Le Pont des espions : critique quinte flush

Laurent Pécha | 30 novembre 2015 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Laurent Pécha | 30 novembre 2015 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après un Lincoln qui avait divisé, Steven Spielberg ne lâche pas son encyclopédie historique et propose à nouveau une tranche d’Histoire, celle-ci plus proche de nous, au cœur de la guerre froide. Un (premier) film d’espionnage pour le maestro signé par rien moins que les frères Coen. Une sorte de quinte flush cinématographique ?

L’avantage avec Spielberg, c’est qu’il a beau avoir tous les projets les plus excitants de la planète et les voir repoussés à une date ultérieure hypothétique (Robopocalypse par exemple), il finit toujours par nous offrir une proposition de cinéma ultra alléchante. La preuve avec ce Pont des espions qui permet une collaboration unique en son genre : Spielberg-Coen-Hanks. Soit ce qui se fait de mieux dans leur domaine respectif à Hollywood.

 

Photo Tom Hanks

 

En entrant dans la salle, on se demande d’ailleurs bien comment le cinéma des Coen va se marier avec la vision du réalisateur des Indiana Jones. Il ne faut qu’une poignée de minutes pour se rendre compte à quel point ce mariage est une évidence. Et la force du Pont des espions sera durant plus de deux heures passionnantes de laisser constamment les deux univers cohabiter en osmose totale. Si le personnage héroïque contre nature campé à la perfection par Tom Hanks (impossible d’imaginer quelqu’un d’autre à la place) renvoie bien à toutes les valeurs humanistes chères à Spielberg, les personnages secondaires, et en particulier l’espion soviétique génialement interprété par Mark Rylance (un Oscar du second rôle ne serait pas usurpé), portent la marque de fabrique pittoresque des frères Coen.

 

Photo Mark Rylance

 

Inspiré d’une histoire vraie, le récit, comme tout bon Spielberg qui se respecte, file à une vitesse éclaire sans pour autant être marqué par les scories visuelles d’aujourd’hui (amusant contraste avec le récent Guy Richtie, Agents très spéciaux, situé à une époque équivalente). Un vrai film à l’ancienne qui nous plonge dans une période trouble et charnière du 20ème siècle sans jamais oublier le signifiant sur notre époque actuelle.

Seul petit bémol à l’insolente efficacité de l’œuvre, l’absence de John Williams derrière les notes de musique (un quasi événement puisque les films de Spielberg sans son célèbre compositeur se compte sur les doigts d’une petite main).

 

Affiche française

Résumé

Avec Le pont des espions, Spielberg et les Coen signent un des meilleurs films de l’année. Comme une évidence !

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commentaires
Vickers
01/12/2015 à 12:58

J'ai également vu Le Pont des espions et je ne trouve pas ce parallèle très juste. L'héroïsme est un concept très vague qu'on retrouve dans quasiment tous les films, surtout hollywoodiens.
Surtout qu'un film comme Le Pont des espions et un blockbuster comme Avengers n'ont absolument pas les mêmes intentions, le même cahier des charges, le même public-cible.

Ce parallèle sur le principe du "montrer ce qu'est un héros" me semble vraiment peu pertinent (c'est un avis, donc j'espère que ça va pas encore dérailler en crise de posts), mais bon je disais avant tout qu'on retrouve des comparaisons avec les Marvel dans beaucoup d'arguments, et je dois dire que ça m'étonne souvent (même si on comprend bien qu'il s'agit d'un ras-le-bol global vis-à-vis de cette industrie de super-héros).

Dirty Harry
01/12/2015 à 12:36

@ Vickers : le film parle d'héroïsme donc sur le même thème t'as le Pont des Espions qui se pose là avec son héros du quotidien pris dans les affres de l'Histoire et renvoie très bien une image fausse de toute la représentation du super-héros grâce à la force de l'enjeu du scénario (attention j'aime bien ce genre - Dark Knight, Watchmen - mais à coté du Spielberg, ils viennent tous de se prendre une veste sur ce thème.)

Vickers
01/12/2015 à 12:19

Marvel nous obsède vraiment à ce point ? J'ai l'impression que systématiquement on compare à un Avengers pour dire que tel film est bien, comme si c'était devenu une référence du Cinéma. C'est quand même insensé. On irait pas comparer Le Jour d'après pour défendre Tree of Life.

Dirty Harry
01/12/2015 à 11:24

Acteurs au top, un filmage fluide et inventif comme à chaque fois chez Spielby, vrai sujet qui fait écho aujourd'hui (rester droit dans ses principes malgré les passions de l'époque où les meutes adorent se faire ce qu'ils supposent être leur ennemi), personnage de l'espion communiste sorti d'un film des Coen tant sa relation au monde absurdo-métaphysique fait écho à leur filmo, musique tout en retenue, il y a plus de cinéma là dedans que dans du Marvel, la preuve : meme si il ne s'agit que de types qui parlent autour d'une table ça reste plus captivant que tout Avengers 2, qui avait tout comme le Pont des Espions, l'ambition de nous montrer ce qu'est un "héros". Spielberg vient de les renvoyer tous à la maternelle.

Ray
01/12/2015 à 11:04

Welcome back Laurent!! Enfin une critique sensée et droite au but! Écranlarge is back!!!

serpico
01/12/2015 à 10:01

@zanta: le cinéma ne se résume pas qu'à des blockbusters et fort heureusement d'ailleurs! On peut être ravi qu'il reste des réalisateurs comme tonton spielberg pour réaliser du bon cinoche à l'ancienne, où toute les scènes ne sont pas joué devant un fond vert et où tout ne repose pas que sur les effets spéciaux mais avant tout sur le jeu des acteurs. Bref, à l'heure des marvel et compagnie, on en redemande!

stivostine
01/12/2015 à 06:21

@zanta : son remake de la guerre des mondes a une sacrée gueule plus que catch me a mon gout

À la rédaction
01/12/2015 à 00:08

Voilà bien le genre d'oeuvre dont l'ampleur et la qualité nécessite un Simon Riaux à la projection, non pas Monsieur Pécha, aussi bon critique que Trump est un bon politicien. Sauf votre respect, cette critique ne dit absolument rien. Genre, rien du tout.

Zanta
30/11/2015 à 22:26

@Grift
Allons, Thomas Newman - le collaborateur privilégié de Mendes - à la musique, ça peut pas être mauvais ;)
Concernant Spielberg, curieux de voir si il y a un calcul derrière ces films à Oscars. Si on met de côté Indy 4 et Tintin, il en est à son quatrième drame historique.
A croire qu'il doute de sa capacité à livrer un excellent blockbuster : le superbe doublé Minority Report/Catch Me If You Can semble loin...

Grift
30/11/2015 à 19:10

"Seul petit bémol à l’insolente efficacité de l’œuvre, l’absence de John Williams derrière les notes de musique (un quasi événement puisque les films de Spielberg sans son célèbre compositeur se compte sur les doigts d’une petite main)"

Ca signifie quoi finalement, en quoi est-ce un bémol ? : Que la musique n'est pas bonne bonne ? Qu'elle aurait été meilleur avec Williams ? Que même si le score est très bien, comme vous aimez le couple Spielberg / Williams, vous êtes déçu que ça change ?

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