal à voir ce qui en fait un chef d'oeuvre aux yeux de beaucoup. Film très clivant en effet.

Charles
17/05/2016 à 17:57

Retour en grâce ? Euh comment on fait un retour en grâce quand son dernier film est un chef d’œuvre ? Je comprends pas trop la ...

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