Room : critique Oscarisée

Geoffrey Crété | 9 mars 2016 - MAJ : 19/09/2018 12:31
Geoffrey Crété | 9 mars 2016 - MAJ : 19/09/2018 12:31

A l'origine, il n'y a pas un mélo à Oscar mais un film indé pure souche avec une histoire sinistre, portée par un réalisateur loin des radars (Lenny Abrahamson, Frank et What Richard Did) et une actrice méconnue (Brie Larson, révélée par State of Grace, phénomène indé de 2013). Un vrai conte de fées hollywoodien donc pour Room, devenu l'un des incontournables de l'année.

Comme ses personnages emprisonnés dans une pièce et obligés d'y voir un monde, Room est enfermé dans l'architecture classique du mélodrame. Sans parvenir à en faire des merveilles, Lenny Abrahamson s'en tire avec les honneurs : comme le scénario d'Emma Donoghue, sa caméra reste au plus proche des visages, eux-même débarrassés des maquillages habituels pour mieux s'accorder à la sobriété de l'entreprise. 

Certes, on est loin de la beauté formelle et l'approche raffinée du Carol de Todd Haynes, un autre mélo que Room a affronté aux Oscars notamment pour le prix de la meilleure actrice et du meilleur scénario adapté. Mais le film gagne en retour une émotion plus franche, plus chaude, qui s'équilibre sur toute la durée sans jamais sombrer dans les poncifs du genre. Grâce à certains beaux partis pris (le mystère des débuts sur le pourquoi de cette pièce, l'évacuation de la machine judiciaire dans la deuxième partie), Room parvient en deux heures à ne pas ennuyer, ne pas s'alourdir, et même à surprendre et toucher droit au coeur.

 

Room

 

Room n'a pas la force de frappe d'un Whiplash ou d'un Beasts of Southern Wild, les révélations indé qui ont bouleversé la scène internationale jusqu'aux Oscars. Il restera probablement dans les mémoires comme le film qui a valu à Brie Larson la statuette de la meilleure actrice. Une distinction méritée pour l'actrice, parfaite dans le rôle de la mère entre ombre et lumière, qui lui permet après le très beau States of Grace (qui l'avait déjà placée dans la course aux prix en 2014) de définitivement s'imposer. Aux côtés du formidable Jacob Tremblay et de la toujours excellente Joan Allen, elle restera le visage et l'atout du film, et celle qui lui aura permis de sortir du cimetière des films indépendants. Quitte à le réduire, dans le principe, à sa performance oscarisée.

 

Room

Résumé

Parfaitement cadré, sans aucune fausse note, Room est un mélodrame typique qui brille par sa sobriété et la justesse de ses acteurs.

commentaires

Hep
04/03/2016 à 18:26

Film remarquable. Et en effet, le gamin est la vraie star.

Grift
04/03/2016 à 17:54

Mais le gamin pouvait difficilement avoir l'oscar de la meilleur actrice :)

stivostine
04/03/2016 à 17:26

elle joue bien mais le gamin joue encore mieux

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