Hunger Games : La Révolte - 2ème partie : critique ultime

Geoffrey Crété | 28 septembre 2020 - MAJ : 30/09/2020 17:33
Geoffrey Crété | 28 septembre 2020 - MAJ : 30/09/2020 17:33

Un premier épisode bancal, un deuxième étonnamment amusant, un troisième passablement raté : loin de la médiocrité stable des concurrents, Hunger Games a su vendre un monde dystopique au fort potentiel pour mieux y projeter ses ambitions de teen-movie banal, camouflées derrière l'aura de Jennifer Lawrence. Au pied du mur, la saga est contrainte de sortir à l'artillerie lourde pour enfin montrer son vrai visage, et être jugée.

LE GEAI BAVARD

Hunger Games : L'embrasement aura donc été l'épisode le plus satisfaisant de la franchise Hunger Games. Celui qui, le mieux, aura su lancer ses héros un peu niais dans une aventure efficace à l'écran, profitant de l'univers dystopique en toile de fond sans avoir à s'y plonger véritablement. Une raison évidente : situé au milieu de la trilogie littéraire, il n'avait pas à ouvrir ni fermer l'intrigue, mais simplement à en tirer l'énergie nécessaire.

Le contraire absolu de Hunger Games : La Révolte - 2ème partie, qui a pour seule et unique mission de lâcher la bête, balayer ses interminables bavardages pour entrer dans une phase guerrière et enfin récompenser les spectateurs qui ont suivi les aventures de Katniss Everdeen. Et avec 2h17 au compteur, beaucoup de jérémiades et quelques scènes d'action, le dernier volet de la saga ne risque pas de renverser les esprits.

 

photo, Jennifer LawrenceMerci de vous arrêter et parler et réfléchir et pas avancer

 

Hunger games : La Révolte - 2ème partie commence là où la 1ère partie s'était achevée : dans le District 13 où se cache la présidente Coin, Katniss a survécu à l'attaque de Peeta, brainwashé par Snow et désormais convaincu que celle qu'il aime est sa vraie ennemie. Lorsque très vite, l'héroïne à fleur de peau décide de désobéir aux ordres pour aller elle-même abattre le dictateur dans sa tour d'ivoire, il y a un espoir : celui d'être enfin dispensé de bavardages inutiles pour plonger dans le feu de l'action, avec un Capitole transformé en champ de guerre truffé de pièges et de soldats.

Mais plus vite encore vient l'amère certitude que cet ultime épisode n'ira pas beaucoup plus loin que les précédents. Au lieu de corriger ses faiblesses, La Révolte - 2ème partie les répète sans broncher, s'enterrant dans un cycle mortel au niveau de sa structure - exploration, action, dodo-discussion, et rebelote. L'oeil cynique pourra résumer l'aventure à des couloirs de bunker et un climax elliptique, après que l'héroïne ait été mise KO. Car à l'image, les décors de la ville en ruines (spectaculaires mais communs après Divergente, Le Labyrinthe, et Les Ames vagabondes) sont vite remplacés par une exploration des égoûts, alors même que l'action peine à se faufiler entre les interminables bavardages des héros, articulés autour de conflits artificiels (le retour de Peeta, le mensonge de Katniss sur la mission).

 

Photo Jennifer LawrenceL'Embrasement est derrière, clairement

 

Le film compte probablement trois scènes d'action, dont une seule vraiment plaisante et réussie, où l'équipe est attaquée par des ennemis d'un nouveau genre dans une ambiance qui rappelle Aliens de James Cameron. Probablement car le film de Francis Lawrence manque de puissance et de nerf au point de ne laisser presque aucune image en tête (spectaculaire sur la papier, la mystérieuse vague d'huile noire qui menace les héros se révèle au final assez absurde). La faute à une évolution linéaire, des enjeux sous-exploités et une tendance déconcertante à se reposer sur ses vieilles ficelles (Katniss lutte contre son statut de visage de la révolution, Katniss hésite entre Peeta et Gale, Katniss refuse que la révolte fasse des victimes), l'aventure est loin d'être l'apothéose espérée.

 

photoAttends, on devrait parler un peu, encore

 

RÉVOLTE AVORTÉE

Cette conclusion est d'autant plus frustrante et exaspérante que les raisons de son petit échec sont simples et claires. En résumé : avoir deux films d'une durée excessive au lieu d'un film équilibré, qui n'aurait eu aucun mal à se transformer en grand huit guerrier vu ce qui s'y passe. Ce choix commercial pèse moins sur la deuxième partie de La Révolte que sur la première, imbuvable, mais désamorce l'ensemble, qui oscille entre le vide et le trop-plein. Impossible d'accepter que cette dernière ligne droite passe tant de temps à filmer les monologues du trio amoureux en pleine guerre civile, alors même que la dernière partie de l'intrigue regorge de moments intenses expédiés trop vite et sans subtilité. 

 

hunger gamesSarouman-Moore la grise

 

Si Hunger Games : La Révolte - 2ème partie amuse encore avec une certaine efficacité à mettre en avant les dérives de l'image et de la communication, dont le pouvoir devient plus signifiant que celui des faits, le scénario n'assume pas la noirceur de sa conclusion. L'arc de Coin, interprétée par Julianne Moore, ainsi qu'un événement tragique que les fans connaissent, laissent ainsi l'impression d'avoir été sous-exploités alors même qu'ils sont le coeur de l'intrigue, voire de toute la saga. En ça, les films adaptés des livres de Suzanne Collins restent moins bêtes et méchants que les autres adaptations young adult qui pullulent sur les écrans et n'ont rien à raconter. Mais c'est aussi pour cette raison qu'ils se sont révélés décevants.

 

Affiche française

Résumé

Moins bon que le deuxième épisode, meilleur que le troisième, Hunger Games : La Révolte - 2ème partie n'offre toutefois pas la conclusion attendue et nécessaire à la saga de Jennifer Lawrence. Celui qui n'a jamais été séduit par la franchise devrait passer son chemin sans remords, et laisser les autres se repaître d'une dernière aventure convenue.

Lecteurs

(4.8)

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commentaires

Matrix R
28/09/2020 à 22:02

La saga tout entière me file la migraine

tunon
02/08/2016 à 21:27

Ce film est sans intérêt et surtout sans grande recherche, une reprise grave fadasse de " battle royal" qui était mille fois plus travaillé d'ailleurs, donc voilà, commentaire négatif car j'aime pas les copyright..

RiffRaff
23/11/2015 à 09:25

Une critique bienveillante...
Alors que l'ennui de la première partie promettait un final plein de bruit et de fureur, il n'en est rien. Le film s'enlise dans des problématiques dont le dénouement ne fait aucun doute pour éluder toutes celles qui aurait pu intéresser. Niveau action, il faut également passer son chemin, une poursuite avec une vague d'huile qui peine à enthousiasmer et un combat dans les égouts, mal filmé, quasi insupportable en 3D et sans grand enjeu, reste une début de révolte avortée par la perte de conscience de l'héroine, c'est maigre. Pour couronner le tout une scène finale d'une niaiserie sans limite à achever de provoquer l'hilarité dans la salle ou je me trouvait, mais après tout peut être que tout ce qu'il fallait retenir c'est que Hunger games est un prequel de la petite maison dans la prairie.

diez
19/11/2015 à 23:13

Imaginez un peu... votre saga favorite qui étale sa formidable histoire sur plusieurs films. Le seigneur des anneaux, Star Wars, Jason Bourne, Harry Potter, ...

Vous kiffez tellement que vous attendez la conclusion avec impatience, une conclusion que vous attendez depuis plusieurs années, un point final mémorable qui vous marquera longtemps !

Maintenant imaginez votre film conclusion avec Frodon en train de camper pendant 3 heures en Mordor tellement il hésite à avancer, puis quand il décide enfin de continuer sa route, il perd l'anneau et le cherche pendant le reste du film. Pensez à un Harry Potter refusant de se battre en restant planqué dans un coin, lui passerait le film à conter le nombre de briques qui composent Poudlard ou Luke Skywalker posant les armes devant papa sans même dégainer son sabre laser, ils se mettraient autour d'un bon thé à raconter leur vie en mangeant des macarons dont "tu m'en dira des nouvelles."

Bref, imaginez que ces belles années de cinéma à avoir apprécié un univers se termine sur un film d'une inconsistance absolue et incompréhensible où le personnage principal normalment guerrier, fort et symbolique passe son temps à se faire poutrer sans se battre, à se réveiller dans un hosto toutes les deux minutes et du coup à reculer sans jamais avancer.

L'affrontement final tant attendu ne verra jamais le jour. La conclusion de votre saga sabotée, vous décidez de rédiger un avis non pas du film, mais de cette horrible sensation de se faire fourrer par 13 kilos de comcombres sans que vous ne puissiez agir.

Voici l'effet produit par une saga qui a ses défauts, mais que j'affectionne tout particulièrement : Hunger games... mais qu'en penser maintenant aprés une conclusion à ce point catastrophique ?

Annatune
16/11/2015 à 23:16

Ils l'ont fait sur Facebook

servallou
16/11/2015 à 21:51

ça vous dérangerait à l'EL de mettre un petit message de soutien suite aux attentats de vendredi 13 novembre ?

Vous vivez sur quelle planéte ?

Certaines victimes etaient peut-être de fidéle lecteurs !!!!

Byhigh
16/11/2015 à 11:25

J'aimerais bien être convaincu que chacun juge ces films honnêtement et sans être bloqué par l'étiquette young adult pas-cool-car-ça-marche-chez-les-ados
J'espère que c'est le cas, pour le bien de l'esprit cinéphile un peu fragile, surtout dans les rubriques comm' ici

Jo
06/11/2015 à 14:26

J'ai vu le un et le deux, je n'irais pas plus loin, désolant

sylvinception
06/11/2015 à 11:59

Même Julianne Moore va se trainer dans une merde pareille...
Triste.

Natla
06/11/2015 à 11:09

Mais de quoi parle t-il ?

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